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CCNUCC et Accord de Paris
Publié le 05 novembre 2026

Guide des négociations pour mieux comprendre les enjeux de la COP-31 sur le sujet de la transparence

Par : Mark Tuddenham

Modifié le : 06/11/2026
Réf . : 2026_11_13

 

Transparence

L’essentiel des enjeux

En amont de la Conférence de l’ONU sur le Climat, qui se tient du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya, Turquie, le Citepa vous propose un guide pour mieux comprendre où en étaient restées, avant l’ouverture de la cette conférence, les discussions sur le sujet de la transparence/MRV (suivi, rapportage et vérification des informations et données au titre de la CCNUCC, du Protocole de Kyoto et de l’Accord de Paris), et plus précisément sur les différents volets clés de ce sujet. Ce guide, qui se veut un document de référence, reprend l’historique des négociations sur ce sujet – depuis la COP-21 pour les volets majeurs – pour permettre aux lecteurs de mieux comprendre les enjeux actuels dudit sujet. L’article met en exergue notamment les étapes clés des négociations depuis 2015, les avancées réalisées, ainsi que les principaux problèmes rencontrés.

Concrètement, ce guide porte sur les volets suivants du sujet de la transparence :

  • MRV dans le cadre du régime pré-Paris : pays en développement ;
  • Les rapports de mise à jour biennaux et le processus de consultation et d’analyse internationales (ICA),
  • MRV dans le cadre du régime pré-Paris : pays industrialisés ;
  • Evaluation multilatérale,
  • Les rapports biennaux et le processus d’évaluation et d’analyse internationales (IAR) ;
  • MRV dans le cadre du régime de Paris : le cadre de transparence renforcée et l’examen multilatéral et facilitateur des progrès,
  • Cadre de transparence renforcée et les rapports biennaux de transparence
  • Examen multilatéral et facilitateur des progrès (FMCP) ;
  • Dialogues ministériels de haut niveau sur la transparence.

 

Suivi des négociations de la COP-31 – Transparence

en ligne à partir du 9/11

 

Déroulement Glossaire Agenda

 

Autres thématiques

 


Sommaire

 

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MRV dans le cadre du régime pré-Paris – pays en développement SBI

Les rapports de mise à jour biennaux et le processus de consultation et d’analyse internationales (ICA)

Au titre de la décision 1/CP.16 (paragraphe 60) adoptée à Cancún en 2010, en fonction de leurs capacités et du soutien fourni pour la communication d’informations, les pays en développement devaient soumettre des rapports de mise à jour biennaux (Biennal update reports ou BUR). Ceux-ci devaient contenir :

  • des mises à jour des inventaires nationaux d’émissions de GES,
  • des informations sur les actions de réduction mises en œuvre,
  • des besoins en soutien international, et
  • le soutien international effectivement reçu.

La décision 2/CP.17, adoptée à la COP-17 à Durban en 2011, a fixé l’échéance pour les pays en développement pour soumettre leur premier rapport de mise à jour biennal : 31 décembre 2014.

Au total, au 27 octobre 2026, sur les 154 Parties hors annexe I de la CCNUCC (pays en développement), 123 ont soumis leur premier BUR [date limite : 31 décembre 2014], 46 leur 2e BUR [date limite : 31 décembre 2016], 28 leur 3e BUR [date limite : 31 décembre 2018], 15 leur 4e BUR [date limite : 31 décembre 2020] et 5 Parties leur 5e et dernier BUR [date limite initiale : 31 décembre 2022, mais en vertu de la décision 1/CP.24 § 38, date limite modifiée : 31 décembre 2024] : Afrique du Sud, Argentine, Brésil, Chili et Singapour. Cela démontre notamment un manque de ressources financières et de capacités institutionnelles et techniques des pays en développement pour élaborer ces outils de MRV, d’où l’importance de la démarche du renforcement des capacités.

Voir liste des pays en développement ayant soumis leur premier, 2e, 3e, 4e et 5e BUR.

Par ailleurs, la décision 1/CP.16 (paragraphe 63) [adoptée à la COP-16 à Cancún en 2010] a lancé, au sein de l’organe subsidiaire pour la mise en œuvre (SBI) un processus de consultation et d’analyse internationales [processus dit ICA ou International Consultation and Analysis] des rapports de mise à jour biennaux de façon discrète, non punitive et dans le respect de la souveraineté nationale. L’ICA visait à accroître la transparence des actions de réduction et de leurs effets par le biais d’un examen réalisé par des experts techniques en concertation avec la Partie concernée, conduisant à l’élaboration d’un rapport de synthèse. La décision 2/CP.17 a défini les modalités et lignes directrices pour l’ICA (annexe IV).

