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CO2e (format Secten)

Evolution des émissions de CO2e de 1990 à 2017 pour la France métropolitaine (en MtCO2e)

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Tendance générale

Les émissions en CO2e (équivalent CO2) agrègent toutes les émissions de Gaz à effet de serre (CO2, CH4, N2O, PFC, HFC, SF6, NF3) au sens du Protocole de Kyoto, en prenant en compte leur pouvoir de réchauffement global (PRG) propre.

Il est donc plus difficile d’analyser l’évolution de ces émissions ainsi agrégées, néanmoins, ces émissions totales de GES restent un indicateur central pour la politique climat nationale.

Les émissions totales de GES en France sont analysées dans leur ensemble depuis 1990. Le maximum observé correspond à l’année 1991. Néanmoins, le véritable pic des émissions de GES en France métropolitaine est vraisemblablement 1973, année du choc pétrolier, où l’on observe les émissions maximales de CO2, composante principale des émissions de tous GES.

On observe d’abord un plateau dans les années 1990 jusqu’en 2005, puis une diminution irrégulière jusqu’à atteindre un niveau minimum en 2014, puis une période de lente ré-augmentation des émissions depuis 2015, de moins de 1% par an (0,9% en 2015, 0,2% en 2016, 0,8% en 2017). L’estimation préliminaire pour l’année 2018 prévoit une réduction de l’ordre de 4% des émissions par rapport à 2017.

Les variations interannuelles sont assez hétérogènes au cours de la période estimée. Cette variation s’explique notamment par les fluctuations des conditions climatiques, la douceur ou la rigueur des hivers jouant sur les émissions de CO2 dans les secteurs Energie et Résidentiel-Tertiaire avec la consommation de gaz naturel.

Au cours de la période 1990-2017, les variations interannuelles font apparaître des hausses de moins en moins fortes : autour de +5 000 ktCO2e pour les années 2000, 2015 et 2017, voire des quasi-stagnations (2005, 2012, 2013, 2016) contre des hausses autour de +10 000 ktCO2e à +20 000 ktCO2e pour les années 1990. Les baisses sont, en revanche, de plus en plus fortes, avec des niveaux autour de – 8 000 ktCO2e dans les années de 1990 à 2000 et désormais des baisses de -20 000 ktCO2e à -30 000 ktCO2e pour la fin des années 2000 aux années 2010.

Le graphique ci-dessous présente le poids de chaque gaz à effet de serre dans les émissions totales exprimées en CO2e.

Tant en niveau qu’en évolution, le CO2 est le principal contributeur aux émissions de GES en France métropolitaine. Les sources d’émission de CO2 ainsi que l’analyse de leur évolution temporelle est présentée dans la section CO2. En résumé, l’évolution des émissions de CO2 s’explique par :

  • La hausse du trafic routier sur la période, même si, depuis 2008, la part des véhicules moins consommateurs et des biocarburants augmente ;
  • La hausse de la consommation énergétique dans le secteur Résidentiel-Tertiaire, avec une forte variabilité liée à la rigueur ou non des hivers ;
  • La baisse de la consommation de pétrole et du charbon depuis les années 1970 au profit de l’électricité et du gaz naturel ;
  • Les économies d’énergie après le choc pétrolier de 1973 ;
  • Les réglementations et le contexte économique impactant la baisse des émissions industrielles ;
  • La baisse de la production d’énergie fossile après les pics pétroliers de 1973 et 1979 et la mise en place du programme nucléaire qui expliquent la baisse générale des émissions du secteur Energie, les variations récentes étant dues aux variations du climat (hivers doux ou rudes).

La part en % des GES contribuant aux émissions de CO2e en 2017 est présentée dans le graphique ci-dessous.

En 2017, les PFC ne représentent que 0,2% des émissions de CO2e, le SF6 0,1% et le NF3 seulement 0,002%.

Au-delà du CO2, le CH4 et le N2O représentent 21% des émissions de GES en 2017. Ces deux gaz sont très majoritairement émis par le secteur Agriculture (élevage et culture) : fermentation entérique des bovins, gestion des déjections…

Entre 1990 et les années 2000, la part des gaz autres que le CO2 a baissé, passant de 27% en 1990 à 23% en 2006. Ensuite, avec la baisse des émissions de CO2, les émissions hors CO2 ont représenté une part de plus en plus importante des émissions de CO2e, passant de 23% en 2006 à 26% en 2017.

Évolution récente

L’objectif fixé au niveau national par la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC) se traduit par une série de budgets carbone définis en 2015 dans la Loi sur la Transition Energétique (LTE) qui vont être révisés en 2019. Le budget initial 2015-2018, de 442 MtCO2e/an (périmètre Kyoto (Métropole + Outre-Mer inclus dans l’UE) hors UTCATF), n’est pour l’instant pas respecté puisqu’il est de 462 MtCO2e en moyenne sur la période 2015-2017, sur le même périmètre.

Le projet de nouveau budget carbone rendu public en décembre 2018 (adoption prévue courant 2019) est de 398 Mt CO2e/an pour les années 2019-2023, soit 67 MtCO2e de moins que ce qui a été émis en 2017 (-14%) ou 57 MtCO2e de moins qu’en 2014, minimum historique (toujours au périmètre Kyoto hors UTCATF).

Bien que l’objectif soit de poursuivre la baisse des émissions à un rythme de plus en plus soutenu, depuis 2015, une légère augmentation des émissions totales de GES est observée (entre 0,2 et 0,9% par an). Cette hausse des émissions de GES est principalement liée à deux secteurs : Transformation d’énergie et Résidentiel-Tertiaire comme le montre le graphique ci-contre.

