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Publié le 19 juillet 2026

Rapport annuel du Haut Conseil pour le climat – Des politiques climatiques ambitieuses sont nécessaires pour garantir la stabilité économique, réduire les risques physiques et de transition 

Par : Sophie Sanchez

Modifié le : 19/07/2026
Réf . : 2026_07_02

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S’il est désormais inévitable qu’un niveau moyen de réchauffement de 1,5°C au niveau planétaire soit atteint d’ici quelques années, le Haut Conseil pour le climat, l’instance chargée d’évaluer la politique climatique de la France qui a publié le 9 juillet 2026 son huitième rapport annuel, souligne « qu’il reste possible de limiter le réchauffement [de la planète] nettement sous 2°C », à condition que les efforts de réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre soient suffisants.  

Une mise en œuvre complète des engagements des États (contributions déterminées au niveau national) permettrait d’abaisser les émissions mondiales de gaz à effet de serre en 2035 de 12 % par rapport à 2019, et de limiter le niveau de réchauffement vers 2,5°C d’ici 2100 (ce qui sous-entend toutefois qu’elles ne sont pas encore assez ambitieuses pour permettre de rester sous les 2°C). 

En ce qui concerne la France, le HCC relève « la sévérité croissante des impacts du changement climatique qui touchent les dimensions scolaires, sanitaires, agricoles, sociales, économiques et environnementales […] et révèlent aussi de multiples vulnérabilités des personnes, des infrastructures, des activités et des écosystèmes ».  

Les étés 2025-2026 montrent à quel point l’intensification des vagues de chaleur fait atteindre « des niveaux de température dangereux ». Limiter le réchauffement futur en réduisant les émissions de gaz à effet de serre est essentiel pour éviter « des risques intolérables et indéniables ». « Une économie carbonée, c’est-à-dire très émettrice, est une économie vulnérable aux fluctuations des prix des énergies fossiles et dans laquelle les coûts de santé sont élevés. C’est aussi une économie où les coûts des impacts des changements climatiques sont massifs », rappelle le HCC. Avant d’ajouter : « des politiques climatiques ambitieuses sont nécessaires pour garantir la stabilité économique. Elles seules permettront de réduire les risques physiques et les risques de transition. » 

Or en dépit de l’adoption ces derniers mois de nouvelles feuilles de route, dont la troisième Stratégie nationale bas carbone (SNBC 3) et de son pendant, la programmation pluri-annuelle de l’énergie (PPE 3), les politiques climatiques actuelles menées en France sont « insuffisantes » pour atteindre la neutralité carbone en 2050 et « pour éviter une forte aggravation des risques climatiques ». Aussi l’institution appelle le gouvernement à un « changement d’échelle dans l’ampleur, la portée et la vitesse de la mise en œuvre des actions d’adaptation au changement climatique » tout en poursuivant la mobilisation sur l’atténuation du changement climatique.  

« Nos infrastructures, notre aménagement du territoire, nos écosystèmes gérés, nos activités économiques, nos pratiques socioculturelles se sont développées ou ont été dimensionnées dans un climat qui n’existe plus », martèle le HCC. À l’inverse, les actions d’adaptation ont des bénéfices importants « bien au-delà des seules politiques climatiques », notamment en matière de santé en général et de santé au travail en particulier et de qualité de vie.  

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Niveau record de réchauffement planétaire 

Changement de température observé et réchauffement dû aux activités humaines – 8e rapport du Haut Conseil pour le climat (HCC), juillet 2026 

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En 2025, le niveau de réchauffement planétaire dû aux activités humaines a atteint 1,4°C par rapport la période pré-industrielle 1850-1900 et s’est poursuivi à un rythme rapide de +0,27°C au cours de la décennie 2016-2025, a précisé Valérie Masson-Delmotte, directrice de recherche CEA au laboratoire des Sciences du climat et de l’environnement de Paris Saclay, et membre du HCC et du Giec (Groupement d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) lors de la présentation du rapport aux parties prenantes le 10 juillet 2026. Il est désormais « inévitable » qu’un niveau moyen de réchauffement d’1,5°C au niveau planétaire soit atteint d’ici quelques années, prévient-elle au nom du HCC. 

