Le rapport Secten édition 2026 est en ligne
Par : Sarah Urbano - Ariane Druart
Le Citepa a mis à jour son estimation des émissions de gaz à effet de serre, publiée dans l’édition 2026 du rapport Secten. Ces nouveaux résultats permettent d’éclairer la trajectoire récente de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) en France.

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L’essentiel
La baisse des émissions de GES en France se confirme, bien qu’un ralentissement de cette tendance soit noté depuis 2024 par rapport aux niveaux observés les années précédentes. Hors puits de carbone, les émissions de GES s’élèvent à 367 Mt CO2e en 2024 et ont ainsi diminué de 11,2 Mt CO₂e, soit de 3,0 % par rapport à l’année précédente, faisant suite à des baisses de 3,9 % entre 2021 et 2022 et de 6,8 % entre 2022 et 2023. Tous les grands secteurs émetteurs participent à cette réduction mais ce dans des proportions différentes : ‑5,5 Mt CO2e pour l’industrie de l’énergie (‑15,1 %), ‑2,3 Mt CO2e pour l’industrie manufacturière (‑3,6 %), ‑1,5 Mt CO2e pour les transports (-1,2 %), -0,9 Mt CO2e pour les bâtiments (‑1,6 %), ‑0,6 Mt CO2e pour l’agriculture (-0,7 %), et ‑0,3 Mt CO2e (-2,2 %) pour les déchets centralisés.
L’estimation pour l’année 2025 indique que la baisse des émissions de GES continue de ralentir avec une réduction estimée à hauteur de 2,1 % par rapport à 2024, soit -7,6 Mt CO2e (hors puits de carbone). C’est le secteur de l’industrie manufacturière qui observe la plus forte baisse avec -3,2 Mt CO2e (-5,2 %) par rapport à 2024, puis le secteur des transports avec ‑2,4 Mt CO2e (-1,9 %). En revanche, après de fortes baisses ces deux dernières années (de 17,6 % entre 2022 et 2023 puis de 15,1 % entre 2023 et 2024), les émissions de GES associées à l’industrie de l’énergie se stabilisent avec une légère hausse de 0,2 Mt CO2e (+0,6%) entre 2024 et 2025.
Avec un niveau d’émissions annuel moyen de 406 Mt CO2e/an pour la période 2019-2023, en deçà de 425 Mt CO2e/an, la France s’est vue confirmé dans le rapport annuel du HCC publié en juillet 2025 le respect du second budget carbone fixé dans la deuxième version de sa stratégie nationale bas carbone [SNBC 2]. À compter de 2024, les émissions de GES devront respecter les budgets carbone définis dans la SNBC 3, nouvelle version de la stratégie nationale dont le projet est amené à être adopté courant d’été 2026. Dans l’ultime version soumise à consultation en juin 2026, afin d’atteindre la cible à 2030 à hauteur de 274 Mt CO2e, des budgets carbone ont été proposés pour les périodes 2024-2028 et 2029-2033.
Avec des niveaux à 367 Mt CO2e et 359 Mt CO2e pour 2024 et 2025, ces estimations sont en deçà des tranches indicatives définies dans le projet à 369 Mt CO2e et 364 Mt CO2e.
Toutefois avec un budget défini à 342 Mt CO2e/an pour la période 2024-2028, le rythme de réduction doit s’accélérer pour les années à venir avec des baisses annuelles de 5 % à 6 % attendues à partir de 2026.
En complément de l’ensemble de ces résultats, le Citepa propose pour cette édition, l’estimation du baromètre qui sera publié début juillet, permettant d’anticiper l’évolution des émissions de GES pour le premier trimestre 2026. D’après ces premières estimations, au premier trimestre 2026, les émissions nationales de GES hors UTCATF sont estimées à 98,1 MtCO₂e, contre 103,5 MtCO₂e au premier trimestre 2025, soit une baisse de 5,4 MtCO₂e (-5,2 %). Ce premier trimestre 2026 se caractérise donc par une baisse nette des émissions par rapport au premier trimestre 2025, principalement tirée par le recul des émissions des bâtiments, des transports et de l’industrie manufacturière.
