Les temps forts de la journée d'hier (6 décembre) :

• clôture de la phase préparatoire du Dialogue de Talanoa,
• poursuite des consultations informelles sur la finalisation des règles de mise en oeuvre de l'Accord de Paris au sein des trois organes qui en ont la charge (APA, SBSTA et SBI),
• réunion de l'APA pour faire le point sur l'état d'avancement de leur travail sur les volets dont il a la charge,
• réunion informelle des Présidents du SBI et du SBSTA pour faire le point sur l'état d'avancement de leur travail sur les volets dont ils ont la charge.

Dialogue de Talanoa
Les Présidences de la COP-23 (Iles Fidi) et de la COP-24 (Pologne) ont présenté les principales conclusions du Rapport de synthèse du Dialogue Talanoa, en mettant en exergue les 482 contributions reçues à travers la plateforme Talanoa. Des points de vue divergents ont été exprimés concernant le document final qui sera issu de la COP-24 sur le Dialogue de Talanoa : sous quelle forme ? Une décision et une déclaration politique exhortant les Parties à élever le niveau d’ambition pour la prochaine série de NDC (à soumettre en 2020) ? Un engagement politique collectif à rehausser le niveau d’ambition ? La question reste entière. La phase politique du Dialogue de Talanoa se tiendra les 11-12 décembre 2018.

Programme de travail de l'Accord de Paris (règles de mise en oeuvre)
APA : contributions nationales (article 4), communication sur l'adaptation (article 7), cadre de transparence renforcée (article 13), bilan mondial (article 14), comité de mise en oeuvre et du respect des dispositions de l'Accord de Paris (article 15), questions supplémentaires.
SBSTA : modalités de comptabilisation des ressources financières fournies (financement ex post) (article 9.7) et mécanismes de flexibilité (article 6.2, 6.4 et 6.8)
SBI : calendriers communs (article 4.10), registre public (article 4.12), financement ex ante (article 9.5).

Les consultations informelles se sont poursuivies tout au long de la journée et de la nuit. Pour l'instant (à 7h30, vendredi 7 déc), aucune nouvelle version des projets de texte de décision n'est disponible au public.

Zoom sur quelques points saillants de ces négociations :
SBI
calendriers communs (période d'engagement des NDC, article 4.10) : le co-facilitateur George Wamukoya (Kenya) a présenté la première version du texte du projet de décision. Signalant qu’un accord sur les calendriers communs était peu probable à Katowice, plusieurs Parties ont soutenu l’idée de conclusions du SBI-49 sur ce point résumant les progrès accomplis jusqu’ici. Beaucoup de Parties ont soutenu l’idée de trois options de calendriers communs, à savoir 5, 10, et 5 ou 10 ans. Les Parties ont donné mandat aux co-facilitateurs pour préparer une nouvelle version du texte.

SBSTA
mécanismes de flexibilité (article 6) : des points de vue divergents ont été exprimés sur les dispositions prévoyant une obligation générale d’atténuation.
financement ex post (article 9.7) : les Parties se sont focalisées sur une section relative aux hypothèses, définitions et méthodologies sous-jacentes de la première version du projet de texte.

SBI/SBSTA
Le Président du SBSTA Paul Watkinson (France) et le Président du SBI Emmanuel Dlamini (Swaziland) ont fait le point sur les travaux de leurs organes respectifs, en signalant quelques avancées mais surtout le besoin de réaliser des travaux supplémentaires. Le Président Watkinson a clos la session, en assurant que les présidences livreront samedi 8 décembre un résultat équilibré et complet.

APA
NDC (article 4) : les Parties ont commenté la première version du projet de texte. Les points de vue exprimés divergeaient fortement sur la façon de représenter la différentiation et sur le besoin de discuter de l'obligation d’un volet "atténuation" dans les NDC.
comité chargé de faciliter la mise en oeuvre et promouvoir le respect des dispositions de l'Accord de Paris (article 15) : les Parties ont commenté la première version du projet de texte : objectif, principes, nature, fonctions et champ d’application; et dispositifs institutionnels. Beaucoup ont préféré que les réunions du comité soient publiques par défaut, ce à quoi certains pays en développement se sont opposés. Les points de vue ont également divergé sur la question de spécifier l'obligation d’un équilibre entre pays en développement et développés à la présidence du comité. Plusieurs groupes ont suggéré que les membres du comité soient nommés à la COP-24 plutôt qu’à la COP-25, comme le prévoit le projet de texte, de façon à permettre au comité de commencer ses travaux le plus vite possible.
questions supplémentaires : la Co-Présidente Sarah Baashan (Arabie saoudite) a présenté la première version du texte du projet de décision, comprenant des libellés sur quatre éventuelles questions supplémentaires en un seul document. Concernant la fixation d’un objectif quantifié collectif en matiiere de financement post-2025, les pays développés ont demandé que le texte soit placé entre crochets, l’un d’entre eux s’opposant à une décision en la matière. Sur les modalités/dispositifs de procédure pour la communication de l’information relative au financement (transparence des financements ex ante, article 9.5), les Parties ont convenu que ce point demeure "de côté" pendant la conduite des discussions sur l’article 9.5 dans le cadre du SBI.

Réunion de l'APA pour faire le point
Les co-facilitateurs de l’APA ont fait le point des avancées des travaux sur les six volets dont l'APA a la charge, en signalant que tous les volets nécessitent davantage de travail. La Co-Présidente Jo Tyndall (Nouvelle-Zélande) a signalé qu’il ne reste qu’une journée pour achever les travaux de l’APA, en rappellant aux Parties que les versions finales des projets de texte doivent être remises samed 8 décembre. Elle a précisé que ces versions doivent contenir un "strict minimum" de questions en suspens sur l’ensemble du programme de travail de l'Accord de Paris, avec des options clairement définies pour arbitrage pendant la deuxième semaine. Elle a proposé que les Co-Présidentes préparent et diffusent de nouvelles versions des projets de texte au cours de la nuit, sur la base des consultations avec les co-facilitateurs, afin d’identifier d’éventuels terrains d’entente. Les Parties ont accepté cette démarche.

Source : bulletin d'IISD qui revient en détail sur la journée d'hier.