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Publié le 23 septembre 2026

Les négociations climat mi-année dans le cadre de la CCNUCC à Bonn s’achèvent sur un blocage sur les deux principaux sujets : adaptation et atténuation

Par : Mark Tuddenham

Modifié le : 23/09/2026
Réf . : 2026_09_08

Après deux semaines de négociations intenses (8-18 juin 2026), les 64èmes sessions des deux organes subsidiaires de la CCNUCC, le SBI-64 (mise en œuvre) et le SBSTA-64 (conseil scientifique et technologique) se sont terminées à 23h37 jeudi 18 juin 2026. Ces sessions intermédiaires, connues sous le nom commun SB-64, ont marqué la reprise des négociations climat formelles dans le cadre de la CCNUCC pour la première fois depuis la Conférence de Belém sur le Climat, qui incluait la COP-30 (du 10 au 22 novembre 2025). Elles sont généralement l’occasion d’avancer sur les points techniques des négociations entre deux COP et permettent de faciliter l’avancée des négociations politiques lors des COP.

Rappel de l’articulation des différents organes de la CCNUCC

Les organes subsidiaires SBSTA et SBI sont des organes techniques mis à disposition de la COP, de la CMP et de la CMA.

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Au total, les sessions SB-64 ont réuni 9 206 participants dont 4 198 délégués gouvernementaux (équipes de négociation nationales) des 197 Parties à la Convention Climat (CCNUCC), 2 960 représentants d’ONG ayant le statut « d’observateur », ainsi que 134 journalistes (source : IISD, 22 juin 2026).

 

Outre les sessions plénières des deux organes subsidiaires SBI et SBSTA et les négociations qu’ils ont menées respectivement sur les 20 et 14 sujets à l’ordre du jour (agenda items), 31 évènements et ateliers dits mandatés (car mandatés par des décisions de la COP-30, celles de la CMP-20 ou celles de la CMA-7, adoptées lors de la Conférence de Belém sur le Climat), ont également eu lieu pendant ces deux semaines, voire pendant la période dite « pré-session » (du 2 au 7 juin 2026).

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Que retenir de ces sessions SB-64 ?

Avant d’entamer les négociations, les Parties ont commencé par l’examen et l’adoption des ordres du jour respectifs du SBI et du SBSTA. A la différence des sessions SB-60 et SB-64, les Parties sont parvenues rapidement à se mettre d’accord sur les deux ordres du jour, sans demande d’ajout de sujets supplémentaires de la part des Parties et ont ensuite procédé à leur adoption formelle : ordre du jour du SBI-64 et ordre du jour du SBSTA-64.

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Les négociations

Le Citepa vous propose un tour d’horizon des principaux résultats par sujet de négociation clé, d’abord sous le pilotage des SB, ensuite sous le pilotage des Présidences de la COP-30 (Brésil) et de la COP-31 (Turquie et Australie) :

Sous le pilotage des SB

  • adaptation :
  • objectif mondial en matière d’adaptation (GGA),
  • fonds d’adaptation
  • atténuation : programme de travail sur l’atténuation (MWP),
  • programme de travail sur la transition juste (JTWP),
  • article 6 : mécanismes fondés sur le marché :
    • article 6.2,
    • article 6.8,
  • recherche et science,
  • renforcement de la coopération avec d’autres organisations internationales,
  • réforme du processus de la CCNUCC,
  • questions administratives, financières et institutionnelles.

 

Evénements mandatés sous le pilotage des SB

  • changement climatique et commerce.

 

Evénements mandatés et autres événements sous le pilotage des Présidences de la COP-29, de la COP-30 et de la COP-31

  • Mission de Belém vers l’objectif +1,5°C,
  • Accélérateur mondial de mise en œuvre,
  • programme de travail sur le financement climat,
  • feuille de route sur la sortie progressive des combustibles fossiles
  • vers un objectif en matière d’électrification.

Bilan.

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Adaptation

L’objectif mondial en matière d’adaptation (Global Goal on Adaptation ou GGA) SBI/SBSTA

Pour les éléments de contexte, voir notre article sur les enjeux des sessions SB-64, publié le 5 juin 2026.

Voir page du site de la CCNUCC sur le GGA.

Résultats à Bonn

A Bonn, des consultations informelles ont été co-animées par Peter Gerard Wittoeck (Belgique) et Ricardo Delano Marshall (Barbade). Les Parties ont repris les discussions en s’appuyant sur les travaux menés lors de la CMA-7 (lire notre article sur le bilan de la COP-30 et de la CMA-7). L’objet principal des de ces consultations était de peaufiner les indicateurs de suivi du GGA, actés à Belém à la hâte et contre l’avis de plusieurs Parties (cf. décision 12/CMA.7, § 6 et annexe – lire notre article sur le bilan de la COP-31). Pour ce faire, les Parties se sont notamment penchées sur :

  • la mise en place d’un processus d’alignement des politiques d’une durée de deux ans visant à intégrer les objectifs et indicateurs du GGA dans le rapportage et ce, dans le cadre de la vision Belém-Addis sur l’adaptation (cf. décision 12/CMA.7, § 21 et § 22) ;
  • les travaux techniques visant à améliorer les métadonnées (données de contexte) et les méthodologies relatives aux indicateurs, notamment par la création d’un groupe de travail technique (technical task force) (cf. décision 12/CMA.7, § 23) ;
  • la première phase de la « feuille de route de Bakou sur l’adaptation » (Baku Adaptation Roadmap ou BAR), couvrant la période 2026-2028 et axée sur l’organisation de deux ateliers par an et la préparation d’un document technique (cf. décision 12/CMA.7, § 29) ; et
  • l’élaboration d’un cahier des charges pour le réexamen (review) des indicateurs de Belém au titre du réexamen du cadre des Emirats arabes unis pour la résilience climatique mondiale (paragraphes 32 et 33 de la (cf. décision 12/CMA.7, § 32 et § 33).

 

En particulier, les discussions ont fait ressortir des points de vue divergents quant à la composition du groupe de travail technique. Plusieurs groupes de négociation (Grupo Sur, l’Association indépendante pour l’Amérique latine et les Caraïbes [AILAC], les pays en développement partageant la même vision [LMDC], le groupe africain et le groupe arabe) ont insisté sur le fait que le groupe de travail doive être piloté par les Parties, tandis que l’UE, la Norvège et le Japon ont préféré qu’il soit piloté par des experts techniques. Des propositions concrètes ont porté, entre autres, sur le nombre de membres du groupe de travail ; l’équilibre entre pays développés et pays en développement ; la représentation régionale ; la participation et le rôle des organes de la CCNUCC ; et le processus de sélection des experts.

Pour l’explication des différents groupes de négociation, voir notre glossaire de la COP-30.

 

En ce qui concerne la feuille de route de Bakou sur l’adaptation (BAR), les Parties ont réfléchi aux éventuels thèmes des ateliers et aux résultats attendus. Les pays en développement se sont prononcés en faveur d’une discussion ciblée sur les défis de mise en œuvre et les moyens de mise en œuvre (financement, transfert de technologies et renforcement des capacités).

Les propositions de projet de texte esquissant la manière dont les travaux sur le GGA devaient être menés ont suscité de vives divergences d’opinion. Le Groupe africain, l’Alliance des petits États insulaires (AOSIS), les pays les moins avancés, le Grupo Sur, l’AILAC, le groupe LMDC et le groupe arabe ont soutenu les références à la mise en œuvre des travaux conformément aux principes de la Convention Climat et de l’Accord de Paris.

Une fois de plus, le sujet du financement a été omniprésent dans ces discussions. Ainsi, les groupes de négociation précités ont insisté pour que soit garanti l’accès à un financement prévisible et accessible afin de soutenir la mise en œuvre de l’adaptation conformément à l’Article 9.1 de l’Accord de Paris (obligation faite aux pays industrialisés de fournir un financement aux pays en développement). Par ailleurs, ils ont insisté sur l’importance d’intégrer, dans le projet de texte, une référence explicite à l’appel de la CMA-7 au triplement du financement de l’adaptation d’ici 2035 (cf. décision 12/CMA.7, § 34), soulignant qu’ils ont besoin de ce financement pour mettre en œuvre le GGA et que, sans cette augmentation significative, le GGA restera inatteignable. Cette demande a été soutenue par l’ensemble des groupes de négociation des pays en développement. En revanche, l’UE, le Royaume-Uni, le Canada, la Norvège et le Japon se sont opposés à ces propositions, faisant valoir que le sujet du financement de l’adaptation est déjà traité dans le cadre d’autres sujets de l’ordre du jour et d’organes de la CCNUCC.

Même si ce triplement du financement de l’adaptation ne constitue pas un objectif contraignant formellement adopté par la CMA, il s’agit d’un objectif indicatif convenu dans le cadre de la décision 12/CMA.7. Le fait de le réévoquer dans le projet de décision sur le GGA pour examen et adoption par la CMA-8 envoie un signal important politique sur la nécessité de combler l’écart entre le financement fourni pour l’adaptation et les besoins réels en la matière (cf. l’Adaptation Gap Report 2025 du Programme des Nations Unies pour l’Environnement, PNUE, lire notre Journal de la COP-30 | Jour 7).