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Emissions de GES hors puits de carbone et budget carbone, France hexagonale et Outre-mer inclus dans l’UE

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Pour les polluants atmosphériques, les évolutions des émissions diffèrent selon la substance ces dernières années. Le dioxyde de soufre [SO2] voit ses émissions diminuer entre 2023 et 2024 de 7,6 kt (-9,7 %) et de seulement 0,5 kt (-0,7 %) entre 2024 et 2025 selon l’estimation proxy. Respectivement, sur les mêmes périodes, les émissions d’oxydes d’azote [NOx] baissent de 32 kt (-4,7 %) puis de 16 kt (-2,5 %), les particules fines de diamètre inférieur à 2,5 micromètres [PM2,5] de 5,9 kt (-3,4 %) et de 1,2 kt (‑0,7 %) et les composés organiques volatils non-méthaniques [COVNM] (émissions ajustées) de 14 kt (‑2,1 %) et de 4 kt (‑0,7 %). Les émissions de SO2, NOx, PM2,5 et COVNM sont estimées respectivement pour 2025 à hauteur de 70 kt, 632 kt, 166 kt et 631 kt (émissions ajustées) ce qui est déjà inférieur, pour l’ensemble des substances, aux objectifs définis dans le Plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques [PREPA] sur la période 2025-2029.
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Emissions de SO2 et de NOx en France hexagonale

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Emissions de COVNM et PM2.5 en France hexagonale 
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Gaz à effet de serre
Diminution des émissions estimée à hauteur de 2,1 % pour 2025
Sur le plan historique, différentes phases d’évolutions des émissions françaises de GES hors puits de carbone peuvent être notées. Après une relative stabilité dans les années 1990 jusqu’en 2005, une décroissance discontinue de 2006 à 2014, puis une légère augmentation des émissions entre 2014 et 2017, les émissions de GES connaissent une dynamique de réduction plus régulière depuis 2018 (hors période Covid avec une baisse historique de 9 % en 2020 et un rebond de 6 % en 2021).
Cette nouvelle édition du rapport Secten permet d’observer le niveau d’émissions brutes de GES calculé dans le cadre du dernier inventaire national pour l’année 2024. Alors qu’une baisse à hauteur de 1,8 % avait été estimée par le proxy l’an passé, le dernier inventaire national propose une baisse des émissions de GES à hauteur de 3,0 % entre 2023 et 2024. La sous-estimation de la baisse s’explique par plusieurs raisons et notamment la forte réduction des émissions de GES associées à la production d’électricité à la Réunion, la diminution du facteur d’émissions de CO2 pour les procédés de la sidérurgie ainsi que la baisse importante des émissions de HFC dans les équipements de réfrigération, non captées par la méthodologie du proxy.
La baisse totale des émissions de 11,2 Mt CO2e entre 2023 et 2024 est dans un premier temps portée par le secteur de l’industrie de l’énergie, avec une diminution des émissions pour le secteur à hauteur de 5,5 Mt CO2e (-15,1 %), puis par les secteurs de l’industrie manufacturière et construction (- 2,3 Mt CO2e ; -3,6 %) et des transports ( ‑1,5 Mt CO2e ; ‑1,2 %).
Enfin, d’après la dernière estimation, les émissions de GES hors puits de carbone ont baissé de -2,1 % (‑7,6 Mt CO2e), en passant de 367 Mt CO2e pour 2024 à 359 Mt CO2e en 2025. Ramenées au nombre d’habitants, elles passent de 5,4 tCO2e/habitant à 5,2 t. Tous les grands secteurs participent à la baisse sauf l’industrie de l’énergie qui croît très légèrement (+0,2 MtCO2e ; +0,6 %) : ‑3,2 Mt CO2e pour l’industrie manufacturière et construction, ‑2,4 Mt CO2e pour les transports, -1,2 Mt CO2e pour les bâtiments et ‑1,0 Mt CO2e pour l’agriculture. L’évolution 2024-2025 du secteur des déchets (4 % des émissions totales) et celle de l’UTCATF ne sont pas encore estimées spécifiquement faute d’indicateurs fiables. Dans le détail par gaz, les émissions de CO2 hors UTCATF ont diminué d’environ 5,9 Mt (-2,2 %) entre 2024 et 2025, la moitié de la baisse provenant de l’industrie manufacturière et construction ; celles de méthane (CH4) de 1 084 kt CO2e (-1,8 %) dont la majeure partie vient du secteur de l’agriculture (‑1062 kt CO2e ; ‑2,5 %) ; celles de protoxyde d’azote (N2O) ont augmenté de 181 kt CO2e (+0,7 %), le secteur de l’agriculture étant également le principal contributeur (+205 kt CO2e ; +0,9 %) ; et celles des gaz fluorés de 776 kt CO2e (-9,1 %) portée par la forte baisse des émissions de HFC dans le secteur résidentiel et tertiaire ( 383 kt CO2e ; -7,2 %).
