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Publié le 04 février 2026

L’Union européenne est sur la bonne voie pour réduire les effets de la pollution atmosphérique sur la santé de plus de 55 % d’ici à 2030 par rapport à 2005

Par : Sophie Sanchez

Modifié le : 04/02/2026
Réf . : 2026_02_02

Impacts de la pollution de l’air sur la santé – Source : Agence européenne pour l’environnement – image reprise dans l’étude Air Pollution in the European Union du Parlement européen

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Jessika Roswall, commissaire européenne chargée de l’environnement, de la résilience dans le domaine de l’eau et d’une économie circulaire compétitive

Investir dans l’air pur, c’est investir dans notre résilience et notre compétitivité. Les politiques visant à réduire la pollution atmosphérique ont généré des avantages qui l’emportent largement sur leurs coûts. Chaque euro dépensé pour de l’air pur génère au moins quatre fois plus d’avantages.

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L’évaluation de la directive relative aux engagements nationaux de réduction des émissions (NEC – National Emission Reduction Commitments), qui a été publiée le 1er décembre 2025, à l’occasion de la 5e édition du Forum européen sur l’air pur qui a eu lieu à Bonn, en Allemagne, confirme que celle-ci, combinée à d’autres politiques de l’Union européenne (UE) en matière d’air pur, réduit efficacement la pollution atmosphérique et soutient, entre autres, la réalisation des normes de qualité de l’air. Toutefois, des difficultés subsistent, étant donné que certains États membres ne sont pas en bonne voie pour atteindre tous les objectifs.

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Contexte

La directive sur les engagements nationaux en matière de réduction des émissions (directive NEC) fixe depuis 2016 des engagements de réduction en pourcentage pour les polluants atmosphériques pour chaque État membre, leur impose de mettre en place des politiques et des mesures visant à réduire les émissions de polluants atmosphériques et surveille les progrès accomplis. Son objectif est de réduire les émissions de polluants atmosphériques nocifs de manière coordonnée et rentable, en protégeant la santé, les écosystèmes et la qualité de vie dans l’ensemble de l’UE.

Ces polluants sont les particules fines (PM2,5), les oxydes d’azote (NOx), les composés organiques volatils non méthaniques (COVNM), le NH3 et le SO2. Les obligations de réduction actuelles s’appliquent de 2020 à 2029, tandis que des obligations plus strictes s’appliqueront à partir de 2030.

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Résultats

Au terme de l’évaluation, la direction générale de l’Environnement de la Commission européenne constate que les émissions des cinq principaux polluants atmosphériques – dioxyde de soufre (SO2), particules fines (PM2.5), oxydes d’azote (NOx), composés organiques volatils non méthaniques (COVNM) et ammoniac (NH3) – n’ont cessé de diminuer dans l’UE au cours de la période d’évaluation, tandis que l’économie a progressé. L’institution y voit « un découplage réussi entre l’activité économique et la pollution atmosphérique ».

Au cours des deux dernières décennies, les émissions de dioxyde de soufre ont connu la réduction la plus importante (- 85 % par rapport à 2005), tandis que les réductions d’ammoniac ont été plus modestes (– 17 %  au cours de la même période).

En 2023, les États membres avaient rempli plus de 90 % de leurs engagements en matière de réduction des émissions, 19 États membres remplissant les obligations correspondantes pour tous les polluants. La directive NEC a contribué à ces réalisations, aux côtés des directives sur la qualité de l’air ambiant, de la législation en matière de climat et d’énergie, des actions dans le domaine des transports et des règles en matière d’émissions industrielles, entre autres.

En outre, l’évaluation montre que les avantages de la politique en faveur de la qualité de l’air, dont la valeur est chiffrée à au moins 372 milliards d’euros sur la période 2016-2025, dépassent les coûts de réduction de la pollution dans un rapport d’au moins 4 pour 1.

« La politique de l’UE en matière de réduction de la pollution atmosphérique donne de bons résultats. La qualité de l’air s’est régulièrement améliorée au cours des dernières décennies, et l’UE est sur la bonne voie pour réduire les effets de la pollution atmosphérique sur la santé de plus de 55 % d’ici à 2030 par rapport à 2005 », se félicite Jessika Roswall, commissaire européenne chargée de l’environnement, de la résilience dans le domaine de l’eau et d’une économie circulaire compétitive.


19 États membres ont respecté les engagements de réduction des émissions fixés pour la période 2020-2029 pour les cinq principaux polluants atmosphériques 

L’Agence européenne pour l’Environnement (AEE) a publié, le 27 juin 2025, la quatrième évaluation des progrès des États membres pour respecter leurs engagements de réduction des émissions des cinq polluants atmosphériques sur la période 2020-2029 et ceux, plus stricts, pour la période à partir de 2030, fixés par la directive dite NEC-2. Cette évaluation est fondée sur les dernières données d’inventaire des émissions de polluants atmosphériques, jusqu’en 2023 inclus, telles que communiquées par les États membres en 2025.