L’une des préoccupations des pays en développement concernant les indicateurs du GGA est qu’ils soient tenus pour responsables s’ils ne parviennent pas à les respecter. De l’autre côté, les pays industrialisés craignent que, si le financement de l’adaptation est lié au GGA et qu’ils n’honorent pas ce triplement, ils soient tenus pour responsables de l’absence de progrès.

Puisqu’à Bonn les Parties ne parvenaient pas à se mettre d’accord sur les prochaines étapes, les co-facilitateurs ont sollicité les conseils de la Présidente du SBI et du Président du SBSTA. Ceux-ci ont alors proposé d’organiser des réunions bilatérales afin de comprendre les divergences de points de vue et de définir les prochaines étapes.

Dans l’après-midi du 17 juin 2026, les co-facilitateurs ont présenté un nouveau projet de texte révisé aux Parties. Le lendemain, le 18 juin 2026, les Parties ont mené des réunions informelles sur la base de ce texte révisé. Dans la soirée, constatant que les propositions de compromis n’avaient pas réussi à dégager un consensus, les Présidents du SBI et du SBSTA ont publié un projet de texte révisé sous leur responsabilité qui faisait référence notamment à l’appel de la décision 12/CMA.7 § 34 au triplement du financement de l’adaptation d’ici 2035.

L’Inde, le Japon et l’UE ont exprimé leur déception face au texte et à la manière dont il avait été élaboré, mais ont déclaré que, dans l’intérêt de faire avancer les travaux sur l’adaptation, ils pouvaient soutenir la transmission du texte pour un examen plus approfondi lors des sessions SB-65 (qui se tiendront lors la COP-31, du 9 au 14 novembre 2026). Le Grupo Sur et le groupe africain ont demandé que la question soit examinée par les chefs de délégation. Ceux-ci se sont réunis dans la soirée du 18 juin 2026, pendant les dernières heures des sessions SB-64, mais n’ont pas non plus réussi à s’entendre sur les prochaines étapes.

Etant donné le manque total de consensus sur le sujet du GGA, les SB n’ont pas été en mesure d’adopter des conclusions sur ce sujet et ont renvoyé les discussions à leurs prochaines sessions, les SB-65, à Antalya (Turquie) du 9 au 14 novembre 2026.

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Le fonds d’adaptation (Adaptation Fund) SBI

Pour les éléments de contexte pré-Belém, voir notre Journal de la COP-30 | Jour 2.

Avancées lors de la CMP-20 (Belém, nov. 2026)

Dans sa décision 1/CMP.20 (adoptée à Belém, nov. 2025), la CMP a demandé aux Parties de poursuivre, lors de la session SBI-64, l’examen des questions sur :

  • la composition du Conseil d’administration du fonds d’adaptation ;
  • les dispositions permettant au Fonds de servir exclusivement l’Accord de Paris ; et
  • le lancement du cinquième réexamen (review) du fonds, sur la base des travaux menés lors de la session SBI-63 (Belém).

 

Résultats à Bonn

Les consultations informelles sur cette question ont été animées par Isatou Camara (Gambie) et Koosje Beumer-van der Loo (Pays-Bas).

En ce qui concerne le calendrier du cinquième réexamen du fonds, les Parties ont convenu de le mener une fois la transition effectuée du fonds vers un rôle exclusivement au service de l’Accord de Paris.

Le principal point de discorde portait sur la question de savoir si les progrès concernant la transition du fonds vers un rôle exclusivement au service de l’Accord de Paris (y compris les dispositions visant à monétiser les recettes (share of proceeds) issues des activités relevant de l’Article 6.4) devaient être liés à un consensus sur la composition du Conseil d’administration du fonds d’adaptation. Dans le cadre de cette transition, cette question a fait l’objet de vifs débats à Bonn. Les divergences d’opinion portaient notamment sur la définition des pays du Nord et du Sud : les pays industrialisés, et notamment l’UE, souhaitaient que la composition soit partagée entre « pays développés » et « pays en développement », catégories auxquelles l’Accord de Paris fait référence et qui sont donc pertinentes pour un fonds dont le rôle sera de servir exclusivement cet Accord.

En revanche, les pays en développement ont fait valoir que la composition du Conseil du fonds devrait continuer à être partagée entre « pays à l’annexe I » (pays industrialisés) d’un côté, et « pays hors annexe I » (pays en développement) de l’autre. Ces catégories, qui sont plus rigides que les catégories « pays développés » et « pays en développement », renvoient à la division binaire des pays de la planète opérée en 1992 dans le cadre de l’élaboration de la Convention Climat, sur la base d’un critère : pays membre de l’OCDE à l’époque ou non.

Ce qui sous-tend la position des pays industrialisés, c’est leur demande faite depuis plusieurs années que la base des pays contributeurs (contributor base) au financement climat en général soit élargie pour inclure les pays à revenu élevé : grands pays émergents (Chine, Corée du Sud, Singapour…) et pays du Golfe. Sans surprise, ces pays s’opposent fermement à cette demande.

En raison de cette impasse politique sur la composition du Conseil du fonds d’adaptation, les perspectives d’aboutir à l’adoption par la CMA-8 d’une décision sur ce sujet à Antalya s’éloignent alors que les besoins en matière de financement d’adaptation s’intensifient de jour en jour.

Le groupe G-77/Chine a souligné que les questions relatives aux dispositions de transition, à la composition du Conseil d’administration et au cinquième examen devaient être traitées séparément, et s’est prononcé pour l’élaboration d’un projet de décision distinct pour chacun des trois sujets.

Le dernier jour des sessions SB-64, le 18 juin 2026, les co-facilitateurs ont indiqué que les Parties n’étaient pas en mesure de se mettre d’accord lors d’une consultation des chefs de délégation sur les sujets en suspens et ont proposé des « conclusions de procédure » visant à poursuivre, lors de la session SBI-65 (9-14 nov. 2026 à Antalya, Turquie), l’examen de la composition du fonds, des dispositions transitoires et du cinquième examen et ce, sur la base du projet de texte issu de la session SBI-64. Les Parties ont essayé – en vain – de conserver les maigres avancées de Bonn, en se livrant à un long débat lors de consultations informelles, abordant notamment :

  • la référence à trois « mandats » distincts, plutôt qu’à des « sujets » (items) ;
  • le fait de mentionner les seuls progrès réalisés à cette session de Bonn sur le cinquième réexamen, sur lesquels tout le monde s’accordait, ou également ceux relatifs aux dispositions transitoires.

Après l’apport de plusieurs modifications, de discussions en petit comité (huddles) et plusieurs appels lancés à la Présidente du SBI pour qu’elle intervienne, les Parties sont finalement parvenues à un accord sur les conclusions du SBI.

Par conséquent, dans ses conclusions, le SBI a convenu de poursuivre l’examen de ces trois mandats lors de la session SBI-65 (9-14 nov. 2026 à Antalya, Turquie), sur la base des travaux et des progrès réalisés lors de la session SBI-64 à Bonn, ainsi que le projet de texte élaboré par les co-facilitateurs sur la base des discussions menées lors de cette session.

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Atténuation

Programme de travail sur l’ambition et la mise en œuvre en matière d’atténuation (Mitigation Ambition and Implementation Work Programme ou MWP) SBI/SBSTA

Pour les éléments de contexte, voir notre article sur les enjeux des sessions SB-64, publié le 5 juin 2026.

Voir page du site de la CCNUCC sur le MWP.

 

Résultats à Bonn

A Bonn, des consultations informelles sur le MWP, seul sujet spécifiquement sur la réduction des émissions de GES à l’ordre du jour formel du processus de la CCNUCC, ont été co-animées par Ursula Fuentes Hutfilter (Allemagne) et Maesela John Kekana (Afrique du Sud). Lors de ces consultations, les Parties ont poursuivi l’échange de points de vue sur la question de savoir quelles suites donner au MWP, notamment sa durée et son périmètre, son articulation avec d’autres processus de la CCNUCC, ainsi que ses modalités.

Les discussions ont fait ressortir, une fois de plus, des divergences d’opinion sur ce que devraient être le périmètre du MWP et sur quels sujets il devrait se concentrer. Alors que certains groupes de négociation, notamment l’AOSIS et l’AILAC, ont estimé qu’il devrait contribuer à la mise en œuvre des résultats du bilan mondial (Global Stocktake ou GST), éclairer les futurs GST ainsi que les NDC, d’autres Parties ont préféré qu’il se concentre principalement sur le soutien à la mise en œuvre des NDC. En particulier, les grands pays émergents, encore très dépendants des énergies fossiles, s’opposent à un mandat plus ambitieux et plus concret du MWP. Cette prise de position s’explique par le fait qu’un MWP doté d’un mandat plus ambitieux en termes d’atténuation impliquerait qu’ils devraient consentir des efforts de réduction supplémentaires.

L’UE a qualifié le MWP comme le seul espace permettant de discuter des efforts d’atténuation, en particulier des moyens de renforcer les NDC, de les aligner sur l’objectif de +1,5°C et d’assurer leur mise en œuvre. Le groupe de négociation LMDC et le groupe arabe se sont opposés à tout lien entre le MWP et le GST.

