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Adaptation CCNUCC et Accord de Paris
Publié le 05 novembre 2026

Guide des négociations pour mieux comprendre les enjeux de la COP-31 sur le sujet de l’adaptation

Par : Mark Tuddenham

Modifié le : 06/11/2026
Réf . : 2026_11_03

 

Adaptation

L’essentiel des enjeux

En amont de la Conférence de l’ONU sur le Climat, qui se tient du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya, Turquie, le Citepa vous propose un guide pour mieux comprendre où en étaient restées, avant l’ouverture de la cette conférence, les négociations sur le sujet de l’adaptation, et plus précisément sur les différents volets clés de ce sujet. Ce guide, qui se veut un document de référence, reprend l’historique des négociations sur ce sujet – depuis la COP-21 pour les volets majeurs – pour permettre aux lecteurs de mieux comprendre les enjeux actuels dudit sujet. L’article met en exergue notamment les étapes clés des négociations depuis 2015, les avancées réalisées, ainsi que les principaux problèmes rencontrés.

Concrètement, ce guide porte sur les volets suivants du sujet de l’adaptation :

  • L’objectif mondial sur l’adaptation et les indicateurs de suivi ;
  • Vers la formalisation d’un nouvel objectif de financement de l’adaptation post-2025 ;
  • Plans nationaux d’adaptation ;
  • Le fonds d’adaptation.

 

Suivi des négociations de la COP-31 – Adaptation

en ligne à partir du 9/11

 

Déroulement Glossaire Agenda

 

Autres thématiques

 


Sommaire

 

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Objectif mondial en matière d’adaptation et les indicateurs de suivi

Contexte

Le sujet de l’adaptation est désormais placé sur le même rang d’importance que l’atténuation depuis l’Accord de Paris.

L’article 7.1 de l’Accord de Paris prévoit la fixation d’un objectif mondial en matière d’adaptation (Global Goal on Adaptation, GGA) consistant à renforcer les capacités d’adaptation, à accroître la résilience aux changements climatiques et à réduire la vulnérabilité à ces changements. Si le principe d’un objectif mondial est ainsi énoncé dans l’Accord de Paris, il incombe aux Parties de le définir concrètement. Or, depuis la COP-21, la concrétisation de cet objectif n’avait pas figuré parmi les sujets prioritaires des CMA et n’avait donc pas fait l’objet de discussions plus poussées et ce, malgré les demandes des pays en développement, les pays africains en tête. Le groupe de négociation des pays africains (African Group) avait proposé dès 2013, soit deux ans avant l’adoption de l’Accord de Paris, une démarche pour quantifier un objectif mondial.

S’il existe des méthodologies bien établies pour suivre et évaluer les émissions de GES et les efforts et actions menés pour les réduire, il est plus difficile de définir des paramètres communs pour l’adaptation, et plus précisément de définir, de mesurer, de suivre, d’évaluer et de financer les actions d’adaptation. Ces difficultés ont eu pour conséquence de freiner les progrès en la matière, alors qu’en même temps, les risques climatiques s’accélèrent et s’intensifient. En amont de la Conférence de Glasgow sur le Climat (COP-26 et CMA-3, novembre 2021), les seules références à l’adaptation dans l’ordre du jour provisoire de la CMA concernaient le Fonds d’adaptation et le Comité d’adaptation. Le sujet de l’objectif global a été ajouté à l’ordre du jour de la CMA-3 le premier jour de la Conférence, sous la pression des pays africains notamment. Depuis plusieurs années, les pays africains (qui consacrent déjà une part importante de leur PIB à l’adaptation, entre 2 et 9% selon les pays, source : PNUD, 2017) font pression lors des négociations de la CCNUCC pour qu’un objectif quantitatif et qualitatif concret sur l’adaptation soit adopté.

 

 

Concrétisation de l’objectif mondial adaptation : avancées réalisées à Glasgow (2021)

Ce n’est que six ans après l’adoption de l’Accord de Paris, à Glasgow (lors de la CMA-3) en 2021 que les Parties se sont mises d’accord pour renforcer l’action sur l’adaptation. La décision 7/CMA.3, adoptée au terme de la CMA-3 à Glasgow, a chargé le SBI et le SBSTA de déterminer conjointement les finalités et les modalités d’un objectif mondial en matière d’adaptation.

En soulignant le besoin de renforcer l’action sur l’adaptation, les Parties de la CMA-3 ont reconnu l’importance de l’objectif mondial en matière d’adaptation pour la mise en œuvre effective de l’Accord de Paris, et se sont mises d’accord pour lancer un programme de travail de deux ans (2022-2023) dit « Glasgow-Charm el-Cheikh sur l’objectif mondial en matière d’adaptation » (Glasgow-Charm el-Cheikh Work Programme on the Global Goal on Adaptation) (cf. paragraphes 11 et 12 de la décision 1/CMA.3) et ce, sous l’égide conjointe du SBSTA et du SBI. La mise en œuvre de ce programme de travail a commencé après la CMA-3. Le programme de travail vise notamment à améliorer la compréhension de l’objectif mondial en matière d’adaptation (définition et choix de métriques, de méthodologies, d’indicateurs et de données,..) et, sur ces bases, à mieux quantifier les progrès accomplis par les Parties.

Dans le cadre de ce programme de travail, quatre ateliers par an ont été prévus, soit au total, huit sur les deux années du programme. En 2022, quatre ateliers ont ainsi été programmés : le premier les 8-9 juin 2022 à Bonn lors des sessions de négociation intermédiaires du SBSTA-56 et du SBI-56, le deuxième en virtuel les 30-31 août 2022, le troisième en virtuel les 17-18 octobre 2022 et le quatrième le 5 novembre 2022 lors de la CMA-4 à Charm el-Cheikh. Voir synthèse des résultats des quatre ateliers de 2022. En 2023, quatre ateliers ont également été programmés : le 5e atelier, 20-22 mars 2023 à Malé, Maldives – voir synthèse des résultats, le 6e atelier, 4-5 juin 2023 à Bonn – voir synthèse des résultats, le 7e atelier, 31 juillet-2 août 2023 à Buenos Aires, Argentine – voir synthèse des résultats, et le 8e et dernier atelier, 27-29 septembre 2023 à Gabarone, Botswana – voir synthèse des résultats.

Sous la pression des pays en développement lors des sessions intermédiaires de négociation à Bonn (juin 2022 – lire notre article), les Parties sont parvenues à un accord pour inscrire le sujet à l’ordre du jour formel de la CMA-4 à Charm el-Cheikh (cf. voir ordre du jour provisoire en date du 26 août 2022, agenda item 6(c)). Ceci a constitué une avancée non négligeable en amont de cette Conférence.

 

Concrétisation de l’objectif mondial adaptation : avancées réalisées à Charm el-Cheikh (2022)

A Charm el Cheikh (nov. 2022), la CMA-4 avait décidé de lancer un cadre (framework) pour l’objectif mondial sur l’adaptation à mettre en œuvre en 2023 au sein du programme de travail Glasgow-Charm el-Cheikh. Ce cadre devait être adopté à Dubaï lors de la CMA-5. Il vise à aider les Parties à atteindre l’objectif mondial et à évaluer les progrès collectifs accomplis à cet effet (paragraphe 8 de la décision 3/CMA.4).

 

Concrétisation de l’objectif mondial adaptation : avancées réalisées à Dubaï (2023)

A Dubaï (déc. 2023) lors de la CMA-5, dans les négociations sur la concrétisation du cadre de l’objectif mondial, les deux questions les plus épineuses soulevées par les pays en développement étaient le financement de l’adaptation, ainsi que le principe des responsabilités communes mais différenciées et des capacités respectives.

Dans ce contexte, conformément à ce que demandait la décision 3/CMA.4, § 8) la décision adoptée à Dubaï sur l’adaptation (décision 2/CMA.5) établit le cadre des Emirats arabes unis pour la résilience climatique mondiale (UAE Framework for Global Climate Resilience) [§ 6].

Ce cadre vise à orienter la réalisation de l’objectif mondial et l’évaluation des progrès pour l’atteindre [§ 7]. Il vise à orienter et renforcer les efforts consentis pour réduire la vulnérabilité et à accroître la capacité adaptive et la résilience, le bien-être collectif de l’humanité, la protection des économies, la préservation et la régénération de la nature [§ 8].

Le cadre fixe sept objectifs qualitatifs thématiques, à atteindre d’ici 2030 :

  • eau,
  • agriculture et agroalimentaire,
  • santé,
  • écosystèmes et biodiversité,
  • infrastructure et villes,
  • élimination de la pauvreté,
  • patrimoine culturel [§ 9(a) à § 9(g)].

Le cadre établit également un dispositif de gouvernance, en fixant quatre objectifs de gouvernance, à atteindre eux aussi d’ici 2030 : évaluation des incidences, de la vulnérabilité et des risques ; planification ; mise en œuvre ; suivi et évaluation des efforts d’adaptation [§ 10(a) à § 10(d)].

Les observateurs ont souligné des lacunes et insuffisances dans cette décision sur l’adaptation : un langage faible sur les objectifs qualitatifs thématiques ; une absence d’objectifs quantitatifs [cf. version du 5 déc.2023 : maintenir, améliorer ou restaurer au moins 30% des écosystèmes], avec uniquement des objectifs qualitatifs ; un report de plusieurs échéances du dispositif de gouvernance de 2025 à 2030.