Le bilan des dix ans de l’Accord de Paris sur le climat montre des premiers progrès : le rythme de hausse des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial a ralenti. Mais « cet infléchissement est tout à fait insuffisant » : « les progrès [accomplis en termes] de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont trop longs et trop limités ». De fait, les émissions au niveau mondial ont encore augmenté de

1,3en 2024 par rapport à 2023. « Le sixième rapport du Giec avait d’ailleurs réévalué à la hausse l’amplification des risques climatiques avec une forte augmentation dans les différentes régions du monde et notamment en Europe », souligne-t-elle.  

En outre, la variabilité naturelle du climat module d’une année à l’autre le réchauffement dû aux activités humaines, or un nouvel événement El Niño puissant a débuté et va amplifier l’ampleur du réchauffement observé sur la seconde moitié de 2026 et en 2027. 

Changement de température de la surface planétaire, projeté en fonctions d’estimations centrales ou hautes de l’effet des politiques climatiques actuelles et à l’inverse, de politiques climatiques plus ambitieuses – 8e rapport du Haut Conseil pour le climat (HCC), juillet 2026  

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Pour autant, le HCC souligne qu’« il reste possible de limiter le réchauffement nettement sous 2 degrés » sous réserve de « fournir très rapidement des efforts majeurs » en vue d’une réduction rapide et massive des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial. 

L’extrapolation du scénario des politiques actuelles déjà mises en œuvre, – sans tenir compte de la mise en œuvre des contributions déterminées nationalement (CDN), autrement dit des engagements de réduction des émissions déposés par les pays dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat -, conduirait à dépasser un niveau de réchauffement planétaire de +2°C d’ici 2050 et près de +3°C d’ici 2100. Et sur la base d’une extrapolation haute des politiques publiques actuelles, qui ne sont pas suffisantes vu les enjeux, le HCC prévient que « on ne peut pas exclure que le niveau de réchauffement atteigne +3,5°C en fin de siècle et, en cas de forte réponse du climat [autrement dit d’emballement], +4°C » 

Trajectoires des émissions de gaz à effet de serre selon différents scénarios et implications pour les niveaux de réchauffement planétaires à l’horizon 2100 – 8e rapport du Haut Conseil pour le climat (HCC), juillet 2026 

 

À l’inverse, la mise en œuvre complète des engagements des contributions déterminées nationalement (CDN) permettrait de ramener les émissions en 2035 à moins 12 % par rapport à 2019, ce qui permettrait de limiter le niveau de réchauffement vers 2,5°C d’ici 2100. 

En juillet 2025, la Cour internationale de justice a souligné les liens étroits entre la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour la protection du système climatique, la préservation des écosystèmes et la protection des droits humains fondamentaux, ce qui sous-tend les obligations des États vis-à-vis du changement climatique.  

Point positif, la décarbonation du secteur électrique s’accélère. En 2025, 43 % de l’électricité mondiale était produite à partir de sources renouvelables ou nucléaires décarbonées. L’électrification des usages a également beaucoup progressé : 26 % des véhicules neufs vendus dans le monde en 2025 étaient électriques, ce qui intègre les moteurs hybrides au sens de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). En revanche, l’intelligence artificielle crée une concurrence inédite pour les ressources électriques et pour les financements de la transition écologique.  