Les discussions sur la poursuite du MWP ont également fait ressortir des points de vue divergents. Les pays les moins avancés ont proposé de maintenir le MWP comme sujet permanent de l’ordre du jour et de mettre en place un mécanisme technique ou un comité approprié pour faciliter la traduction des discussions en actions concrètes. L’Inde, l’Égypte, le Koweït et les Émirats arabes unis se sont opposés à la prolongation du mandat du MWP, soulignant qu’il était axé sur « cette décennie cruciale ». L’AILAC a fait valoir que la référence à « cette décennie cruciale » renvoyait à l’urgence des mesures d’atténuation plutôt qu’à une date de fin fixe, et a exhorté les Parties à ne pas s’en servir comme prétexte pour ne pas prolonger le mandat au-delà de 2030.

Au terme de cet échange de points de vue, les Parties ne sont pas parvenues à se mettre d’accord sur la question de savoir si et comment il devait être rapporté par écrit. Plusieurs Parties et groupes de négociation, notamment l’UE, l’AOSIS, l’AILAC, la Corée du Sud, le Canada et la Suisse, ont demandé aux co-facilitateurs d’élaborer une note informelle rendant compte des points de vue des Parties. Le groupe LMDC, le groupe arabe et le groupe africain ont souligné que, compte tenu des divergences persistantes des points de vue, toute note informelle ne devrait inclure que des rubriques générales, sans points de vue sur le fond.

À titre de solution de compromis, les co-facilitateurs ont élaboré trois documents :

  • un projet de conclusions ;
  • une note informelle contenant des titres de sections ; et
  • une note de réflexion non exhaustive de l’échange des points de vue qui a eu lieu lors de cette session à Bonn.

De nombreuses Parties, notamment les pays les moins avancés, l’AILAC, l’AOSIS, la Corée du Sud, le Canada, la Nouvelle-Zélande et la Norvège, se sont prononcées en faveur du maintien des trois documents et se sont déclarées être disposées à travailler sur ceux-ci. Le groupe LMDC, le groupe africain, le groupe arabe et la Russie se sont opposés à la note de réflexion, faisant valoir qu’elle ne reflétait pas de manière adéquate l’ensemble des points de vue exprimés par toutes les Parties et qu’elle contenait également des éléments qui ne relevaient pas du mandat du MWP.

Bien que les trois documents aient fait l’objet de plusieurs révisions, les Parties ne parvenaient toujours pas à dégager un consensus sur lesquels des trois documents il convenait de transmettre à la CMA-8 pour examen et adoption. Etant donné ce blocage, les Présidents des SB ont convoqué une réunion des chefs de délégation dans la soirée du 18 juin 2026 pour tenter de régler les questions en suspens mais les Parties ont été incapables de parvenir à un consensus.

Les SB n’ont donc pas été en mesure de conclure l’examen de ce sujet à Bonn, ni d’adopter des conclusions là-dessus, et ont convenu de reprendre les discussions lors de leurs prochaines sessions, les SB-65, à Antalya (Turquie) du 9 au 14 novembre 2026.

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Transition juste

Programme de travail sur la transition juste (Just Transition Work Programme ou JTWP) SBI/SBSTA

Pour les éléments de contexte, voir notre article sur les enjeux des sessions SB-64, publié le 5 juin 2026.

Voir page du site de la CCNUCC sur le JTWP.

 

Résultats à Bonn

A Bonn, les discussions sur ce sujet se sont déroulées au sein d’un groupe de contact (groupe de travail restreint), co-présidé par Joseph Teo (Singapour) et Federica Fricano (Italie). Il avait trois missions principales :

  • finaliser le cahier des charges (terms of reference ou ToR) pour le réexamen (review) de l’efficacité et l’utilité du JTWP ( décision 2/CMA.7, paragraphe 27). Ce réexamen doit avoir lieu lors de la CMA-8 (nov. 2026, cf. décision 3/CMA.5, paragraphe 3) et en s’appuyant sur les résultats de l’examen, la CMA-8 doit envisager sa poursuite : en clair, décider si le JTWP se poursuivra au-delà de 2026 ou non ;
  • mener une réflexion sur le cinquième dialogue organisé dans le cadre du JTWP (qui a eu lieu les 24-25 avril 2026 à Yeosu, Corée du Sud) ; et
  • faire progresser la mise en oeuvre du mécanisme de transition juste (Just Transition Mechanism ou JTM), dont le principe a été acté lors de la CMA-7 à Belém (nov. 2025) ( décision 2/CMA.7, paragraphe 25).

Un premier échange de points de vue sur la question de savoir comment opérationnaliser le JTM a fait ressortir des divergences d’opinion sur la forme qu’il doit prendre (un nouvel organe de la CCNUCC, un nouvel mécanisme financier ?…) et les fonctions qu’il doit assumer (soutenir les moyens de mise en œuvre ?…).

Quant au mandat pour le réexamen du JTWP, le groupe LMDC, le groupe arabe et la Russie se sont opposés à tout élément de texte portant sur le lien entre le JTWP et d’autres instruments et processus pertinents relevant de la CCNUCC et de l’Accord de Paris. Ils se sont également opposés à ce que le réexamen porte sur la manière dont des modalités améliorées pour le JTWP pourraient éclairer ou être éclairées par le processus de mise en oeuvre du JTM

La veille de la clôture des sessions SB-64, le 17 juin 2026, les co-présidents ont proposé un ensemble de textes comprenant :

  • les conclusions des sessions SB-64 proposant des orientations pour la poursuite de la mise en oeuvre du JTWP ;
  • le cahier des charges pour le réexamen du JTWP qui définit le mandat, les objectifs, le périmètre, les sources de données, les modalités et les résultats attendus de ce réexamen, prévu en 2026 ( décision 3/CMA.5, paragraphe 3) ; et
  • une note informelle comportant notamment les messages clés issus du cinquième dialogue du JTWP, ainsi qu’une liste indicative d’éléments destinés à faciliter la mise en œuvre du JTM.

La plupart des Parties ont déclaré pouvoir accepter cet ensemble de textes dans un esprit de compromis. Cependant, le groupe LMDC a souhaité modifier la note informelle afin de préciser qu’elle ne reflétait pas un consensus et qu’elle ne devait en aucun cas servir de base aux négociations futures. Ils ont également émis des objections quant à la portée du mandat. Puisque les discussions semblaient être bloquées, les co-présidents ont proposé une formulation de texte alternative pour le cahier des charges. Les Parties ont fini par accepter la proposition et se sont mises d’accord sur les conclusions des SB et sur le cahier des charges pour le réexamen du JTWP.

Ainsi, dans leurs conclusions, les Parties approuvent ce cahier des charges et le mandat des SB pour mener le réexamen du JTWP lors de leurs 65èmes sessions (à Antalya, Turquie du 9 au 14 novembre 2026) en vue d’éclairer l’examen par la CMA-8 (9 au 20 nov. 2026) de la question de savoir s’il faut poursuivre ou non le JTWP au-delà de 2026 (cf. décision 3/CMA.5, paragraphe 3).

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Article 6 : mécanismes fondés et non fondés sur le marché

Article 6.2 : approches coopératives bilatérales – transferts de réduction directs (crédits carbone) entre pays à titre bilatéral (connus sous l’acronyme anglais ITMO) SBI

Pour les éléments de contexte, voir notre Journal de la COP-30 | Jour 1.

Voir page du site de la CCNUCC sur l’article 6.2.

Voir la page du site de la CCNUCC sur la mise en œuvre coopérative (article 6).

 

Résultats à Bonn

A Bonn, les discussions ont été axées sur les dispositions relatives au financement des infrastructures, des processus et du renforcement des capacités pour la mise en œuvre de l’Article 6.2 et ce, conformément à la décision 19/CMA.7 (paragraphe 27), adoptée à Belém (nov. 2025). Cette question a été examinée lors de consultations informelles du SBI co-modérées par Peer Stiansen (Norvège) et Pacifica Achieng Ogola (Kenya). Le SBI a ainsi examiné la disponibilité, en quantité suffisante, et la stabilité des ressources financières destinées à l’exploitation et à l’entretien de l’infrastructure au titre de l’article 6.2 et aux examens techniques par des experts des informations soumises au titre de l’article 6, comme l’avait demandé la CMA 7. Les Parties ont examiné le document technique actualisé publié par le Secrétariat le 28 mai 2026 sur les options de financement. Ce document présente quatre options :

  • un financement de base dans les futurs budgets-programmes biennaux ;
  • des financements complémentaires ;
  • des redevances basées sur l’utilisation ; et
  • des redevances d’utilisation prélevées auprès des Parties participantes.

Le Secrétariat a indiqué que les dépenses approuvées pour les activités liées à l’Article 6.2 s’élevaient à environ 10,7 M$, que 2,1 M$ étaient actuellement disponibles, ce qui laisse un déficit de 8 à 9 M$ pour l’exercice biennal 2026–2027. Concernant les prévisions d’utilisation et le niveau de demandes attendu, il a été noté que 48 approches coopératives ont été soumises à la plateforme centralisée de comptabilité et de rapportage (Centralised Accounting and Reporting Platform ou CARP) et que 67 Parties ont manifesté leur intérêt pour utiliser le registre international.

