La Commission européenne veut préparer les Vingt-Sept à un réchauffement de +3°C d’ici à 2100 et chiffre les efforts d’adaptation à consentir à 70 milliards d’euros par an
Par : Sophie Sanchez
[

© Istock, Wirestock
[
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne
L’Europe se réchauffe deux fois plus vite que la planète. Pour devenir véritablement résilients face au changement climatique, nous devons nous adapter. Nous veillons à ce que la résilience au changement climatique soit incluse dans les politiques menées sur l’ensemble du continent.
Wopke Hoekstra, commissaire européen au climat, à la neutralité carbone et à la croissance propre
La compétitivité future de l’Europe dépend de notre capacité à anticiper le changement climatique et à nous y préparer. Notre société et notre économie doivent devenir « résilientes dès la conception » [sans quoi] nous risquons une catastrophe par défaut. Chaque euro investi dans la résilience aujourd’hui contribue à protéger les emplois, les entreprises et les moyens de subsistance de demain.
Teresa Ribera, vice-présidente de la Commission européenne chargée de la transition écologique
Le cadre pour la résilience climatique renforcera la préparation, clarifiera les responsabilités et dotera les pouvoirs publics, les entreprises et les communautés d’outils pratiques pour agir, en accordant une attention particulière aux plus vulnérables.
Alors que le changement climatique a des incidences de plus en fortes sur les citoyens, les entreprises et les infrastructures et génère des risques croissants pour la résilience économique de l’Europe, la Commission européenne a présenté le 27 octobre un cadre européen pour la résilience climatique qui imposera une base commune pour la gestion des risques climatiques aux vingt-sept pays membres de l’Union européenne (UE) afin de « renforcer la capacité de l’Europe à anticiper les risques climatiques, à s’y préparer et à les gérer » et, ce faisant, « aider les États membres, les régions et les communautés locales à mieux s’adapter aux phénomènes climatiques extrêmes ». Bruxelles estime les besoins annuels d’investissement de l’UE pour la résilience et l’adaptation au changement climatique à 70 milliards d’euros par an.
La Commission européenne prend acte de l’évolution des trajectoires d’émissions mondiales de gaz à effet de serre, dont l’infléchissement est insuffisant. Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) qui a publié le 21 octobre son traditionnel Emissions Gap Report, les politiques climatiques actuelles mèneront à un réchauffement de +2,6°C à +3,1°C d’ici à la fin du siècle en l’état actuel des engagements des différents États membres à l’Accord de Paris (contributions déterminées au niveau national – CDN en français, NDC en anglais).
Pour autant, l’exécutif européen dit rester mobilisé sur les objectifs de décarbonation et réaffirme le principe selon lequel « l’atténuation [du changement climatique] et l’adaptation [au changement climatique] doivent progresser ensemble ». « Nous devons d’un côté, faire tout ce que nous pouvons pour rester le plus proches de 1,5 °C (…). Et de l’autre, nous préparer sans attendre » à une trajectoire thermique supérieure, a précisé à cet égard le commissaire européen au Climat, Wopke Hoekstra.
- Les impacts du changement climatique sont déjà très lourds pour l’Union européenne avec plus de 50 000 décès liés à la chaleur durant l’été 2026 et des pertes économiques estimées à 50 milliards d’euros par an selon les données de la Commission européenne
- Le changement climatique peut affecter et compromettre la mise en œuvre et l’efficacité des politiques de l’UE dans de nombreux domaines
- La Commission estime les besoins annuels d’investissement de l’UE pour la résilience et l’adaptation au changement climatique à 70 milliards d’euros par an, sachant que les investissements réalisés à ce titre peuvent atteindre plus de 10 fois leur valeur en pertes et dommages évités
[
Des incidences et dommages croissants sur le continent européen en raison du changement climatique
Les conséquences du changement climatique sont de plus en plus marquées sur le continent européen comme l’a montré l’été 2026 avec des vagues de chaleur et des sécheresses prolongées qui ont entraîné plus de 50 000 décès dans les villes d’Europe selon une étude publiée le 23 octobre dans la revue Nature Health, alimenté de dangereux incendies de forêt et conduit des fleuves et cours d’eau à des niveaux d’eau historiquement bas dont le Rhin et le Danube. Au cours des dernières années, plusieurs Etats-membres de l’UE ont subi également des inondations dévastatrices.
De fait, le changement climatique affecte la santé, la sécurité, les moyens de subsistance et la qualité de vie des personnes chez elles et sur leur lieu de travail, comme le souligne la Commission. Les conditions météorologiques extrêmes peuvent également causer des dommages directs, perturber les services essentiels et compromettre le fonctionnement des infrastructures critiques. La chaleur extrême, les inondations, les sécheresses et les incendies de forêt peuvent en effet dégrader les capacités de production agricole, endommager les infrastructures et les actifs productifs, perturber les systèmes d’énergie et de transport, interrompre les chaînes d’approvisionnement, compromettre la continuité des activités et accroître la pression sur les finances publiques et les services d’urgence, comme le décrit l’instance européenne.
