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Journal de la COP-26 | Jour 5 : Programme de la cinquième journée

  • Réf. : 2021_11_a06
  • Publié le: 4 novembre 2021
  • Date de mise à jour: 4 novembre 2021
  • International

Pour le déroulement global et les enjeux de la Conférence de Glasgow sur le Climat, lire notre article.

 

Programme de la 5e journée – le 4 novembre 2021

 

La Présidence de la COP-26 consacre la journée du 4 novembre 2021 à l’énergie (Energy Day) après celle d’hier consacrée au financement (Finance Day) (voir vue d’ensemble du programme de la Présidence sur toute la durée de la Conférence).

En savoir plus

Programme du jour en détail (le programme de la journée indiquée est mis en ligne la veille au soir)

Programme de la Présidence (en détail)

 

 

Poursuite des négociations

Les cinq organes de la CCNUCC (COP, CMA, CMP, SBSTA et SBI) poursuivront les négociations formelles sur la base de leurs programmes de travail respectifs adoptés le 31 octobre 2021 (lire notre article).

 

Evénement spécial Giec-SBSTA : le 1er volume du 6e rapport d’évaluation (10h30-13h30)

Sous l’égide du Giec et du SBSTA, un événement spécial sur le décryptage des nouvelles connaissances scientifiques et des résultats clés du rapport du groupe de travail I du Giec (premier volume de son 6e rapport d’évaluation).

Lire le dossier de fond du Citepa qui synthétise les messages clés du résumé à l’intention des décideurs du premier volume du 6e rapport d’évaluation du Giec.

Page du site de la CCNUCC consacrée à cet événement

Suivre l’événement en direct ici

 

Au-delà du charbon – événement de la Présidence britannique (15h30-17h00)

Le charbon figure, avec le méthane, la déforestation et les voitures, parmi les quatre priorités de la Présidence britannique pour la COP-26 en dehors des négociations formelles. Une des devises clés d’Alok Sharma, le Président de la Conférence de Glasgow est « remisons le charbon à l’histoire » (« Let’s consign coal to history »), comme il l’a notamment souligné dans son discours à l’Unesco à Paris le 12 octobre 2021.

Voir les objectifs de la Présidence | Voir également l’objectif de l’accélération de la transition du charbon aux sources d’énergie propres.

 

A l’initiative de la Présidence britannique, un événement a lieu aujourd’hui le 4 novembre 2021 sur la sortie du charbon (« Powering the world past coal ») sous l’égide de l’Alliance pour la sortie du charbon (Powering Past Coal Alliance ou PPCA). Cette alliance a été lancée le lors de la COP-23, 16 novembre 2017, conjointement par le Canada et le Royaume-Uni, avec 17 autres Etats (dont la France).

 

En savoir plus sur l'Alliance pour la sortie du charbon

L’Alliance pour la sortie du charbon

La PPCA vise notamment à :

  • obtenir des engagements des Gouvernements et du secteur privé à éliminer progressivement les centrales à charbon existantes sans captage et stockage du CO2 (CSC),
  • encourager la mise en place d’un moratoire mondial sur la construction de nouvelles centrales à charbon sans mise en œuvre de CSC.

 

Aujourd’hui, la PPCA compte 165 membres :

  • 48 Etats (dont la France),
  • 48 administrations infranationales (villes, provinces, régions, Etats fédérés,…),
  • 69 organisations (essentiellement des entreprises, p. ex. EDF, Caisse des Dépôts.

 

Outre le fait qu’aucune échéance commune d’élimination n’a été fixée, les pays membres représentent une faible part de la consommation mondiale de charbon. En effet, avant le Sommet Action Climat du 23 septembre 2019, l’alliance ne comptait, aucun grand pays producteur et/ou consommateur de charbon [Allemagne, Australie, Chine, Inde, Pologne, Etats-Unis,…]. La PPCA a annoncé la veille de ce sommet, soit le 22 septembre 2019, que sept nouveaux membres l’avaient rejointe, dont la Slovaquie et l’Allemagne. Selon la PPCA, cette dernière est l’Etat membre de l’UE qui consomme la plus grande quantité de charbon. La capacité de production de ses centrales à charbon s’élève à 45 GW, soit le cinquième plus grand parc de production mondial et près d’un tiers de la capacité totale de production de l’UE (source : communiqué de la PPCA du 23 septembre 2019).