Spécifiquement pour les gaz fluorés, les émissions de HFC sont en forte diminution du fait des règlements européens « F-Gas » qui se sont succédés et d’une démarche volontaire de la profession. Le mécanisme de « phase down » (réduction progressive des quantités CO2 équivalentes de HFC autorisées à être mises sur le marché), introduit par le Règlement UE 517/2014 (F‑Gas II) et renforcé par le règlement UE 2024/573 (F‑Gas III), a conduit à la baisse des taux d’émissions et à l’amélioration de la récupération en fin de vie des équipements. Il a également conduit au développement de nouveaux fluides frigorigènes à plus faible PRG ainsi qu’au recours croissant à des alternatives non fluorées en remplacement progressif des HFC. Après une période d’inertie liée à l’effet de parc, l’impact sur les émissions est significatif et la baisse annuelle des émissions CO2 de HFC est désormais de l’ordre de 9 % au périmètre Kyoto. Le secteur des transports se distingue par une diminution des émissions plus marquée (‑14 %), en raison notamment de la mise en œuvre de la « directive MAC » (2006/40/CE), qui a permis le renouvellement progressif du parc de véhicules climatisés dès 2015-2016, au profit de systèmes utilisant le R-1234yf (PRG = 1 selon AR5)
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Evolutions des émissions de GES entre 2019 et 2025 (Mt CO2e)

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Energie : stabilité des émissions entre 2024 et 2025
Le parc nucléaire à nouveau opérationnel (+11 TWh ; +3 %), la baisse de production hydraulique (‑13 TWh ; ‑17%) en partie compensée par la hausse de celles des filières solaire (+8 TWh ; +33 %) et éolienne (+3 TWh ; +6 %), ainsi qu’une légère croissance de la consommation de combustibles par la filière fossile (+3 %), ont conduit les émissions de GES de la production d’électricité (contributeur d’environ un tiers du secteur) à une stabilité sur la période 2024-2025.
Les raffineries, deuxième contributeur du secteur à hauteur d’environ 22 %, augmentent légèrement leurs émissions pour atteindre 7,1 Mt CO2e en 2025 comparé aux 6,9 Mt CO2e en 2024 (+2,7 %), du fait de l’augmentation de consommations d’énergie dans un contexte de croissance de l’activité de raffinage entre 2024 et 2025 (hausse de 4 % sur la période de l’indice de production industriel moyen pour la branche raffinage).
Au global, les émissions de GES du secteur s’élèvent à 31,4 Mt CO2e en 2025, contre 31,2 Mt CO2e en 2024, soit une légère hausse de +0,6 %.
Cette stabilité fait suite à de fortes baisses en 2023 et 2024 de respectivement -17,6 % et -15,1 %. Les résultats consolidés pour l’année 2024 confirme la baisse importante par rapport à 2023 estimée par le proxy Secten en juin 2025. L’évolution est par ailleurs d’autant plus importante du fait de la prise en compte dans l’inventaire national de la conversion des deux centrales thermiques à charbon et à fioul en centrales biomasse sur le territoire de la Réunion (-0,9 Mt CO2e entre 2023 et 2024 pour la production d’électricité sur ce territoire).
En 2023, deux facteurs expliquaient la baisse des émissions du secteur de l’industrie de l’énergie : la hausse de la production d’électricité bas-carbone et la poursuite de la baisse de la consommation d’électricité. L’année 2022 avait été marquée par un manque de disponibilité de plusieurs centrales nucléaires. En 2023, ces centrales avaient progressivement repris leur activité.
Suite à ces baisses importantes, le budget carbone pour la période 2019-2023 a pu être respecté. La forte baisse entre 2023 et 2024 place le secteur dans une trajectoire favorable pour atteindre la cible à horizon 2030, toutefois avec un nouveau budget de carbone de 31 Mt CO2e pour la période 2024-2028 et la stabilité estimée entre 2024 et 2025 il peut être important de rappeler que les efforts sont à maintenir pour ce secteur.
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Bâtiments : une tendance encore fortement dépendante aux conditions météorologiques
Les émissions de GES du secteur usage des bâtiments sont principalement liées à l’usage de combustibles fossiles pour le chauffage résidentiel et tertiaire. Après de fortes baisses observées entre 2021 et 2022 (‑12,2 Mt CO2e ; -16,3 %) et entre 2022 et 2023 (-5,5 Mt CO2e ; -8,9 %), un fort ralentissement est noté en 2024. Les émissions associées à l’usage des bâtiments passant effectivement de 57 Mt CO2e en 2023 à 56,1 Mt CO2e en 2024, soit une baisse de seulement 0,9 Mt CO2e (-1,6 %). L’estimation proxy confirme ce frein avec une diminution estimée entre 2024 et 2025 à hauteur de 1,2 Mt CO2e (-2,1 %). La légère baisse des émissions de GES estimée pour 2025 résulte d’une baisse de la consommation de gaz notamment dans le résidentiel ainsi que des ventes de fioul domestique.
