Publication dans la revue scientifique internationale Nature des résultats d'une étude menée par une équipe de chercheurs de l'Université de Bristol (Royaume-Uni) sur les émissions de CFC-11 en Chine.

Les chercheurs montrent :
• qu'à l'aide des observations des satellites couplées aux données de surveillance mondiale et à la modélisation du transport des émissions de CFC-11 dans l'atmosphère, les émissions de CFC-11 provenant de la Chine orientale étaient supérieures de 7 kilotonnes par an sur la période 2014–2017 à celles de la période 2008–2012, et
• que la hausse des émissions s'est principalement produite au-dessus des provinces du Nord-est de la Chine, Shandong et Hebei. Cette hausse représente une part importante (au moins 40 à 60%) de la hausse mondiale des émissions de CFC-11.

Le CFC-11 (trichlorofluorométhane) est une substance qui appauvrit la couche d'ozone et qui est donc réglementée par le Protocole de Montréal. En vertu de celui-ci, la production et la consommation du CFC-11 sont interdites depuis 1996 pour les pays industrialisés (Parties dites non annexe 5) et depuis 2010 pour les pays en développement (Parties dites annexe 5). La production du CFC-11 déclarée au titre du Protocole de Montréal a atteint zéro tonne en 2010. Du fait de l'élimination progressive de sa production/consommation, ses concentrations atmosphériques ont atteint leur niveau maximal au début des années 90 pour baisser ensuite. Le CFC-11 est également un puissant gaz à effet de serre dont le PRG [pouvoir de réchauffement global] sur 100 ans est de 4 600 [c'est-à-dire qu'une tonne de CFC-11 émise équivaut à 4 600 t CO2 émises (valeurs 2013 du GIEC)] et dont la durée de vie dans l’atmosphère est de 45 ans (source : GIEC, AR5, vol 1, chapitre 8, tableau 8.A.1).

L'OMM (Organisation Météorlogique Mondiale) avait signalé dans son Bulletin annuel 2018 sur les GES, publié le 22 novembre 2018, une hausse inattendue des concentrations atmosphériques du CFC-11, pourtant interdit, relevée par des réseaux de mesure indépendants. Ainsi, depuis 2012, le rythme de diminution des concentrations de CFC-11 a ralenti pour atteindre environ deux tiers de celui observé sur la période 2002-2012. L'OMM soulignait que cette baisse serait très probablement due à l'augmentation des émissions liées à la production du CFC-11 en Asie de l'est. Cette question a été examinée lors de la 30e réunion des Parties au Protocole de Montréal (Quito, Equateur, 5-9 novembre 2018).
Voir résumé de l'article (le texte intégral de l'article est payant). Voir manuel du Protocole de Montréal (11e édition, 2017, en français).