Émissions de gaz à effet de serre en 2026 : une baisse de 2,8 % attendue selon le baromètre du Citepa
Par : Pierre Havez - Sarah Urbano - Ariane Druart
Le Citepa publie les nouveaux résultats de son baromètre des émissions mensuelles de gaz à effet de serre (GES) et de polluants atmosphériques pour le premier semestre 2026, complétés par les estimations du baromètre prévisionnel pour la fin de l’année. Les émissions de GES ont diminué de 4,1 % au premier semestre 2026 par rapport à la même période en 2025. Sur l’ensemble de l’année 2026, la baisse pourrait se limiter à 2,8 %.
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Estimation des émissions de GES par secteur
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Quelle est la particularité de cette nouvelle estimation de l’année 2026 ?
Cette nouvelle édition du baromètre, publiée en octobre 2026, propose une estimation des émissions de GES et de polluants atmosphériques pour les six premiers mois de l’année, à partir des données d’activité disponibles. Elle est complétée par le baromètre prévisionnel, qui permet d’anticiper l’évolution des émissions sur les deux derniers trimestres de 2026.
Le Citepa produit plusieurs estimations des émissions de gaz à effet de serre, selon différents formats et niveaux de précision. Les résultats de l’inventaire national constituent la référence la plus précise, suivis par le proxy Secten, puis par le baromètre mensuel et enfin par le baromètre prévisionnel.
Les résultats présentés pour 2026 restent donc provisoires et seront affinés au fur et à mesure de la disponibilité de nouvelles données.
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Quelles sont les principales tendances en matière d’émissions de GES ?
La tendance à la baisse des émissions se poursuit en 2026, avec une accélération par rapport à 2025.
Selon les estimations du baromètre mensuel, les émissions nationales de GES, hors puits de carbone, atteignent 179,7 Mt CO₂e au premier semestre 2026, contre 187,4 Mt CO₂e au premier semestre 2025. Cela représente une diminution de 7,7 Mt CO₂e, soit une baisse de 4,1 %.
Cette réduction est principalement portée par les secteurs des bâtiments (-12,0 %) et des transports (-4,5 %), qui contribuent respectivement à hauteur de 3,7 et 2,7 Mt CO₂e à la diminution des émissions.
Cette tendance devrait toutefois ralentir au second semestre 2026. Selon le baromètre prévisionnel, les émissions diminueraient de 1,3 % par rapport au second semestre 2025, avec des réductions de 1,1 % au troisième trimestre et de 1,5 % au quatrième trimestre.
Sur l’ensemble de l’année 2026, les émissions françaises de GES pourraient ainsi atteindre 349,4 Mt CO₂e, contre 359,4 Mt CO₂e en 2025, soit une diminution de 10 Mt CO₂e (-2,8 %).
Cette évolution marquerait une accélération du rythme de réduction des émissions par rapport à 2025, année durant laquelle les émissions avaient diminué de 2,1 % selon la dernière estimation du rapport Secten 2026.
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Est-ce que l’on se rapproche des objectifs fixés par la SNBC 3 ?
La troisième Stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3), adoptée en juillet 2026, définit les nouveaux budgets carbone de la France pour les périodes 2024-2028, 2029-2033 et 2034-2038.
Le troisième budget carbone fixe un niveau moyen d’émissions de 342 Mt CO₂e par an pour la période 2024-2028, hors puits de carbone, avec une tranche annuelle indicative de 348 Mt CO₂e pour l’année 2026.
Avec un niveau d’émissions estimé à 349,4 Mt CO₂e en 2026, les résultats du baromètre mensuel et prévisionnel se situeraient légèrement au-dessus de la trajectoire indicative de la SNBC 3 (+1,4 Mt CO₂e). La baisse des émissions prévue en 2026 (-2,8 %) serait ainsi légèrement moins marquée que celle attendue par la SNBC 3 pour cette année (-3,1 %) et resterait nettement en deçà du rythme moyen annuel de réduction nécessaire pour atteindre les objectifs climatiques à l’horizon 2030. La réduction des émissions devra donc s’intensifier au cours des prochaines années pour respecter les budgets carbone et atteindre les objectifs climatiques de la France. La trajectoire de la SNBC 3 prévoit en effet des baisses indicatives plus importantes, de 5,7 % en 2027 et de 6,1 % en 2028, par rapport à l’année précédente.
Ces comparaisons demeurent toutefois indicatives, dans l’attente des résultats des prochains inventaires nationaux.
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Quelles sont les spécificités sectorielles ?
La baisse globale des émissions attendue en 2026 est fortement portée par le secteur des transports. Les émissions du secteur diminuent de 4,5 % au premier semestre, principalement sous l’effet du recul du transport routier (-4,8 %), en lien notamment avec la baisse des ventes de gazole (-7,3 %). Selon le baromètre prévisionnel, cette tendance se poursuivrait au second semestre. Sur l’ensemble de 2026, les émissions des transports reculeraient de 4,8 %, soit une diminution de 5,9 Mt CO₂e. Elles atteindraient 117 Mt CO₂e, contre 122,9 Mt CO₂e en 2025. Le secteur resterait néanmoins le premier émetteur de GES en France.
Le secteur des bâtiments enregistre la plus forte baisse relative au premier semestre 2026 (-12,0 %), soit une réduction de 3,7 Mt CO₂e. Cette diminution s’explique principalement par le recul des émissions liées au chauffage, à l’eau chaude sanitaire et à la cuisson dans les bâtiments résidentiels et tertiaires, notamment en lien avec la baisse de la consommation de gaz naturel. Le baromètre prévisionnel anticipe toutefois un léger rebond au second semestre (+1,9 %). Sur l’ensemble de l’année, les émissions du secteur diminueraient de 5,9 %, pour atteindre 51,7 Mt CO₂e.