Les évolutions interannuelles dépendent toujours de plusieurs facteurs parfois antagonistes dont la contribution est difficile à quantifier précisément. Plusieurs facteurs peuvent jouer ainsi sur cette légère baisse par rapport à 2024 :
- des impacts météorologiques : corrigé des variations climatiques les émissions des GES s’élèveraient à 58,7 Mt CO2e pour 2025, contre 54,6 Mt CO2e estimé à climat réel. A noter toutefois qu’en moyenne, l’année 2025 a été légèrement moins rigoureuse que l’année précédente, impliquant une diminution des émissions corrigées des variations climatiques entre 2024 et 2025 estimée à près de 4 % contre les 2 % estimé à climat réel ;
- un effort soutenu en matière de rénovation des logements se poursuit, malgré une baisse d’environ 10 % du nombre de logements rénovés en 2025 par rapport à 2024 d’après les chiffres-clés annuels de l’Anah, en lien avec les évolutions du dispositif MaPrim’Renov. Par ailleurs, les données Uniclima2 indiquent une baisse du nombre d’installations de chaudières gaz et fioul en 2025 (essentiellement en remplacement) en cohérence avec la tendance baissière observée ces dernières années. Les réductions d’émissions observées en 2025 résultent ainsi en partie des efforts de rénovation engagés antérieurement. Toutefois, le ralentissement de la dynamique de rénovation pourrait contribuer également à expliquer une baisse plus modérée des émissions du secteur résidentiel-tertiaire.
- une baisse des prix relatifs de l’énergie : les prix à la consommation ont augmenté de 0,9 % en 2025 (contre 2,0 % en 2024) d’après l’Insee3, tandis que les prix de l’énergie ont connu une baisse sensible (-5,6 % entre 2024 et 2025, contre +2,3 % entre 2023 et 2024). Ainsi, l’énergie était en 2025 relativement moins chère que les autres postes de consommation, ce qui aurait pu entrainer un plus léger effort de réduction des consommations.
La décomposition des facteurs explicatifs de l’évolution des émissions du secteur résidentiel4 montre que la baisse des émissions repose principalement sur les gains d’efficacité et de sobriété, ainsi que sur l’évolution du mix énergétique. Ces leviers compensent les effets haussiers liés à la croissance démographique et à l’augmentation des surfaces de logements. En parallèle, les variations climatiques demeurent un facteur important de variabilité annuelle, traduisant la forte dépendance du secteur aux conditions météorologiques.
Le ralentissement de la baisse observé et estimé ces deux dernières années éloigne la tendance de la trajectoire moyenne pour atteindre la cible à horizon 2030. Le budget carbone pour la période 2024-2028 défini dans le dernier projet de la SNBC s’élève à 51 Mt CO2e/an. Avec des émissions moyennes à 55,5 Mt CO2e/an sur la période 2024-2025 et la sensibilité encore forte des émissions aux températures extérieures, il paraît important de poursuivre les efforts en matière de rénovation énergétique des logements afin d’assurer le respect des objectifs nationaux.
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Transport routier : la lente réduction du premier secteur émetteur
Le transport routier est le premier émetteur de GES en France, avec 117 Mt CO2e en 2024, soit près d’un tiers des émissions totales. Ce secteur a vu ses émissions faiblement varier durant la dernière décennie. La baisse estimée entre 2024 et 2025, de 2,1 %, s’inscrit dans cette tendance, amenant le niveau d’émissions à hauteur de 115 Mt CO2e en cette fin d’année 2025. En 2020, en raison de la limitation des déplacements lors de la pandémie de Covid-19, les émissions de ce secteur avaient baissé de 15 %, suivi d’un rebond en 2021 et 2022 maintenant un niveau inférieur à celui observé pré Covid. Le budget carbone sur la période 2019-2023 avait ainsi pu être respecté.
En ce qui concerne le transport aérien, qui représente 3 % des émissions du secteur des transports en 2024, les tendances sont différentes pour le trafic domestique (pris en compte dans la comptabilisation nationale) et l’international (hors bilan national conformément aux lignes directrices du Giec). Après des baisses consécutives d’émissions en 2023 et 2024 (respectivement près de -5 % et -4 % entre 2022 et 2023, puis entre 2023 et 2024), faisant suite à des rebonds importants en 2021 et 2022, une légère augmentation est estimée par le proxy pour les émissions associées aux vols domestiques à hauteur de 2 % (+0,1 Mt CO2e) entre 2024 et 2025.