Dans la décision 2/CMA.5 adoptée à Dubaï, la CMA a décidé de conclure le programme de travail Glasgow-Charm el-Cheikh [§ 5], et de lancer un nouveau programme de travail de deux ans (2025-2026) (UAE-Belém work programme) visant à élaborer des indicateurs pour mesurer les progrès accomplis dans la réalisation des sept objectifs qualitatifs thématiques et des quatre objectifs de gouvernance fixés au titre du cadre des Emirats arabes unis pour la résilience climatique mondiale [§ 39], c’est-à-dire des mesures pertinentes pour suivre et évaluer les actions d’adaptation mises en œuvre.

Ce programme de travail est mené conjointement par les deux organes subsidiaires SBSTA et SBI [§ 40].

Plusieurs indicateurs ont déjà été définis et mis en œuvre dans d’autres contextes hors CCNUCC mais le défi dans le cadre de la CCNUCC était d’identifier et d’approuver un ensemble d’indicateurs qui pourront s’appliquer au niveau mondial dans le cadre du GGA.

 

Concrétisation de l’objectif mondial adaptation : avancées réalisées à Bonn lors des SB-60 (juin 2024)

Lors des 60èmes sessions du SBSTA et du SBI à Bonn du 3 au 13 juin 2024, les Parties ont repris les négociations sur la concrétisation de l’objectif mondial en matière d’adaptation (Global Global on Adaptation ou GGA), et plus particulièrement concernant l’organisation du futur travail sur les indicateurs. A Bonn, la question du financement de l’adaptation était omniprésente et a engendré de vives tensions entre pays en développement et pays industrialisés. Comme à Dubaï en décembre 2023, le groupe des 77+Chine (134 pays en développement et pays émergents) a insisté à Bonn sur la nécessité d’intégrer un volet financement de l’adaptation dans le GGA.

Un des axes majeurs des négociations sur l’adaptation à Bonn portait sur le programme de travail Emirats-Belém sur les indicateurs (2025-2026), et plus spécifiquement sur ses modalités de mise en œuvre (plan global, calendrier, participants,…). Ces éléments de base doivent être approuvés par la CMA-6 à Bakou avant que les Parties ne puissent entamer les travaux techniques dans le cadre de ce programme.

 

Les questions qui ont donné lieu à des divergences de position

  • le financement de l’adaptation: les pays en développement exigent qu’il constitue un des indicateurs clés. Le Président du groupe 77+Chine, Adonia Ayebare (Ouganda) était formel : « sans financement, rien ne peut se passer du point de vue d’un pays en développement. C’est dans l’Accord de Paris. Nous nous sommes mis d’accord sur cela. Nous devrions le faire » (source : Carbon Brief, 14 juin 2024). Les pays en développement insistent sur le fait que traiter l’adaptation est indissociable du besoin urgent d’investissements pour renforcer l’adaptation. Selon le dernier rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) qui évalue l’écart entre les efforts consentis par les Etats pour s’adapter au dérèglement climatique (dont les flux de financement fournis par les pays industrialisés aux pays en développement) et les besoins réels nécessaires de ces derniers pour y faire face, les besoins de financement pour l’adaptation des pays en développement sont 10 à 18 fois plus importants que les flux de financement public international en ce sens en 2021 (source : PNUE, Adaptation Gap Report, 2 novembre 2023).
  • quel organisme doit être chargé de recenser et décrire les indicateurs existants ? Les pays industrialisés ont indiqué leur préférence pour le Comité d’adaptation au sein de la CCNUCC mais les pays du groupe G77+Chine souhaitaient voir la mise en place d’un nouveau groupe d’experts mandaté pour le faire. Dans le projet de conclusions issu de Bonn, les Parties sont parvenus à un compromis : la note en bas de page n°4 indique que les négociateurs examineront les deux options lors de la prochaine session.

 

In fine, les Parties ont pu se mettre d’accord pour :

  • lancer des travaux de fond visant à définir des indicateurs efficaces, transparents et fondés sur les connaissances scientifiques pour chacun des sept objectifs qualitatifs thématiques fixés par la décision 2/CMA.5 (paragraphe 9) au titre du cadre des Emirats arabes unis pour la résilience climatique mondiale ;
  • définir les prochaines étapes nécessaires dans ce cadre pour les Parties et les experts, y compris la manière dont ces indicateurs seront décidés, ainsi que sur les futurs travaux techniques à effectuer.

Voir projet de conclusions conjointes SBSTA/SBI sur le GGA adopté à Bonn (en date du 13 juin 2024).

 

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Avancées réalisées entre les sessions SB-60 (juin 2024) et la CMA-6 (nov. 2024)

Entre les sessions SB-60 et la CMA-6, les Présidents du SBSTA et du SBI ont convoqué 78 experts techniques possédant des qualifications et une expertise pertinentes en rapport avec les objectifs visés aux paragraphes 9 et 10 de la décision 2/CMA.5. Sur la base des contributions des Parties et des observateurs, et avec les contributions du Comité de l’adaptation, le Secrétariat de la CCNUCC a publié un premier résultat de ces travaux le 25 septembre 2024 avec une compilation de tous les indicateurs d’adaptation utilisés et fournis par les Parties : Compilation of existing indicators, UAE-Belém work programme on indicators | UNFCCC. Ainsi, le Secrétariat a cartographié plus de 9 000 indicateurs existants pour mesurer les progrès accomplis dans la réalisation de ces objectifs du GGA.

Les experts ont commencé à examiner et à affiner ces indicateurs en utilisant les critères définis aux sessions SB-60 (juin 2024), en particulier la pertinence par rapport aux objectifs et à l’adaptation (FCCC/SBSTA/2024/7, §41, and FCCC/SBI/2024/13, §79). Lors d’un atelier en octobre 2024 organisé dans le cadre du programme de travail Emirats-Belém, les experts ont fait le point sur leurs progrès et ont examiné des questions clés, telles que les synergies inter-objectifs et les considérations techniques pour affiner la cartographie des indicateurs. Une cartographie affinée des indicateurs a été publiée.

 

Avancées réalisées à Bakou lors de la CMA-6 (nov. 2024)

Lors de la CMA-6 à Bakou, les Parties ont poursuivi les négociations pour définir et approuver les modalités de mise en œuvre du programme de travail Emirats-Belém pour que les Parties puissent démarrer en 2025 les discussions techniques de fond. Cependant, les négociations ont fait ressortir de fortes divergences d’opinion entre les pays industrialisés et les pays en développement (surtout les pays africains) sur :

  • la question de savoir s’il fallait définir des indicateurs sur les moyens de mise en œuvre (means of implementation, MOI) pour évaluer le GGA : soutien financier, mais aussi transfert de technologies et renforcement des capacités. Les pays industrialisés voulaient affaiblir la formulation dans le projet de décision ;
  • le rôle de l’adaptation transformationnelle : les actions visant à s’adapter au changement climatique et induisant des changements significatifs dans la structure ou la fonction qui vont au-delà de la modification des pratiques existantes (transformations sociétales profondes et à long terme) (source : Giec, non daté). Plusieurs pays africains se sont opposés à l’intégration de ce concept dans le projet de décision au motif que cela pourrait créer des obstacles, en rendant plus difficile leur accès au financement de l’adaptation. Cela est notamment dû à l’absence de lignes directrices officielles pour l’adaptation transformationnelle et la présentation très tardive d’un document technique (« Définir et comprendre l’adaptation transformationnelle à différentes échelles spatiales ») élaboré par le Secrétariat de la CCNUCC et publié le 5 nov. 2024, soit six jours avant l’ouverture de Bakou.

Dans la décision finale adoptée à Bakou (décision 3/CMA.6), les Parties ont convenu que le résultat final du programme de travail EAU-Belém (2024-2025) devrait :

  • évaluer les progrès accomplis dans la réalisation des sept objectifs thématiques et des quatre objectifs de gouvernance fixes par les paragraphes 9 et 10 de la décision 2/CMA.5 [§ 19] ;
  • inclure un ensemble de 100 indicateurs au maximum qui peuvent s’appliquer à l’échelle planétaire (en vue d’éclairer une analyse des tendances mondiales) [§ 20], y compris les indicateurs pour les facteurs facilitant la mise en œuvre des actions d’adaptation, dont les moyens de mise en œuvre [§ 21(g)]. Parmi ces indicateurs pourraient figurer par exemple des indicateurs mesurant l’accès au financement de l’adaptation et/ou la qualité de ce financement (prêts ou subventions/dons).

Les co-Présidents du SBSTA/SBI ont été priés de démarrer leurs travaux d’amélioration et d’affinement des indicateurs, en traitant les lacunes et en élaborant de nouveaux indicateurs si besoin, avec l’aide d’experts techniques [§ 26(a)].

La CMA-6 a confirmé que le GGA devient un sujet permanent inscrit à l’ordre du jour des futures sessions tant des SB que de la CMA [§ 28], ce qui constitue une avancée très importante, notamment pour les pays africains.

La CMA-6 a également lancé la feuille de route Bakou-Belém sur l’adaptation (Baku-Belém Adaptation Roadmap ou BAR), sous l’égide conjointe du SBSTA et du SBI avec pour mandat de faire avancer les progrès sur la réalisation de l’objectif mondial sur l’adaptation [§ 29]. Les SB sont priés d’élaborer des modalités de travail de la feuille de route [aucune précision sur un quelconque calendrier].

La CMA-6 a établi le dialogue de haut niveau sur l’adaptation (high-level dialogue on adaptation) qui doit se réunir à chaque session de la CMA, à convoquer conjointement par la Présidence de la session de la CMA en question et par celle de la Présidence de la session précédente [§ 30]. Son mandat est d’identifier comment améliorer la mise en œuvre du cadre des EAU pour la résilience climatique mondiale.

La CMA-6 a décidé de réaliser une évaluation du cadre des Emirats pour la résilience climatique mondiale après le 2e bilan mondial (fin 2028) ;

la CMA-6 reconnaît que les approches tant incrémentales que transformationnelles vis-à-vis de l’adaptation sont essentielles [§ 40].