« Tant que les émissions mondiales de CO2 ne seront pas à zéro net, le climat continuera à se réchauffer et les vagues de chaleur à s’intensifier », prévient le HCC qui ajoute que « L’Union européenne, la France, peuvent mettre fin à leur contribution au réchauffement planétaire en réduisant leurs émissions de gaz à effet de serre jusqu’à zéro net. »   

 

Le HCC rappelle que le coût de l’inaction climatique est bien plus élevé que le coût de la transition. Selon « l’estimation modérée » du NGFS (Network of Central Banks and Supervisors for Greening the Financial System), le réseau des banques centrales et des autorités de surveillance pour la transition écologique du système financier, qui rassemble 152 entités, l’inaction pourrait coûter jusqu’à 30 %, voire 50 % du PIB mondial d’ici à 2100, contre un besoin d’investissement annuel additionnel de seulement 1 à 2 % du PIB d’ici à 2030 pour la décarbonation. Un écart considérable qui rend rationnel une décarbonation unilatérale des grandes économies.  

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Conflits militaires liés aux énergies fossiles 
Les énergies fossiles et leurs usages sont très largement à l’origine du changement climatique. Or elles sont liées à treize conflits militaires majeurs depuis 70 ans qui ont fait « des millions de victimes et des dommages économiques et environnementaux majeurs », souligne Jean-François Soussana, qui préside le HCC. L’invasion de l’Ukraine en 2022 et les guerres au Venezuela et au Proche-Orient en 2026, avec la fermeture du détroit d’Ormuz, sont les conflits les plus récents. 
Dans ce contexte, la volatilité des prix du pétrole brut et du gaz naturel est inédite, tandis que les budgets militaires ont connu leur hausse la plus rapide depuis la Seconde Guerre mondiale, à raison de +9,4% en 2024. Sortir des énergies fossiles grâce à la transition vers la neutralité carbone est essentiel pour réduire les risques économiques comme géopolitiques pour la souveraineté et la sécurité qu’entraîne cette dépendance, martèle-t-il. Pour autant, la transition écologique doit viser une autonomie stratégique pour les minéraux et les métaux critiques afin de ne pas reproduire une nouvelle forme de dépendance cette fois particulièrement à l’égard de la Chine. 
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Réchauffement plus rapide en France et en Europe  

Accélération du nombre de vagues de chaleur depuis les années 2000 –  8e rapport du Haut Conseil pour le climat (HCC), juillet 2026 / Météo France 

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Le réchauffement n’est pas homogène à la surface du globe et est particulièrement intense au-dessus des continents et en Europe, qui se réchauffe quasiment deux fois plus vite que la moyenne planétaire, a expliqué Valérie Masson-Delmotte lors de la présentation du rapport.  

Ainsi sur la dernière décennie, le réchauffement de l’Hexagone attribué aux activités humaines atteint +1,7°C par rapport au début du XXe siècle. Le réchauffement observé atteint désormais +2,2°C sur l’Hexagone et même +2,9°C en été. 2025 a été la quatrième année la plus chaude jamais enregistrée en France avec un jour sur deux au-dessus des normales de saison (moyennes 1991-2020) et dix fois plus de records de chaleur que de froid.  

Comme le rappelle Valérie Masson-Delmotte, l’augmentation de la fréquence, de l’intensité, de la durée des vagues de chaleur terrestres et marines, des sécheresses des sols, des conditions propices aux incendies les plus extrêmes sont une conséquence directe et attendue de l’accumulation de chaleur dans le système climatique due aux émissions de gaz à effet de serre.  

« Nous entrons dans une plage dangereuse, notamment parce que des températures dépassant 40 degrés, extrêmement rares au XXe siècle, touchent une large surface de l’Hexagone et se produisent de plus en plus fréquemment, notamment en 2025 et 2026 », prévient Valérie Masson-Delmotte.  

Conséquence directe du réchauffement, le cycle de l’eau devient plus intense et plus variable, avec une intensification des sécheresses et des pluies extrêmes. Des évènements remarquables de pluie intense ont ainsi affecté certains territoires d’outre-mer en 2025, une année également marquée par une sécheresse prolongée, notamment dans le nord de la France. Et en 2026, en dépit d’un record de pluviométrie au mois de février, un niveau exceptionnel de sécheresse est atteint en juillet 2026. Enfin, l’année 2025 avait enregistré un record d’alerte pour les incendies avec 30 000 hectares brûlés, dont l’incendie « hors normes » de l’Aude. 

Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (Tracc) et niveaux de réchauffement pour la France – 8e rapport du Haut Conseil pour le climat (HCC), juillet 2026 

 

Au vu de la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (Tracc), qui anticipe un réchauffement planétaire de +2°C d’ici 2050 et de +3°C d’ici 2100 (+4°C en France (*)), (lire notre article) et sans action climatique additionnelle, le nombre de jours de vagues de chaleur serait multiplié par 3 à l’horizon 2030, par 5 à l’horizon 2050 et par 10 à l’horizon 2100 sur une plage qui irait de mai à octobre, rappelle-t-elle.  

Dans ce contexte, le HCC préconise de « traiter la décarbonation comme un impératif propre, la marge restante en termes de budget carbone étant limitée » et souligne qu’il est possible de « décarboner l’Union européenne sans attendre l’universalité de tous les pays ». Il préconise aussi « l’adoption d’un signal prix carbone tout en intégrant la justice sociale, une condition essentielle pour la pérennité de l’action climatique » (voir plus loin). 

« Nous avons déjà un socle de politique climatique. Nous questionnons sa pleine effectivité et nous recommandons qu’il y ait des dimensions additionnelles dans les politiques climatiques afin de répondre à l’aggravation des impacts du changement climatique et à l’accélération nécessaire de la décarbonation », développe Jean-François Soussana, président du HCC et membre du Giec en tant qu’auteur principal depuis 1998.
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(*) D’après les projections des climatologues, la France, au même titre que le reste de l’Europe, devrait continuer à se réchauffer plus rapidement que la moyenne de la planète. Ainsi un réchauffement de + 3° C dans le monde correspond à une augmentation des températures de + 4° C en France. Dans ce cadre, pour la France hexagonale et la Corse, la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (Tracc) est fixée à + 2° C en 2030, + 2,7° C en 2050 et + 4° C à horizon 2100 par rapport à l’ère pré-industrielle, avec des valeurs spécifiques déterminées pour les Outre-mer.

La Tracc est-elle toujours pertinente ? 
Alors que l’intensification des vagues de chaleur fait atteindre des niveaux de température dangereux en France, la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (Tracc), qui anticipe un réchauffement planétaire de +2°C d’ici 2050 et de +3°C d’ici 2100 (+4°C en France), et ses conséquences pour les différentes régions françaises, peut sembler d’ores et déjà dépassée. 
De fait, le HCC fait une nouvelle recommandation, qui consiste à compléter le scénario central de la Tracc par un scénario plus pessimiste d’éventualités à haut risque, « malheureusement toujours plausible » avec un réchauffement bien au-dessus de +3°C en 2100 (et plus au-delà), pour réaliser des stress tests, notamment sur des infrastructures critiques, sur des secteurs importants. Une préconisation conforme à celle du European Advisory Board on Climate Change.
« Si on se focalise uniquement sur la Tracc [telle qu’elle est actuellement], on perd en robustesse dans les réponses d’adaptation que l’on met en œuvre », prévient le HCC, par exemple pour évaluer les impacts sur les littoraux que pourrait avoir l’élévation du niveau de la mer alors que la grande question qui préoccupe désormais les climatologues est la fonte de l’Antarctique au XXIe siècle. 
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Baisse des émissions françaises et politique climatique  

Rythmes de baisses interannuelles des émissions brutes depuis 2022 – Citepa, données Secten (pré-estimation pour l’année 2025)/8e rapport du Haut Conseil pour le climat (HCC), juillet 2026 

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Depuis 1990, la réduction des émissions de gaz à effet de serre territoriales de la France, en termes d’émissions brutes, a atteint 34 % et est alignée avec la moyenne de l’Union européenne qui a atteint 37 % de réduction sur la même période, la France partant d’un niveau d’émission par habitant moins élevé. 