Le groupe africain s’est déclaré favorable à un financement par le budget de base de la CCNUCC et a proposé de recourir à un financement supplémentaire provenant de contributions volontaires pour combler le déficit actuel. L’AOSIS s’est opposée à un financement par le budget de base et a préconisé une combinaison de financements supplémentaires provenant de contributions volontaires, de redevances d’utilisation prélevées auprès des Parties participantes et de redevances basées sur l’utilisation, avec des exemptions pour les petits États insulaires. Le groupe arabe s’est prononcé en faveur des contributions volontaires. L’UE a indiqué qu’elle souhaitait que l’Article 6.2 devienne à terme autofinancé grâce aux redevances.

Les discussions ont fait ressortir des divergences d’opinion sur l’option de mettre en place des redevances basées sur l’utilisation ou des redevances prélevées auprès des Parties participantes.

Dans ses conclusions, en particulier, le SBI :

  • demande à sa Présidente de préparer un document informel, comprenant des propositions de texte, s’appuyant sur les points de vue exprimés par les Parties lors de la session SBI-64, pour examen lors de la session SBI-65 (à Antalya, Turquie du 9 au 14 novembre 2026), de façon à ce que le SBI recommande un projet de décision pour examen et adoption par la CMA-8 ;
  • prend note de l’important déficit de financement recensé dans le document technique actualisé, exprime sa préoccupation concernant la mise en oeuvre de l’infrastructure et des processus prévus à l’Article 6.2, et exhorte le Secrétariat à intensifier ses efforts de mobilisation de fonds pour ces activités ;
  • demande au Secrétariat d’inclure, dans le cadre de son rapport annuel à la CMA, des informations détaillées sur les hypothèses sous-tendant le budget supplémentaire, en cohérence avec la répartition des activités figurant dans le document technique actualisé, y compris des informations sur les fonds actuellement disponibles, les dépenses engagées à ce jour au cours de l’exercice biennal actuel et les dépenses restantes prévues pour cet exercice biennal.

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Article 6.8 : approches non fondées sur le marché (Non-market approaches ou NMA) (article 6.8) SBSTA

Pour les éléments de contexte, voir notre article sur les enjeux des sessions SB-64, publié le 5 juin 2026.

Voir la page du site de la CCNUCC sur les approches fondées et non fondées sur le marché.

Voir la page du site de la CCNUCC sur la mise en œuvre coopérative (article 6).

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Résultats à Bonn

9e réunion du Comité de Glasgow sur les NMA

A Bonn, le 9 juin 2026, le Comité de Glasgow sur les NMA (Glasgow Committee on Non-Market Approaches ou GCNMA) a tenu sa 9e réunion (GCNMA-9) sous la co-présidence de Charles Hamilton (Bahamas) et d’Angela Friedrich (Autriche). Voir note de cadrage.

Le GCNMA avait été créé par la décision 4/CMA.3 (cf. chapitre III de l’annexe, paragraphes 4 et 5) pour mettre en œuvre le cadre des approches non fondées sur le marché et le programme de travail associé, établi par la décision 4/CMA.3 (adoptée à Glasgow en 2021). Il offre aux Parties des possibilités de coopération non fondée sur le marché pour la mise en œuvre des mesures d’atténuation et d’adaptation prévues dans leurs NDC. Le GCNMA est convoqué par le Président du SBSTA et se réunit chaque année en marge des deux sessions du SBSTA.

Au terme de la réunion, le SBSTA a adopté des conclusions sur ce sujet.

 

Réexamen du programme de travail au titre du cadre des approches non fondées sur le marché

A Bonn, le SBSTA a commencé le réexamen du programme de travail et de ses activités et ce, conformément à la décision 4/CMA.3 (paragraphe 10). Celle-ci avait chargé le SBSTA de réaliser cette tâche à ses 64e et 65e sessions (respectivement en juin et en novembre 2026), en vue de renforcer l’efficacité du programme. Le SBSTA doit formuler des recommandations pour examen et adoption par la CMA-8 (Antalya, nov. 2026).

Des consultations informelles sur ce sujet ont été co-animées par Charles Hamilton (Bahamas) et Angela Friedrich (Autriche). Ces consultations ont débouché sur une note informelle rédigée par les deux co-facilitateurs et sur des conclusions adoptées par le SBSTA dans son ensemble.

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Recherche et science SBSTA

Contexte

Conformément à l’article 5 de la Convention Climat, le dialogue annuel sur la recherche et la science (dit « Recherche et observation systématique »), qui se tient lors des sessions de juin du SBSTA, offre un espace pour transmettre les résultats de la recherche et les enseignements tirés des activités menées dans le cadre des programmes de recherche régionaux et internationaux et par les organisations de recherche régionales et internationales. Il permet également de discuter des besoins en matière de recherche sur le changement climatique et de renforcement des capacités liées à la recherche, en particulier dans les pays en développement.

 

Résultats à Bonn

Le 18e réunion du dialogue sur la recherche s’est tenue à Bonn le 9 juin 2026. Les thèmes abordés étaient :

  • les progrès en matière de modélisation climatique et d’élaboration de scénarios,
  • les trajectoires de transformation sectorielle,
  • la compréhension des risques climatiques, de leurs impacts et des points de basculement (tipping points).

Par ailleurs, le SBSTA a mené des consultations informelles co-animées par Frank McGovern (Irlande) et Patricia Nying’uro (Kenya). Ils ont invité les Parties à apporter leurs contributions à une note informelle. Parmi les sujets clés évoqués figuraient :

  • les dangers du dépassement (overshoot) de l’objectif +1,5°C et du dépassement des points de basculement,
  • la désinformation coordonnée (diffusion intentionnelle de fausses informations dans le but d’influencer ou de manipuler l’opinion publique) et l’obstruction, et
  • la mésinformation (diffusion involontaire d’informations erronées, souvent sans volonté de nuire, mais dont les effets peuvent être tout aussi délétères (source de ces définitions : MTE/SDES, 13 juillet 2026).

L’UE, l’AOSIS, l’Afrique du Sud et d’autres ont exprimé leur profonde préoccupation concernant le calendrier de publication du septième rapport d’évaluation (AR7) du Giec. L’Inde a souligné que le calendrier de l’AR7 ne relevait pas du mandat du SBSTA et s’est opposée à l’idée d’encourager le Giec à faire des points réguliers sur l’état d’avancement des travaux dans le cadre des sessions SB.

Dans ses conclusions, en particulier, le SBSTA,

  • note avec inquiétude les menaces émergentes qui pèsent sur la continuité des observations climatiques ;
  • souligne la nécessité de redoubler d’efforts pour promouvoir et soutenir l’intégrité des informations sur les changements climatiques ;
  • prie le Président du SBSTA de préparer un résumé informel de la 18e réunion du dialogue sur la recherche avant la session SBSTA-66 (juin 2027).

Lors de la plénière de clôture des sessions SB-64, l’UE, le Japon, le Royaume-Uni, l’AOSIS, Palau et les Îles Fidji ont exprimé leur profonde déception du fait que les discussions sur ce volet n’ont pu aboutir à un résultat plus concret, et déplorant le fait que les conclusions n’étaient pas du tout à la hauteur des enjeux. L’UE est allée jusqu’à critiquer les efforts visant à créer un « discours délibérément trompeur ». L’AOSIS a déclaré que la science n’est pas négociable et s’est opposée aux Parties qui souhaitent remettre en cause la fiabilité des connaissances scientifiques. Enfin, la Suisse a souligné que la science doit rester au cœur du deuxième bilan mondial (2028), des bilans mondiaux successifs et de toutes les étapes qui orienteront les futurs efforts de l’ensemble des Parties.

En réaction à cette remise en cause de la science et aux tentatives de minorer les travaux du Giec, à l’initiative des Îles Marshall, une conférence de presse a eu lieu le 17 juin 2026, sur le thème « Défendre la science ». Des délégués de plusieurs pays (UE, Suisse, petits États insulaires du Pacifique et des Caraïbes, pays d’Amérique latine, Népal, Sierra Leone,…), réunis au sein d’une coalition impromptue baptisée « Les amis de la science » (Friends of Science), ont appelé les Parties à respecter et à soutenir la science, soulignant avec fermeté que l’objectif de +1,5°C de l’Accord de Paris « n’est pas négociable ».

Au nom du groupe de négociation AILAC, la déléguée du Panama, Ana Aguilar, a déclaré que les Parties sont allées à Bonn pour négocier leurs positions et non pour négocier les faits établis par la science. Elle a fustigé “les efforts coordonnés visant à semer des doutes sur les meilleures connaissances scientifiques disponibles, motivés par des intérêts bornés et non pas par les besoins de l’humanité » (source : Climate Home News, 17 juin 2026).

