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Publié le 15 juin 2026

Amélioration de la qualité de l’air en Europe : des mesures supplémentaires sont nécessaires pour respecter les limites fixées pour 2030 et lutter contre l’ozone troposphérique – AEE 

Par : Sophie Sanchez

Modifié le : 15/06/2026
Réf . : 2026_06_03

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Le rapport 2026 sur l’état de la qualité de l’air de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE)  (Air quality status in Europe 2026) rendu public le 30 avril 2026 présente les dernières données officielles sur les niveaux des principaux polluants atmosphériques en Europe. Il compare ces concentrations aux normes actuelles et à celles prévues pour 2030 par l’Union européenne (UE), ainsi qu’aux valeurs guides de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) fondées sur la protection de la santé humaine.

Au vu des données collectées et analysées pour 2024 et 2025, la plupart des stations de surveillance de la qualité de l’air en Europe respectent les normes légales actuelles de l’UE pour les particules fines (fixées à 5 µg/m3 pour les PM2,5) et le dioxyde d’azote (40 µg/m3 pour le NO₂), définies par la directive 2008/50/CE.

Toutefois, dans près de 20 % des stations de surveillance, la pollution atmosphérique dépasse toujours les normes actuelles de l’UE, en particulier pour l’ozone troposphérique (O₃) et le benzo[a]pyrène (5 µg/m3 pour le BaP).

Aussi l’AEE rappelle que les nouvelles normes de qualité de l’air applicables à partir de 2030 exigeront des États membres qu’ils maintiennent et renforcent les mesures pour lutter contre la pollution atmosphérique. Par ailleurs, dans la majorité de l’Europe, les niveaux de pollution restent supérieurs aux valeurs guides de l’OMS (lire notre article), établies pour protéger la santé humaine.

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Risques pour la santé et l’économie

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Pourcentage de stations de surveillance en 2024 dont les concentrations annuelles seront inférieures aux normes européennes applicables et aux valeurs indicatives de l’OMS – Source : AEE, avril 2026

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Au vu du rapport de l’AEE, qui couvre 39 pays(1), la pollution atmosphérique reste le principal risque environnemental pour la santé en Europe. Elle réduit la qualité de vie, provoque des maladies et entraîne des décès prématurés évitables.

Des réductions supplémentaires des polluants atmosphériques sont encore nécessaires pour respecter les normes actuelles de l’UE, ainsi que les nouvelles normes fixées pour 2030 dans le cadre de la directive révisée de l’UE 2024/2881 sur la qualité de l’air ambiant (lire notre article) qui renforce considérablement les normes de qualité de l’air, en les alignant davantage sur les recommandations de l’OMS.

Pour certains polluants, l’écart par rapport aux normes de 2030 est considérable, notamment pour les particules (PM) : en 2024, 30 % ou plus des stations de surveillance ont enregistré des concentrations de particules supérieures aux normes révisées, selon l’analyse de l’AEE.

Par ailleurs, pour la plupart des polluants, les concentrations restent bien supérieures aux valeurs guides de l’OMS en matière de qualité de l’air. Ainsi, plus de neuf Européens sur dix sont exposés à des concentrations de particules fines (PM2,5) et d’ozone troposphérique (O₃) supérieures à ces valeurs, en particulier dans les villes.

L’AEE rappelle que réduire la pollution atmosphérique permet de diminuer les impacts sur la santé et les coûts économiques associés, tels que les dépenses de santé, la baisse de productivité et l’absentéisme dus aux maladies liées à la pollution.

Pour atteindre les nouveaux objectifs, à partir de 2026, l’AEE prévient que les États membres devront mettre en œuvre des feuilles de route pour la qualité de l’air pour les polluants dont la concentration dépasse le niveau spécifié dans les normes révisées de 2030.

  • Le rapport de l’AEE couvre 39 pays dont les 27 États membres de l’UE, les 5 autres pays membres de l’AEE (Islande, Liechtenstein, Norvège, Suisse et Turquie), les 6 pays coopérants de l’AEE (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo* (sous la résolution 1244/99 du Conseil de sécurité de l’ONU), Monténégro, Macédoine du Nord et Serbie), ainsi que des données volontaires de l’Andorre.

