Bilan climatique de l’été 2026, l’été de tous les records
Par : Sophie Sanchez
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Évolution des températures en France durant l’été 2026 – Source : Météo France, septembre 2026
Monique Barbut, ministre de la Transition écologique
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Rythmé par 53 jours en vague de chaleur et une température moyenne sur 24 heures de 24,0 °C, l’été 2026 a été l’été le plus chaud jamais enregistré en France, d’après le bilan climatique de Météo France rendu public le 3 septembre 2026. L’été 2026 présente une anomalie de + 5°C par rapport à un été moyen de l’ère préindustrielle, dont 2,4 C directement imputables au changement climatique. « Un tel niveau de chaleur aurait été quasi impossible sans changement climatique d’origine humaine », précise Météo France. Or ces températures inédites risquent de devenir habituelles dans les années à venir. L’été 2026 serait en effet un été ordinaire dans une France à + 4°C.
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Un été caniculaire lié au changement climatique
53 jours en vague de chaleur

Nombre de jours en vague de chaleur durant l’été 2026 – Source : Météo France, septembre 2026
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« L’été 2026 a été celui de tous les records, le plus chaud jamais enregistré depuis le début des mesures en 1900. Personne n’imaginait des canicules aussi longues, aussi violentes et avec une succession aussi large », a commenté Monique Barbut, ministre de la Transition écologique en amont de la présentation le 3 septembre par Virginie Schwartz, présidente de Météo France, du bilan climatique de l’été 2026.
L’été 2026 a en effet été le plus chaud jamais enregistré en France avec une température moyenne sur 24 h de 24°C avec + 3,6°C par rapport la normale, soit significativement plus que les étés 2003 (+ 2,7°C) et 2022 (+ 2,3°C). Il s’est caractérisé par 53 jours de vague de chaleur (contre 33 en 2022) avec tout à la fois la vague de chaleur la plus intense jamais enregistrée au mois de juin et la vague de chaleur la plus longue jamais enregistrée au mois d’août depuis le début des relevés en 1947.
Ainsi 90 % du territoire a connu au moins une fois au cours de l’été une température maximale supérieure à 35 C et 45 % du territoire une température supérieure ou égale à 40°C. Les 40°C, température extrême dans le climat actuel de la France hexagonale, ont ainsi été dépassés 178 fois sur l’une des stations de Météo France, contre 88 en 2003. En outre, tous les départements de l’Hexagone et de Corse ont été concernés au moins une fois par une vigilance orange et 73 par une vigilance rouge.
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Un écart de température de + 5°C dont 2,4°C imputables au changement climatique

Impact du changement climatique – Source : Météo France, septembre 2026
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Virginie Schwartz a précisé que les conditions anticycloniques qui ont persisté sur la France tout l’été associées à l’influence du changement climatique expliquent la persistance de ces fortes chaleurs : « Cet été a marqué un écart très important en température avec + 5°C par rapport à un été moyen de la période pré-industrielle, la moitié de cet écart (+2,4°C) étant imputable au changement climatique, l’autre moitié étant liée à la variabilité naturelle ».
Le deuxième été le moins pluvieux depuis 1959

Déficit pluviométrique – Source : Météo France, septembre 2026
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Évolution de l’indicateur national de sécheresse des sols – Source : Météo France, septembre 2026
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L’été 2026 a également été marqué avec 40 % de déficit de pluie, ce qui en fait le deuxième été le moins pluvieux depuis 1959. L’été 2026 a été plus sec que l’été 1976 qui était resté dans les annales comme celui de la sécheresse (avec un déficit de pluie de 35 %). « Jamais un tel niveau de sécheresse des sols n’avait été observé depuis que nous le mesurons. Et jamais la majorité des cours d’eau n’avait connu un niveau aussi bas au cours des vingt dernières années », a précisé Monique Barbut. 2026 se caractérise ainsi par deux extrêmes, un extrême sec en février puis un extrême sec au mois d’août qui a été le mois le plus sec de tous les temps sur la France.
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Incendies d’une ampleur exceptionnelle et températures de surface très élevées sur l’ensemble des surfaces maritimes métropolitaines