Une décomposition détaillée des facteurs explicatifs de l’évolution des émissions de GES du secteur des transports depuis 2015 a été réalisée pour cette édition Secten5. Celle-ci montre qu’en 2024, les facteurs organisationnels et logistiques, notamment les taux de remplissage et l’évolution des parts modales, ont contribué aux baisses les plus importantes. Les gains d’efficacité énergétique, la réduction de l’intensité carbone et l’électrification ont également contribué à la baisse des émissions, mais de manière plus modérée. Ces différents effets permettent de compenser les pressions à la hausse liées à la croissance démographique et à l’augmentation de la demande individuelle de transport. L’impact de ces facteurs a pu évoluer temporellement, suivant l’avancée des technologie et le contexte de la crise covid notamment. L’impact relatif de ces différents facteurs a toutefois évolué au cours de la période, en fonction notamment des progrès technologiques, des transformations des usages et du contexte particulier lié à la crise sanitaire de la Covid-19.
Au global, les émissions de GES pour le secteur des transports s’élèvent à 125 Mt CO2e en 2024 et sont estimées à 123 Mt CO2e pour 2025, niveaux encore assez loin, au regard de la dynamique du secteur, de la trajectoire pour atteindre la cible à horizon 2030.
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Industrie : premier contributeur à la baisse des émissions en 2025
La dynamique de réduction des émissions observée depuis 2022 se poursuit pour le secteur industriel. Cette tendance s’est ralentie en 2024 avec une diminution de 2,3 Mt CO2e par rapport à 2023 (-3,6 %), faisant suite à une baisse de 7,7 Mt CO2e entre 2022 et 2023 (-10,8 %). L’estimation réalisée pour l’année 2025 indique un niveau d’émissions à hauteur de 58 CO2e, soit une baisse de 3,2 Mt CO2e (-5,2 %) par rapport à l’année précédente, faisant de ce secteur le premier contributeur à l’évolution totale estimée entre 2024 et 2025.
L’accentuation de la baisse pour 2025 est principalement due à la diminution des émissions dans l’ensemble des sous-secteurs, à l’exception de la construction qui affiche une hausse modérée de ses émissions de 0,1 %. Le sous-secteur de la chimie affiche la baisse la plus importante, à hauteur de 1,4 Mt CO2e (-9,8 %) par rapport à 2024, en lien notamment avec la fermeture d’un vapocraqueur courant 2024 sur les six présents sur le territoire national.
Les secteurs de la métallurgie des métaux ferreux (-7,6 %) et des minéraux non-métalliques (-2,8 %) contribuent eux aussi fortement à la réduction totale du secteur, notamment de par leur poids non négligeable dans les émissions du secteur. L’ensemble des autres secteurs affichent des baisses entre 1,8 % et 4,1 %.
Les émissions du secteur de la sidérurgie diminueraient principalement du fait de la diminution des consommations de combustibles minéraux solides du secteur, tandis que les industries de minéraux non-métalliques verraient leurs émissions baisser principalement en lien avec la réduction de la production du ciment (-5,4 % entre les deux années).
En outre, la consommation de fioul lourd dans l’industrie affiche une forte chute d’environ 55 % tandis que la part de gaz naturel dans la grande industrie n’affiche qu’une baisse d’environ 3 % par rapport à 2024.
D’après le niveau observé pour 2024 et celui estimé pour 2025, les émissions du secteur de l’industrie manufacturière et de la construction (60 Mt CO2e en moyenne par an sur la période 2024-2025) suivent globalement la trajectoire indicative pour atteindre la cible à horizon 2030 et respecter le troisième budget carbone défini par la SNBC 3 à 57 Mt CO2e/an entre 2024 et 2028.
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Agriculture : la décapitalisation du cheptel bovin se poursuit
Avec un niveau d’émissions à hauteur de 77,5 Mt CO2e, les émissions du secteur agricole représentent plus de 20 % des émissions totales nationales hors puis de carbone. Les émissions de GES du secteur ont diminué de presque 17 % entre 1990 et 2024 : cette baisse est principalement liée à la diminution de la taille du cheptel bovin (animaux moins nombreux mais plus productifs) et à la baisse de la fertilisation azotée des cultures. La dynamique de réduction est toutefois assez faible au regard du poids du secteur dans le total national avec une baisse annuelle moyenne de 1,2 % entre 2015 et 2024.
Les émissions estimées par le proxy pour l’année 2025 s’élèvent à 76,6 Mt CO2e, soit une baisse de 3,2 Mt CO2e (‑1,3 %) par rapport à 2024, inscrivant l’estimation dans la dynamique observée historiquement.
En particulier, le sous-secteur de l’élevage voit ses émissions diminuer de 1,1 Mt CO2e, soit de 2,5 %, du fait de la réduction du cheptel bovin, quand le sous-secteur des cultures voit ses émissions légèrement augmenter de 0,2 Mt CO2e, soit de 1,2 %, du fait d’un apport d’engrais minéraux azotés en hausse en moyenne sur les deux dernières campagnes.
