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Publié le 04 mars 2026

Changement climatique : plus de 80 % des actions prévues dans le cadre du plan national d’adaptation ont été lancées

Par : Sophie Sanchez

Modifié le : 04/03/2026
Réf . : 2026_03_01

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État d’avancement des 340 sous-actions du Pnacc – Source : MTE, février 2026

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La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a présenté au CNTE (Conseil national de la transition écologique) le 19 février 2026 le premier point d’avancement du Pnacc-3, le Plan national d’adaptation au changement climatique. La version finale du Pnacc-3, qui avait été présentée le 10 mars 2025 (lire notre article), prévoit « une cinquantaine de mesures et 200 actions concrètes pour préparer la France dans tous les secteurs d’activité à un réchauffement climatique de + 4°C à l’horizon 2100 » par rapport à l’ère préindustrielle pour la France hexagonale.  

Elle a fait état d’un premier bilan positif au terme de cette première année de mise en œuvre, en indiquant que  plus de 80 % des actions  du PNACC-3 ont déjà été lancées, ce qui témoigne qu’une dynamique en faveur de l’adaptation s’est instaurée.  

« La première année de mise en œuvre du Pnacc montre une forte mobilisation de l’ensemble des administrations pilotes (directions ou opérateurs de l’État) pour engager leurs travaux dans le calendrier imparti. La majorité des actions du Pnacc devait être initiée en 2025 et ce premier bilan permet de constater que plus de 80 % des actions ont effectivement été lancées », détaille le MTE dans son bilan 

[ ajoutant que “cet objectif 2040 est un cap clair qui donne de la visibilité à nos industries, à nos territoires et à nos citoyens”

Intégration de la Tracc dans le Pnacc-3 

Ainsi, et pour la première fois, le Pnacc se fonde sur la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (Tracc), désormais inscrite dans le code de l’environnement (lire notre article). « Disposer des données nécessaires à l’adaptation de la France selon la Tracc est l’aboutissement de travaux scientifiques de première importance », se félicite le MTE.  

De fait, Météo-France a introduit la Tracc dans tous ses services climatiques (mesure 22 du Pnacc) : Drias-Les futurs du climat, Climadiag Commune, Climadiag Entreprise, Climadiag Agriculture, Climadiag Chaleur en Ville, Climsnow, ClimatHD. Tous les acteurs disposent désormais des données fondées sur la Tracc afin d’élaborer les actions d’adaptation des territoires, des infrastructures et des secteurs d’activité. 

En outre, des travaux sont en cours pour réviser le décret et l’arrêté relatifs aux plans climat air-énergie territoriaux avec, notamment, pour objectif d’intégrer la Tracc dans les études de vulnérabilité (mesure 23 du Pnacc).  

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Protection des populations 

Parallèlement à cette mise à disposition des données climatiques, les services de l’État et les acteurs publics ont développé les moyens d’accompagnement au service des acteurs de l’adaptation, comme le détaille le MTE dans son point d’avancement. 

S’agissant de la protection de la population face aux impacts du changement climatique, l’augmentation de la dotation du Fonds Barnier (porté de 75 M€ à 300 M€ en 2025) a permis un renforcement des moyens alloués à la prévention et à la protection des biens et des personnes face aux risques naturels majeurs, fait valoir le MTE.  

Ainsi, à la suite des inondations historiques de l’hiver 2023-2024 dans le Nord Pas-de-Calais, près de 20 M€ ont été consacrés au dispositif expérimental « Mieux reconstruire après une inondation » et 17 M€  aux rachats des biens devenus inhabitables. La finalisation de ces accompagnements mobilisera environ 25 M€ supplémentaires en 2026. 

De son côté, en 2025, le Fonds d’accélération de la transition écologique dans les territoires ou Fonds vert a alloué 42 M€ de financements à des projets qui permettront de mieux protéger la population face aux « catastrophes naturelles » (inondations, vents cycloniques, incendies de forêt et de végétation) dont l’intensité et la prévalence augmentent sous l’effet du changement climatique, et à l’évolution de l’habitat (risques émergents en montagne et recul du trait de côte). 

Par ailleurs, le Fonds vert intègre une action de renaturation des villes et des villages, financée à hauteur de 81 M€ en 2025, afin de favoriser la résilience des aires urbaines face au changement climatique à travers la désimperméabilisation des sols ou la lutte contre les îlots de chaleur urbains (augmentation du couvert végétal, création de points d’eau, etc.). 

