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Protoxyde d'azote (format Secten)

Evolution des émissions de N2O de 1990 à 2017 pour la France métropolitaine (en kt)

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Tendance générale

Le principal secteur contributeur aux émissions de N2O est l’agriculture. Ces émissions proviennent surtout des sols agricoles suite aux apports azotés de fertilisants minéraux et organiques.

Néanmoins, la tendance des émissions est avant tout marquée par la chute drastique des émissions industrielles de N2O entre 1997 et 2011. En effet, certaines industries très émettrices de N2O dans les années 90 (fabrication d’acide adipique, d’acide nitrique et d’acide glyoxylique) ont modifié leurs procédés et mis en place des systèmes de traitement très efficaces. En 2017, l’industrie ne représente plus qu’une partie très modeste des émissions de N2O (7,1 kt soit 5%), l’essentiel des émissions provenant désormais de l’agriculture (122 kt soit 87%).

Ces émissions agricoles présentent une tendance à la baisse sur toute la période 1990-2017 (-8 kt soit -6%), l’émission la plus faible observée concerne l’année 2011. Depuis cette date, les émissions agricoles ont tendance à remonter légèrement. Cette dynamique de baisse observée entre 1990 et 2011 en agriculture est à mettre au crédit d’une fertilisation minérale également à la baisse en lien avec la prise de conscience des enjeux environnementaux associés à l’azote (Directive nitrates surtout). Cette baisse correspond à une meilleure utilisation de l’azote, les rendements agricoles n’ayant pas été affectés par cette réduction de la fertilisation.

Depuis 2011, la fertilisation azotée minérale est stable voire augmente légèrement ce qui s’explique par différents éléments : la remise en cultures des terres laissées en jachère obligatoires avant 2008, l’atteinte de niveaux de fertilisation minérale proches des préconisations et sans doute, sur les dernières années, une attention redoublée sur la teneur en protéines des céréales. En effet, la teneur en protéines des céréales est (en partie) liée à la quantité d’azote disponible et la filière aval d’utilisation des céréales impose désormais des critères exigeants. Les agriculteurs préfèrent donc assurer la fertilisation azotée sur les céréales. Malheureusement, il est difficile de prévoir une fertilisation azotée fortement à la baisse dans les années futures.

Pour limiter les émissions de N2O liées à cette fertilisation, peu de solutions techniques sont actuellement disponibles. Les émissions de N2O des sols sont très dépendantes des conditions pédoclimatiques (les plus fortes émissions ayant lieu, après les épandages d’azote, après des épisodes pluvieux) et la variabilité interannuelle des émissions est par conséquent très forte (même si non reflétée dans les inventaires actuels). Il existe sans doute des techniques qui ne requièrent pas de baisser la fertilisation, mais elles sont encore du domaine de la recherche (modification du pH du sol, ensemencement bactérien, etc.) du fait de l’incertitude associée à l’estimation de ces émissions. La principale piste étudiée en France actuellement concerne l’effet du chaulage qui tend à faire baisser ces émissions de N2O.

Dans le même temps, sur l’ensemble de la période, les évolutions observées en élevage (baisse du cheptel bovin notamment) impactent les émissions de N2O. Il est difficile d’en faire un bilan complet car cet impact est réparti sur plusieurs sources dans l’inventaire : cela inclut les émissions liées aux fertilisants organiques, à la pâture, aux bâtiments d’élevage et au stockage des déjections. L’ensemble de ces émissions de N2O étant plutôt à la baisse sur la période 1990-2017.

D’autres secteurs influent à la marge les émissions de N2O :

  • le traitement des déchets, du fait du rejet des eaux usées domestiques et industrielles traitées ;
  • le transport routier, dont les émissions sont en augmentation suite à l’introduction progressive des pots catalytiques. La baisse observée en 2009 s’explique par la diminution du taux de soufre dans tous les carburants (passage de 50 ppm à 10 ppm, impact principalement visible pour les véhicules particuliers essence) qui influence les émissions de N2O. Depuis 2010, la reprise du trafic explique l’augmentation des émissions.

Évolution récente

Lors des dernières années, et depuis 2010, on peut considérer que les émissions de N2O sont stables pour tous les secteurs sans réelle perspective d’amélioration de la situation. C’est clairement le secteur agricole qui apparait le plus concerné par cet enjeu : il importe donc de trouver des solutions pour baisser ces émissions mais force est de constater que les moyens de réduction sont loin d’être évidents à mettre en place. Ces progrès pourront aller de pair avec la compréhension des mécanismes d’émissions qui pourront mettre en avant des différences marquées entre les pratiques et les situations, ce qui n’est actuellement pas suffisamment le cas pour promouvoir des actions efficaces. Dans la stratégie nationale bas carbone (SNBC) de la France (révision décembre 2018), l’ambition affichée sur le N2O pour la période 2029-2033 est de 117 kt N2O (total hors UTCATF) soit une baisse de 16% par rapport à 2017. Cette baisse intègre l’hypothèse d’une baisse globale de la fertilisation azotée et la prise en compte de techniques de réduction des émissions sur le N2O, en particulier un effet associé au chaulage (bien qu’actuellement non intégré aux estimations de l’inventaire national).

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