|
Principaux phénomènes
Acidification
La pollution acide (ou pluies acides) est liée aux polluants acides
(SO2, NOx, NH3, HCl, HF) émis par les activités humaines qui retombent
en partie à proximité des sources, mais aussi à des centaines, voire
des milliers de kilomètres de leurs sources émettrices. Ces polluants
retombent sous forme de retombées sèches ou humides. Pendant le
transport, ces polluants se transforment. SO2 et NOx se transforment
en sulfates (SO42-) et en nitrates (NO32-) dans le cas où l'atmosphère
est sèche, ainsi qu'en acide sulfurique (H2SO4) et en acide nitrique
(HNO3) dans le cas où l'atmosphère est humide.
Les phénomènes
de pollution acide à grande échelle ont été mis en évidence par
l'acidification des eaux des lacs Scandinaves et Canadiens. Le pH
des eaux est devenu acide entraînant des modifications importantes
de la faune piscicole. Certaines pluies ont un pH compris entre
3 et 4 alors que l'eau pure a un pH de 5,6.
Les retombées
acides ont des effets sur les matériaux,
les écosystèmes forestiers et les écosystèmes d'eau douce.
Eutrophisation
L'eutrophisation correspond à une perturbation de l'équilibre biologique
des sols et des eaux due à un excès d'azote notamment d'origine
atmosphérique (NOx et NH3) par rapport à la capacité d'absorption
des écosystèmes.
Pollution
photochimique
La pollution photochimique (ou pollution photo-oxydante) est un
ensemble de phénomènes complexes qui conduisent à la formation d'ozone
et d'autres composés oxydants (peroxyde d'hydrogène, aldéhydes,
peroxy acétyl nitrate ou PAN) à partir de polluants primaires (appelés
précurseurs) : oxydes d'azote et composés organiques volatils (COV)
et d'énergie apportée par le rayonnement Ultra Violet (UV) solaire.
Ces phénomènes ont lieu dans les couches d'air proche du sol et
dans la troposphère libre. L'ozone formé à ce niveau est qualifié
de "mauvais ozone" en raison de ses effets
néfastes sur la santé humaine et sur les végétaux. L'ozone de la
stratosphère (19-30 km d'altitude), au contraire est qualifié de
"bon ozone" puisqu'il nous protège du rayonnement UV solaire.
De façon surprenante, les concentrations d'ozone mesurées loin des
sources des précurseurs (une agglomération par exemple) sont plus
élevées que celles mesurées près des sources. En effet, sur une
ville par exemple, les émissions de NO (liées au trafic notamment)
sont élevées. L'ozone est détruit par le NO. Le NO agit comme un
puits d'ozone puisqu'il le consomme. Si le nuage de polluants formé
sur la ville se déplace à la campagne, ou les émissions de NO sont
moindres, les concentrations d'ozone augmentent puisque l'ozone
n'est plus consommé.
La pollution photochimique est un phénomène caractéristique des
situations estivales anticycloniques.
L'ozone a des
effets sur la santé humaine, les écosystèmes
forestiers et agricoles, de plus ce phénomène de pollution photo-oxydante
est intimement lié à celui des pluies acides.
Effet
de serre
L'effet de serre est un phénomène naturel lié à l'absorption des
rayonnements Infra Rouge (IR) de grande longueur d'onde renvoyés,
par la surface terrestre, par des composés présents dans l'atmosphère
: CO2, CH4, H2O, O3, N2O, CFC . Une partie du rayonnement IR n'est
pas renvoyé vers l'espace. Il y a donc absorption d'énergie. Cette
énergie est transformée en chaleur. La plupart de ces composés sont
présents à l'état naturel ce qui a permis le développement et le
maintient de la vie sur Terre. La température moyenne sur terre
est de 15°C, si l'effet de serre naturel n'existait pas, la température
moyenne serait de - 18°C.
Depuis l'ère
industrielle, il y a accroissement des concentrations des gaz à
effet de serre :
- CO2 lié
principalement aux combustions industrielles, domestiques et aux
transports.
- CH4 lié principalement
aux pratiques agricoles : riziculture par exemple, élevage.
- N2O lié principalement
aux pratiques agricoles.
- CFC (maintenant
bannis), HFC, PFC, SF6.

Appauvrissement
de l'ozone stratosphérique
L'ozone est le composé prépondérant dans la haute atmosphère à une
altitude de 25 km. L'ozone stratosphérique est qualifié de bon ozone
car il absorbe le rayonnement UV solaire et nous préserve ainsi
contre le risque de cancer cutané et autres mutations génétiques.
Il préserve également l'activité photosynthétique des plantes.
La baisse anormale
des concentrations d'ozone au pôle Sud au sortir de l'hiver polaire,
au moment de l'apparition du soleil a été mise en évidence en 1980.
Durant la fin de l'hiver austral, au moment où le soleil apparaît,
la teneur en ozone diminue de 40 à 60%. Le déficit maximum se situe
vers 20 - 25 km.
De nombreux
composés peuvent détruire l'ozone (OH, H, NO, Cl, Br, HO2). Une
forte corrélation entre le déficit en ozone et les concentrations
en ClO a été mise en évidence. La présence des radicaux Cl et ClO
dans la stratosphère est liée à l'émission naturelle de chlorure
de méthylène par les océans et aux chlorofluorocarbures (CFC) émis
par les activités humaines. Les CFC sont des molécules très stables.
Ces molécules sont transportées dans la stratosphère où elles libèrent
le chlore et perturbent ainsi l'équilibre naturel régissant la présence
d'ozone à cette altitude.
Le phénomène
de baisse annuelle des concentrations d'ozone est plus marqué au
pôle Sud, qu'au pôle Nord en raison de conditions différentes. Au
pôle Sud, un vortex apparaît pendant l'hiver. Les températures sont
de l'ordre de - 80° à - 100 °C. Les nuages contiennent alors de
fins cristaux de glace qui fixent le chlore sous forme de HCl et
de NO2ClO. Dès que le soleil réapparaît, le rayonnement UV libère
les radicaux Cl et ClO qui réagissent avec l'ozone rapidement. Au
pôle Nord, il n'y a pas formation de Vortex mais formation d'une
multitude de trous.
La baisse des
concentrations d'ozone de la stratosphère pourrait avoir des effets
climatiques et biologiques.
|