État d’avancement, en 2023, de la réalisation des engagements de réduction des émissions pour 2020-2029 par polluant
  • NH3 : 21 États membres (dont la France) ont respecté leurs engagements en 2023, tandis que 6 États membres doivent encore réduire leurs émissions,
  • COVNM : 26 États membres (dont la France) ont respecté leurs engagements en 2023,
  • NOx : 26 États membres (dont la France) ont respecté leurs engagements en 2023,
  • PM2,5 : 26 États membres (dont la France) ont respecté leurs engagements en 2023,
  • SO2 : 26 États membres (dont la France) ont respecté leurs engagements en 2023.

 

Dans le tableau, l’AEE a réparti les États membres en cinq groupes :
  • les États membres dont les niveaux d’émission sont en dessous de leur engagement de réduction :
  • les États membres qui doivent réduire leurs émissions de moins de 10 % par rapport
    aux niveaux de 2020 : ● 
  • les États membres qui doivent réaliser des réductions comprises entre 10 et 30 % :
  • les États membres qui doivent réaliser des réductions comprises entre 30 et 50 % :
  • les États membres qui doivent réduire leurs émissions de 50 % ou plus :

 

Ces données indiquent que 19 États membres ont respecté les engagements de réduction des émissions fixés pour la période 2020-2029 pour les cinq principaux polluants atmosphériques.

En revanche, huit États membres n’ont pas respecté leurs engagements en matière de réduction des émissions pour au moins l’un d’entre eux.

En outre, six États membres n’ont pas respecté leurs engagements nationaux en matière de réduction des émissions de NH3 au point que depuis 2005, dans de nombreux États membres, les émissions de NH3 n’ont que légèrement diminué, voire augmenté dans certains cas. À cet égard, la Commission européenne souligne la nécessité de mettre en place des politiques plus efficaces pour cibler les émissions du secteur agricole, qui est la principale source d’émissions de NH3 dans l’UE. Les pratiques agricoles visant à réduire les émissions de NH3 comprennent l’amélioration des pratiques d’épandage d’engrais et de gestion du fumier, ainsi que l’optimisation de l’alimentation du bétail.

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Défis à venir et prochaines étapes

Pour autant, en dépit des progrès globaux, certains défis persistent, constate la direction générale de l’Environnement. Huit États membres ne respectent pas un ou plusieurs engagements de réduction qui devaient être respectés d’ici à 2020, et plusieurs pourraient avoir du mal à respecter leurs engagements pour 2030. Pour y parvenir, il faudra poursuivre les efforts et assurer une coordination étroite entre les domaines d’action afin d’assurer de nouvelles réductions des polluants atmosphériques.

En outre, 95 % des Européens urbains restent exposés à des concentrations de polluantsatmosphériques supérieures aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), selon la dernière évaluation de l’impact sanitaire de la qualité de l’air rendue publique le 1er décembre 2025 par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) (lire notre article).

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Pour en savoir plus

L’évaluation montre que la politique de l’UE en matière d’air pur fonctionne, mais que des efforts supplémentaires sont nécessaires – Direction Environnement – Commission européenne

Presque tous les habitants des villes européennes restent exposés à des niveaux de pollution atmosphérique bien supérieurs aux seuils recommandés par l’OMS – Citepa

Air – Environment – European Commission

Fifth EU Clean Air Forum (2025) – Environment – European Commission

Air pollution in Europe — 2025 reporting status under the National Emission reduction Commitments Directive | Publications | European Environment Agency (EEA)

Air pollution quick country facts | Air pollution country fact sheets 2025 | European Environment Agency (EEA)

Air Pollution in the European Union – European Parliament

Bilan de la qualité de l’air en France en 2024 : quatre polluants présentent des dépassements des normes réglementaires (NO2, PM10, O3, Ni) – Citepa

4e rapport « Perspectives en matière d’air pur » : 25 procédures en cours du fait de la mauvaise application des directives sur la qualité de l’air ambiant dans 16 États membres (Commission européenne) – Citepa

La directive européenne sur la qualité de l’air ambiant fixe des objectifs plus stricts pour plusieurs polluants – Citepa

La pollution atmosphérique reste le principal risque environnemental pour la santé des Européens avec plus de 350 000 décès imputables aux particules fines, à l’ozone et au dioxyde d’azote (AEE) – Citepa

Santé publique France (SPF) évalue l’impact de l’exposition à la pollution de l’air ambiant sur la survenue de maladies chroniques – Citepa

L’OMS publie ses nouvelles lignes directrices pour la qualité de l’air – Citepa

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