 

A noter par ailleurs ne font pas partie de la PPCA :

  • les 7 pays représentant 82% de la consommation mondiale de charbon en 2019 (Chine (53%), Inde (11%), USA (7%), Japon (3%), Russie (3%), Afrique du Sud (2%), Indonésie (2%)),
  • les 6 pays représentant 84% de la production mondiale de charbon en 2019 ( Chine (47%), Inde (10%), USA (8%), Indonésie (8%), Australie (6%), Russie (5%).

(source : AIE).

Dans le cadre d’une déclaration, des engagements sont fixés pour les membres de la PPCA :

  • les Gouvernements des Etats membres de l’Alliance s’engagent à éliminer progressivement, et selon leur propre calendrier, les centrales à charbon existantes sans captage et stockage du CO2 (CSC) et sur un moratoire mondial sur la construction de nouvelles centrales à charbon sans mise en œuvre de CSC
  • les entreprises et les administrations infranationales s’engagent à ne pas avoir recours au charbon pour produire de l’énergie.

Tous les membres s’engagent à soutenir la production d’électricité propre par le biais de leurs politiques (publiques ou d’entreprise, selon le cas) et de leurs investissements, et à limiter le financement de la production d’électricité à partir de charbon sans CSC. A noter donc que les membres de la PPCA ne s’engagent pas à mettre fin au financement de la construction de centrales à charbon sans mise en œuvre de CSC, mais à le limiter.

Pour mettre en oeuvre ces objectifs, les membres de la PPCA travaillent ensemble pour partager des exemples concrets et des bonnes pratiques afin de soutenir l’élimination progressive du charbon sans CSC, notamment par le biais du financement climat, pour adopter des initiatives pratiques afin de soutenir cette transition, notamment en développant des plans et des objectifs en matière d’énergies propres.

Selon une analyse de l’institut de recherche international Climate Analytics, l’élimination progressive du charbon doit intervenir au plus tard d’ici 2030 dans l’UE et les pays OCDE et au plus tard en 2050 dans les autres pays du monde.

 

La PPCA a tenu son premier sommet du 2 au 4 mars 2021. L’objet du sommet était de :

  • donner une impulsion forte, en amont de la COP-26, aux engagements internationaux et à la coopération internationale pour sortir du charbon,
  • réunir les décideurs des Gouvernements nationaux, des régions, des villes et du secteur privé (producteurs d’énergie et autres entreprises, banques et investisseurs), ONG,…,
  • partager les expériences et les meilleures pratiques sur l’élimination progressive du charbon via une transition juste,
  • débattre des possibilités et des pistes pour se mettre sur une trajectoire de sortie.

 

Une plénière de haut niveau a eu lieu le 2 mars 2021 et plusieurs sessions thématiques (ex. transition juste, mécanismes financiers pour soutenir la sortie du charbon) se sont déroulées en parallèle. Voir programme du sommet.

 

Lors de son intervention à ce sommet, le Secrétaire-Général de l’ONU (Antonio Guterres) a souligné :

  • que l’élimination du charbon du secteur de la production d’électricité constitue la mesure la plus importante pour se mettre sur une trajectoire pour respecter l’objectif de +1,5°C,
  • que cela signifie que le recours au charbon pour la production d’électricité doit baisser de 80% d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2010.

 

Il a donc appelé tous les Etats, les entreprises du secteur privé et les collectivités territoriales à mettre en œuvre trois mesures :

  • annuler tous les projets de construction de centrales au charbon : il a exhorté tous les pays OCDE à s’engager sur une sortie de charbon d’ici 2030 et tous les autres pays à le faire d’ici 2040 (soit 10 ans plus tôt que l’échéance préconisée par Climate Analyticsvoir plus haut). Il a demandé aux plus grands pays émetteurs de CO2 et consommateurs de charbon d’annoncer leurs plans d’élimination avant la COP-26. Il a appelé les pays G7 à donner l’exemple, en s’y engageant au sommet G7 de juin 2021,
  • mettre fin au financement international des centrales à charbon et orienter les investissements vers des projets d’énergies renouvelables,
  • lancer un effort mondial pour assurer une transition juste.