Le processus ICA était composé de deux étapes :

Le processus ICA a contribué au renforcement des capacités des PED, ce qui a conduit à une amélioration de la qualité de leurs BUR.

Le FSV était organisé sous forme d’ateliers qui se déroulent sous l’égide du SBI.

Vingt ateliers ont eu lieu avant les sessions SB-65 :

 

MRV dans le cadre du régime pré-Paris – pays industrialisés SBI

Evaluation multilatérale

L’évaluation multilatérale (Multilateral Assessment ou MA) des rapports biennaux (BR) des pays industrialisés s’inscrivait dans le cadre du processus d’évaluation et d’analyse internationales (processus dit IAR ou International Assessment and Review) des pays industrialisés. Ce processus a démarré lors des sessions SB-59 lors de la COP-28, en décembre 2023.

Concrètement, les rapports biennaux (biennal reports ou BR) des pays industrialisés ont été soumis à cet exercice d’évaluation multilatérale de leurs objectifs nationaux de réduction des émissions de GES et des progrès qu’ils ont accomplis vers leur réalisation. Après une courte présentation des efforts accomplis par les Parties visées, les autres Parties avaient la possibilité de poser des questions directes.

Les cinquièmes et derniers rapports biennaux (dits BR5) devaient être soumis entre le 15 avril et le 31 décembre 2022. En amont de la COP-31 (au 27 oct. 2026), une seule Partie à l’Annexe I (sur 43) n’avait pas soumis son BR : Ukraine (voir liste des Parties).

 

Les rapports biennaux et le processus d’évaluation et d’analyse internationales (IAR)

Au titre des lignes directrices établies à l’annexe I de la décision 1/CP.16 [adoptée à Cancún (COP-16) en 2010], les rapports biennaux à soumettre par les Parties à l’annexe I (pays industrialisés) doivent inclure des informations sur :

  • les tendances observées en matière d’émissions de GES,
  • les objectifs quantifiés de réduction des émissions de GES,
  • les progrès accomplis vers la réalisation de ces objectifs [actions de réduction et leurs impacts, estimations des réductions et absorptions d’émissions, recours aux crédits d’émission issus des mécanismes de flexibilité,…],
  • les projections d’émissions,
  • le soutien mis à disposition des pays en développement [financement, transfert technologique et renforcement des capacités].

 

Au titre de la décision 1/CP.16 (paragraphe 44), la COP a décidé d’établir, au sein de l’organe subsidiaire pour la mise en œuvre (SBI), un processus d’évaluation internationale des réductions d’émission réalisées par rapport aux objectifs de réduction. Cette évaluation doit être rigoureuse, robuste et transparente et tenir compte des circonstances nationales, en vue de favoriser la comparabilité des efforts des pays industrialisés pour atteindre leurs objectifs de réduction et de renforcer la confiance entre eux. Ce processus est devenu en 2011 le processus d’évaluation et d’analyse internationales [processus dit IAR ou International Assessment and Review].

 

La décision 2/CP.17 [adoptée à Durban (COP-17) en 2011] a fixé l’échéance pour les pays industrialisés pour soumettre leur premier rapport biennal : 1er janvier 2014. Par cette décision, les Parties ont également adopté des lignes directrices pour l’établissement des rapports biennaux (annexe I) et des modalités et procédures pour l’IAR (annexe II).

 

Au titre de l’annexe II de la décision 2/CP.17, le processus de l’IAR comprend deux étapes :

  • un examen technique (technical review) des rapports biennaux, le cas échéant en corrélation avec les inventaires nationaux annuels des émissions de GES et des communications nationales des pays industrialisés. Cet examen technique doit aboutir à la rédaction d’un rapport d’examen propre à chaque pays industrialisé,
  • une évaluation multilatérale (multilateral assessment ou MA) des progrès accomplis par les pays développés en matière de réduction et d’absorption des émissions de GES par rapport à leurs objectifs de réduction. L’évaluation multilatérale est composée de trois étapes: (i) période de trois mois pour les questions/réponses en amont de la MA ; (ii) la MA pendant une session du SBI ; et (iii) la finalisation d’un rapport de synthèse (summary report) pour chaque pays industrialisé ayant fait l’objet de la MA.

