« Nous accompagnons l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est dans l’élaboration d’une feuille de route de réduction du méthane pour la région »
Par : Sophie Sanchez
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Fanny Joubert, experte inventaire et atténuation du changement climatique
© D.R.
▪ « Depuis mai 2025, nous accompagnons l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) pour les aider à établir la feuille de route (« roadmap ») de réduction des émissions de méthane.
Le méthane est un gaz à effet de serre très puissant : sur une période de 100 ans, son pouvoir de réchauffement est près de 28 fois supérieur à celui du CO₂. Même s’il reste moins longtemps dans l’atmosphère que le CO₂, son effet est tellement important qu’il est essentiel de réduire rapidement ses émissions pour limiter les impacts du changement climatique à court terme. Les options de réduction de méthane représentent aussi une opportunité pour l’ASEAN car elles soutiennent potentiellement le développement durable, la sécurité énergétique et des systèmes alimentaires résilients dans toute la région.
Aussi, nous avons travaillé sur les trois principaux grands secteurs émetteurs : l’agriculture (en particulier la riziculture et l’élevage), la production et de la consommation d’énergie (notamment le pétrole, le gaz et le charbon) et la gestion des déchets.
Dans un premier temps, il s’agissait de réaliser des modélisations pour chacun de ces secteurs, en utilisant les facteurs clé d’émissions pour chaque activité, et d’établir des projections des émissions pour chacun des dix pays étudiés et en fonction de différents scénarios. Dans ce cadre, nous avons créé un outil spécifique adapté à chaque pays ; outil qui a été présenté par la suite lors d’un atelier de formation qui portait sur la modélisation des émissions.
Puis dans un second temps, et à la demande du secrétariat de l’ASEAN, le projet a été redéfini pour se concentrer sur une « roadmap » intégrant une vision régionale, comprenant six stratégies alignées sur les priorités de l’ASEAN. Chaque stratégie est constituée d’un ensemble de trois à cinq actions plus opérationnelles. Nous avons aussi contribué à définir les premières briques du cadre d’implémentation de cette roadmap en clarifiant les rôles des différentes parties prenantes, les potentiels projets qui contribueront aux différentes stratégies, ainsi que les indicateurs de suivi de mise en œuvre de chaque action.
Tout au long de ce projet, nous avons su accompagner nos interlocuteurs au niveau technique comme au niveau opérationnel en prenant en compte l’ensemble des recommandations émises par les différentes parties prenantes, notamment le Secrétariat de l’ASEAN, ses organes sectoriels et groupes de travail, les points focaux des États membres ainsi que les centres de recherche ASEAN.
Deux ateliers de concertation et de renforcement de capacité ont été organisés dans le cadre de ce projet, l’un à Séoul et l’autre à Jakarta. Tous deux se sont déroulés dans une très bonne ambiance avec une bonne dynamique d’échanges et une participation active de l’ensemble des participants.»