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Vers un renforcement du budget du Giec

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  • Publié le: 1 avril 2018
  • Date de mise à jour: 5 juin 2019
  • International

Du 13 au 16 mars 2018 à Paris, la 47e session plénière du GIEC [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat ou IPCC en anglais (IPCC-47)] a été essentiellement consacrée aux questions budgétaires et au renforcement pérenne de sa situation financière. Le GIEC est aujourd’hui “structurellement fragile” et ses perspectives ont été ébranlées par le revirement de la politique énergie-climat des Etats-Unis [45% du budget total du GIEC en 2015 (source : GIEC, annexe I, 2016)]. En 2017, le budget du GIEC s’élevait à 7,07 M€ alors que le total des contributions reçues des Gouvernements cette même année était de 4,4 M€ (source : GIEC, annexes 1 et 5, 12 mars 2018,).

La candidature de la France pour accueillir cette 47e session [approuvée par le GIEC à sa 46e session] était un des objectifs fixés par le Plan Climat national [publié le 6 juillet 2017 (lire notre article sur ce sujet)]. Cet accueil marque un soutien fort aux travaux du GIEC dans le contexte budgétaire fragile actuel de cette institution.  

Mobilisation des ressources et contributions des pays membres : le Secrétaire du GIEC a indiqué que 32,5 M€ sont
nécessaires pour la période 2018-2022. Concrétisant l’engagement du Président de la République pris lors de la COP-23 (lire notre dossier complet sur ce sujet) , le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a confirmé la hausse de la contribution de la France au budget du GIEC à hauteur de 1 M€ par an dès 2018 [contre 73 000 € en 2017 (source : GIEC, annexe I, 12 mars 2018)] et ce, jusqu’à la publication en 2022 du 6e rapport d’évaluation [AR6, en cours d’élaboration]. D’autres pays membres du GIEC ont également annoncé des contributions financières relevées par rapport à celles des dernières années.

L’UE a annoncé qu’elle compte faire passer les contributions annuelles de 4 M€ à 5 M€ en 2019. La Norvège a annoncé qu’elle a contribué à hauteur de 763 000 € pour l’exercice 2018 [560 000 € en 2017]. Le Luxembourg a annoncé une contribution de 15 000 € en 2018 [aucun soutien en 2017]. Le Japon a indiqué avoir soumis une proposition à son Parlement visant une hausse de 50% de sa contribution en 2018 [135 000 € en 2017]. Le Maroc, donateur pour la première fois, a contribué à hauteur de 12 500 € pour 2018 et a annoncé avoir l’intention de poursuivre ses contributions à l’avenir (sources : GIEC annexe I, 12 mars 2018 et IISD p.6, 19 mars 2018).

Par ailleurs, ce sont trois Etats membres de l’UE – France, Allemagne et Royaume-Uni – qui hébergent jusqu’en 2022 les unités de soutien technique des trois groupes de travail du GIEC [WG I: bases scientifiques (co-présidé par la climatologue française Valérie Masson-Delmotte) ; WG II: impacts, vulnérabilité, adaptation ; WG III: atténuation] et qui en assument les coûts de fonctionnement. 

Avec ce soutien financier, le GIEC devrait être en mesure de mener à bien ses travaux pendant toute la durée du 6e cycle qui s’achèvera en 2022. L’AR6 servira de base scientifique au premier bilan mondial qui aura lieu en 2023 conformément à
l’Accord de Paris
[article 14].

Rapport 1,5°C : les quelque 500 délégués du GIEC réunis à Paris ont également fait un point d’étape sur l’élaboration du rapport spécial consacré aux impacts d’une hausse des tempé-ratures moyennes mondiales de 1,5°C et aux trajectoires d’émission de gaz à effet de serre qui y sont associées [rapport dit SR 1,5°C (lire notre article sur ce sujet) , demandé par la COP-21 pour publication en 2018 (cf. décision 1/CP.21, paragraphe 21)]. La prochaine session plénière [1-7 octobre 2018] sera consacrée à l’adoption du rapport.

Alignement du cycle des rapports du GIEC sur celui de l’Accord de Paris : les délégués ont également mené une réflexion sur l’alignement des cycles des rapports d’évaluation du GIEC sur celui de l’Accord de Paris. Ainsi, à plus long terme, le GIEC devrait aligner tout ou partie de ses rapports d’évaluation pour pouvoir alimenter tous les cinq ans les bilans mondiaux [article 14 de l’Accord de Paris] (alors que son cycle de production actuel est de sept ans).

Lors de sa 46e session [6-10 septembre 2017 (lire notre article sur ce sujet)], le GIEC a décidé de créer un groupe de travail(Task Group), co-présidé par la France et le Mexique, pour jouer un rôle moteur dans les discussions sur l’alignement des travaux du GIEC sur les bilans mondiaux. Le GIEC a décidé que le mandat et le cahier des charges du groupe de travail seraient définis à l’IPCC-47.

Ainsi, le GIEC a adopté une décision [réf. IPCC-XLVII-8] fixant le mandat du groupe de travail rebaptisé “groupe de travail chargé de l’organisation des futurs travaux du GIEC dans le cadre du bilan mondial” (voir annexe I). Toutefois, le GIEC souligne que cet alignement nécessaire pourrait avoir des impacts importants en termes de financement et de rythme de travail, déjà très soutenu; d’où l’importance d’un soutien politique et financier fort des pays membres du GIEC.

Le GIEC, organe indispensable pour les inventaires de GES

Tous les pays du monde s’appuient sur le GIEC pour mettre en place des méthodes d’estimation des émissions de GES qui soient fiables et comparables [via les lignes directrices (Guidelines) pour les inventaires nationaux publiées par le GIEC en 1996, puis mises à jour en 2006. Ces dernières seront d’ailleurs affinées dans un supplément à paraître en 2019(5)]. A ce titre, le GIEC est un organe indispensable pour la transparence et la crédibilité des engagements de réduction des émissions de GES. Par exemple, l’inventaire national de la France est réalisé par le CITEPA conformément aux lignes directrices du GIEC.

Par ailleurs, le GIEC a publié d’autres rapports méthodologiques :

  • Recommandations et gestion des incertitudes dans les inventaires d’émission de GES (2000),
  • Guide des bonnes pratiques pour le secteur UTCATF (2003),
  • Méthodes supplémentaires révisées et recommandations pour l’estimation des émissions de GES pour la 2e période d’engagement du Protocole de Kyoto [2013-2020] (2013),
  • Supplément aux lignes directrices 2006 pour l’estimation des émissions de GES provenant des zones humides (2013).

Le CITEPA participe aussi à certains travaux du GIEC.

Enfin, en amont de cette 47e session, le 13 mars 2018, les délégués ont commémoré le 30e anniversaire du GIEC par une journée spéciale pour marquer l’occasion.

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