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Une action nécessaire contre l’ozone troposphérique

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Formation de l’ozone : une chimie atmosphérique complexe – Source : AEE, avril 2026

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L’ozone troposphérique suscite une préoccupation particulière, selon une note distincte de l’AEE intitulée « Lutter contre la pollution par l’ozone troposphérique en Europe ». En effet, les niveaux d’ozone troposphérique n’ont pas diminué de manière significative en dépit de la réduction globale des émissions des principaux polluants précurseurs de l’ozone.

L’AEE rappelle que ce polluant complexe se forme dans la basse atmosphère lorsque la lumière du soleil déclenche des réactions photochimiques entre des polluants précurseurs, comme les oxydes d’azote (NOₓ) et les composés organiques volatils (COV). En conséquence, réduire les niveaux d’ozone est plus difficile que réduire les émissions des autres grands polluants atmosphériques.

Or l’AEE souligne que le changement climatique devrait aggraver la pollution par l’ozone en Europe en raison de l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des conditions météorologiques liées à la chaleur, qui favorisent la formation d’ozone.

L’ozone troposphérique est un oxydant puissant qui peut endommager à la fois la santé humaine et l’environnement. Les dernières données montrent que l’ozone a été responsable de 63000 décès dans l’UE en 2023, et de pertes économiques en raison des dégâts causés aux cultures. Il joue également un rôle important dans le changement climatique, car c’est un gaz à effet de serre (GES).

Ainsi les pertes de récoltes en 2023 dues à l’impact de l’ozone dans l’UE-27 ont été estimées à plus de 17 millions de tonnes de blé, ce qui correspond à environ 3,75 milliards d’euros en valeur. Les pertes de rendement relatives les plus élevées pour le blé cette année-là ont été estimées au Luxembourg (19,7 %), en Autriche (17,7 %), en Belgique (17,7 %) et en Tchéquie (16,9 %) ; elles ont dépassé 4 % dans 20 pays de l’UE.

Pour l’AEE, une action supplémentaire des États membres est nécessaire dans le cadre de la directive révisée de l’UE sur la qualité de l’air ambiant pour lutter contre la pollution par l’ozone. Cependant, les mesures prises au niveau national et local pourraient ne pas suffire. En effet, l’ozone et ses précurseurs peuvent parcourir de longues distances, ce qui signifie qu’une atténuation efficace dépend également d’une coopération européenne et internationale renforcée pour lutter contre la pollution transfrontalière.

Une meilleure compréhension du rôle des différents polluants clés qui composent l’ozone troposphérique permettrait d’identifier plus efficacement les meilleures solutions pour réduire ses niveaux.

Pour soutenir une planification plus efficace de la qualité de l’air, de nouveaux outils analytiques peuvent aider les villes et les pays à mieux comprendre les causes de la pollution par l’ozone. Un nouveau tableau de bord interactif intégré au visualiseur de la qualité de l’air dans les villes de l’AEE permet aux utilisateurs d’explorer les contributions sectorielles à l’ozone pendant la saison de pointe, sur la base des données de 2024. Parallèlement, des fiches pays pour l’UE-27 offrent une vue claire des niveaux, des tendances et des projections futures de l’ozone dans chaque État membre.

 

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Pour en savoir plus

Progress in improving Europe’s air quality, but further action needed to address 2030 limits, ground-level ozone | Press releases | European Environment Agency (EEA)

Qualité de l’air en Europe : progrès à consolider d’ici 2030 | Atmo France

Addressing ground-level ozone pollution in Europe | Publications | European Environment Agency (EEA)

Peak season ozone levels in European cities — sector contributions and cost of premature deaths | European Environment Agency (EEA)

European city air quality viewer | Air pollution | European Environment Agency (EEA)

Cadre international et européen de réduction de la pollution de l’air | Ministères Transition écologique, Aménagement du Territoire, Transports, Ville et Logement

Directive – 2008/50 – FR – EUR-Lex

Presque tous les habitants des villes européennes restent exposés à des niveaux de pollution atmosphérique bien supérieurs aux seuils recommandés par l’OMS – Citepa

Pollution de l’air en Europe : des mesures énergiques nécessaires pour respecter les engagements nationaux pour 2030 – AEE – Citepa

La pollution atmosphérique reste le principal risque environnemental pour la santé des Européens avec plus de 350 000 décès imputables aux particules fines, à l’ozone et au dioxyde d’azote (AEE) – Citepa

La directive européenne sur la qualité de l’air ambiant fixe des objectifs plus stricts pour plusieurs polluants – Citepa

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