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Publié le 08 avril 2026

Nouvelle estimation des émissions de l’année 2025 par le baromètre mensuel du Citepa

Par : Sarah Urbano et Ariane Druart

Modifié le : 08/04/2026
Réf . : 2026_04_02

Le Citepa publie la mise à jour des résultats du baromètre des émissions mensuelles de gaz à effet de serre de la France pour l’ensemble de l’année 2025.

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Quelle est la particularité de cette nouvelle estimation de l’année 2025 ?

Cette nouvelle estimation est l’estimation la plus précise des émissions de gaz à effet de serre de l’année 2025 actuellement disponible.

Le Citepa produit plusieurs estimations des émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques dans différents formats et avec différents niveaux de précision. Les résultats issus de l’inventaire national constituent la référence la plus précise, suivis par le proxy Secten, puis par le baromètre mensuel, et enfin par le baromètre prévisionnel.

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Quelles sont les principales tendances en matière d’émissions de GES ?

La tendance à la baisse des émissions se maintient, bien qu’à un rythme ralenti. L’estimation du baromètre mensuel indique une diminution de 1,5 % des émissions de gaz à effet de serre en 2025, après une baisse de 1,8 % en 2024, faisant suite à une réduction plus significative de 6,8 % en 2023. Les émissions de l’ensemble de l’année 2025 sont ainsi estimées à 364 Mt CO₂ équivalentes, hors puits de carbone.

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Figure 1 – Émissions annuelles de GES (en Mt CO₂e) hors puits de carbone

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Est-ce que l’on se rapproche des objectifs fixés par la SNBC 3 ?

À l’occasion des dix ans de l’Accord de Paris, le ministère de la Transition écologique a publié en décembre 2025 la SNBC 3, future feuille de route climat de la France, dont l’adoption est prévue au printemps 2026. Elle fixe un troisième budget carbone de 347 Mt CO₂e/an pour 2024-2028, avec un objectif de réduction d’environ 4 % par an pour atteindre 279 Mt CO₂e en 2030.

Si le respect du budget 2019-2023 a été confirmé, le rythme actuel de baisse des émissions (1,8 % entre 2023 et 2024, puis 1,5 % entre 2024 et 2025) reste insuffisant pour atteindre cet objectif. Ces trajectoires demeurent toutefois indicatives, dans l’attente des données issues des inventaires nationaux.

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Quelles sont les spécificités sectorielles ?

En 2025, l’industrie manufacturière contribue à elle seule à 40 % de la réduction des émissions. En 2025, les émissions du secteur diminuent de 3,5 % (-2,2 Mt CO₂e), sous l’effet du recul d’activités émettrices (métallurgie, ciment) et de la diminution de la consommation de combustibles fossiles. Elles restent toutefois légèrement au-dessus de la trajectoire SNBC 3, tout en demeurant proches de la trajectoire cible.

Les émissions du secteur de la production d’énergie augmentent légèrement en 2025 (+0,5 % / +0,2 Mt CO₂e), rompant avec la tendance à la baisse observée depuis 2022. Le potentiel de réduction lié à la décarbonation du mix électrique s’atténue, tandis que la reprise du raffinage contribue à cette hausse. Cette dynamique est globalement cohérente avec la trajectoire, même si les émissions de 2025 restent légèrement au-dessus du budget carbone fixé par la SNBC 3.

En 2025, les émissions du secteur résidentiel-tertiaire reculent légèrement (-1,5 % / -0,9 Mt CO₂e) et atteignent un niveau historiquement bas, sans toutefois pouvoir atteindre le niveau demandé par la trajectoire SNBC 3. La baisse s’explique surtout par une moindre consommation de gaz naturel, et dans une moindre mesure de fioul. Elle résulte de facteurs variés (climat, rénovations, prix de l’énergie), aux effets parfois opposés.

En 2025, les émissions du secteur des transports ne baissent que de 1,4 % (-1,7 Mt CO₂e) alors que ce secteur représente à lui seul 34 % des émissions en 2025. Cette baisse est principalement liée au transport routier (94 % des émissions), où l’on observe une diminution des ventes de carburants en dépit d’une légère hausse du trafic. Par ailleurs, le transport aérien domestique poursuit sa diminution. Malgré ces évolutions, le secteur reste le principal émetteur et demeure en retard par rapport à la trajectoire fixée par la SNBC 3, nécessitant des efforts supplémentaires.

En 2025, les émissions agricoles diminuent légèrement (-1,2 % / -1 Mt), sous l’effet de la baisse du cheptel bovin, tandis que la hausse des apports d’engrais entraîne une augmentation des émissions des cultures. Cette évolution reste globalement en ligne avec la trajectoire de la SNBC 3.

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Quelle différence par rapport à notre dernière publication ? 

Le baromètre mensuel permet d’estimer les émissions de GES de l’année en cours, avec un décalage de trois mois lié à la disponibilité des données. Depuis juillet 2025, le Citepa publie également un baromètre prévisionnel, qui anticipe leur évolution à partir de données de projection issues de différentes sources, notamment des notes de conjoncture de l’Insee.

Les publications de janvier et d’avril 2026 diffèrent par une actualisation de l’estimation du dernier trimestre 2025. Cette nouvelle estimation de l’année 2025 est en effet entièrement calculée dans le cadre du baromètre mensuel et non dans celui du baromètre prévisionnel. L’écart reste limité : la baisse initialement estimée à 1,6 % est révisée à 1,5 %.

La prochaine estimation des émissions pour l’année 2025 sera publiée dans le rapport Secten en juin 2026. Il s’agira d’une estimation dite « proxy », fondée sur les émissions consolidées de l’année 2024 présentées dans l’inventaire édition 2026.

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Baromètre mensuel année 2025

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