Toutefois, en 2025, le rythme de baisse d’émissions a encore ralenti avec moins 2,1 % entre 2024 et 2025 contre moins 3 % d’après l’estimation consolidée du Citepa entre 2023 et 2024. En outre, les baisses d’émissions sont en partie causées par une baisse de l’activité économique – la moitié est due à un recul d’activité tendanciel dans l’industrie et dans l’élevage. Sur la baisse totale de 7,6 Mt eqCO2 en 2025, 3,2 Mt sont liées au secteur de l’industrie, avec la poursuite de la baisse de l’activité industrielle.  

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Réductions d’émissions prévues dans le projet final de SNBC 3 – 8e rapport du Haut Conseil pour le climat (HCC), juillet 2026 

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« Pour respecter le troisième budget carbone qui porte sur la période 2024-2028, le rythme de réduction des ém issions va devoir au moins doubler ces prochaines années pour atteindre en moyenne plus de 4 % par an en 2026, 2027 et 2028 », prévient le HCC. Or c’est une période qui sera marquée par un changement politique – le respect des prochains budgets carbone sectoriels demeurant très incertain.  

Les émissions importées dépassent les émissions territoriales 
Comparaison des dynamiques depuis 2010 entre émissions importées et émissions intérieures (hors exportations) –  8e rapport du Haut Conseil pour le climat (HCC), juillet 2026 Les émissions importées qui constituent la majorité de l’empreinte carbone de la France, dépassent les émissions territoriales (ou émissions produites sur le territoire) et elles baissent moins rapidement. Aussi le HCC préconise pour les réduire de « cibler les produits et les services les plus concernés – les combustibles fossiles, les matériaux de construction, les produits alimentaires et le numérique -, et de renforcer la maîtrise de la demande ». Quant aux transports internationaux, le HCC constate que les émissions de l’aérien international dépassent le niveau pré-Covid et s’éloignent de la trajectoire visée.

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Les leviers de baisse des émissions qui ont été mobilisés sont essentiellement des leviers technologiques – l’augmentation de l’intensité énergétique et l’évolution du mix énergétique – alors que d’autres leviers comme la réduction des émissions liées au logement, la sobriété dans les transports, les bâtiments, les régimes alimentaires, ont été très peu actionnés. Or ces leviers peuvent être mobilisés de manière croissante dans les années à venir tout comme « les solutions systémiques apportant des co-bénéfices [en termes de] climat, biodiversité, santé, et alimentation » 

De manière plus globale, le HCC constate que « le cadre juridique climatique en France a été renforcé et ancré sur le cadre européen mais que son effectivité reste incomplète. La mise en œuvre des normes souffre d’un manque de moyens financiers et administratifs, de dérogations nombreuses et d’une tendance récurrente à réduire la contrainte juridique dès lors qu’un sujet devient politiquement ou économiquement sensible ».  

À cet égard, alors que le puits de carbone s’est fortement dégradé, et notamment le puits de carbone forestier depuis 2015, en lien avec les impacts du changement climatique, la sécheresse ou les ravageurs,  le HCC déplore « une baisse des financements dédiés qui est incohérente avec l’ambition affichée. » 

« Le plan national de restauration de la nature[actuellement mis en concertation par le ministère de la Transition écologique et qui fait suite à l’adoption d’un Règlement européen sur la restauration de la nature le 27 février 2024 par le Parlement européen] permet une convergence des politiques climat et biodiversité et offre une opportunité de renforcer les synergies et l’alignement entre les politiques, mais n’est pas suffisamment aligné avec la SNBC 3. Des mesures synergiques, notamment sur les écosystèmes agricoles et les zones humides, ne sont que partiellement reprises dans le projet. Ce plan doit intégrer les territoires ultramarins riches en biodiversité et en stocks de carbone », préconise encore le HCC. 