Concernant le renforcement de la résilience des bâtiments, les travaux ont particulièrement avancé en matière de prise en compte du confort d’été, qui doit désormais être systématiquement pris en compte lors de travaux concernant l’enveloppe du bâtiment et pour la prévention du phénomène de retrait-gonflement des argiles (dit « RGA ») 

En septembre 2025, le Cerema et le Conseil scientifique et technique du bâtiment (CSTB) ont publié un guide sur les mesures de prévention, d’adaptation et de remédiation du phénomène de RGA dans la construction, à destination des particuliers et des collectivités territoriales. L’expérimentation d’un fonds de soutien doté de 30 M€ pour la mise en œuvre de solutions de prévention du risque RGA a été lancée en octobre 2025.  

La carte d’exposition au retrait-gonflement des argiles (RGA) a été mise à jour fin 2025 pour prendre en compte la forte sinistralité de ces dernières années, sachant qu’elle entrera en vigueur au 1er juillet 2026. Les zones d’exposition moyenne et forte, c’est-à-dire soumises aux dispositions constructives de la loi Elan, représentent dorénavant 55 % du territoire hexagonal contre 48 % en 2020.  

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Accompagnement des collectivités territoriales 

Côté collectivités territoriales, le bilan précise que la Mission adaptationle guichet unique des opérateurs de l’État dédié à l’accompagnement des collectivités dans leur projet d’adaptation, a d’ores et déjà accompagné 184 collectivités (mesure 25 du Pnacc).  

En parallèle, Météo-France, l’Ademe et le Cerema ont développé un « patch + 4 °C » à destination des collectivités qui ont réalisé leurs études de vulnérabilité sur la base d’autres hypothèses de réchauffement que la Tracc. Ce « patch » met en lumière l’aggravation post 2050 de certains impacts (fortes chaleurs, fortes précipitations, sécheresse des sols, feux de forêt, submersion marine pour les territoires littoraux) et propose des liens vers des solutions d’adaptation.  

Cet accompagnement s’est également traduit par le renforcement et la priorisation de l’axe du Fonds vert dédié au financement de projets d’adaptation. 

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Accompagnement des entreprises et des secteurs économiques 

L’adaptation au changement climatique a été intégrée, comme le précise également le point d’avancement, dans les missions des Directions (régionales) de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités, avec l’animation par les Services économiques de l’État en régions d’un volet « mobilisation des entreprises » dans le cadre des COP régionales. La plateforme Transition écologique des entreprises a recensé 69 000 visiteurs uniques entre mars et octobre 2025. Des travaux sont en cours afin de la pérenniser en l’intégrant au site « Agir pour la transition écologique » piloté par l’Ademe. 

La Banque de France a également mis à disposition des entreprises un outil de visualisation des aléas climatiques auxquels elles sont exposées, en cohérence avec la Tracc (mesure 41 du Pnacc). Chaque dirigeant peut ainsi consulter de manière confidentielle l’exposition de son entreprise sur plusieurs familles d’aléas, et identifier, par un système de score, le niveau de gravité de cette exposition et les sites concernés.  

En coopération avec l’Ademe, les filières économiques volontaires – les filières de la chimie, du tourisme, de la distribution, et de la transformation et de la valorisation des déchets – ont entrepris la réalisation de guides sectoriels d’adaptation au changement climatique afin d’analyser les vulnérabilités du secteur considéré et formuler des recommandations opérationnelles pour améliorer la résilience des entreprises – le Citepa étant en charge du guide sur les déchets. D’autres guides sont en préparation, notamment ceux des filières des travaux publics, des industries agroalimentaires, des industries pour la construction et des nouveaux systèmes énergétiques. 

Par ailleurs, à la suite d’une demande conjointe des ministres chargés de l’Économie et de la Transition écologique, les grandes entreprises de l’énergie et des transports ont initié des études de vulnérabilité et des plans d’actions d’adaptation au changement climatique. Ces travaux, en cours de finalisation, vont permettre de disposer d’une vision d’ensemble des besoins d’adaptation pour maintenir la disponibilité future de ces infrastructures essentielles. 

En matière de financement des entreprises, BPI France déploie des garanties vertes pour faciliter le financement de projets en lien avec la transition écologique et notamment des actions d’adaptation, comme le détaille le MTE. Depuis leur lancement en 2024, ces garanties ont permis d’accompagner près de 3 000 entreprises pour un montant de crédits accompagnés de 1,1 Md€ avec un niveau de garantie de 670 M€ (mesure 42 du Pnacc).

 

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Pour en savoir plus

Point d’avancement du Pnacc-3 

Annexe : bilan détaillé de l’avancement du Pnacc-3 par action 

3e Plan national d’adaptation au changement climatique | Ministères Aménagement du territoire Transition écologique 

Fiches mesures du Pnacc-3 

Changement climatique : le gouvernement lance le Pnacc-3 pour préparer la France à un réchauffement de + 4°C – Citepa 

La trajectoire de réchauffement de référence vise à intégrer l’adaptation climatique dans l’ensemble des politiques publiques – Citepa 

Transition écologique des entreprises : plus de 160 aides disponibles 

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