Pour ce qui est du secteur Transformation d’Energie, c’est plus précisément le sous-secteur Production d’électricité qui explique la hausse de ces émissions de CO2. A noter, le niveau 2014 était historiquement bas du fait d’une consommation de charbon divisée par deux par rapport à 2013 et d’un hiver particulièrement doux. Entre 2014 et 2017, les émissions ont réaugmenté du fait d’un arrêt de certaines tranches de centrales nucléaires et d’hivers moins doux pour revenir au niveau des années 2011-2013.

La hausse récente des émissions de CO2 du secteur Résidentiel-Tertiaire (surtout en 2015), est principalement due au secteur Résidentiel (+4,8 MtCO2 en 2017 par rapport à 2014) (voir graphique ci-après). L’année 2014 était une année particulièrement douce où les besoins de chauffage du résidentiel ont été moins importants en comparaison avec les autres années.

La hausse des émissions de CO2 dans le secteur des Transports, moindre que celle des précédents secteurs, s’explique par une hausse des émissions des véhicules essence (+1,4 MtCO2 en 2017 par rapport à 2014).

Enfin, il convient de souligner que la hausse des émissions en CO2e observée entre 2016 et 2017 concerne seulement :

  • l’industrie manufacturière avec une hausse dans la métallurgie des métaux ferreux +1,8 MtCO2 entre 2016 et 2017, due à une hausse des productions, notamment de ciment et de verre ; et dans une moindre mesure la Chimie et la Construction (+0,2 et + 0,1 MtCO2) (voir le chapitre dédié).
  • le CH4 du Traitement centralisé des déchets avec une hausse des quantités stockées en 2017 (voir le chapitre dédié).

A noter cependant que l’année 2018, pour laquelle les émissions sont estimées de manière préalable avec des indicateurs simplifiés, prévoit une baisse des émissions de 4,2% par rapport à 2017, qui permettrait d’atteindre un minimum historique, depuis 1990, inférieur de 10 Mt CO2e environ à celui de 2014.

Comme le montre le graphique ci-dessous comparant l’évolution des émissions de GES en France (au périmètre Kyoto, hors UTCATF) avec les objectifs SNBC, les émissions 2018 (445 Mt CO2e) dépassent l’objectif annuel de 440 Mt CO2e fixé par la SNBC-1 ajustée (voir Politique et Règlementation). Mais si la tendance 2017-2018 à la baisse se confirme les années suivantes, les émissions retrouvent une tendance cohérente avec les objectifs SNBC-2.

Perspectives : diviser par 7 les émissions d’ici 2050 ?

L’objectif fixé dans la Stratégie Nationale Bas-Carbone est d’atteindre la neutralité carbone en 2050, conformément à l’article 4 de l’Accord de Paris (voir le chapitre Politique et Règlementation) qui fixe l’objectif de parvenir à un équilibre entre les émissions anthropiques de GES et les absorptions par les puits au cours de la 2e moitié du 21e siècle, c’est-à dire la neutralité carbone ou encore zéro émissions nettes en 2050 (en prenant en compte les absorptions, et non pas seulement les émissions brutes).

L’article 4 de l’accord de Paris, définit concrètement l’objectif de neutralité carbone, en réutilisant les termes déjà clairement définis d’émissions par les sources et d’absorptions par les puits : “équilibre entre les émissions anthropiques par les sources et les absorptions anthropiques par les puits”. Les émissions (exprimées par des valeurs positives : GES en plus dans l’atmosphère) et les absorptions (exprimées par des valeurs négatives : GES en moins dans l’atmosphère ; d’où le terme aussi d’émissions négatives) doivent être à l’équilibre, c’est-à-dire être égales, se compenser mutuellement. Les puits anthropiques sont comptabilisés dans le secteur UTCATF (Utilisation des Terres, Changements d’Affectation de Terres et Forêt) de l’inventaire national d’émissions de GES. D’autres puits peuvent être comptabilisés dans d’autres secteurs, grâce aux technologies de captage et stockage de carbone (CCS).

En 2017, la France (périmètre Kyoto : métropole + Outre-Mer inclus dans l’UE) a émis 465 Mt CO2e et a absorbé 32 Mt CO2e (grâce au secteur UTCATF). Actuellement, les puits ne compensent donc que 7% des émissions (contre 100% à atteindre en 2050).

Etant donné les limites des puits dans le sol et la biomasse du secteur UTCATF (limites biophysiques, limites en surfaces, non-permanence) ainsi que les incertitudes concernant le déploiement à grande échelle des techniques de captage artificiel du carbone, cet objectif implique nécessairement une réduction massive des émissions dans tous les secteurs.

Le projet de Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) révisée, publié le 6 décembre 2018, prévoit, dans son scénario AMS (avec mesures supplémentaires) que les émissions de GES atteignent un niveau de 80 Mt CO2e (hors UTCATF) en 2050 (contre 546 Mt CO2e en 1990). La SNBC révisée impliquerait donc une réduction non plus par 4 d’ici 2050 (facteur 4), mais par 6,9 (soit -85%, base 1990).

En avril 2019, le Gouvernement a présenté une nouvelle version du projet de loi “énergie-climat” dans lequel il envisage désormais d’expliciter cet objectif de réduction des GES « par un facteur supérieur à six entre 1990 et 2050 ».

En 2050, les 80 Mt CO2e d’émissions “résiduelles” seraient imputables à 60% au secteur agricole et à 20% à l’industrie.

Par secteur, les objectifs de réduction annoncés, exprimés en facteur de réduction par rapport à 1990, sont les suivants :

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