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Renforcement de la coopération avec d’autres organisations internationales SBSTA

Voir note de synthèse publiée le 2 juin 2026 par le Secrétariat de la CCNUCC sur les activités coopératives avec les entités de l’ONU et d’autres organisations qui contribuent aux travaux menés dans le cadre de la CCNUCC. Voir aussi le Journal de la COP-30 du Citepa | Jour 7.

Contexte

Ce sujet de négociation porte notamment sur le rapprochement ou du moins une meilleure coopération avec les deux autres Convention de Rio (biodiversité et désertification). Il englobe l’objectif propulsé par le Président de la COP-30 de renforcer les synergies entre ces trois Conventions de Rio, voire de rapprocher les travaux respectifs afin d’améliorer l’efficacité de ces trois instruments juridiques dont les trois sujets sont étroitement imbriqués les uns aux autres.

En règle générale, les Parties se contentent de prendre note d’un rapport du Secrétariat sur cette question. Toutefois, en réponse à l’intérêt manifesté par les Parties lors de la session SBSTA-62, le Président du SBSTA, Adonia Ayebare, a mené des consultations sur le renforcement de la collaboration avec les Conventions de Rio et d’autres organisations internationales. La COP-30 a ensuite invité les Parties et les observateurs à soumettre leurs points de vue sur le renforcement du caractère inclusif de la coopération avec d’autres organisations internationales, ainsi que sur la coopération avec les Secrétariats des deux autres Conventions de Rio, et a convenu que lors de la session SBSTA-64, les Parties examineraient plus en détail cette question, en tenant compte de ces contributions (cf conclusions de la COP-30 sur le sujet).

 

Résultats à Bonn

A Bonn, les consultations informelles du SBSTA sur ce point ont été co-animées par Sara Victoria González (République dominicaine) et Héloïse van Houten (Pays-Bas),

L’UE, le Royaume-Uni, l’AILAC, la Mongolie, le Canada et le Japon ont souligné la nécessité de renforcer les synergies entre la CCNUCC et les deux autres Conventions de Rio afin notamment d’accroître la cohérence et de favoriser l’utilisation efficace de ressources limitées.

La Russie a mis en avant des risques tels que la modification des mandats, la duplication des efforts, l’affaiblissement de la responsabilité et les priorités concurrentes. La Chine a mis en garde contre tout empiètement sur la compétence d’autres traités et a souligné les implications budgétaires d’un élargissement des mandats existants. Le groupe arabe a souligné que la coopération entre les Conventions de Rio s’effectue déjà par l’intermédiaire du Groupe de liaison conjoint (Joint Liaison Group) et qu’il n’est pas nécessaire d’étendre cette discussion au-delà des mandats existants.

L’UE a suggéré une coopération technique sur les questions relatives au renforcement des capacités, à la transparence et aux Peuples autochtones. Le groupe arabe a proposé une coopération sur les questions relatives au financement et aux impacts des mesures commerciales unilatérales sur les pays en développement.

Les discussions ont fait ressortir des divergences de points de vue quant à l’avenir de ce sujet de l’ordre du jour et les Parties n’ont pas été en mesure d’adopter des conclusions en la matière faute de consensus sur les prochaines étapes. Les négociations sur ce sujet vont donc reprendre lors de la session SBSTA-65 (à Antalya, Turquie du 9 au 14 novembre 2026).

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Réforme du processus de la CCNUCC SBI

Le SBI est mandaté pour faire avancer les discussions de fond sur les dispositions à prendre pour les réunions intergouvernementales (ce volet des négociations aborde notamment sur la réforme du processus de la CCNUCC).

Voir note de synthèse publiée le 30 mars 2026 par le Secrétariat de la CCNUCC sur le sujet.

Pour des éléments de contexte, voir le Journal de la COP-30 | Jour 4.

 

Résultats à Bonn

Les discussions se sont déroulées au sein d’un groupe de contact (groupe de travail restreint) co-présidé par Kaveh Guilanpour (Géorgie) et Felix Wertli (Suisse). Le Groupe de contact a examiné des questions relatives à la planification des futures sessions, à l’amélioration de l’efficacité du processus de la CCNUCC et au renforcement de la participation des observateurs.

Concernant les futures sessions, le groupe G-77/Chine s’est prononcé pour l’ajout du Programme de travail sur le financement climat à l’ordre du jour de la CMA-8. Le groupe arabe a demandé l’ajout d’un sujet à l’ordre du jour consacré aux Plans nationaux d’adaptation (NAP). La Norvège et l’Afrique du Sud ont insisté pour qu’une décision soit prise en temps utile concernant le pays hôte de la COP-33.

En ce qui concerne l’amélioration de l’efficacité du processus, les Parties ont examiné une série de propositions, notamment le regroupement des événements prévus dans le cadre des mandats, une utilisation plus efficace des Semaines régionales du climat, la limitation du nombre de participants aux COP, des consultations virtuelles en amont des sessions et la rationalisation de l’ordre du jour dans le cadre des mandats existants.

Les Parties ont également examiné la question de savoir s’il fallait poursuivre l’examen de ce sujet de l’ordre du jour lors de la session SBI-65 ou de la session SBI-66.

Dans ses conclusions, le SBI :

  • demande au Secrétariat de la CCNUCC de prendre note des points de vue des Parties concernant les éléments susceptibles de figurer dans les ordres du jour provisoires de la COP-31, de la CMP-21 et de la CMA-8,
  • invite les Parties et les organisations observatrices à soumettre leurs points de vue sur les mesures susceptibles d’améliorer l’efficacité du processus de la CCNUCC et sur les moyens de relever les défis liés au nombre élevé de demandes de participation en tant qu’organisations observatrices, et demande au Secrétariat d’élaborer un document sur chacune de ces questions, pour examen lors de la session SBI-66,
  • a convenu de poursuivre l’examen des moyens d’accroître l’efficacité du processus de la CCNUCC lors de la session SBI-66 (juin 2027).

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Questions administratives, financières et institutionnelles SBI

Résultats à Bonn

A Bonn, le SBI a examiné cette question au sein d’un groupe de contact (groupe de travail restreint).

Les Parties intéressées et les observateurs ont également été invités à une réunion d’information le 12 juin 2026, au cours de laquelle ils ont été informés de l’impact financier du retrait des États-Unis de la CCNUCC (retrait qui deviendra effectif le 27 février 2027 suite au Mémorandum présidentiel signé par le Président entrant, Donald Trump le 7 janvier 2026). Puisque les États-Unis ont été historiquement le premier pays contributeur à la CCNUCC, leur retrait entraînera une réduction des contributions de base de 21%, soit 16,9 M€, au cours de l’exercice biennal 2028-2029.

Au cours de la séance plénière de clôture, le Secrétariat a également informé les Parties des incidences budgétaires des décisions prises lors de la session SBI-64, soulignant des coûts totaux supplémentaires d’environ 90 000 euros en 2026 et d’un montant légèrement inférieur en 2027 (chiffres encore provisoires à ce stade).

Les discussions au sein du groupe de contact du SBI ont abouti à l’élaboration de deux projets de décision, l’un pour examen et adoption par la COP-31 et l’autre pour examen et adoption par la CMP-21. Le contenu de ces deux textes est globalement le même. En particulier, ces projets de décision :

  • exhortent vivement les Parties qui n’ont pas versé l’intégralité de leurs contributions au budget de base de la CCNUCC à le faire le plus rapidement possible,
  • expriment leur préoccupation face au niveau élevé des contributions non versées au budget de base pour l’exercice biennal en cours (2026-2027) et les exercices biennaux précédents.

Dans le projet de décision de la COP, le Secrétariat est prié d’informer les Parties des implications budgétaires d’un scénario budgétaire pour 2028–2029 prévoyant une réduction du budget de base de 16,9 M€ par rapport à l’exercice biennal précédent, pour examen lors de la session SBI-66 (juin 2027).

Voir page du site de la CCNUCC consacrée à son budget.

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Evènements mandatés sous le pilotage des SB

Les principaux évènements et ateliers mandatés qui ont eu lieu pendant les sessions SB-64 ont été présentées dans notre article sur les enjeux des sessions SB-64, recensés par grand thème, complétés par des éléments de contexte.

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Changement climatique et commerce

Premier dialogue sur le changement climatique et le commerce SBI/SBSTA

Voir notre de cadrage et programme.

 

Contexte

Il s’agit du premier d’une série de trois dialogues sur les opportunités, les défis et les obstacles liés au renforcement de la coopération internationale concernant le rôle du commerce, organisés conformément à la décision Mutirão (décision 1/CMA.7, paragraphes 56 et 57), adoptée à Belém lors de la CMA-7 (nov. 2025). Les deux autres se tiendront lors des sessions SB-66 (juin 2027) et SB-68 (juin 2028), ce dernier dialogue devant être suivi d’un événement de haut niveau. Les SB sont mandatés pour présenter un rapport de synthèse de ces discussions lors de cet événement de haut niveau en juin 2028.

L’objet de ce premier dialogue, qui a eu lieu le 13 juin 2026, était d’entendre les points de vue des organisations internationales concernées et des acteurs non-étatiques, et d’engager des discussions entre les Parties et ces acteurs non-étatiques.