Avancées réalisées entre la CMA-6 (nov. 2024) et les sessions SB-62 (juin 2025)

Après Bakou, les discussions avec les 78 experts techniques sur les indicateurs ont repris début 2025 et ont conduit à l’élaboration de sept rapports, un rapport par objectif thématique (eau, alimentation, santé, etc.) produit par le groupe d’experts concerné. Ensuite, un rapport présentant une liste consolidée d’indicateurs (sous forme d’options), qui ramène le nombre d’options de 9 000 à 490, a été élaborée par les experts techniques et publiée le 23 mai 2025. Ce document doit alimenter les négociations à Bonn lors des sessions SB-62.

L’enjeu à Bonn pour les négociateurs était de donner de nouvelles orientations aux experts techniques afin qu’ils ramènent la liste des 490 indicateurs à 100 conformément à la décision 3/CMA.6 [§ 20].

 

Avancées réalisées à Bonn lors des SB-62 (juin 2025)

Des consultations informelles ont eu lieu. Sur la base de la liste consolidée des indicateurs pour suivre les progrès vers la réalisation du GGA (réf. FCCC/SB/2025/3, publiée le 23 mai 2025) et d’un document technique sur l’adaptation transformationnelle (réf. FCCC/ TP/2024/8, publié le 5 nov. 2024), les Parties ont mené des discussions sur :

  • des orientations supplémentaires à l’intention des experts chargés d’élaborer la liste finale des indicateurs ;
  • de l’opérationnalisation de la feuille de route de Bakou pour l’adaptation (Baku Adaptation Roadmap ou BAR) établie lors de la CMA 6 ; et
  • du concept d’adaptation transformationnelle.

La plupart des discussions se sont concentrées sur l’élaboration des orientations sur les indicateurs, les principaux points de désaccord portant sur le nombre et la structure des indicateurs, l’inclusion de considérations transversales et de groupes vulnérables, les indicateurs relatifs aux moyens de mise en œuvre (means of implementation ou MoI, à savoir le soutien financier ; le développement et transfert de technologies ; le renforcement des capacités) et le calendrier à définir pour les travaux ultérieurs en amont de la CMA-7 (Belém, nov. 2025). Comme à Bakou lors de la CMA-6, les discussions à Bonn ont fait ressortir de fortes divergences d’opinion sur la question de savoir si la liste des indicateurs devait inclure ceux sur les moyens de mise en œuvre. Grosso modo, les pays en développement étaient pour, les pays industrialisés étaient contre.

En ce qui concerne la feuille de route de Bakou pour l’adaptation, à Bonn les Parties ont exprimé des points de vue différents sur sa fonction, son mandat, ses activités, l’utilité même de sa création et son articulation avec d’autres volets de négociation, notamment le bilan mondial (Global Stocktake). Quant à l’adaptation transformationnelle, plusieurs Parties ont demandé à ce que ce sujet soit traité dans le cadre de la feuille de route précitée.

Malgré de longues discussions pendant toute la dernière journée des sessions SB-62 (16 juin 2025), les Parties n’étaient toujours pas parvenues à un accord sur les orientations concernant les indicateurs. Si plusieurs Parties ont soutenu la répartition des indicateurs en indicateurs principaux et sous-indicateurs, les discussions ont fait ressortir des points de vue divergents sur la catégorie qui devrait être applicable globalement et celle qui devrait être spécifique au contexte, ainsi que sur le nombre d’indicateurs à inclure dans chaque catégorie.

Les Parties ont fini par dégager un accord de compromis sur la base des consultations menées par les Présidents des SB avec les chefs de délégation dans la soirée du 16 juin 2025.

Dans leurs conclusions conjointes sur le GGA, les Présidents des SB ont invité les 78 experts à réduire la liste consolidée des options d’indicateurs à un maximum de 100 indicateurs applicables à l’échelle mondiale, y compris, le cas échéant, des indicateurs pour les facteurs facilitant la mise en œuvre de mesures d’adaptation, les moyens de mise en œuvre (MoI – voir ci-dessus), les éléments transversaux et toutes les sous-composantes des objectifs.

Par ailleurs, les SB ont fourni des conseils supplémentaires aux experts pour affiner les indicateurs, afin d’inclure notamment des indicateurs en matière de moyens de mise en œuvre de mesures d’adaptation, en particulier ceux qui mesurent l’accès au financement de l’adaptation, la qualité de celui-ci (prêts ou subventions/dons), y compris la mise à disposition du financement aux pays en développement pour les aider à répondre aux besoins et aux lacunes dans la mise en œuvre du GGA.

Sur le calendrier, les SB ont invité les experts à soumettre leur rapport technique final en août 2025 et ont demandé au Secrétariat de la CCNUCC de publier ce rapport et la liste réduite des indicateurs avant l’atelier des 3-4 octobre 2025 à Bonn dans le cadre du programme de travail Émirats arabes unis-Belém (cf. rapport de la session SBSTA-60, paragraphe 54 et rapport de la session SBI-60, paragraphe 92, 3-13 juin 2024). Cet atelier a pour objet de mener une réflexion sur la liste définitive des indicateurs que devrait arrêter la CMA-7.

Enfin, les SB ont convenu de poursuivre l’examen des questions relatives au GGA à Belém lors des sessions SB-63 sur la base d’une note informelle en vue de soumettre un projet de décision pour examen et adoption par la CMA-7.

Voir conclusions conjointes des SB sur le GGA, 26 juin 2025 et note informelle élaborée par les co-facilitateurs des consultations informelles (du 25 juin 2025).

 

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Avancées réalisées entre les sessions SB-62 (juin 2025) et Belém (nov. 2025)

Le groupe de 78 experts a ramené la première liste des 490 indicateurs à une liste finale des 100 indicateurs potentiels (dont des indicateurs sur les moyens de mise en œuvre (MoI) qui a été publiée le 9 septembre 2025. Voir aussi le rapport technique du groupe d’experts (publié le même jour). Les indicateurs sont la clé pour traduire le progrès politique en résultats mesurables et comparables.

 

Avancées réalisées à Belém (nov. 2025)

Un des principaux enjeux de la COP-30 (ou plutôt de la CMA-7) était d’acter un ensemble de 100 indicateurs de suivi des sept objectifs thématiques qualitatifs et des quatre objectifs en matière de gouvernance. C’était en fait le seul sujet avec échéance pour adoption à Belém.

Les négociations des Parties à Belém se sont appuyées sur le rapport technique et la liste des 100 indicateurs potentiels précités et se sont poursuivies sur la base de la note informelle (version du 25 juin 2025 @ 23h32), issue des discussions des sessions SB-62 (juin 2025). A Belém, les opinions divergeaient, entre autres, sur :

  • la conclusion des travaux dans le cadre du programme de travail Emirats arabes unis – Belém (établi par la décision 2/CMA.539) et l’adoption de la liste d’indicateurs lors de la CMA-7 ;
  • l’état d’avancement et l’utilité de la liste d’indicateurs ;
  • le rôle des indicateurs de suivi des MoI ;
  • les travaux liés aux indicateurs à effectuer après la CMA-7 ;
  • les modalités de la feuille de route de Bakou pour l’adaptation ; et
  • la poursuite des travaux sur le concept d’adaptation transformationnelle.

Les pays étaient également en désaccord sur l’opportunité d’inclure dans le texte un objectif visant à tripler le financement de l’adaptation, ainsi que sur l’année cible et l’année de référence à fixer.

 

Vers la débâcle de la plénière de clôture 

Les quatre premières versions du projet de décision sur le GGA (version du 14 nov. 2025 @ 13h15, version du 15 nov. 2025 @ 10h50, version du 15 nov. 2025 @ 13h00, version du 17 nov. 2025 @23h55) ne comportaient pas de liste d’indicateurs pour la simple raison qu’aucun consensus n’avait été dégagé entre les Parties au cours des négociations à Belém sur une liste globale définitive à partir des 100 indicateurs potentiels présélectionnés par le groupe des 78 experts et publiés le 23 sept. 2025.

Le 21 nov. 2025, à la surprise générale de beaucoup de Parties et contre leur gré, la Présidence brésilienne a présenté une 5e version, un projet de texte révisé (version du 21 nov. 2025 @ 03h00, 9p) qui comportait en annexe une liste restreinte d’indicateurs ramenés à 59. C’est cette version qui a été formellement adoptée par la CMA-7

Nombre d’indicateurs retenus dans la décision finale de Belém sur le GGA par objectif qualitatif thématique et par objectif de gouvernance, par rapport à la liste des 100 indicateurs pré-CMA-7

Source : SLYCAN Trust, The GGA decision at COP30/CMA7 (synthèse non datée et non disponible sur leur site).

Dans la décision 12/CMA.7 sur l’objectif mondial d’adaptation adoptée à Belém, la CMA-7 a acté une liste restreinte de 59 indicateurs établis à l’annexe de la décision. En fait, il semblerait que la Présidence brésilienne a repris les indicateurs faisant l’objet d’un consensus politique dans la décision finale alors que les 100 indicateurs potentiels avaient été présélectionnés sur la base de travaux scientifiques. La Présidence n’a pas fourni d’explication sur ce choix des 59 indicateurs, ni de justification : pourquoi certains indicateurs ont-ils été supprimés, d’autres fusionnés et d’autres encore reformulés ?

Cette sélection a été faite par la Présidence et le Secrétariat de la CCNUCC sans consultation des Parties. Selon certains observateurs, il s’agissait d’un travail en coulisse et le choix final semble avoir été purement politique. Quoi qu’il en soit, la liste définitive des 59 indicateurs a perdu en harmonie et en équilibre.