Anomalie de température de surface de la mer – Source : Météo France, septembre 2026
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Autre triste record, celui des incendies d’une fréquence et d’une ampleur exceptionnelle avec jusqu’à 74 jours consécutifs (du 8 juin au 20 août) où au moins un département était en danger élevé de feux et six fois plus de surface brûlée par rapport à la moyenne des vingt dernières années.
Les mers et les océans ont également été affectés avec des températures de surface très élevées sur l’ensemble des surfaces maritimes métropolitaines, avec des écarts jamais observés auparavant de + 2°C pour la Manche et de + 2,8°C pour la Méditerranée.
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Inclure la Tracc dans toutes les politiques publiques
Des températures qui risquent de devenir la norme à l’avenir

Projection de l’extension des feux de forêt – Source : Météo France, septembre 2026
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Ces températures jusqu’ici inédites risquent de devenir habituelles dans les années à venir. L’été 2026 serait en effet un été ordinaire dans une France à + 4°C, comme l’ont souligné Monique Barbut et Virginie Schwartz. Les étés les plus chauds dans un climat futur pourraient en effet être caractérisés par un nombre de jours de vagues de chaleur nettement plus élevé : les 2 % des étés les plus chauds pourraient dépasser le nombre de 67 jours de vague de chaleur dès l’horizon 2050 (dans une France à + 2,7°C), et de 92 jours de vague de chaleur en 2100 (dans une France à + 4°C).
Les risques météorologiques d’incendie risquent aussi de s’étendre et la saison des feux pourrait durer un ou deux mois supplémentaires dans certaines régions. Les vagues de chaleur, qui étaient concentrées historiquement sur juillet et août, augmentent en intensité et s’étendent dans le temps pour aller de mai à septembre.
Regarder les projets de manière différente

Projections des précipitations en fonction de la Tracc – Source : Météo France, septembre 2026
Aussi, en constatant que « L’été 2026 restera dans l’histoire », Monique Barbut a appelé à « faire en sorte qu’il ne se répète pas ».
Au-delà des canicules, Monique Barbut a rappelé que le changement climatique se traduit également par les inondations, le recul du trait de côte ou encore le retrait-gonflement des argiles. « Nous aurons besoin d’une mosaïque de solutions pour adapter l’ensemble de notre vie et notre économie », a-t-elle souligné.
Interrogée sur le projet de l’autoroute A412 en Haute-Savoie visant à relier Machilly, commune limitrophe du canton de Genève, à Thonon-les-bains dont l’arrêté d’autorisation environnementale a été signé le 28 août 2026 par le préfet de Haute-Savoie alors que cette nouvelle infrastructure risque de se traduire par la disparition de 180 hectares de forêt, elle a précisé ne pas se prononcer sur le projet mais souligné la nécessité de « que la Tracc soit incluse dans tous les projets que nous finançons » de manière à s’assurer que ces projets dans lesquels sont investis de l’argent public seront « capables de s’adapter à un climat à +2°C en 2050 et +4°C en 2100 ». « Chaque euro investi doit tenir compte de cette nouvelle réalité climatique qui s’impose à nous, toutes les politiques publiques doivent désormais être conçues en tenant compte du changement climatique », a-t-elle martelé. Elle a précisé avoir demandé à tous les ministères d’expliquer comment leurs politiques vont leur permettre d’adapter les investissements qu’ils réalisent.
Elle a notamment évoqué les règles dans le secteur de la construction qui devront toutes désormais prendre en compte le nouveau climat et cité l’obligation d’installations de stores et de brasseurs d’air mais aussi de récupération des eaux pluviales dans les constructions neuves.
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Ne pas éclipser les efforts d’atténuation
Pour autant, elle a rappelé l’importance de « maintenir une trajectoire ambitieuse de baisse des émissions en remplaçant partout où c’est possible les énergies fossiles par l’électricité comme nous y invitent la stratégie nationale bas carbone et le plan d’électrification ». Les travaux autour de l’adaptation ne doivent pas éclipser ceux autour de l’atténuation sans quoi « les niveaux de réchauffement auxquels nous devrons nous adapter ne seront plus tenables ».
Monique Barbut a enfin redit son souhait que soit mise en place une diplomatie climatique plus ferme et à « nous préparer à adopter des postures plus agressives vis-à-vis de ceux de nos partenaires qui ont fait le choix de renier les trajectoires climatiques qu’ils s’étaient pourtant engagés à suivre » (lire notre article).
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Pour en savoir plus
Météo France – bilan climatique de l’été 2026
Météo France – replay de la conférence et infographies
Météo France – Canicule, pic ou vague de chaleur, quelles différences