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Aggravation et récurrence des impacts du changement climatique 

Le bilan 2025 établi par le HCC constate l’aggravation et la récurrence des impacts du changement climatique avec les décès attribuables à la chaleur, en nombre déjà très important, l’augmentation rapide de foyers locaux de transmission de maladies transmises par les virus, qui touchent la santé humaine et animale, ainsi que la dégradation de la santé forestière, du puits de carbone des forêts et les vagues de chaleur marines qui ont de lourds impacts sur la vie marine en Méditerranée et sur les récifs de coraux tropicaux. 

Aussi l’instance relève « le décalage entre les efforts d’adaptation mis en œuvre concrètement et la forte augmentation des besoins dans un climat qui change vite. La capacité à suivre les impacts est essentielle pour élaborer des stratégies d’adaptation tenant compte de ces vulnérabilités y compris pour des risques peu anticipés, notamment dans le cadre d’évènements climatiques ou en cascade. » 

« Pour contenir les impacts et la sinistralité future, – les systèmes d’indemnisation, de mutualisation, de pertes et dommages étant déjà fragilisés -, réduire les risques et améliorer les conditions de vie des Françaises et des Français, il est urgent de prioriser les actions d’adaptation et de changer d’échelle », martèle le HCC. « Nos infrastructures, notre aménagement du territoire, nos écosystèmes gérés, nos activités économiques, nos pratiques socioculturelles se sont développées ou ont été dimensionnées dans un climat qui n’existe plus ».  

Les actions d’adaptation ont des bénéfices importants bien au-delà des seules politiques climatiques, notamment en matière de santé, de santé au travail, de qualité de vie, et c’est notamment le cas des solutions fondées sur la nature, poursuit l’instance. Mais l’adaptation actuelle privilégie des réponses incrémentales, technologiques, qui traitent certains impacts tout en aggravant ou reportant les risques sur d’autres acteurs, ce qui présente un risque récurrent systémique de mal adaptation, notamment concernant la question de l’eau alors que des stratégies d’adaptation robustes consistent au contraire à réduire la dépendance à la ressource en eau pour éviter d’aggraver les tensions sur cette ressource. 

 

Chocs massifs pour le secteur agricole 
Le secteur agriculture – alimentation combine un ensemble de difficultés devenues majeures, comme le constate le HCC. Les canicules de mai et juin 2026 et celle de juillet se traduisent par la mortalité des troupeaux et la destruction de cultures. Les exploitants agricoles et les éleveurs ont déjà été confrontés ces dernières années à des maladies liées à la survie des insectes vecteurs en hiver, et à des tensions sur la ressource en eau. « Ce qui est très surprenant, c’est que la profession ne semble pas prioriser l’adaptation et la résilience de l’agriculture française au changement climatique, alors que depuis de nombreuses années, nous expliquons que le changement climatique risque d’engendrer des pertes économiques et met réellement en péril les exploitations agricoles fragiles », souligne le HCC.
Pour autant, l’instance souligne que la décarbonation de l’agriculture ne doit pas passer uniquement par la fermeture des exploitations agricoles ou d’élevage et la baisse du cheptel, comme c’est le cas actuellement, autrement dit une adaptation contrainte. Le HCC relève en parallèle que l’insécurité alimentaire touche pratiquement un tiers des Françaises et des Français, privés de l’accès à une alimentation équilibrée pour des raisons économiques. Aussi le HCC invite à agir à la fois sur l’aval du système alimentaire, y compris l’aide alimentaire, et sur l’amont avec l’adaptation au changement climatique et la décarbonation du secteur agricole.

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Prise en compte des vulnérabilités climatiques 

Les impacts des évènements climatiques deviennent de plus en plus graves pour la population et notamment pour les personnes les plus vulnérables : logements devenus des bouilloires thermiques, système de santé sous tension, bâti scolaire et universitaire inadapté, manque de lieux de fraîcheur ou d’aménagement urbain résilient.  