Lors de la séance plénière de clôture de la CMA, le 22 novembre 2025, le Président Corrêa do Lago a adopté la décision. Soulevant une motion d’ordre (une objection), le Panama a déploré que le texte ait été publié très tardivement dans le processus et a déclaré qu’il effaçait deux années de travail d’experts. Il a indiqué avoir souhaité soulever ces préoccupations avant l’adoption de la décision, mais avoir été ignoré. Sur une autre motion d’ordre, l’Uruguay, l’Argentine, le Paraguay et l’Équateur ont soutenu le Panama, soulevant des préoccupations similaires concernant l’adoption de la décision. Le groupe AILAC s’y est également opposé, soulignant que les 59 indicateurs actés ne résultaient pas d’un processus décisionnel mené par les Parties.

La Suisse a soulevé deux préoccupations concernant la décision : les indicateurs ont été modifiés plutôt que sélectionnés à partir de la liste des 100 indicateurs fournie par les experts techniques ; et le temps disponible pour examiner la liste finale était limité.

Après avoir suspendu la séance plénière pendant plus d’une heure afin de permettre la poursuite des consultations à huis clos, le Président Corrêa do Lago a informé les Parties que la décision était considérée comme adoptée et qu’elle était donc valable et définitive. Il a également proposé que les travaux sur ce sujet soient repris aux SB-64 (juin 2026) (Source : Summary of the 2025 Belém Climate Change Conference, Earth Negotiations Bulletin, vol. 12 n°888, 25 nov. 2025).

Il n’y a donc pas eu d’accord final à Belém sur une liste définitive d’indicateurs, étant donné toutes ces objections. Ce qui restera vraiment dans les mémoires, c’est la manière dont s’est conclu le processus d’adoption des indicateurs de suivi des progrès accomplis vers la réalisation du GGA.

Sur la forme : questions de procédure

  • la Présidence brésilienne a précipité le processus d’adoption de la décision, notamment en ne laissant pas suffisamment de temps aux Parties pour examiner la liste des 59 indicateurs retenus par le projet de décision
  • plusieurs Parties se sont opposées à l’adoption de la décision, affirmant qu’elles avaient fait part de leurs objections avant que le marteau ne tombe, mais que la Présidence ne leur a pas donné la parole.

Sur le fond :

  • la liste définitive adoptée a fait l’objet de nombreux critiques de la part d’experts en matière d’adaptation
  • la décision adoptée, avec sa liste des 59 indicateurs, fait fi des 2 années de travaux techniques et scientifiques composé de multiples consultations afin de réduire les 9 000 indicateurs cartographiés par le Secrétariat de la CCNUCC (publiés le 25 sept. 2024) à un ensemble cohérent et équilibré de 100 indicateurs permettant de prendre en compte des spécificités nuancées, tout en fournissant des informations agrégées.

Points clés de la décision 12/CMA.7 sur l’objectif mondial d’adaptation, hors financement

  • [§ 5] la CMA a décidé de conclure le programme de travail Emirats arabes unis – Belém (établi par la décision 2/CMA.539).

Le programme s’est donc conclu à Belém mais aucune suite formelle à ces travaux n’a été décidée par la CMA ;

  • [§ 6] la CMA décide d’adopter la liste des 59 indicateurs en annexe (baptisés les indicateurs de Belém sur l’adaptation [Belém Adaptation Indicators]) ;

La liste des 59 indicateurs ne figurait pas dans la quasi-totalité des versions précédentes du projet de décision (voir version du 17 nov. 2025 @23h55, 8p ; version du 15 nov. 2025 @ 13h00 ; version du 15 nov. 2025 @ 10h50) ; version du 14 nov. 2025 @ 13h15). A la surprise générale de beaucoup de Parties et contre leur gré, elle a été ajoutée par la Présidence à la version du 21 nov. 2025 @ 03h00, 9p ;

  • [§ 7] [plusieurs limites sont définies dans la décision] : la CMA souligne que, et que les indicateurs ne devraient pas créer de charges supplémentaires en matière de ces indicateurs sont à utiliser à titre volontaire, qu’ils sont non prescriptifs, non punitifs, non-coercitifs, de nature mondiale, respectueux de la souveraineté nationale et des circonstances nationales, et pilotés par les pays et que les indicateurs ne devraient pas créer de charges supplémentaires en matière de rapportage, en particulier pour les pays en développement, ne sont pas destinés à servir de base de comparaison entre les Parties, ne doivent pas devenir un obstacle et ne doivent en aucun cas être utilisés comme condition pour que les pays en développement aient accès au financement au titre de la Convention et de l’Accord de Paris ;
  • [§ 9] la CMA affirme que les indicateurs de Belém sur l’adaptation ont pour objectif d’éclairer les approches nationales pour suivre les mesures d’adaptation et des progrès accomplis et ne doivent pas créer de nouvelles obligations pour les pays en développement, ni de benchmarks ou de critères d’évaluation, ni établir de méthodologies ou de processus de collecte de données normalisés à l’échelle mondiale, ni établir de cadres de conformité, ni porter atteinte à la position d’une Partie […] ;
  • [§ 11] la CMA encourage les Parties à tester les indicateurs de Belém sur l’adaptation, en consultation avec d’autres parties prenantes ;
  • [§ 13] la CMA souligne que les indicateurs de Belém sur l’adaptation constitueront une source d’information, notamment via le rapportage des Parties, pour alimenter le 2e bilan mondial (2028) ;
  • [§ 16] la CMA demande au Secrétariat d’élaborer, pour examen par la CMA-8 (nov. 2026, Antalya, Turquie), un document technique sur les sept objectifs thématiques qualitatifs et les quatre objectifs en matière de gouvernance (fixés par la décision 2/CMA.5 § 9 et § 10) et les indicateurs de Belém sur l’adaptation, d’ici le 30 septembre 2026, qui
    • examinera l’utilisation des indicateurs ;
    • comprendra une cartographie des processus existants de rapports de synthèse sur les informations relatives à l’adaptation pertinentes pour l’objectif mondial en matière d’adaptation ;
    • identifiera les synergies ainsi que les lacunes et les moyens potentiels de les combler ; et
    • analysera les lignes directrices, les outils et les méthodologies permettant d’agréger les indicateurs de Belém sur l’adaptation dans le cadre du Programme des Émirats arabes unis pour la résilience climatique mondiale (cf. décision 2/CMA.56) ;
  • [§ 21] la CMA décide d’établir la « vision Belém-Addis » sur l’adaptation (Belém–Addis vision on adaptation) qui englobe un processus d’alignement des politiques de deux ans par les Parties, basé sur l’expérience acquise par les Parties lors de la période de test […], visant à élaborer des orientations pour la mise en œuvre des indicateurs de Belém sur l’adaptation [processus de deux ans donc] ;
  • [§ 22] la CMA est d’accord pour que les travaux dans le cadre de la vision Belém-Addis sur l’adaptation seront menés conjointement par les SB ;
  • [§ 23] la CMA demande aux SB de réaliser des travaux techniques pour améliorer les métadonnées et les méthodologies pour les indicateurs de Belém pour examen par la CMA-9 (nov. 2027, à Addis Abeba), y compris en mettant en place un groupe de travail (task force) technique pour contribuer à leurs travaux;
  • [§ 29] la CMA décide que la première phase de la feuille de route de Bakou pour l’adaptation, couvrant la période 2026-2028, sera axée sur la mise en œuvre initiale des activités prévues dans la feuille de route, à savoir deux ateliers par an organisés par les présidents des SB avec l’appui du Secrétariat, l’un pendant la session de la CMA et l’autre entre les sessions, et la préparation d’un document technique par le Secrétariat, visant à renforcer la capacité d’adaptation, à renforcer la coopération et à faciliter la planification et la mise en œuvre de l’adaptation en fonction des différentes situations nationales ;
  • [§ 32] la CMA décide d’effectuer un réexamen des indicateurs de Belém sur l’adaptation dans le cadre du réexamen du cadre des Émirats arabes unis pour la résilience climatique mondiale (établi par la décision 2/CMA.56), après le deuxième bilan mondial en 2029 ;
  • [§ 33] la CMA décide que le cahier des charges du réexamen du cadre des Émirats pour la résilience climatique mondiale sera élaboré et avalisé par les SB en 2026-2027.

 

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Avancées réalisées à Bonn lors des SB-64 (juin 2026)

A Bonn, le 9 juin 2026, le premier atelier a eu lieu dans le cadre de la feuille de route Bakou-Belém sur l’adaptation. Cet atelier, organisé par les présidents des SB avec l’appui du Secrétariat, s’inscrit dans le cadre de la première phase de la feuille de route de Bakou sur l’adaptation (2026-2028) et constitue l’amorce de la mise en œuvre concrète de cette feuille de route (paragraphe 29 de la décision 12/CMA.7). Voir programme et note de cadrage. Voir aussi la note d’information sous forme de synthèse des contributions écrites soumises dans le cadre de la feuille de route Bakou-Belém, élaborée par les Présidents des SB et publiée le 5 juin 2026.