Sous l’égide des Présidents des SB, le Secrétariat de la CCNUCC a formulé deux questions pour stimuler le débat :

  • comment le commerce devrait-il contribuer à la mise en place d’un système économique international favorable et ouvert qui favoriserait une croissance économique et un développement durables dans tous les pays, en particulier les pays en développement, afin de faire face aux problèmes liés au changement climatique ? Comment veiller à ce que les mesures de lutte contre le changement climatique soutiennent également le commerce international et préservent le développement économique, la sécurité énergétique et les intérêts souverains de tous les pays, en particulier des pays en développement ? Quelles sont les opportunités et les défis liés au renforcement de la coopération internationale en ce qui concerne le rôle du commerce ?
  • dans quels domaines spécifiques les discussions sur le commerce et le climat menées dans le cadre de la CCNUCC et de la COP (par opposition à celles menées dans d’autres instances internationales) peuvent-elles évoluer afin de contribuer à la réalisation des objectifs de la CCNUCC et de l’Accord de Paris ?

 

Résultats à Bonn

A Bonn, les Parties ont fait part de leurs attentes concernant cette série de dialogues, parmi lesquelles :

  • les dialogues devraient servir à recenser les mesures pertinentes en matière de climat et de commerce, et à évaluer la conformité de ces mesures au regard de la Convention Climat et de l’Accord de Paris (remarque de la Chine),
  • ces dialogues ne sont pas des enceintes de négociation et n’ont pas vocation à établir des règles ou normes (remarque du Royaume-Uni).

Le groupe arabe a proposé que les présidents des SB nomment des co-présidents du dialogue pour piloter l’élaboration d’un plan de travail pour la série des trois dialogues. La Russie s’est prononcée pour la création d’un volet de négociations sur le sujet du commerce au sein du processus de la CCNUCC alors que le groupe africain a suggéré que ce sujet soit inscrit de façon permanente à l’ordre du jour des sessions SB.

 

Réunion de suivi des Présidents des SB sur le dialogue « Changement climatique et commerce

Le 16 juin 2026, la Présidente du SBI, Julia Gardiner, a convoqué une réunion afin de répondre aux questions des Parties concernant les prochaines étapes, à la suite du premier dialogue sur le changement climatique et le commerce. Elle a souligné que la décision Mutirão (décision 1/CMA.7, paragraphe 57), qui a institué la série de dialogues, ne prévoit pas de mandat pour l’élaboration d’un rapport formel, ni d’autre suivi formel à l’issue des sessions de dialogue. Elle a ajouté que les déclarations des Parties seraient disponibles sur le site web de la CCNUCC.

Selon le groupe arabe, le groupe africain et le groupe LMDC, cette issue prévue est insuffisante et ils se sont prononcés en faveur d’un rapport écrit formel (de la CMA) qui rendrait compte des discussions de ce premier dialogue. L’UE a fait remarquer qu’un rapport était prévu dans le cadre de ce processus, mais seulement après la tenue des trois dialogues.

La Présidente du SBI, Julia Gardiner, a déclaré que les présidents des SB prépareraient une « note informelle de leur propre initiative et sans valeur juridique » qui servira de compte rendu aux futurs Présidents des SB, afin qu’ils en tiennent compte lors de la préparation des deux prochains dialogues.

Lors des sessions SB-64, les Présidences de la COP-29, de la COP-30 et de la COP-31 ont mené des discussions avec les délégués nationaux sur les travaux qu’ils ont réalisés sur la Mission de Belém vers la réalisation de l’objectif +1,5°C et sur l’Accélérateur mondial de mise en œuvre.

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Evénements mandatés et autres événements sous le pilotage des Présidences de la COP-29, de la COP-30 et de la COP-31

Mission de Belém vers l’objectif +1,5°C 

Réunion de consultation avec les Parties et les acteurs non-étatiques Présidences de la COP-29, de la COP-30 et de la COP-31

Pour les éléments de contexte, voir notre article sur les enjeux des sessions SB-64, publié le 5 juin 2026.

 

Résultats à Bonn

A Bonn, le 12 juin 2026, les trois Présidences ont mené une consultation avec les Parties et les acteurs non-étatiques sur la Mission de Belém vers l’objectif +1,5°C, établi par la décision Mutirão (décision 1/CMA.7, paragraphe 42) adoptée par la CMA-7 à Belém (nov. 2025). Cette Mission, lancée sous le pilotage des Présidences de la CMA-6 (et parallèlement de la COP-29), de la CMA-7 (et de la COP-30), ainsi que de la CMA-8 (et de la COP-31), vise à renforcer l’ambition et la mise en œuvre des NDC et des plans nationaux d’adaptation, afin de réfléchir à l’accélération de la mise en œuvre de ces deux documents, ainsi qu’à la coopération internationale et aux investissements à cet égard. La CMA-7 a demandé à ces trois Présidences d’élaborer un rapport de synthèse de ces travaux pour présenter lors de leur achèvement à la CMA-8 (2026).

A Bonn, la future présidence des négociations de la COP-31 (Australie) a rendu compte des résultats de l’appel à contributions visant à aider à façonner le processus, qui se poursuivra jusqu’en 2026 dans le but de publier un rapport à l’intention des décideurs avant la COP-31. Afin de contribuer à la Mission de Belém vers la réalisation de l’objectif +1,5°C et sur la base des contributions soumises par les Parties à la CCNUCC, les trois Présidences avaient précédemment invité toutes les Parties et les acteurs non-étatiques à contribuer ensemble à définir les contours de cette Mission Belém et à faire part de leurs attentes, de leur expertise et de leurs points de vue.

L’UE s’est déclarée favorable à la poursuite de ces travaux au-delà de la COP-31, en les reliant au 2e bilan mondial (Global Stocktake) qui aura lieu en 2028, et a exhorté les Parties qui ne l’ont pas encore fait à soumettre de nouvelles NDC. L’AILAC a proposé d’élaborer des feuilles de route intégrées pour la transition. L’Arabie saoudite a souligné le caractère volontaire de cette initiative, précisant qu’elle n’était liée à aucun programme de travail ni à aucun organe de la CCNUCC. L’Égypte a insisté sur le fait que les suggestions visant à relier les résultats de cette initiative ou tout élément du Programme d’action (Action Agenda, programme qui fédère et mobilise les actions à titre volontaire des acteurs non-étatiques) au processus formel étaient « inacceptables et inutiles ».

Accélérateur mondial de mise en œuvre Présidences de la COP-30 et de la COP-31

A Bonn, le 12 juin 2026, sous le pilotage des Présidences de la COP-30 et de la COP-31, un événement mandaté a eu lieu sur l’Accélérateur mondial de mise en œuvre [de l’action climat] (Global Implementation Accelerator ou GIA). Cette initiative coopérative, non-coercitif et volontaire, a été établie par la décision Mutirão (décision 1/CMA.7, paragraphe 41) adoptée par la CMA-7 à Belém (nov. 2025). Elle a pour objet d’accélérer la mise en œuvre par tous les acteurs pour maintenir l’objectif de +1,5 °C à portée de main et d’aider les pays à mettre en œuvre leurs NDC et leurs plans nationaux d’adaptation. Les Présidences de la CMA-7 et de la CMA-8 sont chargés de présenter un rapport de synthèse de leurs travaux lors de la CMA-8. Il s’agit donc d’une initiative volontaire : il n’existe pas de lien concret aux processus formels existants de la CCNUCC, ce qui limite son potentiel et sa force.

A Bonn, le Président de la COP-30 a ouvert cet événement et a décrit le GIA comme faisant partie d’un « deuxième niveau » de multilatéralisme climat axé sur l’accélération de la mise en œuvre en dehors des négociations formelles. Il a souligné que, contrairement aux résultats négociés, la mise en œuvre ne nécessite pas de consensus et a appelé à mobiliser tous les acteurs et toutes les ressources pour renforcer la résilience, accélérer l’action climat et maintenir l’objectif de 1,5°C à portée de main.

Sally Box, future Présidente des négociations de la COP-31 (Australie), a souligné que le GIA identifierait et accélérerait un nombre limité de solutions à fort impact susceptibles de déclencher un changement mondial, et mettrait en relation les solutions sélectionnées avec des financements, des outils techniques et des partenaires de mise en œuvre.

Le groupe LMDC a souligné que l’initiative devrait :

  • rester pilotée par les Parties,
  • jouer un rôle de facilitation et être volontaire,
  • éviter de formuler des recommandations politiques ; et
  • aborder l’atténuation, l’adaptation, ainsi que les pertes et préjudices de manière équilibrée.

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Programme de travail sur le financement – Présidences de la COP-30 et de la COP-31

Sous le pilotage des Présidences de la COP-30 et de la COP-31, les travaux ont démarré sur le nouveau programme de travail de deux ans (2026-2027) sur le financement climat (Work Programme on Climate Finance), établi par la décision Mutirão (décision 1/CMA.7, paragraphe 54), adoptée à Belém lors de la CMA-7 (nov. 2025). Ce programme de travail constitue une plateforme pour donner suite à la feuille de route vers la réalisation de l’objectif des 1 300 Md$ d’ici 2035 (objectif fixé à Bakou par la CMA-6 via la décision 1/CMA.6, paragraphe 7). Voir Journal de la COP-30 du Citepa | Séquence de haut niveau | Jour 1.