 

 

Vers la fin du financement de la construction des centrales à charbon à l’étranger : les engagements du G7 et G20 et des trois pays concernés

 

Le sommet du G7

Lors du Sommet des dirigeants du G7, qui s’est tenu du 11 au 13 juin 2021, à Carbis Bay, Cornouailles (sud-ouest de l’Angleterre), sous Présidence britannique, les dirigeants des sept pays les plus industrialisés (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) se sont engagés :

  • à éliminer progressivement le soutien public direct aux énergies fossiles à l’international [sans pour autant fixer d’échéance]. Jusqu’au Sommet des dirigeants sur le climat (22-23 avril 2021), trois pays finançaient encore la construction de centrales à charbon à l’étranger (Chine, Japon et Corée du Sud) (source : World Resources Institute). Lors de ce Sommet, la Corée du Sud s’est engagée à y mettre fin. Avec le Sommet G7, le Japon, à son tour, s’est engagé à en faire de même. Restait donc la Chine, seul pays au monde désormais à financer la construction de centrales à charbon à l’étranger (voir plus loin) ;
  • à mettre fin, d’ici fin 2021, au soutien public direct nouveau à la production d’électricité à base de charbon à l’international qui n’aurait pas recours aux techniques de CSC (y compris l’aide au développement international, le financement d’exportations, les investissements,…), conformément aux préconisations de l’AIE dans son scénario zéro émission nette 2050.

Voir la déclaration finale de 25 pages dont cinq consacrées au sujet “Climat et environnement” (voir paragraphes 37 à 43).

A noter enfin que tous les pays membres du G7 sauf le Japon et les Etats-Unis sont déjà membres de l’Alliance pour la sortie du charbon (PPCA).

 

L’annonce de la Chine lors de la 76e session de l’Assemblée générale de l’ONU

A l’occasion de la 76e session de l’Assemblée Générale des Nations Unies (UNGA-76), le 21 septembre 2021, le président chinois, Xi Jinping, a introduit, dans la partie consacrée à la transition écologique de son discours, une annonce majeure concernant ses activités d’export de centrales à charbon. Ainsi, Xi Jinping a déclaré que la Chine « ne construira plus de nouvelles centrales à charbon à l’étranger », sans toutefois préciser de calendrier.

La Chine n’avait jusqu’alors annoncé qu’un contrôle strict des projets de centrales au charbon, et une limitation de la hausse de la consommation de charbon dans son 14e plan quinquennal (2021-2025), puis une réduction progressive de la hausse de la consommation dans le 15e plan (2026-2030). La Chine est donc le dernier pays, après la Corée du Sud et le Japon, à s’engager à mettre fin au financement de la construction de centrales à charbon à l’étranger.

En savoir plus

Transcription du discours de Xi Jinping

Communiqué de l’ONU

Déclaration du Secrétaire-général de l’ONU

Journal de l’ONU : mardi 21 septembre 2021 (programme et discours)

 

Le sommet du G20

Lors du sommet du G20, à Rome sous Présidence italienne, les 30-31 octobre 2021, les 19 pays membres et l’UE se sont engagés à mettre fin, d’ici fin 2021, à la mise à disposition du financement public pour la construction de centrales à charbon à l’étranger sans CSC.