Autant d’incidences nuisibles pour l’investissement, la productivité et la compétitivité à long terme des entreprises européennes : les pertes économiques dues aux dommages climatiques sont déjà très conséquentes et atteignent, de même source, « selon les estimations environ 200 milliards d’euros entre 2022 et 2025, soit 50 milliards d’euros par an ». Selon Allianz Research, le stress thermique peut avoir en outre un impact considérable sur la productivité du travail. Si les cinq années les plus chaudes de chaque pays entre 2014 et 2024 devaient se reproduire entre 2026 et 2030, les pertes cumulées de PIB pourraient atteindre entre 5 % et 7 % pour les économies les plus exposées. La France, l’Italie, l’Allemagne et l’Espagne pourraient chacune perdre entre 120 et 240 milliards de dollars.
Or le dépassement du seuil central de température défini par l’Accord de Paris (1,5°C) est désormais inévitable au vu des données scientifiques actuelles.
Un « changement systémique » et « une approche plus proactive » avec l’obligation de publier des plans nationaux d’adaptation
Dans ce contexte, la Commission européenne veut opérer avec le cadre européen de résilience climatique qui combine une proposition de loi européenne sur la résilience au changement climatique avec des outils pratiques et des mesures de soutien, « un changement systémique » et adopter une « approche plus proactive [qui] intégrera la résilience climatique dès la conception [climate-resilience-by-design principle] dans l’ensemble des politiques de l’UE et dans tous les grands domaines d’action, tant nationaux qu’internationaux ». L’enjeu est de préserver « la compétitivité, la sécurité, la santé et la prospérité de l’Europe ». À noter, l’adaptation a longtemps été présentée comme un enjeu qui concernait avant tout les pays en développement, la démarche lancée par la Commission montre à quel point l’UE est rattrapée par les impacts du changement climatique.
C’est pourquoi « le cadre établit une base commune pour la gestion des risques climatiques dans l’Union et impose aux autorités nationales l’obligation de publier des plans nationaux » d’adaptation. (« The Framework establishes a common basis for managing climate risks in the Union and obligations for national authorities to publish national plans »).
- Concrètement, ces plans seront « étayés par une trajectoire de référence commune pour le changement climatique alignée sur les données scientifiques actuelles » (réchauffement de 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels d’ici à 2030, de 2°C d’ici à 2050 et de 3°C d’ici à 2100), qui s’inspirerait de la Tracc déjà adoptée en France (lire notre article). Cette trajectoire fournira « une hypothèse de référence commune » par rapport à laquelle les États membres pourront évaluer les risques climatiques futurs lorsqu’ils prennent des décisions, précise Bruxelles. Ce faisant, l’instance européenne semble marquer une rupture, ou en tout cas une inflexion par rapport aux cadres réglementaires qu’elle suivait jusqu’ici, qui s’appuyaient exclusivement sur le respect strict des plafonds de température de l’Accord de Paris.
- En outre, le cadre pour la résilience climatique introduit « des exigences de planification stratégique plus claires et des informations plus accessibles sur les aléas climatiques et les solutions d’adaptation », fait valoir la Commission. Objectif, « aider les pouvoirs publics, les entreprises et les autres parties prenantes à identifier et traiter les risques climatiques en amont dans les décisions de planification et d’investissement et à prendre des décisions en meilleure connaissance de cause ».
- Ainsi, un nouveau plan stratégique unique « permettra d’améliorer la cohérence et de soutenir un suivi des progrès plus cohérent et comparable dans le cadre de la loi européenne sur le climat » tout en permettant également aux États membres de « mieux comprendre et comparer leurs plans respectifs, ce qui profitera en particulier [à ceux] qui partagent des frontières et des risques climatiques similaires », promet la Commission. Une planification tenant compte du climat peut en effet aider à identifier les vulnérabilités des réseaux énergétiques, des systèmes d’approvisionnement en eau, des infrastructures de transport et de la production agricole, ainsi que les interdépendances entre eux.
- Des évaluations améliorées et plus régulières des risques climatiques garantiront également la cohérence et la comparabilité entre les évaluations de l’UE et les évaluations nationales. Pour autant, la Commission assure que la loi sur la résilience au changement climatique améliorera l’efficacité et réduira la charge administrative des États membres, « sans introduire de contrôles supplémentaires ».