En outre, la dépendance aux énergies fossiles dans un contexte de tension géopolitique accrue pèse sur les budgets des ménages du fait du renchérissement du coût du carburant qui, dans le contexte de la fermeture du détroit d’Ormuz, représente une augmentation de 6 % pour les ménages les plus modestes et de 3 % pour les ménages aux revenus moyens.  

Dans ce contexte, le HCC précise qu’il est indispensable de « produire de la connaissance pour mieux documenter les vulnérabilités climatiques et pouvoir les prendre en compte dans les politiques publiques » sachant que ces vulnérabilités sont multidimensionnelles, complexes et leur diagnostic insuffisant. 

Une recommandation du HCC concerne spécifiquement l’adaptation à court terme aux vagues de chaleur, notamment le fait de s’assurer que le dispositif de communication en préparation aux vagues de chaleur soit diffusable dès le mois de mai jusqu’en septembre du fait de l’allongement de la plage d’occurrence des évènements chauds. 

Le HCC préconise également de renforcer le cadre réglementaire en santé au travail, notamment en utilisant des indicateurs composites de référence pour le stress thermique qui combinent température et humidité pour la détermination des seuils d’arrêt d’activité. Les vagues de chaleur provoquent de fait des stress thermiques très importants, ce qui augmente les risques professionnels. Certains métiers sont particulièrement exposés – les métiers de la construction, des travaux publics, l’industrie, l’agriculture -, mais également des métiers moins visibles mais tout autant concernés, comme les aides à domicile, les boulangers, les métiers de la réparation automobile, les techniciens industriels, les cuisiniers, l’armée, les pompiers, les policiers, les livreurs et également les enseignants. Sur la France hexagonale, 36 métiers sont extrêmement exposés à la chaleur, un chiffre qui atteint 50 dans les territoires ultramarins. 

Aussi le HCC recommande d’aller plus loin dans la réforme du droit du travail, d’utiliser notamment des indices qui prennent en compte à la fois les températures et l’humidité pour pouvoir identifier les seuils à partir desquels il sera important de tenir compte des conditions dans lesquelles le travail devient impossible et l’exposition à la chaleur dangereuse. 

En ce qui concerne spécifiquement l’enseignement, le HCC recommande de prendre en compte non seulement la dimension de risque sanitaire grave mais aussi le fait d’assurer des bonnes conditions d’apprentissage, qui peuvent être associées à des inégalités de réussite scolaire exacerbées. 

Il relève de manière générale le besoin d’augmenter la disponibilité et l’accessibilité générale de lieux publics, frais, rafraîchis, végétalisés, ventilés, de points de baignade surveillés, accessibles gratuitement en cas de forte chaleur. 

Il souligne aussi l’importance du retour d’expérience après la gestion de crise pour « une reconstruction plus résiliente ». 

Renforcer le cadre réglementaire pour les logements dangereux en cas de forte chaleur 
Pour protéger les publics vulnérables, le HCC souligne l’importance d’équiper les établissements de santé sociaux, médico-sociaux, les établissements scolaires, universitaires avec des espaces végétalisés, rafraîchis, ventilés, avec des volets, des ombrages, des ventilateurs de plafond, des brasseurs d’air, des réseaux de froid, et des dispositifs de climatisation fixe, en privilégiant les pompes à chaleur réversible. 
De manière générale, concernant l’urbanisme, le HCC préconise de renforcer le cadre réglementaire concernant les logements dangereux en cas de forte chaleur en intégrant des critères de décence liés aux températures élevées, en rendant obligatoire le confort d’été dans le diagnostic de performance énergétique (DPE), et en faisant évoluer les règles d’urbanisme liées à la protection du patrimoine qui limitent la pose de protections solaires (volets, ombrières, toitures réfléchissantes). 
Concernant la question de la généralisation de la climatisation, le HCC souligne que le sujet sous-jacent est l’accès aux solutions d’adaptation et de savoir s’il doit être régulé par les moyens financiers et par le marché ou pris en charge par les politiques publiques, l’aménagement des villes et les conditions dans lesquelles les publics sont reçus dans les établissements. « Une question qui dépasse très largement la seule acquisition d’un dispositif de climatisation ». Et d’ajouter que « la mal adaptation [aggravation des risques ou report vers d’autres acteurs] serait de généraliser la climatisation partout, sans réflexion sur l’impact de réchauffement local » engendré par ce type de mesure.  