A Bonn, les Parties ont également repris les discussions dans le cadre de consultations informelles en s’appuyant sur les travaux menés lors de la CMA-7 (lire notre article sur le bilan de la COP-30 et de la CMA-7). L’objet principal des de ces consultations était de peaufiner les indicateurs de suivi du GGA, actés à Belém à la hâte et contre l’avis de plusieurs Parties (cf. décision 12/CMA.7, § 6 et annexe). Pour ce faire, les Parties se sont notamment penchées sur :

  • la mise en place d’un processus d’alignement des politiques d’une durée de deux ans visant à intégrer les objectifs et indicateurs du GGA dans le rapportage et ce, dans le cadre de la vision Belém-Addis sur l’adaptation (cf. décision 12/CMA.7, § 21 et § 22) ;
  • les travaux techniques visant à améliorer les métadonnées (données de contexte) et les méthodologies relatives aux indicateurs, notamment par la création d’un groupe de travail technique (technical task force) (cf. décision 12/CMA.7, § 23) ;
  • la première phase de la « feuille de route de Bakou sur l’adaptation » (Baku Adaptation Roadmap ou BAR), couvrant la période 2026-2028 et axée sur l’organisation de deux ateliers par an et la préparation d’un document technique (cf. décision 12/CMA.7, § 29) ; et
  • l’élaboration d’un cahier des charges pour le réexamen (review) des indicateurs de Belém au titre du réexamen du cadre des Emirats arabes unis pour la résilience climatique mondiale (paragraphes 32 et 33 de la (cf. décision 12/CMA.7, § 32 et § 33).

En particulier, les discussions ont fait ressortir des points de vue divergents quant à la composition du groupe de travail technique. Plusieurs groupes de négociation (Grupo Sur, l’Association indépendante pour l’Amérique latine et les Caraïbes [AILAC], les pays en développement partageant la même vision [LMDC], le groupe africain et le groupe arabe) ont insisté sur le fait que le groupe de travail doive être piloté par les Parties, tandis que l’UE, la Norvège et le Japon ont préféré qu’il soit piloté par des experts techniques. Des propositions concrètes ont porté, entre autres, sur le nombre de membres du groupe de travail ; l’équilibre entre pays développés et pays en développement ; la représentation régionale ; la participation et le rôle des organes de la CCNUCC ; et le processus de sélection des experts.

Pour l’explication des différents groupes de négociation, voir notre glossaire de la COP-30.

En ce qui concerne la feuille de route de Bakou sur l’adaptation (BAR), les Parties ont réfléchi aux éventuels thèmes des ateliers et aux résultats attendus. Les pays en développement se sont prononcés en faveur d’une discussion ciblée sur les défis de mise en œuvre et les moyens de mise en œuvre (financement, transfert de technologies et renforcement des capacités).

Les propositions de projet de texte esquissant la manière dont les travaux sur le GGA devaient être menés ont suscité de vives divergences d’opinion. Le Groupe africain, l’Alliance des petits États insulaires (AOSIS), les pays les moins avancés, le Grupo Sur, l’AILAC, le groupe LMDC et le groupe arabe ont soutenu les références à la mise en œuvre des travaux conformément aux principes de la Convention Climat et de l’Accord de Paris.

Une fois de plus, le sujet du financement a été omniprésent dans ces discussions. Ainsi, les groupes de négociation précités ont insisté pour que soit garanti l’accès à un financement prévisible et accessible afin de soutenir la mise en œuvre de l’adaptation conformément à l’Article 9.1 de l’Accord de Paris (obligation faite aux pays industrialisés de fournir un financement aux pays en développement). Par ailleurs, ils ont insisté sur l’importance d’intégrer, dans le projet de texte, une référence explicite à l’appel de la CMA-7 au triplement du financement de l’adaptation d’ici 2035 (cf. décision 12/CMA.7, § 34), soulignant qu’ils ont besoin de ce financement pour mettre en œuvre le GGA et que, sans cette augmentation significative, le GGA restera inatteignable. Cette demande a été soutenue par l’ensemble des groupes de négociation des pays en développement. En revanche, l’UE, le Royaume-Uni, le Canada, la Norvège et le Japon se sont opposés à ces propositions, faisant valoir que le sujet du financement de l’adaptation est déjà traité dans le cadre d’autres sujets de l’ordre du jour et d’organes de la CCNUCC.

Même si ce triplement du financement de l’adaptation ne constitue pas un objectif contraignant formellement adopté par la CMA, il s’agit d’un objectif indicatif convenu dans le cadre de la décision 12/CMA.7. Le fait de le réévoquer dans le projet de décision sur le GGA pour examen et adoption par la CMA-8 envoie un signal important politique sur la nécessité de combler l’écart entre le financement fourni pour l’adaptation et les besoins réels en la matière (cf. l’Adaptation Gap Report 2025 du Programme des Nations Unies pour l’Environnement, PNUE, lire notre Journal de la COP-30 | Jour 7).

L’une des préoccupations des pays en développement concernant les indicateurs du GGA est qu’ils soient tenus pour responsables s’ils ne parviennent pas à les respecter. De l’autre côté, les pays industrialisés craignent que, si le financement de l’adaptation est lié au GGA et qu’ils n’honorent pas ce triplement, ils soient tenus pour responsables de l’absence de progrès.

Puisqu’à Bonn les Parties ne parvenaient pas à se mettre d’accord sur les prochaines étapes, les co-facilitateurs ont sollicité les conseils de la Présidente du SBI et du Président du SBSTA. Ceux-ci ont alors proposé d’organiser des réunions bilatérales afin de comprendre les divergences de points de vue et de définir les prochaines étapes.

Dans l’après-midi du 17 juin 2026, les co-facilitateurs ont présenté un nouveau projet de texte révisé aux Parties. Le lendemain, le 18 juin 2026, les Parties ont mené des réunions informelles sur la base de ce texte révisé. Dans la soirée, constatant que les propositions de compromis n’avaient pas réussi à dégager un consensus, les Présidents du SBI et du SBSTA ont publié un projet de texte révisé sous leur responsabilité qui faisait référence notamment à l’appel de la décision 12/CMA.7 § 34 au triplement du financement de l’adaptation d’ici 2035.

L’Inde, le Japon et l’UE ont exprimé leur déception face au texte et à la manière dont il avait été élaboré, mais ont déclaré que, dans l’intérêt de faire avancer les travaux sur l’adaptation, ils pouvaient soutenir la transmission du texte pour un examen plus approfondi lors des sessions SB-65 (qui se tiendront lors la COP-31, du 9 au 14 novembre 2026). Le Grupo Sur et le groupe africain ont demandé que la question soit examinée par les chefs de délégation. Ceux-ci se sont réunis dans la soirée du 18 juin 2026, pendant les dernières heures des sessions SB-64, mais n’ont pas non plus réussi à s’entendre sur les prochaines étapes.

Etant donné le manque total de consensus sur le sujet du GGA, les SB n’ont pas été en mesure d’adopter des conclusions sur ce sujet et ont renvoyé les discussions à leurs prochaines sessions, les SB-65, à Antalya (Turquie) du 9 au 14 novembre 2026.

 

Avancées réalisées entre les sessions SB-64 (juin 2026) et la CMA-8 (nov. 2026)

Le 2e atelier dans le cadre de la feuille de route Bakou-Belém sur l’adaptation a eu lieu les 7-8 septembre 2026 à Bakou (Azerbaïdjan). Voir programme et note de cadrage.

Le 12 août 2026, les Présidents des SB ont publié une note d’information sur la feuille de route de Bakou sur l’adaptation.

Le 10 septembre 2026, les Présidents des SB ont mené une consultation sur la vision Belém-Addis sur l’adaptation (BAV). Voir programme et note de cadrage.

Enfin, le Secrétariat de la CCNUCC a publié le 30 septembre 2026 un document technique (70 p) sur les objectifs fixés par les paragraphes 9 et 10 de la décision 2/CMA.5 (les sept objectifs qualitatifs thématiques et les quatre objectifs de gouvernance au titre de l’objectif mondial en matière d’adaptation) et sur les indicateurs de Belém pour suivre et évaluer la mise en œuvre de ces objectifs.

 

Enjeu de la Conférence d’Antalya (CMA-8) : revoir la liste des 59 indicateurs de suivi adoptés à Belém pour évaluer les progrès accomplis par les Parties vers la réalisation des sept objectifs thématiques et des quatre objectifs de gouvernance fixés dans le cadre de l’objectif global sur l’adaptation et ce, pour aboutir à une liste d’indicateurs plus représentatifs, plus cohérents, plus harmonieux et plus équilibrés.

 

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Vers la formalisation d’un nouvel objectif de financement de l’adaptation post-2025

Contexte

Le Pacte de Glasgow pour le Climat, adopté le 13 novembre 2021 par la 3e réunion des Parties à l’Accord de Paris (CMA-3) dans la ville écossaise a exhorté les pays développés à au moins doubler, d’ici 2025, leur soutien financier collectif aux pays en développement pour leurs actions d’adaptation (par rapport aux niveaux de 2019), en s’efforçant de parvenir à un équilibre entre l’atténuation et l’adaptation (cf. paragraphe 18 de la décision 1/CMA.3). Cela correspond, en se basant sur le financement consacré à l’adaptation fourni par les pays industrialisés en 2019 (20,3 Md$ – source : OCDE, 16 nov. 2023, p.10) à environ 40,6 Md $ en 2025 (lire notre article). Pour rappel, l’article 9 de l’Accord de Paris demande aux Parties de parvenir à un équilibre entre atténuation et adaptation dans le financement climat.

Les travaux menés dans le cadre du Comité permanent sur le financement (Standing Committee on Finance ou SCF) de la CCNUCC ont abordé, dans un rapport sur le doublement du financement de l’adaptation publié le 20 novembre 2023, les questions relatives au niveau de référence pour le doublement, aux défis méthodologiques et aux données disponibles jusqu’en 2020.

Les résultats de la phase politique du premier Bilan mondial (Global Stocktake) de l’Accord de Paris débouchant sur la décision phare de la CMA-5, adoptée le 13 décembre 2023, ont réitéré l’appel au doublement (décision 1/CMA.1, paragraphe 86) et ont exhorté les pays développés à préparer un rapport en 2024 pour évaluer les progrès réalisés (décision 1/CMA.1, paragraphe 100).