- Afin d’améliorer la cohérence dans toute l’Europe sans imposer un modèle unique, « Le cadre pour la résilience climatique établit une base commune pour la gestion des risques climatiques tout en laissant aux autorités nationales, régionales et locales une marge de manœuvre pour déterminer les mesures les plus appropriées. » Vu que les risques climatiques varient d’un État membre, d’une région et d’une communauté à l’autre, et que les mesures nécessaires pour y faire face doivent tenir compte de ces différences, les pouvoirs publics conserveront « la flexibilité dont ils ont besoin pour choisir les solutions les mieux adaptées à leurs risques, circonstances et priorités spécifiques ».
- En termes de financements, l’instance européenne estime les besoins annuels d’investissement pour assurer la résilience et l’adaptation au changement climatique de l’UE à 70 milliards d’euros par an, tout en soulignant que le rendement des investissements dans ce domaine peut atteindre plus de 10 fois leur valeur en pertes et dommages évités.
Des informations harmonisées et plus accessibles sur les aléas climatiques et les solutions d’adaptation
Le nouveau cadre améliorera également l’accès à des informations harmonisées sur le climat et à des solutions pratiques d’adaptation grâce des outils numériques « qui aideront les autorités à identifier les dangers auxquels elles sont confrontées, à évaluer les vulnérabilités et à déterminer les domaines dans lesquels il est le plus urgent d’agir ».
Les trois outils sont :
- La visionneuse européenne du climat – European Climate Viewer -, développée par le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT), est une carte interactive des aléas climatiques projetés qui aidera les utilisateurs à comprendre ce que la trajectoire de réchauffement partagée signifie pour différentes parties de l’Europe pour différentes périodes, lieux et secteurs. Cet outil s’appuie sur « les informations les plus récentes » du service Copernicus sur le changement climatique et évoluera au fur et à mesure que des données et des fonctionnalités supplémentaires seront disponibles. Grâce à l’initiative Destination Terre de la Commission européenne qui vise à développer un jumeau numérique de la planète afin de modéliser, surveiller et simuler les phénomènes naturels, les aléas et les activités humaines qui y sont liés, « cette visionneuse européenne évoluera pour intégrer des capacités de supercalcul et des informations climatiques plus complètes ».
- Le guide des outils de résilience climatique – Navigator of Climate Resilience Tools -, développé par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) est un référentiel central d’outils de résilience climatique ayant fait l’objet d’une évaluation de la qualité, qui aide les pouvoirs publics à naviguer dans les solutions disponibles et à choisir celles qui sont les plus pertinentes pour leurs territoires, leurs besoins sectoriels et leurs vulnérabilités climatiques.
- L’explorateur de solutions – Mission Solutions Explorer – est une plateforme présentant des solutions d’adaptation pratiques éprouvées par des régions, des villes et des communautés de tout le continent qui ont participé à des projets dans le cadre de la mission de l’Union européenne sur l’adaptation au changement climatique. Les utilisateurs peuvent filtrer les solutions par danger, secteur ou emplacement, et en apprendre davantage sur les avantages connexes, les parties prenantes impliquées, les possibilités de financement disponibles et le potentiel de reproduction et de mise à l’échelle.
L’instance européenne précise que les ressources et les actions introduites par le cadre sur la résilience climatique seront complétées par les instruments de financement déjà existants et les programmes d’investissement de l’UE, les services climatiques et d’autres initiatives d’adaptation visant à soutenir l’action locale et régionale.
Mobiliser davantage les capitaux privés et favoriser l’innovation en faveur de la résilience au changement climatique
L’instance européenne estime que les finances publiques « devraient servir » de catalyseur pour mobiliser davantage de capitaux privés en faveur de la résilience au changement climatique. La Commission précise à cet égard qu’elle « travaillera en étroite collaboration avec les organismes internationaux et européens pour soutenir cet objectif et veiller à ce que les décisions d’investissement tiennent mieux compte des risques liés au climat ».
De même, elle aidera les entreprises, au moyen d’orientations et d’autres formes d’assistance pratique, à intégrer les risques climatiques dans leurs plans de résilience au changement climatique. C’est pourquoi le cadre proposé par Bruxelles « prévoit un certain nombre de mesures habilitantes permettant aux États membres de soutenir les entreprises qui investissent dans des projets de résilience au changement climatique », par exemple au moyen de mesures fiscales ou d’aides d’État, ce qui semble là aussi marquer une rupture par rapport aux doctrines précédentes qui combattaient plutôt ce type d’aides.
A cet égard et en complément du plan annoncé par Bruxelles, la Banque européenne d’investissement qui a présenté le 22 octobre son plan d’adaptation au changement climatique, prévoit de doubler son financement dans la résilience pour le porter à au moins 30 milliards d’euros d’ici à 2030.