A Bonn, lors d’un atelier de consultation entre les Parties le 8 juin 2026, les co-présidents du programme de travail, Apollonia Miola (Commission européenne) et Yolando Velasco (Philippines), ont sollicité des avis sur le périmètre et les modalités du programme de travail.

En ce qui concerne le périmètre, le groupe de négociation G-77/Chine (134 pays) a rejeté le plan de travail élaboré par les co-présidents au motif qu’ils s’opposaient à ce qu’il serve de base aux discussions. D’après ce groupe, le renforcement du soutien financier au titre de l’Article 9.1 de l’Accord de Paris (obligation faite aux pays industrialisés de fournir un financement climat aux pays en développement) constitue l’axe principal du programme de travail et il a identifié d’autres questions pertinentes, telles que la transparence et la complémentarité dans la communication des flux financiers.

Selon l’UE, la Suisse, le Canada, le Japon et d’autres pays industrialisés, le périmètre du programme de travail porte sur le financement climat, y compris l’Article 9.1, mais dans le contexte plus large de l’Article 9 (financement dans son ensemble, c’est-à-dire provenant de toutes les sources et non seulement des pays industrialisés). Ils ont donc appelé à mettre l’accent sur la mise en œuvre du nouvel objectif collectif chiffré en matière de financement climat (New Collective Quantified Goal on Climate Finance ou NCQG) pour la période 2026-2035, fixé par la CMA-6 à Bakou (cf. décision 1/CMA.6, paragraphes 7 et 8). La Suisse a en outre appelé les Parties, d’une part, à examiner la possibilité d’élargir la base des pays contributeurs (sous-entendu pour inclure les pays à revenu élevé : grands pays émergents tels la Chine, la Corée du Sud, le Singapour, etc. et les pays du Golfe dans le cadre d’une approche équitable basée non seulement sur la responsabilité historique, mais aussi sur les capacités financières actuelles des pays) et, d’autre part, à associer les acteurs privés.

Les pays les moins avancés ont souligné l’importance de prendre en compte la qualité du financement (subventions/dons versus prêts), en particulier la part de celles-ci, ainsi que l’équilibre entre les financements destinés à l’adaptation et ceux destinés à l’atténuation.

Quant aux modalités, l’AILAC, le groupe arabe, le groupe LMDC et d’autres ont souligné que le programme de travail avait été établi par la CMA et devait rester un sujet de l’ordre du jour de la CMA à examiner lors de la CMA-8 (et non un sujet de l’ordre du jour des sessions SB).

A Bonn, les Parties n’ont donc pas lancé des discussions sur le fond.

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Polémique autour d’une proposition du Président de la COP-30

Le 12 juin 2026 à Bonn, dans une lettre au Secrétaire exécutif de la CCNUCC, Simon Stiell, le Président brésilien de la COP-30, André Corrêa do Lago, a proposé que le programme de travail sur le financement climat soit inscrit à l’ordre du jour de la CMA comme nouveau sous-sujet au sein du sujet « Questions relatives au financement ». Il a justifié sa demande en soulignant que ce programme de travail relève de la compétence de la CMA et qu’il s’inscrit dans le cadre de la décision « Mutirão ». Cette demande a été ensuite soutenue par le groupe AOSIS (Alliance des petits États insulaires) et les pays les moins avancés, comme ils l’ont indiqué au cours d’une conférence de presse le 16 juin 2026.

Cette demande a rapidement déclenché une polémique : certains observateurs ont soulevé des objections pour des raisons de procédure, faisant valoir que do Lago aurait outrepassé ses prérogatives puisqu’une Présidence de la COP n’est pas autorisée à demander l’ajout d’un sujet à l’ordre du jour. Ces observateurs ont ainsi invoqué la règle 10(d) des règles de procédure (rules of procedure) de la CCNUCC : « l’ordre du jour provisoire inclut [entre autres] tout sujet proposé par une Partie et reçu par le Secrétariat [de la CCNUCC] avant la diffusion de l’ordre du jour [aux Parties] ».

Do Lago a confirmé que se demande a été soumise de sa part en tant que Président de la Cop-30 et non en tant que Partie (Brésil).

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La feuille de route « sortie progressive des combustibles fossiles »

A Bonn, un événement, qui a eu lieu le 12 juin 2026 sous l’égide de la Présidence de la COP-30, visait à faire le point sur les travaux en cours pour élaborer la feuille de route sur la transition vers la sortie des combustibles fossiles dans les systèmes énergétiques de manière ordonnée, juste et équitable (Transitioning away from fossil fuels roadmap ou TAFF). En raison du manque de consensus au sein de la CMA-7 à Belém (nov. 2025) (lire notre article sur le bilan de la COP-30), le Président de la COP-30, André Aranha Corrêa do Lago, s’était engagé lui-même à élaborer cette feuille de route en 2026. Celle-ci est donc élaborée sous l’égide de la Présidence brésilienne mais en dehors des négociations formelles.

Cet événement est intervenu à la suite de la première conférence internationale sur le sujet organisée à l’initiative conjointe de la Colombie et des Pays-Bas et qui a eu lieu à Santa Marta en Colombie du 24 au 29 avril 2026 (lire notre article).

A Bonn, le Président de la COP-30 a donc présenté un premier état des lieux sur les travaux d’élaboration de la feuille de route et a fait état de la première conférence sur la transition vers l’abandon des combustibles fossiles qui avait eu lieu du 24 au 29 avril 2026 à Santa Marta en Colombie (lire notre article). Il a présenté la feuille de route comme un outil pratique, souple et non prescriptif permettant de mettre en œuvre les objectifs fixés par l’Accord de Paris. La Présidence a souligné que la feuille de route doit refléter les circonstances nationales des Parties dans leur diversité. Elle a commencé à identifier les freins à cette transition et les leviers la facilitant, tant aux niveaux national qu’international (source : AEF Info, 19 juin 2026).

Túlio Andrade de la Présidence de la COP-30 a souligné que de nombreuses contributions (près de 300) ont été soumises par les Parties (19 et deux groupes de négociation) et les acteurs non-étatiques pour éclairer l’élaboration de la feuille de route, qui sera finalisée d’ici la COP-31.

A noter enfin que certaines Parties, dont la Suisse au nom du groupe d’intégrité environementale (EIG), ainsi que les petits États insulaires, ont fait valoir que la feuille de route devrait être intégrée dans le processus de négociations formelles pour qu’elle débouche sur autre chose qu’un « simple document » (source : Carbon Brief, 19 juin 2026).

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Vers un objectif en matière d’électrification

Le 9 juin 2026 à Bonn, le Président turc de la COP-31, Murat Kurum, et le Président australien des négociations de la COP-31, Chris Bowen, ont annoncé qu’une des priorités phares d’Antalya sera de faire aboutir les négociations à un objectif baptisé « 35 by 35», à savoir une part de 35% d’électricité dans la consommation mondiale d’énergie d’ici 2035. Cet objectif serait à adopter dans le cadre de l’agenda de l’action (Global Climate Action Agenda), c’est-à-dire les engagements climat volontaires, donc en dehors des négociations formelles. Ce nouvel objectif serait destiné à compléter l’objectif de triplement de la capacité mondiale de production des énergies renouvelables d’ici 2030 fixé à Dubaï (cf. décision 1/CMA.5, paragraphe 28a).

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Bilan

Une fois de plus, les négociations de Bonn se sont déroulées sur fond de fortes tensions géopolitiques à travers le monde, de guerres, de crise économique mondiale et d’inflation, avec des contraintes budgétaires (coupes, restrictions,…) et ce, dans un contexte de coopération multilatérale de plus en plus contestée et fragmentée. A cela s’ajoute cette année la crise du détroit d’Ormuz, conflit militaire et diplomatique déclenché le 28 février 2026 dans le contexte de la guerre en cours entre l’Iran et les États-Unis. Ce conflit a eu pour conséquence le blocage partiel par l’Iran du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz (par lequel transite en temps normal environ 25% du pétrole brut total transporté par voie maritime dans le monde, source : AIE, février 2026) avec pour corollaire, un frein majeur sur les chaînes d’approvisionnement mondiales du pétrole, conduisant à d’importantes pénuries et hausses de prix de combustibles et de carburants. D’entrée de jeu, le contexte mondial global était donc peu propice aux grandes avancées dans les négociations climat à Bonn.

Les sessions SB-64 ont certes bien commencé avec l’adoption rapide des deux ordres du jour (SBSTA et SBI), le premier jour et sans ajout de sujets controversés et ce, à la différence des sessions SB-62 à Bonn en juin 2025 (lire notre article). Cependant, cette note positive n’était que de courte durée car très rapidement, les fortes divergences traditionnelles entre pays du Nord et pays du Sud ont refait surface, notamment au sujet du financement, toujours omniprésent dans l’ensemble des volets de négociation et surtout dans celui de l’adaptation, avec comme cible l’appel au triplement du financement de l’adaptation acté dans à la fois la décision « Mutirão » 1/CMA.7 (paragraphe 53) et dans la décision 12/CMA.7, paragraphe 34). Ainsi, les pays en développement tenaient à une mention de cet appel dans le projet de décision pour examen et adoption par la CMA-8 (à Antalya, 9-20 nov. 2026) sur l’objectif mondial en matière d’adaptation, mention à laquelle se sont fermement opposés les pays industrialisés, l’UE en tête.