Voir déclaration finale du sommet (et notamment le paragraphe 28)

 

Vers l’élimination des subventions publiques aux combustibles fossiles ?  – Déclaration de Pittsburgh… en 2009

C’est le G20 qui avait fixé cet objectif (purement indicatif) pour la première fois en 2009 “à moyen terme” lors du sommet de Pittsburgh (Etats-Unis) les 24-25 septembre 2009 (voir déclaration § 24). Cet objectif a ensuite été repris trois fois par le G7 : 2014, 2015 (voir déclaration p.13) et 2016 (voir déclaration p.28), année où c’était la première fois que les dirigeants du G7 ont assorti cet objectif d’une échéance précise, à savoir 2025. Pendant les années de l’administration Trump aux Etats-Unis (2017-2020), cet engagement n’a pas été repris par les Sept mais lors du sommet du G7 du 11 au 13 juin 2021, le premier depuis l’élection du nouveau Président américain, Joe Biden, les dirigeants du G7 ont de nouveau collectivement réaffirmé leur engagement à éliminer les subventions inefficaces aux combustibles fossiles d’ici 2025 et appelé les autres pays à les rejoindre dans leur démarche.

Par ailleurs, dans un communiqué conjoint publié le 2 novembre 2021, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et l’Organisation de coopération et développement économiques (OCDE) ont déclaré que les pays devraient s’abstenir d’augmenter les aides publiques aux combustibles fossiles en réponse à la flambée mondiale des prix de l’énergie et aux conséquences économiques de la pandémie du Covid-19.

L’AIE et l’OCDE ajoutent que malgré l’engagement pris en 2009 par les pays du G20 de supprimer progressivement les subventions inefficaces aux combustibles fossiles, les grandes économies continuent de soutenir la production et la consommation de charbon, de pétrole et de gaz naturel à hauteur de centaines de milliards de dollars US chaque année, argent qui serait mieux utilisé à développer des alternatives bas carbone et à améliorer l’efficacité énergétique. En plus d’encourager la consommation de combustibles fossiles, les subventions aux combustibles fossiles sont un moyen inefficace de soutenir les ménages à faibles revenus par rapport aux avantages ciblés et tendent à favoriser les ménages plus riches qui utilisent plus de combustibles et d’énergie. En outre, le poids fiscal des subventions réduit la marge de manœuvre pour des actions politiques adéquates.

Les dernières données de l’OCDE et de l’AIE montrent que le soutien global des pouvoirs publics aux combustibles fossiles a diminué en 2020, mais ce résultat mécanique provient surtout de la baisse des prix des combustibles et de la demande suite à une accalmie de l’activité mondiale entraînée par la pandémie de COVID-19. Dans le climat actuel de hausse des prix de l’énergie, les subventions à la consommation devraient augmenter à nouveau en 2021, aidées par une reprise de l’activité économique. En effet, l’AIE estime que les subventions à la consommation vont plus que doubler en 2021 en raison de la hausse des prix des carburants et de la consommation d’énergie, associée à un manque de réformes de la tarification des combustibles fossiles.

Les aides publiques à la production et à la consommation de combustibles fossiles dans les grandes économies ont totalisé 351 milliards de $ US en 2020, soit une baisse de 29% par rapport à 2019, car les gouvernements ont moins dépensé pour subventionner les coûts énergétiques des consommateurs en raison d’une baisse de l’activité mondiale et des prix du pétrole au plus bas, selon les dernières données de l’OCDE et de l’AIE. Le secteur des transports a connu à lui seul une baisse de 15% des aides en raison de la chute de la consommation de carburant due aux restrictions de mobilité pendant la pandémie, selon les données de l’OCDE. Le pétrole a connu la plus forte baisse en 2020, avec un soutien ayant diminué de 19% par rapport à 2019.

En ce qui concerne la production, les données montrent une augmentation de 5% du soutien direct à la production de combustibles fossiles dans 50 économies avancées et émergentes, une partie de ce soutien étant le résultat d’importantes aides apportées par les gouvernements à des compagnies pétrolières et électriques publiques. Si ce soutien devait persister au-delà du financement d’urgence lié à la COVID, il ferait partie d’un paysage politique structurel qui doit changer pour éliminer progressivement le soutien aux combustibles fossiles.

L’OCDE et l’AIE produisent des bases de données complémentaires qui fournissent des estimations des différentes formes de soutien public aux combustibles fossiles dans 81 grandes économies. Ces données sont combinées aux estimations du FMI dans un outil interactif de suivi des subventions aux combustibles fossiles produit par l’OCDE en partenariat avec l’Institut International du Développement Durable (IISD).

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