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Ammoniac (format Secten)

Evolution des émissions de NH3 de 1990 à 2017 pour la France métropolitaine (en kt)

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Tendance générale

Globalement, les émissions de NH3 ont diminué de 9% entre 1990 et 2006 : elles sont passées d’environ 652 ktNH3 en 1990 à 594 ktNH3 en 2006. Depuis 2006, les émissions sont très stables et oscillent entre 594 kt et 609 kt.

La majeure partie des émissions de NH3 provient du secteur de l’agriculture/sylviculture : il représente, en 2017, 94% du total national. Au sein du secteur, en 2017, les principaux postes contribuant aux émissions sont en premier lieu l’apport d’engrais et d’amendements minéraux (29% des émissions du secteur), suivi de la gestion des déjections bovines au bâtiment et au stockage (25% des émissions du secteur), puis de l’apport d’engrais et d’amendements organiques (21% des émissions du secteur). Les émissions restantes se répartissent entre la pâture et la gestion des déjections des animaux hors bovins au bâtiment et au stockage.

Les émissions de NH3 du secteur agricole ont connu une baisse entre 1990 et 2006 (-9,6%), et restent globalement stables depuis. La tendance générale est principalement dirigée par les évolutions du cheptel bovin et de la quantité d’engrais azotés minéraux épandus.

Pour l’apport d’engrais et d’amendements minéraux, les variations d’émissions de NH3 interannuelles proches (entre l’année n et l’année n+1) s’expliquent en partie par les fluctuations des livraisons d’engrais. Il est difficile de donner une règle générale mais, de manière simplifiée, les livraisons annuelles augmentent lorsque les prix des produits agricoles sont forts car les agriculteurs souhaitent maximiser leur rendement. Inversement, si les prix des produits agricoles sont bas, les agriculteurs ont plutôt tendance à limiter leurs dépenses et donc les achats de fertilisants. Afin de pallier ces variations brusques et les effets de stocks associés, les livraisons d’engrais minéraux sont lissées sur trois ans au sein de l’inventaire national.

Les évolutions constatées sur ce poste sont également liées aux variations du mix des engrais utilisés. En effet, la forme des engrais influe fortement sur les émissions : l’utilisation d’engrais sous forme d’urée a progressé ces dernières années, cette forme étant globalement plus émettrice que les ammonitrates par exemple, les émissions s’en trouvent impactées à la hausse.

Pour la gestion des déjections bovines au bâtiment et au stockage : les émissions de NH3 ont diminué de 16 % entre 1990 et 2017 principalement du fait d’une baisse du cheptel bovin.

Parmi les autres secteurs émetteurs de NH3, le transport routier a contribué à hauteur de 0,6% des émissions totales en 2017. Bien que ses émissions soient très faibles, il a connu une hausse entre 1993 et 2001 suite à l’introduction des premiers véhicules catalysés en 1993. La baisse observée depuis 2002 s’explique par l’introduction dans le parc roulant (véhicules particuliers et utilitaires légers) de véhicules de type Euro 3 et Euro 4, moins émetteurs. Cette baisse devrait cependant s’atténuer du fait de la mise en place de systèmes SCR (Selective Catalytic Reduction) sur les véhicules lourds et légers.

Le Protocole de Göteborg amendé fixe un engagement de réduction des émissions de NH3 de 4% en 2020 par rapport à 2005, c’est-à-dire un plafond calculé de 581 kt.

La directive (UE) 2016/2284, révisant la directive NEC (National Emission Ceilings), fixe, entre autres, un objectif de réduction d’émissions de NH3 pour la France de 13% en 2030 par rapport au niveau d’émission de 2005, c’est-à-dire un plafond calculé de 526 kt. Cet objectif a été repris dans le Plan national de Réduction des Émissions de Polluants Atmosphériques (PRÉPA) adopté par le gouvernement français en 2017. Pour assurer l’atteinte de ces objectifs, tous les secteurs sont concernés et doivent participer à l’effort collectif.

Évolution récente

Depuis 2006, les émissions de NH3 sont très stables. Le niveau des émissions atteint en 2017 (606 kt) est équivalent à celui de 2005 (605 kt).

C’est également le cas dans le secteur agricole, majoritaire dans les émissions nationales. Si l’on s’intéresse aux tendances pour les principaux postes contributeurs, on constate que la constance de la trajectoire depuis 2006 est la résultante d’évolution différentes par poste.

Pour l’apport d’engrais et d’amendements minéraux, les émissions ont augmenté de 8,5% entre 2005 et 2017, tandis que la quantité totale d’azote minéral apportée a diminué de 3%. L’évolution à la hausse des émissions est ici entrainée par la progression de l’urée dans le mix des engrais azotés utilisés.

Les émissions liées à la gestion des déjections bovines au bâtiment et au stockage ont quant à elles légèrement diminué entre 2005 et 2017 (-2%) suivant l’évolution du cheptel bovin (-3% sur la même période).

Enfin, les émissions liées à l’apport d’engrais et d’amendements organiques ont augmenté entre 2005 et 2017 (+3%) du fait d’une hausse des imports de déjections.

En revanche, il est important de souligner qu’entre 2005 et 2017, les émissions liées à l’épandage des déjections animales produites sur le territoire ont diminué (-6,7%), les quantités épandues ayant également diminué mais dans une moindre mesure (-5,4%). Cette baisse d’émission par unité d’azote épandue s’explique, entre autres, par l’utilisation plus importante par les agriculteurs de matériels d’épandage moins émissifs.

La profession agricole entreprend des efforts de réduction des émissions. Des progrès ont déjà été accomplis par le secteur, par exemple au niveau de l’alimentation animale avec l’ajustement des apports protéiques dans les rations, au niveau du bâtiment avec la mise en place de laveurs d’air, ou encore au niveau du stockage par la couverture de fosse. Selon les techniques mises en place, les coûts associés peuvent être très importants. De tels investissements peuvent à l’heure actuelle être soutenus par le biais de plans de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles (PCAE). En revanche, dans la Politique Agricole Commune actuelle (2014-2020), il n’existe pas de mesures financières ciblant exclusivement la réduction des émissions de NH3 et l’amélioration de la qualité de l’air.

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