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Financement de la transition 

Depuis 2015, comme le montre le rapport du HCC, les investissements publics et privés dans la transition ont augmenté de 50 % en euros constants. Mais depuis 2024, une baisse de 5 % de ceux-ci est observée, alors qu’un doublement des investissements dans la décarbonation serait nécessaire.  

« Il est très important de trouver comment relancer cette dynamique », explique le HCC tout en soulignant que « le budget n’est pas le seul outil et qu’il faut le combiner avec le signal prix carbone et la réglementation, en ayant toujours la préoccupation de la justice sociale. »

La France doit déposer son plan social pour le climat, un dispositif national visant à protéger les ménages et entreprises vulnérables face à l’augmentation des coûts liés à la tarification du carbone et qui permettra d’enclencher les fonds du second marché carbone, dont elle peut bénéficier pour la transition. Le HCC appelle, comme le Conseil d’État, à avoir une clarté mais surtout de la continuité sur la programmation pluriannuelle budgétaire des financements dans la transition écologique. L’instance préconise également de mobiliser l’épargne privée, dont le potentiel va être croissant – beaucoup de solutions technologiques arrivant à maturité comme le véhicule électrique.  

Côté entreprises, la règlementation peut permettre de s’assurer que « les entreprises qui produisent les solutions décarbonées les produisent réellement et les massifient » sachant, par exemple, que « les règlementations dans l’automobile ont favorisé l’essor des ventes de véhicules électriques qui, plus les contraintes augmentent, deviennent abordables en termes de prix ».  

Le HCC relève à cet égard que la Commission européenne a permis aux États de « sortir » des critères de Maastricht tous les investissements qui sont liés à des transactions énergétiques, voitures électriques, pistes cyclables, énergies renouvelables à hauteur de 0,6 % du PIB dans l’enveloppe également permise pour la mobilité des investissements militaires, ce qui est « assez substantiel » en termes d’investissement pour les prochaines années.  

À court terme, dans le projet de loi de Finances 2027, le HCC recommande : 

  •  de dimensionner le fonds vert(1) de façon à permettre aux collectivités locales de mettre en place les actions prioritaires d’adaptation ; 
  •  de renforcer l’intégration de la transition écologique dans la prochaine loi de programmation des finances publiques en cours de préparation ;  
  • de se donner les moyens d’identifier les ménages précaires énergétiquement, ceux qui sont très dépendants des énergies fossiles et qui sont contraints financièrement afin de pouvoir les accompagner.

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(1) Dispositif créé en 2023 et porté par le ministère en charge de la Transition écologique, le fonds d’accélération de la transition écologique dans les territoires, également appelé « fonds vert », aide les collectivités territoriales et leurs partenaires locaux à renforcer leur performance environnementale, adapter leur territoire au changement climatique et améliorer leur cadre de vie. 

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Pour en savoir plus

Huitième rapport annuel du Haut Conseil pour le Climat année 2026 

Ressources utiles sur le changement climatique | Météo-France

La trajectoire de réchauffement de référence (Tracc) vise à intégrer l’adaptation climatique dans l’ensemble des politiques publiques – Citepa

Adaptation Atténuation Bâtiments CCNUCC et Accord de Paris Energie Entreprises Environnement Santé