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Puit de carbone
Le secteur UTCATF (Utilisation des Terres, Changement d’Affectation des Terres et Forêt) est le seul capable d’absorber du CO₂ grâce à la photosynthèse des plantes. En France, les absorptions de carbone par les forêts, la biomasse et les sols dépassent les émissions liées aux récoltes, aux incendies ou à l’artificialisation des terres, ce qui en fait un puits net de carbone. En 2024, ce puits est estimé à – 52 Mt CO₂e et compense environ 14 % des émissions des autres secteurs. Après une forte progression entre 1990 et 2005, sa capacité a fortement diminué à partir de 2014 en raison du déclin du puits forestier. Cette baisse s’explique notamment par les sécheresses répétées, les maladies forestières, le ralentissement de la croissance des arbres et l’augmentation des prélèvements. Des révisions méthodologiques récentes ont amélioré l’évaluation du puits, notamment en intégrant le stockage temporaire du carbone dans le bois mort, l’ajout du captage de carbone de la forêt guyanaise et la correction des défrichements en France hexagonale. Toutefois, elles ne remettent pas en cause la tendance générale à l’affaiblissement du puits forestier. Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, la France mise sur l’adaptation des forêts, le stockage du carbone dans les produits bois et les sols, ainsi que sur des puits artificiels comme le captage et stockage du carbone (CCS).
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Baromètre – Premiers résultats pour le T1 2026
Exceptionnellement pour cette édition 2026, les résultats du baromètre sont proposés pour les émissions de GES du premier trimestre 2026.
Ainsi, au premier trimestre 2026, les émissions nationales de GES hors UTCATF sont estimées à 98,1 Mt CO₂e, contre 103,5 Mt CO₂e au premier trimestre 2025, soit une baisse de -5,4 MtCO₂e (‑5,2 %). Ce premier trimestre 2026 se caractérise donc par une baisse nette des émissions par rapport au premier trimestre 2025, principalement tirée par le recul des émissions des bâtiments, des transports et de l’industrie manufacturière.

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Baisse marquée des émissions de la production d’énergie
Le recours aux énergies fossiles pour la production d’électricité continue de diminuer en ce premier trimestre 2026 ce qui entraîne une baisse des émissions (-0,6 Mt CO2e ; -6,4%) par rapport au même trimestre 2025. Cette baisse intervient malgré une hausse en janvier (+7,5 %), principalement liée à la production d’électricité, et s’explique par un net recul des émissions en février (-20,0 %) puis en mars (‑8,8 %). La diminution est surtout portée par la production d’électricité, en baisse marquée en février et mars, ainsi que par le chauffage urbain, dont les émissions reculent sur l’ensemble du trimestre.
Ces variations s’expliquent également par des facteurs météorologiques, ce premier trimestre est marqué par mois de janvier proche de la normale, malgré un début très froid, puis par un mois de février exceptionnellement doux, au 2ᵉ rang des mois de février les plus chauds selon Météo France. Le mois de mars reste également plus doux que la normale et que celui l’an passé (+0,3 °C).
Baisse généralisée des émissions en Industrie manufacturière et construction
L’industrie manufacturière et la construction enregistrent aussi un recul marqué (‑1,0 Mt CO2e ; ‑6,0%). Cette baisse est généralisée, l’ensemble des sous-secteurs affichant une diminution de leurs émissions. En niveau, elle est principalement portée par l’agroalimentaire (‑0,3 Mt CO₂e), la chimie (-0,2 Mt CO₂e) et la métallurgie des métaux ferreux (-0,2 Mt CO₂e). Ces évolutions s’expliquent notamment par la baisse des consommations de gaz naturel pour l’agroalimentaire et la chimie, et par le recul des consommations de combustibles minéraux solides dans la métallurgie des métaux ferreux.
Le recul des consommations de chauffage tire fortement à la baisse les émissions du résidentiel-tertiaire
La diminution des émissions nationale est principalement portée par le secteur de l’usage des bâtiments et activités résidentiels/tertiaires, dont les émissions reculent de -2,5 Mt CO₂e (‑11,9 %). Il s’agit de la plus forte contribution à la baisse sur le trimestre, à la fois en valeur absolue et en évolution relative. Cette tendance s’explique notamment par un net recul des consommations au premier trimestre, en particulier de gaz naturel (-12,7 % par rapport au premier trimestre de l’année précédente) et de fioul domestique (‑13,3 %), qui traduisent par une forte baisse des sous-secteurs « Chauffage, eau chaude sanitaire et cuisson domestique » et Chauffage, eau chaude sanitaire et cuisson tertiaire » dont les baisses peuvent atteindre 18,9% et 19,6% respectivement.