Dans l’industrie manufacturière et la construction, les émissions diminuent de 2,4 % au premier semestre 2026, soit une réduction de 0,7 Mt CO₂e. Cette baisse concerne la majorité des branches industrielles, en particulier les industries agroalimentaires et chimiques. À l’inverse, les émissions de la métallurgie des métaux ferreux progressent de 9,0 % sur cette période. Pour l’ensemble de l’année 2026, le baromètre prévisionnel anticipe une diminution des émissions industrielles de 1,8 %, soit 1,1 Mt CO₂e.
Les émissions du secteur agricole poursuivent leur diminution, à un rythme modéré. Elles reculent de 1,0 % au premier semestre 2026, avec des évolutions contrastées selon les gaz. Le méthane (CH₄) diminue de 2,4 %, notamment sous l’effet de la réduction du cheptel bovin, tandis que les émissions de protoxyde d’azote (N₂O) augmentent de 2,1 %, en lien avec la hausse des apports d’engrais minéraux azotés. Sur l’ensemble de l’année, les émissions de l’agriculture et de la sylviculture diminueraient de 1,3 %, pour atteindre 75,6 Mt CO₂e.
Après plusieurs années de baisse de ses émissions, l’industrie de l’énergie se distingue ici des autres secteurs par un rebond attendu en 2026: selon le baromètre prévisionnel, ses émissions devraient globalement augmenter sur l’année. Après une quasi-stabilisation au premier semestre (-1,2 %), les émissions du secteur repartiraient à la hausse au second semestre, principalement sous l’effet d’un recours accru aux centrales à gaz pour la production d’électricité. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de forte demande d’électricité durant l’été 2026, notamment en raison des besoins de climatisation liés aux épisodes de canicule, et de baisse de la production hydraulique sous l’effet de la sécheresse. Selon RTE, les centrales à gaz ont été davantage sollicitées, principalement pour répondre à la demande à l’export vers les pays voisins. Sur l’ensemble de 2026, elles progresseraient de 3,6 %, pour atteindre 32,5 Mt CO₂e.
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Quelles sont les tendances concernant les polluants atmosphériques ?
Le baromètre mensuel permet également de suivre les émissions de plusieurs polluants atmosphériques. Les résultats du premier semestre 2026 montrent des évolutions contrastées selon les substances.
Les émissions d’oxydes d’azote (NOx) poursuivent leur diminution, avec une baisse de 3,1 % (-11,4 kt) par rapport au premier semestre 2025. Cette réduction est principalement portée par le secteur des transports (-5,8 %), en lien avec la diminution de la consommation de gazole.
Les émissions de particules fines PM2,5 reculent de 5,8 % (-5,5 kt), principalement grâce à la diminution des émissions liées au chauffage dans les bâtiments, notamment au bois.
Les émissions de composés organiques volatils non méthaniques (COVNM) diminuent également, passant de 534 kt à 523 kt entre les premiers semestres 2025 et 2026. Cette évolution est principalement liée aux réductions observées dans les secteurs des bâtiments et de l’agriculture.
À l’inverse, les émissions de dioxyde de soufre (SO₂) augmentent légèrement (+1,2 %), sous l’effet des hausses observées dans l’industrie manufacturière et l’industrie de l’énergie, malgré le recul des émissions dans les bâtiments.
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Quel est l’impact des incendies sur les émissions de GES en 2026 ?
L’année 2026 a également été marquée par d’importants incendies de végétation, notamment au cours du mois d’août.
Selon une première estimation du Citepa, réalisée à partir des données du programme européen Copernicus, environ 77 000 hectares ont brûlé en France hexagonale entre le 1er janvier et le 27 août 2026, hors surfaces d’écobuage identifiées.
Les émissions de GES associées à ces incendies sont pré-estimées à environ 5,7 Mt CO₂e, soit une augmentation de 43 % par rapport à 2022, année déjà marquée par des incendies exceptionnels.
Ces émissions relèvent du secteur de l’utilisation des terres, changement d’affectation des terres et foresterie (UTCATF), exclu du total national hors puits de carbone présenté dans le baromètre. Cette pré-estimation repose par ailleurs sur une méthode spécifique, différente de celle de l’inventaire national.
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Quelle différence par rapport aux précédentes estimations ?
Le baromètre mensuel permet de suivre les émissions de GES au cours de l’année, avec un décalage de trois mois lié à la disponibilité des données.
Depuis juillet 2025, le Citepa publie également un baromètre prévisionnel qui anticipe les émissions des trimestres restant à estimer, en s’appuyant notamment sur les prévisions économiques de l’Insee et sur les données d’activité disponibles.
La présente édition d’octobre 2026 complète ainsi les estimations du premier trimestre avec celles du deuxième trimestre et propose une première prévision pour la fin d’année.
À noter que les émissions de GES de l’année 2025 retenues comme référence sont issues du rapport Secten, édition 2026, qui les estime à 359,4 Mt CO₂e hors UTCATF. Cette estimation provisoire, dite « proxy », pourra être révisée lors des prochaines mises à jour de l’inventaire national. De même, les estimations pour l’année 2026 seront progressivement affinées à mesure que de nouvelles données seront disponibles.
Enfin, la méthodologie du baromètre prévisionnel a fait l’objet de plusieurs améliorations depuis la précédente publication. Ces évolutions sont présentées en détail dans la note méthodologique afférente :
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Pour en savoir plus : consulter le baromètre des émissions mensuelles et prévisionnelles du Citepa et ses notes méthodologiques.
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Référence ; Décret n° 2026-636 du 16 juillet 2026 relatif aux budgets carbone nationaux et à la stratégie nationale bas-carbone
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