Autre « élément crucial de cette équation » pour mieux gérer les risques climatiques, la mise en place d’une alliance pour l’assurance climatique afin d’étudier des solutions pour réduire le déficit de protection en matière d’assurance en cas de catastrophes naturelles, encourager la prévention des risques et garantir une capacité d’assurance adéquate. L’instance européenne y voit un moyen d’alléger la pression sur les finances publiques et de libérer des ressources pour d’autres mesures préventives.
Bruxelles souligne également que « L’innovation peut contribuer à atténuer les effets dévastateurs [du changement climatique] tout en ouvrant des perspectives économiques » et met en avant le rôle crucial des entreprises pour « développer l’industrie européenne de la résilience ».
La demande de produits, de technologies et de services liés à la résilience au changement climatique augmente rapidement au sein de l’UE et à l’étranger, créant de nouveaux marchés et de nouvelles possibilités d’exportation pour les entreprises et les innovateurs de l’UE au point que le marché mondial des solutions d’adaptation au changement climatique devrait, selon la Commission, quadrupler pour atteindre 3500 milliards d’euros d’ici à 2050. Bruxelles y voit pour les entreprises européennes une opportunité « d’innover, de prospérer » et de prendre le « lead technologique dans ce domaine ».
La Commission rappelle que des initiatives, telles que le Fonds social pour le climat, encouragent déjà les investissements dans les technologies de résilience au changement climatique afin de soutenir les plus vulnérables tandis que la récente proposition de révision de la directive sur les marchés publics inclura la résilience au changement climatique en tant que critère de qualité pour les acheteurs publics.
Identifier les territoires vulnérables et favoriser la « résilience juste »
Les personnes en situation de vulnérabilité pouvant être davantage exposées et disposer de moins de ressources pour se préparer, se rétablir ou s’adapter, le cadre de résilience climatique introduit le concept de « résilience juste », conformément à l’esprit de l’Accord de Paris, qui fait référence tout à la fois à la résilience et à la justice climatiques, afin de veiller à ce que ces différences soient prises en compte dans la gestion des risques climatiques.
Aussi la Commission européenne prévoit également :
- le recensement des 100 territoires européens les plus vulnérables au changement climatique, afin de favoriser une identification précoce des risques climatiques et la prise de mesures de protection ciblées ;
- un plan européen intégré en matière de vagues de chaleur afin de renforcer la préparation de l’UE aux effets de la chaleur sur la santé, en particulier sur les groupes vulnérables et les systèmes de santé de l’UE ;
- un groupe consultatif PreparEU sur la préparation aux catastrophes.
Compte tenu de l’impact thermique des bassins hydrographiques de l’UE, la Commission présentera également une nouvelle initiative européenne dans le domaine de l’eau axée sur l’utilisation rationnelle et la réutilisation de l’eau, la sécheresse et la résilience aux inondations, et publiera de nouvelles orientations sur la gestion des risques de sécheresse et les indicateurs de sécheresse avant la fin de l’année 2026.
Ces initiatives sont en cours d’élaboration par la Commission et seront présentées séparément sachant qu’elle « commencera immédiatement à mettre en œuvre le cadre » de résilience climatique lui-même. La Commission indique qu’elle proposera également, sans plus de précisions, un plan stratégique de l’UE sur la résilience au changement climatique en 2028, – dont on comprend qu’il viendra compléter le dispositif mis en place et les plans nationaux -, « afin de garantir une action rapide et décisive au niveau de l’UE ».
Un cadre qui vient compléter la coopération internationale en matière d’adaptation et de financement de la lutte contre le changement climatique
La Commission européenne précise que « le cadre de résilience climatique s’appuie avant tout sur l’Accord de Paris et sur les engagements internationaux et européens existants ». Elle assure qu’il « reflète le principe selon lequel l’atténuation et l’adaptation doivent progresser ensemble : les réductions des émissions mondiales sont essentielles pour limiter les risques climatiques futurs, tandis que l’adaptation est nécessaire pour gérer les impacts qui se produisent déjà et pour les prévenir ».
L’instance ajoute que grâce à des partenariats spécifiques en matière de résilience au changement climatique, l’UE vise également à nouer de nouvelles relations bilatérales avec des pays tiers et à renforcer celles qui existent déjà, ainsi qu’à renforcer la coopération avec les organisations régionales et d’autres parties prenantes, afin de promouvoir la résilience au changement climatique à l’échelle mondiale et l’adoption plus large de solutions d’adaptation.
[
[
Pour en savoir plus
Information – Protéger l’Europe en renforçant sa résilience au changement climatique
Questions et réponses sur le cadre de l’UE pour la résilience au changement climatique
EEA welcomes the Climate Resilience Framework and launches new tools to help Europe prepare
Outil européen de visualisation du climat
Navigateur des outils de résilience au changement climatique
Présentation de la mission de l’UE : adaptation au changement climatique