L’agriculture, des émissions stables malgré des évolutions contrastées selon les gaz
L’estimation des émissions de GES a été réalisée sur la base de données mensuelles de conjoncture disponibles sur les cheptels et les livraisons d’engrais. Les émissions du secteur agriculture restent quasiment stables sur la période, avec une évolution très limitée de +0,03 Mt CO₂e (+0,1 %). Cette stabilité apparente masque toutefois des dynamiques contrastées selon les gaz : le recul des cheptels, en particulier bovins, exerce un effet à la baisse sur les émissions, tandis que la reprise des apports d’engrais azotés contribue à les orienter à la hausse. Cette double dynamique se traduit notamment par une baisse du CH₄, mais par une hausse du N₂O.
La poursuite de la baisse du cheptel bovin, plus marquée pour les vaches laitières que pour les vaches allaitantes, contribue à réduire les émissions liées à l’élevage, en particulier le CH₄, qui recule de -2,7 %. Cette tendance reflète la poursuite de la décapitalisation du cheptel bovin, accentuée par le contexte sanitaire récent.
Les émissions de N₂O progressent de +4,3 %, sous l’effet de la hausse des apports d’azote minéral, malgré l’effet baissier associé au recul du cheptel bovin.
Enfin, les émissions de CO₂ diminuent de 1,6 % en accord avec la baisse de la consommation énergétique et malgré une hausse des approvisionnements en urée (émetteur de CO2).
Transport : poursuite de la baisse des émissions
Le secteur des transports est le secteur prépondérant des émissions de GES, avec une contribution d’environ un tiers des émissions et contribue à la baisse globale des émissions par rapport au premier trimestre 2025, avec une diminution de -1,2 MtCO₂e (-4,3 %).
Cette tendance s’explique par la baisse des ventes de gazole au 1er trimestre 2026 par rapport à 2025 (‑5,7%) et en particulier sur le mois de janvier qui enregistre la plus forte baisse (-10,6%), qui se traduit par des baisses marquées pour les sous-secteurs des voitures particulières, des poids lourds et des bus et cars roulant au gazole sur cette période.
Pour le transport aérien domestique (inclus dans le total national), transport prépondérant en émissions des transports autres que routiers (plus de la moitié des émissions), les émissions augmentent de 6,4% au premier trimestre 2026 par rapport à 2025.
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Comment ces estimations sont mises à jour ? Pourquoi ces chiffres sont différents des annonces précédentes ?
Calculé en mai 2026 à partir d’une méthodologie plus robuste et de données complémentaires, l’estimation proxy propose à date l’estimation la plus fiable du niveau d’émissions pour l’année 2025. Cette estimation repose également sur l’utilisation de la dernière édition d’inventaire et ainsi fonde son estimation à partir d’une évolution annuelle appliquée sur un niveau d’émissions consolidées pour 2024.
Ainsi, alors que le baromètre et baromètre prévisionnel proposaient pour 2025 des baisses d’émissions de l’ordre de 1,5 % environ, l’estimation proxy propose dans ce rapport une réduction des émissions de GES de 2,1 %.
Le proxy reste toutefois une estimation pour cette année 2025, dont il faudra attendre le nouvel inventaire 2026 publié dans le prochain rapport Secten pour confirmer le niveau de fiabilité.
Les schémas ci-dessous rappellent les différentes publications afférentes à l’estimation des émissions de GES pour 2025 et 2026 ainsi que les niveaux de fiabilité associés aux différents outils.


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Polluants atmosphériques
La plupart des polluants en baisse depuis 1990
En France, les émissions de tous les polluants atmosphériques sont en baisse depuis 1990 (métaux lourds, polluants acidifiants, polluants eutrophisants, précurseurs d’ozone troposphérique, particules, polluants organiques persistants). Les émissions de certains polluants ont été très fortement réduites, voire quasiment éliminées depuis 1990, c’est par exemple le cas du plomb (arrêt de la distribution de carburants plombés en 2000), ou encore de l’hexachlorobenzène (HCB), des dioxines et furannes (PCDD/F) et du chrome, du fait des mesures réglementaires mises en place et des moyens de réduction adoptés dans les secteurs de l’industrie et des déchets.
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Les objectifs de réduction des émissions de polluants sont respectés
Jusqu’à présent, la France a respecté ses objectifs de réduction d’émissions de polluants atmosphériques fixés dans le cadre de différents Protocoles de la Convention sur la Pollution atmosphérique transfrontière à longue distance (CLRTAP), pour les SOx, les COVNM, le NH3, les HAP, les dioxines et furanes, le HCB, les métaux lourds (le cadmium (Cd), le mercure (Hg) et le plomb (Pb)), dans les délais fixés par ces Protocoles. Seuls les objectifs visant les NOX pour la période 2010-2019 n’avaient pu être atteints qu’avec quelques années de retard. Depuis 2020, les objectifs de réduction des émissions fixés à la fois par l’UE (directive (UE) 2016/2284 dite NEC 2 concernant la réduction des émissions nationales de certains polluants atmosphériques) et la CLRTAP/Göteborg-2 pour les SOx, les NOx, le NH3 et les particules fines (PM2,5) ont été respectés. Concernant les COVNM, l’objectif est respecté avec l’ajustement au même périmètre que celui pris en compte dans l’objectif (total national sans les émissions biogéniques de l’agriculture).