 

 

Progrès réalisés vers la réalisation de l’objectif : bilan 2026 de l’OCDE

Le 21 mai 2026, l’OCDE a publié sa huitième évaluation des progrès accomplis par les pays industrialisés en vue de la réalisation de l’objectif des 100 milliards de $ (Md$) par an en 2020 et jusqu’en 2025 pour aider les pays en développement à mettre en œuvre l’action climat (mesures d’atténuation et d’adaptation). Ce 8e bilan présente les chiffres définitifs pour 2023 et 2024, ainsi que pour l’ensemble de la période 2013-2024.

Comme les bilans des années précédentes, le 8e bilan comporte un volet spécifiquement sur le financement de l’adaptation dans le contexte de l’objectif fixé à Glasgow en 2021 d’au moins doubler, d’ici 2025, le soutien financier collectif des pays industrialisés pour la mise en œuvre des actions d’adaptation par les pays en développement.

Selon le 8e bilan de l’OCDE, le financement total de l’adaptation fourni et mobilisé par les pays développés aux pays en développement a augmenté depuis 2016, malgré une légère baisse en 2021, atteignant 33,6 Md$ en 2023 pour atteindre 34,7 Md$ en 2024 (contre 10,1 Md$ en 2016).

Répartition entre atténuation, adaptation ou les deux (2016-2024) (en Md$ US)

Source : OCDE, 21 mai 2026 (p.9)

On peut voir que l’atténuation l’emporte toujours en 2023 :

  • 66% du total du financement climat
  • adaptation : 25% (en 2020, sa part dans le total a atteint un pic : un tiers, soit 34%, mais a baissé depuis).

On peut également voir que l’atténuation l’emporte toujours en 2024 :

  • 64% du total du financement climat
  • adaptation : 25%.

La croissance annuelle du financement adaptation entre 2022 et 2023 et entre 2023 et 2024 a été faible (environ +1 Md$/an).

Le montant total en 2023 du financement de l’adaptation (33,6 Md$) comprend 30,6 Md$ provenant de sources publiques bilatérales et multilatérales (soit 91%). Quant à 2024, sur le montant total du financement de l’adaptation (34,7 Md$), 31,7 Md$ provenaient de sources publiques bilatérales et multilatérales (soit 91%).

En revanche, le financement climat privé ne représente qu’une part faible du financement total de l’adaptation : 3 Md$ sur 34,7 Md$ en 2024 (soit 9%)., mais sa part a crû de plus de sept fois, en passant de 0,4 Md$ en 2016 à 3 Md$ en 2024.

Financement de l’adaptation fourni et mobilisé sur 2016-2024 par composante

Source : OCDE, 21 mai 2026 (p.8)

 

Où en est-on en 2024, à un an de l’année cible de 2025 ?

Si on prend comme base le financement climat public (bilatéral + multilatéral) :

  • 18,8 Md$ en 2019 (cible : 18,8 x 2 = 37,6 Md$)
  • 31,7 Md$ en 2024
  • écart de 5,9 Md$ avant d’atteindre l’objectif en 2025
  • il faudra une forte croissance en 2025 pour atteindre l’objectif : +16%.

Si on prend comme base le financement climat total (les quatre composantes) :

  • 20,3 Md$ en 2019 (cible : 20,3 x 2 = 40,6 Md$)
  • 34,7 Md$ en 2024
  • écart de 5,9 Md$ avant d’atteindre l’objectif en 2025
  • il faudra une forte croissance en 2025 pour atteindre l’objectif : + 14,5%.

Il faut également mettre ces montants de financement de l’adaptation en perspective, les mettre en rapport avec les besoins réels de financement pour l’adaptation : selon le PNUE, ces besoins réels des pays en développement sont estimés dans une fourchette comprise entre 310 et 365 Md$/an d’ici 2035. Le PNUE estime l’écart entre le financement fourni et les besoins réels dans une fourchette comprise entre 284 et 339 Md$/an d’ici 2035, soit 12 à 14 fois les flux de financement actuels (source : PNUE, Adaptation Gap Report 2025, 29 oct. 2025. Voir rapport intégral | synthèse | communiqué).

A noter enfin que les chiffres définitifs pour 2025 ne seront disponibles qu’en 2027 du fait du dispositif de rapportage du financement climat en place.

 

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Vers un nouvel objectif de financement de l’adaptation : avancées réalisées à Belém – l’appel au triplement du financement de l’adaptation

La décision 12/CMA.7 sur l’objectif mondial d’adaptation, adoptée à Belém, comporte un paragraphe sur le financement de l’adaptation, tout d’abord en rappelant l’objectif en la matière fixé en 2021 lors de la CMA-3 (Glasgow), et ensuite en lançant un appel au triplement du financement de l’adaptation :

  • [§ 34] la CMA prend note du paragraphe 53 de la décision Mutirão (décision 1/CMA.7) dans lequel la CMA appelle [les Parties et les acteurs non-étatiques] à tripler le financement de l’adaptation d’ici 2035 par rapport aux niveaux de 2025 dans le contexte de la décision 1/CMA.6 (voir ci-après) et exhorte les pays industrialisés à accroître leur trajectoire de mise à disposition collective de financement climat pour l’adaptation en faveur des pays en développement.

Dans la version finale de la décision, la formulation du texte sur cet objectif est plutôt imprécise : aucun montant spécifique n’est indiqué, ni pour la base (2025), ni pour l’année cible 2035 et ce, alors que les versions précédentes du projet de décision/projet de texte/note informelle comportaient davantage de précisions :

Il s’agit d’une formulation de compromis sans doute ajoutée par la Présidence pour rallier l’UE et d’autres pays industrialisés réticents à fixer un objectif de financement supplémentaire par rapport à l’objectif NCQG fixé à Bakou.

Il s’agit donc d’un recul d’ambition car l’objectif de doublement du financement adaptation d’ici 2025 par rapport aux niveaux de 2019, fixé par la CMA-3 à Glasgow, ne s’inscrivait pas dans le cadre de l’objectif de financement climat global de 100 Md$/an à partir de 2020 (fixé par l’Accord de Copenhague lors de la COP-15 et formalisé par la COP-16 via les Accords de Cancún).

 

Objectif financement de l’adaptation, année cible et année de référence :
comparaison entre les différentes versions du projet de décision sur le GGA et entre celles du projet de décision « Mutirão »

Source : Citepa d’après les projets de décision indiqués et les décisions finales adoptées.

 

La genèse de la proposition d’un nouvel objectif de financement pour l’adaptation 2030 : d’où viennent les chiffres de 120 Md$/an et de 150 Md$/an ?

Lors de la réunion préparatoire de la COP-30, dite pré-COP (Brasilia, 13-14 oct. 2025), le groupe des pays les moins avancés (PMA) a réitéré son appel, formulé lors des SB-62 à Bonn (juin 2025), à un engagement de la part des pays industrialisés à tripler les flux de financement pour l’adaptation d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2022 (32,4 Md$) pour atteindre donc un montant d’environ 100 Md$/an.

Plusieurs pays en développement (AOSIS, groupe africain, Grupo Sur,…) ont soutenu cette proposition.

A Belém, le 3e jour de la COP-30, le 12 nov. 2025, les consultations informelles sur le GGA menées dans le cadre des SB ont débouché sur une note informelle sous forme de projet de décision, comportant dans son § 10 sous forme d’option :

« la CMA demande aux pays développés d’au moins tripler leur contribution collective au financement climat pour l’adaptation des pays en développement d’ici 2030, base 2025 [pour atteindre au moins 120 Md$/an d’ici 2030].

De plus en plus de pays en développement du groupe G77+Chine se sont ralliés à cette proposition au fil des jours de la COP-30. Tous les pays en développement s’accordaient à dire qu’il était essentiel d’augmenter le financement de l’adaptation et qu’une « COP de l’adaptation » réussie devait aboutir à un engagement renouvelé sur ce front.

Cependant, plusieurs pays industrialisés (UE, Australie, Canada,…) étaient fermement opposés à un nouvel engagement en matière de financement de l’adaptation, y voyant une tentative de renégocier le nouvel objectif de financement climatique (NCQG) fixé lors de la CMA-6 à Bakou en 2024.

Cette proposition de 120 Md$/an se base sur le montant de l’objectif à atteindre en 2025, soit environ 40 Md$/an (objectif, fixé à Glasgow en 2021 lors de la CMA-3, de doubler le financement adaptation d’ici 2025 par rapport aux niveaux de 2019, soit 20,3 Md$ – source : OCDE, 16 nov. 2023, p.10).

 

Avancées réalisées à Bonn lors des SB-64 (juin 2026)

A Bonn lors des 64èmes sessions des SB (SB-64), une fois de plus, le sujet du financement de l’adaptation a été omniprésent dans le cadre des discussions sur l’objectif mondial en matière d’adaptation (GGA). Ainsi, plusieurs groupes de négociation (Groupe africain, Alliance des petits États insulaires (AOSIS), pays les moins avancés, Grupo Sur, AILAC, groupe LMDC et groupe arabe) ont insisté pour que soit garanti l’accès à un financement prévisible et accessible afin de soutenir la mise en œuvre de l’adaptation conformément à l’Article 9.1 de l’Accord de Paris (obligation faite aux pays industrialisés de fournir un financement aux pays en développement). Par ailleurs, ils ont insisté sur l’importance d’intégrer, dans le projet de texte, une référence explicite à l’appel de la CMA-7 au triplement du financement de l’adaptation d’ici 2035 (cf. décision 12/CMA.7, § 34), soulignant qu’ils ont besoin de ce financement pour mettre en œuvre le GGA et que, sans cette augmentation significative, le GGA restera inatteignable. Cette demande a été soutenue par l’ensemble des groupes de négociation des pays en développement. En revanche, l’UE, le Royaume-Uni, le Canada, la Norvège et le Japon se sont opposés à ces propositions, faisant valoir que le sujet du financement de l’adaptation est déjà traité dans le cadre d’autres sujets de l’ordre du jour et d’organes de la CCNUCC.