Les divergences ont également porté sur les fondements scientifiques même du changement climatique avec, une fois de plus, une remise en cause des travaux du Giec par quelques pays « frondeurs » qui sont gros producteurs de combustibles fossiles, l’Arabie saoudite en tête, mais aussi la Russie et l’Inde. En réaction à ces attaques croissantes, voire cette obstruction coordonnée selon certains observateurs, une coalition des pays européens et des pays vulnérables s’est formée à Bonn pour défendre la science.

In fine, les deux semaines de négociations intenses ont abouti à de très faibles avancées. Celles-ci concernent au premier chef le volet « transition juste ».

  • un accord sur le cahier des charges et le mandat pour le réexamen du programme de travail sur la transition juste (JTWP),
  • un premier ensemble d’options sur la structure et les modalités de fonctionnement du mécanisme de transition juste (JTM) en vue de son adoption formelle lors de la CMA-8 (à Antalya, Turquie, 9-20 nov. 2026). Ce mécanisme, baptisé mécanisme Belém à Antalya, est donc désormais « à portée de main », les discussions à Bonn ayant abouti à un texte qui jette les bases d’un résultat concret lors de la CMA-8.

Les négociations se sont terminées sur une impasse majeure dans les deux volets clés : adaptation et atténuation, les Parties n’ayant pas été en mesure de se mettre d’accord sur les prochaines étapes. Elles n’ont même pas pu se mettre d’accord sur des conclusions sur ces deux sujets, invoquant la règle 16 des règles de procédure de la CCNUCC. Cela signifie que les négociations reprendront lors des prochaines sessions (SB-65 à Antalya, Turquie du 9 au 14 nov. 2026). En effet, lorsque les Parties ne parviennent même pas à s’accorder sur un texte reflétant les avancées réalisées dans les négociations et servant de base de discussion pour la session suivante, cela signifie qu’elles devront repartir de zéro lors de la prochaine session, en l’occurrence lors des sessions SB-65 à Antalya (9-14 nov. 2026). A Antalya, les Parties seront donc confrontées à cette perspective démotivante, non seulement dans les discussions sur l’objectif mondial en matière d’adaptation (GGA) et le programme de travail sur l’atténuation (MWP), mais aussi dans celles sur la coopération avec d’autres organisations internationales.

En ce qui concerne le sujet adaptation, tant les négociations sur le GGA que celles sur le Fonds d’adaptation sont restées bloquées faute de consensus. Le rejet du projet de texte sur le GGA par les pays en développement s’explique notamment par leur frustration, voire leur colère, face à la position intransigeante des pays industrialisés sur le financement de l’adaptation. Selon les premiers, ceux-ci se désengagent de la promesse obtenue à Belém de tripler ce financement et, plus largement, ils tentent de se soustraire à l’obligation globale qui leur est faite, au titre de l’article 9.1 de l’Accord de Paris, de fournir des ressources financières aux pays en développement pour les aider à mettre en œuvre des actions d’atténuation et d’adaptation. Une fois de plus, ce reproche a imprégné l’ensemble des discussions à Bonn.

Quant au sujet atténuation, les Parties ont continué à éviter d’aborder les sujets les plus importants (niveau d’ambition, soutien, etc.) et la question de savoir combler l’écart entre ambition et science. En effet, les négociations sur le programme MWP tournent en rond, avec très peu d’avancées concrètes enregistrées depuis son lancement lors de la CMA-4 (Charm el Cheikh, fin 2022) puisque les pays producteurs de pétrole et de gaz refusent d’aborder le sujet du renforcement de leur ambition et de la réduction de leurs émissions. Depuis quatre ans, les Parties ne parviennent même pas à se mettre d’accord sur une vision commune sur le périmètre et le mandat du MWP.

Par ailleurs, à Bonn, au sein de plusieurs volets de négociation, les discussions se sont embourbées dans des questions procédurales : les Parties se sont affrontées dans le cadre de vifs débats sur les mandats et les règles de procédure de certains processus ou dialogues, ce qui a bien évidemment fortement ralenti toute avancée sur le fond.

Au terme des sessions SB-64, le Secrétaire exécutif de la CCNUCC, Simon Stiell, visiblement agacé par le manque de progrès enregistré à Bonn, a rappelé à l’ordre les Parties dans une déclaration publiée le 18 juin 2026. Il a notamment déploré le comportement de certaines Parties, soulignant que « dans certaines salles de négociation [à Bonn], nous avons constaté une tendance bien connue à privilégier le « toi d’abord » : des groupes [de négociation] qui refusaient de prendre des engagements ou de permettre au processus d’avancer tant que les autres n’ont pas fait le premier pas. C’est la recette idéale pour aboutir à une impasse, alors qu’il faut que tous les volets de la négociation avancent à grande vitesse ». Simon Stiell a ajouté : « Nous ne pouvons simplement pas nous permettre de rouvrir de précédentes décisions, de renégocier des objectifs déjà fixés ou de faire marche arrière ».

Par ailleurs, Simon Stiell, a exhorté les Parties à réunir leurs Ministres dès que possible, dans les semaines et mois à venir, en particulier sur les questions les plus épineuses, afin de parvenir à identifier des terrains d’entente (landing zones) avant la COP-31/CMA-8 à Antalya.

L’absence criante de progrès concrets et tangibles dans la mise en œuvre de l’Accord de Paris et le manque continu de financement climat pour les pays en développement ne font qu’affaiblir encore plus la confiance, ou plutôt ne font qu’accentuer la méfiance de ceux-ci vis-à-vis du processus des négociations climat dans le cadre de la CCNUCC et vis-à-vis des pays industrialisés. La principale pierre d’achoppement pour les Parties à Bonn était le casse-tête pour dégager un accord établissant un équilibre entre, d’une part, la demande de financement pour l’adaptation de la part des pays en développement et, d’autre part, l’insistance des pays industrialisés pour que les pays en développement, les pays émergents en tête, renforcent et accélèrent leurs réductions d’émissions de GES.

Cette absence de progrès sur des points clés remet de plus en plus en question l’efficacité du processus de la CCNUCC. Simon Stiell a indiqué dans sa déclaration qu’il avait faire appel à un groupe d’experts pour « examiner les moyens d’optimiser ou de faire évoluer le processus de la CCNUCC » dans la perspective des prochaines réunions de la CMA, et notamment du deuxième bilan mondial (Global Stocktake ou GST-2), prévu en 2028. Une synthèse de l’évaluation de ce groupe d’experts, propositions à l’appui, va être publiée « dans les semaines à venir ».

En clair, les négociations sur les sujets clés n’ont jamais été aussi proches de la paralysie. Le processus de la CCNUCC semble être sérieusement grippé et ce, alors que tous les voyants scientifiques sont de plus en plus au rouge.

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En savoir plus

– page du site de la CCNUCC consacrée aux sessions SB-64

note de cadrage conjointe (Joint note) établie par les Présidents du SBSTA et du SBI : « préparation des sessions SB-64 » (du 29 mai 2026)

programme global des sessions SB-64 (overview schedule, version du 28 mai 2026)

la page du site de la CCNUCC consacrée à la session SBSTA-64

ateliers et réunions du SBSTA-64 mandatés par une décision précédente de la COP et/ou de la CMA

la page du site de la CCNUCC consacrée à la session SBI-64

ateliers et réunions du SBI-64 mandatés par une décision précédente de la COP et/ou de la CMA

liste intégrale des ateliers et réunions SBSTA + SBI mandatés par une décision précédente de la COP et/ou de la CMA

liste intégrale des ateliers et réunions parallèles SBSTA et SBI (side events)

le site général de la CCNUCC

– la page du site de la CCNUCC consacrée à la COP-30

 

– page du site de l’Institut International du Développement Durable (IISD) consacrée aux sessions SB-64 en anglais et en français. Lire la synthèse des sessions SB-64 (Earth Negotiations Bulletin Vol. 12 No. 900, 22 juin 2026) publiée par l’IISD en anglais et en français (l’une des principales sources du présent article du Citepa)

– Carbon Brief : Bonn climate talks: Key outcomes from the June 2026 UN climate conference, 19 juin 2026

– IDDRI, Ce que Bonn et Londres révèlent sur l’avenir de l’action climatique, billet de blog, 2 juillet 2026

– AEF Info : Climat : à Bonn, des négociations proches de « la paralysie » et un processus appelé à « évoluer », 19 juin 2026

– Climate Action Network (CAN) International : SB64 exposes growing gap between implementation and delivery, 18 juin 2026

– Union of Concerned Scientists : U.N. Bonn Climate Talks on Track to End in Disappointing Stalemate, Finance a Major Stumbling Block, 18 juin 2026

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