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Dioxyde d’azote (NOX)
Avec un niveau à hauteur de 648 kt en 2024, les émissions de dioxyde d’azote (NOx) ont baissé de près de 70 % depuis 1990. Cette dynamique se poursuit d’après l’estimation proxy pour 2025 avec une diminution estimée à 2,5 % par rapport à 2024.
Le niveau estimé en 2025 à hauteur de 632 kt est ainsi le niveau le plus bas observé depuis 1990. Cette décroissance est principalement due au secteur des transports (-16,4 kt entre 2024 et 2025, soit -5,2 %), qui est la principale source d’émissions de ce polluant (47 % des émissions totales nationales en 2025). La réduction estimée sur le transport est principalement expliquée par la baisse associée aux émissions de NOx des motorisations Diesel, qui représentent plus de 80 % des émissions du secteur en 2025. Le transport maritime domestique, sous-secteur lui aussi émetteur de NOx verraient ses émissions baisser entre 2024 et 2025 (-3 kt) en lien avec le recul des soutes maritimes pour cette même période.
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Particules fines (PM2,5)
Les émissions de particules fines (PM2,5) ont été réduites de 3,4 % entre 2023 et 2024. Cette tendance à la baisse s’observe depuis 1990 (-65 %). Cette tendance se poursuit d’après l’estimation pour 2025 (-0,7 %), bien qu’elle soit moins forte que les réductions observées ces deux dernières années. L’évolution de la consommation du bois-énergie fortement émettrice de particules en particulier en lien avec le chauffage domestique au bois provoquerait une légère hausse des émissions (+0,4 kt) compensée par une baisse d’activité dans le secteur de la chimie (-1 kt) ainsi qu’une légère baisse de la consommation de gazole par les véhicules particuliers (‑0,5 kt). Ces estimations provisoires pour l’année 2025 ne prennent pas en compte l’amélioration continue des performances du parc d’appareils de chauffage domestique au bois. Ainsi, les estimations consolidées atteindront sans doute des niveaux d’émissions plus bas que ceux estimés ici.
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Ammoniac (NH3)
L’agriculture est le principal secteur émetteur d’ammoniac (NH3). En baisse de près de 23 % entre 1990 et 2024, une diminution de 1,1 % est estimée entre 2024 et 2025, abaissant le niveau d’émissions à 568 kt pour 2025. Bien que les apports en azote minéral soient estimés en hausse, l’évolution des formes d’engrais permet une stabilisation des émissions de ce poste (recul des apports en urée et hausse des apports en ammonitrates). Par ailleurs le recul des effectifs animaux conduit à faire baisser les émissions de NH3 du sous-secteur de l’élevage sur la période (-1,6 %).
La loi Climat et résilience prévoit une trajectoire de réduction des émissions agricoles de NH3 de 2022 à 2030, par rapport à 2005. Les valeurs observées en 2022 et 2023 respectent cet objectif.
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Des problèmes de qualité de l’air persistants
Au niveau national, l’arrêté du 8 décembre 2022 avait mis à jour le Plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques (PREPA) pour la période 2022-2025. Un nouveau PREPA est en cours de définition : il portera sur la période 2026-2029.
La situation reste toujours marquée par un contraste entre, d’un côté, des émissions de polluants en baisse (avec des progrès significatifs accomplis dans la réduction des émissions de polluants atmosphériques et une amélioration globale de la qualité de l’air sur la période 2000-2024) ; et de l’autre, des pics importants de concentration d’ozone et des dépassements des seuils réglementaires de qualité de l’air, notamment pour le dioxyde d’azote (NO2).
De nouveaux efforts vont devoir être consentis pour respecter les nouvelles valeurs limites de concentration dans l’air ambiant qui s’appliqueront à partir de 2030 et ce, conformément à la directive (UE) 2024/2881 sur la qualité de l’air. Pour les deux polluants ayant la plus forte incidence documentée sur la santé humaine, le PM2,5 et le NO2, les valeurs limites annuelles doivent être réduites de plus de la moitié, passant respectivement de 25 µg/m³ à 10 µg/m³ et de 40 µg/m³ à 20 µg/m³.
Or d’après des données de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris), si les niveaux actuels de pollution de l’air restent inchangés, 56 agglomérations françaises dépasseraient en 2030 les seuils fixés, contre 5 en 2025.
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