Même si ce triplement du financement de l’adaptation ne constitue pas un objectif contraignant formellement adopté par la CMA, il s’agit d’un objectif indicatif convenu dans le cadre de la décision 12/CMA.7. Le fait de le réévoquer dans le projet de décision sur le GGA pour examen et adoption par la CMA-8 envoie un signal important politique sur la nécessité de combler l’écart entre le financement fourni pour l’adaptation et les besoins réels en la matière (cf. l’Adaptation Gap Report 2025 du Programme des Nations Unies pour l’Environnement, PNUE, lire notre Journal de la COP-30 | Jour 7).

Puisqu’à Bonn les Parties ne parvenaient pas à se mettre d’accord sur le sujet du GGA, y compris sur la question d’intégration de l’appel au triplement du financement de l’adaptation dans le projet de décision sur le GGA, les SB n’ont pas été en mesure d’adopter des conclusions sur ce sujet et ont renvoyé les discussions à leurs prochaines sessions, les SB-65, à Antalya (Turquie) du 9 au 14 novembre 2026.

 

Enjeu de la Conférence d’Antalya (CMA-8) : formaliser, dans une décision de la CMA, la fixation d’un nouvel objectif de financement de l’adaptation post-2025 assorti d’une année cible et d’une année de référence

 

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Plans nationaux d’adaptation

Contexte

Le processus des Plans nationaux d’adaptation (NAP) a été établi en vertu du cadre de Cancún pour l’adaptation (cf. Accords de Cancún, décision 1/CP.16, adoptés lors de la COP-16 (2010). Il s’agit d’un processus continu, progressif et itératif qui vise à faciliter la planification des mesures d’adaptation par les pays en développement. Ils constituent une forme d’opérationnalisation du volet « adaptation » de plus en plus intégré aux NDC des Parties, qui leur permet de définir les priorités et objectifs nationaux en matière d’adaptation. Le but des PNA est d’identifier les besoins et priorités en matière d’adaptation et de gestion des risques climatiques à moyen et à long terme et d’élaborer et de mettre en œuvre des stratégies et plans pour répondre à ces besoins.

La décision 1/CMA.5, issue de la phase politique du bilan mondial (Global Stocktake ou GST), adoptée le 13 décembre 2023 à Dubaï, appelait les Parties qui ne l’avaient pas encore fait à mettre en place leurs plans, politiques et processus nationaux de planification et de suivi, évaluation et apprentissage en matière d’adaptation d’ici 2025 et à avoir avancé dans leur mise en œuvre d’ici 2030 (cf. décision 1/CMA.5,§ 59).

 

 

Avancées réalisées à Bonn lors des SB-60 (juin 2024)

En ce qui concerne les discussions menées sur le volet adaptation lors des 60èmes sessions du SBSTA et du SBI à Bonn, le 2e axe a porté sur les plans nationaux d’adaptation. Dans le cadre de l’objectif mondial en matière d’adaptation, une couverture plus exhaustive de ces plans est visée d’ici 2030. Une évaluation du processus d’élaboration et de mise en œuvre des NAP est envisagée mais les discussions sur les modalités de cette évaluation avancent lentement.

Les discussions à Bonn ont fait ressortir des divergences d’opinion sur le rôle du financement du secteur privé dans l’adaptation et les retards importants accusés par les pays en développement pour recevoir un soutien financier pour élaborer leur NAP. Ceux-ci ne cessent de souligner qu’ils ont besoin d’un soutien financier non seulement pour mettre en œuvre leur NAP, mais aussi, et surtout, pour les élaborer.

Voir note informelle du SBI sur les NAP adoptée à Bonn (en date du 12 juin 2024 @17h30).

 

Avancées réalisées à Bakou (nov. 2024)

Selon IISD, les discussions sur les NAP ont enregistré des « progrès significatifs » au cours de la première semaine de la CMA-6. Au cours de la deuxième semaine, ces discussions ont pris une « importance cruciale », même si des divergences subsistaient sur de nombreuses questions.

Bakou a vu cinq versions du projet de texte sur les NAP et les négociations ont fait ressortir de fortes divergences sur plusieurs questions. Les Parties ont fini par se mettre d’accord sur le fait de reporter les négociations sur ce sujet aux sessions SB-62 (juin 2025). Ainsi, la CMA-6 a demandé aux SB de reprendre les négociations à Bonn sur le fond en vue de soumettre un projet de décision pour adoption par la CMA-7 à Belém. L’avant-dernière version du projet de texte élaborée à Bakou (version du 19/11/2024 @17h15, 6 pages) doit servir de base de ces négociations. A noter toutefois que ce document comporte 158 paires de crochets (indiquant des éléments de texte non encore tranchés et qu’il n’y a donc pas encore consensus sur le choix des options ou la formulation de texte), ainsi que 18 options à trancher. Ces nombreux crochets soulignent l’ampleur des divergences.

Peu avant minuit, le 19 novembre 2024, un projet final de texte a été publié (1 page, version @ 17h15), reportant la discussion sur les NAP à Bonn en juin 2025, en vue de recommander un projet de décision pour examen et adoption lors de la COP-30 en novembre 2025.

Un projet de texte de négociation actualisé (6 pages, version toujours datée du 19 nov. 2024 @ 17h15) a été publié le lendemain, le 20 novembre 2024, comprenant 159 crochets et 18 options, qui devait servir de base aux discussions à Bonn.

 

Avancées réalisées à Bonn lors des SB-62 (juin 2025)

A Bonn, les Parties se sont réunies en consultations informelles, en s’appuyant sur le projet de texte transmis par la CMA 6. Cependant, les Parties n’ont pas pu parvenir à un consensus sur ce sujet et les consultations n’ont donc pas donné lieu à un texte formel sous forme de projet de conclusions. Le SBI a convenu de poursuivre l’examen de cette question à la session SBI-63 (Belém, nov. 2025) sur la base du projet de texte du SBI-62 en vue de soumettre un projet de décision pour examen et adoption par la COP-30. A noter que ce projet de texte contient plus de 160 paires de crochets, ce qui indique des éléments non encore tranchés et que donc il n’y a pas encore consensus sur le choix des options ou la formulation de texte.

Voir projet de texte (draft text) du SBI-62 du 25 juin 2025.

 

 

Avancées réalisées à Belém (nov. 2025)

A Belém, lors de la CMA-7, les Parties ont examiné le projet de texte issu de la session SBI-62 et ont exprimé des divergences quant au rôle des moyens de mise en oeuvre (means of implementation, MoI : soutien financier, transfert de technologies et renforcement des capacités). Les pays en développement souhaitaient lier les progrès réalisés dans le cadre des NAP à la mise à disposition de ces moyens de mise en oeuvre, tandis que les pays développés préféraient mentionner un ensemble plus large de conditions propices à la mise en œuvre des NAP. Les discussions ont également fait ressortir des divergences d’opinion sur les références aux besoins spécifiques et aux circonstances particulières des PMA et des petits Etats insulaires. Au cours de la séance plénière de clôture, les PMA ont déploré l’absence de référence aux moyens de mise en œuvre dans la décision finale adoptée par la COP-30 (décision 8/CP.30).

Dans cette décision, en particulier, la COP-31 prend acte avec inquiétude du financement insuffisant fourni par les pays industrialisés pour l’élaboration et la mise en œuvre des NAP par les pays en développement.

 

Avancées réalisées à Bonn lors des SB-64 (juin 2026)

Le sujet des NAP n’a pas fait l’objet de discussions spécifiques lors des sessions SB-64 à Bonn.

 

Au 16 octobre 2025, 68 des 155 Parties hors annexe I (PED), soit 44%, avaient soumis leur PNA (voir liste des NAP soumis).

Enjeu de la Conférence d’Antalya (CMA-8) : renforcer le soutien à l’élaboration et à la mise en œuvre des NAP, en mettant l’accent sur l’assistance financière et technique.

 

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Fonds d’adaptation

Contexte

Le Fonds d’adaptation a été créé en 2001 afin de financer des projets et programmes concrets d’adaptation dans les pays en développement qui sont particulièrement vulnérables aux effets néfastes des changements climatiques. Le Fonds pour l’adaptation était initialement financé par la part des recettes correspondant à 2% de la vente des crédits d’émission certifiées (URCE ou en anglais : certified mission reduction credits, CER) issues des activités menées au titre du mécanisme pour un développement propre (MDP) du Protocole de Kyoto (art. 12), ainsi que par 2% de la vente des crédits d’émission (AAU) issus du marché carbone international (art. 17 du Protocole de Kyoto).

Au titre des décisions 13/CMA.1 et 1/CMP.14 (adoptées à Katowice en 2018), la COP et la CMA ont décidé que le Fonds pour l’adaptation servirait l’Accord de Paris dans le cadre de la CMA à compter du 1er janvier 2019. Les Parties ont également décidé qu’une fois que la part des recettes (en anglais : share of proceeds) serait disponible en vertu de l’article 6, paragraphe 4, de l’Accord de Paris, le Fonds pour l’adaptation ne servirait plus le Protocole de Kyoto. En outre, les Parties ont décidé, par les décisions 13/CMA.1 et 1/CMP.14, que le Fonds pour l’adaptation continuerait de recevoir la part des produits, si elle est disponible, provenant des activités menées au titre des articles 6, 12 et 17 du Protocole de Kyoto.

L’article 6.6 de l’Accord de Paris prévoit que « la CMA veille à ce qu’une part des fonds provenant de projets menés au titre du [mécanisme établi par l’article 6.4] soit utilisée pour aider les pays vulnérables à financer le coût de l’adaptation ». Dans le cadre des règles de mise en œuvre de l’Accord de Paris, conformément à la décision 3/CMA.3 (adoptée lors de la CMA-3 à Glasgow, en nov. 2021), au titre de l’article 6.4, les Parties ont décidé qu’une part obligatoire de 5% des recettes issues des échanges (crédits d’émission dits A6.4ER) sera prélevée pour alimenter le Fonds d’adaptation afin d’aider les pays en développement particulièrement vulnérables à couvrir les coûts d’adaptation.

Le Fonds pour l’adaptation est supervisé et géré par le Conseil du Fonds pour l’adaptation (Adaptation Fund Board ou AFB). L’AFB est composé de 16 membres et 16 suppléants et se réunit au moins deux fois par an (Composition de l’AFB).

À noter enfin que le total des engagements dans le cadre du fonds d’adaptation annoncés par les Parties lors de la COP-30, soit environ 135 M$, représente 45% de l’objectif minimal de mobilisation de ressources que le fonds s’est fixé pour la fin de la COP-30 (300 M$). C’est la troisième année consécutive que les objectifs que le fonds s’est fixés pour les COP-28, COP-29 et COP-30 n’ont pas été atteints.

En outre, ce total est légèrement plus que celui annoncé lors de la COP-29 (133 M$), mais moins que le total des contributions annoncées lors de la COP-28 à Dubaï en nov. 2023 (192 M$), lors de la COP-27 à Charm el-Cheikh en déc. 2022 (244 M$), et lors de la COP-26 à Glasgow en nov. 2021 (356 M$) (source : NRDC/Joe Thwaites d’après les engagements annoncés au cours l’année en question + lors de la COP en question, état au 17 nov. 2025).

 

 

Avancées réalisées à Belém (nov. 2025)

Dans sa décision 1/CMP.20 (adoptée à Belém, nov. 2025), la réunion des Parties au Protocole de Kyoto (CMP) a demandé aux Parties de poursuivre, lors de la session SBI-64 (Bonn, juin 2026), l’examen des questions sur :

  • la composition du Conseil d’administration du fonds d’adaptation ;
  • les dispositions permettant au Fonds de servir exclusivement l’Accord de Paris ; et
  • le lancement du cinquième réexamen (review) du fonds, sur la base des travaux menés lors de la session SBI-63 (Belém).

 

Dans cette décision, la CMP-20 constate avec préoccupation que l’objectif du Conseil d’administration du Fonds consistant à mobiliser 300 M$ par an auprès d’un plus grand nombre de contributeurs n’a pas été atteint et insiste sur le fait qu’il est urgent d’augmenter le montant des ressources financières versées, notamment sous la forme d’un soutien financier volontaire, en plus de la part des recettes prélevée sur les unités de réduction certifiée des émissions, de façon à soutenir les mesures de mobilisation de ressources prises par le Conseil du Fonds.

Par ailleurs, la CMP-20 accueille avec satisfaction la décision du Conseil d’administration du Fonds de relever :

  • le plafond par pays de 20 M$ à 40 M$,
  • le plafond de financement des projets et programmes nationaux de 10 M$ à 25 M$, et
  • le plafond de financement des projets et programmes régionaux (plurinationaux) de 14 M$ à 30 M$.

Enfin, la CMP-20 invite le Conseil d’administration du Fonds à réfléchir à des mesures envisageables pour accroître davantage, de manière équilibrée, le soutien apporté aux régions et aux groupes.

 

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Rappel des engagements de contribution au fonds d’adaptation annoncés à Belém

A Belém, le 17 novembre 2025, lors d’une réunion pour soulever des fonds pour alimenter le fonds d’adaptation, de nouveaux engagements de contributions totalisant 135 M$ ont été annoncés par neuf pays et une région :

  • Allemagne : 69,4 M€
  • Espagne : 23,1 M$
  • Suède : 13,8 M$
  • Irlande : 11,6 M$
  • Luxembourg : 5,8 M$
  • Suisse : 5,3 M$
  • région de Wallonie (Belgique) : 3,5 M$
  • Portugal : 1,2 M$
  • Corée du Sud : 820 000 $
  • Islande : 670 000 $.

A noter que le total des engagements annoncés pour 2025, soit 135 M$, ne représente que 45% de l’objectif minimal de mobilisation de ressources que le fonds s’est fixé la COP-30 (300 M$). C’est la troisième année consécutive que les objectifs que le fonds s’est fixés pour les COP-28, COP-29 et COP-30 n’ont pas été atteints.

Ce total des contributions annoncées lors de la COP-30 (135 d$) est légèrement plus que celui annoncé lors de la COP-29 (133 M$), mais moins que le total des contributions annoncées lors de la COP-28 à Dubaï en nov. 2023 (192 M$), lors de la COP-27 à Charm el-Cheikh en déc. 2022 (244 M$), et lors de la COP-26 à Glasgow en nov. 2021 (356 M$) (source : NRDC/Joe Thwaites d’après les engagements annoncés au cours l’année en question + lors de la COP en question, état au 17 nov. 2025).

Voir le site du fonds d’adaptation | Lire le communiqué du fonds du 17 nov. 2025.

 

Avancées réalisées à Bonn lors des SB-64 (juin 2026)

A Bonn, des consultations informelles ont été menées sur ce sujet. Elles ont fait ressortir des divergences d’opinion entre les Parties, surtout entre pas industrialisés et pays en développement.

En ce qui concerne le calendrier du cinquième réexamen du fonds, les Parties ont convenu de le mener une fois la transition effectuée du fonds vers un rôle exclusivement au service de l’Accord de Paris.

Le principal point de discorde portait sur la question de savoir si les progrès concernant la transition du fonds vers un rôle exclusivement au service de l’Accord de Paris (y compris les dispositions visant à monétiser les recettes (share of proceeds) issues des activités relevant de l’Article 6.4) devaient être liés à un consensus sur la composition du Conseil d’administration du fonds d’adaptation. Dans le cadre de cette transition, cette question a fait l’objet de vifs débats à Bonn. Les divergences d’opinion portaient notamment sur la définition des pays du Nord et du Sud : les pays industrialisés, et notamment l’UE, souhaitaient que la composition soit partagée entre « pays développés » et « pays en développement », catégories auxquelles l’Accord de Paris fait référence et qui sont donc pertinentes pour un fonds dont le rôle sera de servir exclusivement cet Accord.

En revanche, les pays en développement ont fait valoir que la composition du Conseil du fonds devrait continuer à être partagée entre « pays à l’annexe I » (pays industrialisés) d’un côté, et « pays hors annexe I » (pays en développement) de l’autre. Ces catégories, qui sont plus rigides que les catégories « pays développés » et « pays en développement », renvoient à la division binaire des pays de la planète opérée en 1992 dans le cadre de l’élaboration de la Convention Climat, sur la base d’un critère : pays membre de l’OCDE à l’époque ou non.

Ce qui sous-tend la position des pays industrialisés, c’est leur demande faite depuis plusieurs années que la base des pays contributeurs (contributor base) au financement climat en général soit élargie pour inclure les pays à revenu élevé : grands pays émergents (Chine, Corée du Sud, Singapour…) et pays du Golfe. Sans surprise, ces pays s’opposent fermement à cette demande.

En raison de cette impasse politique sur la composition du Conseil du fonds d’adaptation, les perspectives d’aboutir à l’adoption par la CMA-8 d’une décision sur ce sujet à Antalya s’éloignent alors que les besoins en matière de financement d’adaptation s’intensifient de jour en jour.

Le groupe G-77/Chine a souligné que les questions relatives aux dispositions de transition, à la composition du Conseil d’administration et au cinquième examen devaient être traitées séparément, et s’est prononcé pour l’élaboration d’un projet de décision distinct pour chacun des trois sujets.

Le dernier jour des sessions SB-64, le 18 juin 2026, les co-facilitateurs ont indiqué que les Parties n’étaient pas en mesure de se mettre d’accord lors d’une consultation des chefs de délégation sur les sujets en suspens et ont proposé des « conclusions de procédure » visant à poursuivre, lors de la session SBI-65 (9-14 nov. 2026 à Antalya, Turquie), l’examen de la composition du fonds, des dispositions transitoires et du cinquième examen et ce, sur la base du projet de texte issu de la session SBI-64. Les Parties ont essayé – en vain – de conserver les maigres avancées de Bonn, en se livrant à un long débat lors de consultations informelles, abordant notamment :

  • la référence à trois « mandats » distincts, plutôt qu’à des « sujets » (items) ;
  • le fait de mentionner les seuls progrès réalisés à cette session de Bonn sur le cinquième réexamen, sur lesquels tout le monde s’accordait, ou également ceux relatifs aux dispositions transitoires.

Après l’apport de plusieurs modifications, de discussions en petit comité (huddles) et plusieurs appels lancés à la Présidente du SBI pour qu’elle intervienne, les Parties sont finalement parvenues à un accord sur les conclusions du SBI.

Par conséquent, dans ses conclusions, le SBI a convenu de poursuivre l’examen de ces trois mandats lors de la session SBI-65 (9-14 nov. 2026 à Antalya, Turquie), sur la base des travaux et des progrès réalisés lors de la session SBI-64 à Bonn, ainsi que le projet de texte élaboré par les co-facilitateurs sur la base des discussions menées lors de cette session.

Enjeu de la Conférence d’Antalya (CMA-8) : mener à bien la transition du fonds d’adaptation vers un rôle exclusivement au service de l’Accord de Paris et définir la composition du Conseil d’administration (Board) du fonds

 

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Adaptation CCNUCC et Accord de Paris