 

La décision 23/CP.19 (partie IV) [adoptée à Varsovie en 2013], a amélioré le processus de vérification des rapports biennaux des pays industrialisés avec l’adoption de lignes directrices pour l’examen technique de ces rapports.

 

Le processus de l’IAR a démarré en janvier 2014 avec la remise des premiers rapports biennaux [et des 6èmes communications nationales] des pays industrialisés et leur examen technique par les équipes internationales d’experts.

 

Au total, il y a eu quatre cycles d’IAR :

 

1er cycle (en trois parties) :

  • SBI-41 à Lima (lors de la COP-20) en 2014,
  • SBI-42 à Bonn en 2015,
  • SBI-43 à Paris en 2015 (lors de la COP-21).

 

2e cycle (en trois parties) :

  • SBI-45 à Marrakech (lors de la COP-22) en 2016,
  • SBI-46 à Bonn en 2017,
  • SBI-47 à Bonn (lors de la COP-23) en 2017.

 

3e cycle (en trois parties) :

  • SBI-49 à Katowice (lors de la COP-24) en 2018,
  • SBI-50 à Bonn en 2019,
  • SBI-51 à Madrid (lors de la COP-25) en 2019.

 

4e cycle (en trois parties) :

 

5e cycle (en trois parties) :

  • SBI-59 (lors de la COP-28) en déc. 2022,
  • SBI-60 à Bonn en juin 2024,
  • SBI-61 : (lors de la COP-29) en nov. 2024.

 

Voir liste des Parties ayant soumis leur 5e BR.

Toutes les Parties de l’annexe I qui étaient soumises à l’évaluation multilatérale.

En bref, dans le cadre du régime MRV pré-Paris, les derniers rapports biennaux (BR) devaient être soumis au 31 décembre 2022 (pays développés) et les derniers rapports de mise à jour biennaux (BUR) devaient être soumis au 31 décembre 2024 (pays en développement) (cf. décision 1/CP.24 § 38).

 

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MRV dans le cadre du régime de Paris : le cadre de transparence renforcée et l’examen multilatéral et facilitateur des progrès SBI

Cadre de transparence renforcée et les rapports biennaux de transparence

L’article 13 de l’Accord de Paris a établi un nouveau dispositif de MRV (suivi, rapportage et vérification) dans un souci de transparence, dispositif appelé le cadre de transparence renforcée (enhanced transparency framework ou ETF). Celui-ci s’applique depuis le 1er janvier 2023 pour les pays industrialisés et depuis le 1er janvier 2025 pour les pays en développement (dont les pays émergents). Depuis le 1er janvier 2025, toutes les Parties ont donc des obligations de rapportage communes dans ce nouveau dispositif harmonisé de MRV, et notamment de soumettre un rapport biennal de transparence (BTR), tous les deux ans donc, comportant un rapport national d’inventaire (NIR) constitué :

  • d’un document d’inventaire dit « NID » (National Inventory Document),
  • de tableaux de résultats d’inventaire : les CRT (Common Reporting Tables).

Ce système unique qu’est le cadre de transparence renforcée, toutefois assorti d’un certain degré de différenciation pour les pays en développement, remplace les deux dispositifs précédents dans le régime MRV pré-Paris, l’un plus contraignant pour les pays développés (évaluation et réexamen internationaux [processus dit IAR ou International Assessment and Review]) et l’autre plus souple pour les pays en développement (consultation et analyse internationales [processus dit ICA ou International Consultation and Analysis]).

Dans le cadre du régime MRV pré-Paris, les derniers rapports biennaux (BR) devaient être soumis au 31 décembre 2022 (pays développés) et les derniers rapports de mise à jour biennaux (BUR) devaient être soumis au 31 décembre 2024 (pays en développement). Ainsi, le cadre de transparence s’applique aux Parties à l’Accord de Paris depuis le 1er janvier 2023 pour les pays développés, et depuis le 1er janvier 2025 pour les pays en développement.

Les Parties devaient soumettre leur premier BTR (dit BTR-1) au plus tard le 31 décembre 2024 (pays développés et pays en développement).

Au 27 octobre 2026, 136 Parties (dont 93 pays en développement) avaient soumis leur premier BTR sur les désormais 194 Parties à l’Accord de Paris (soit 70%) (voir liste des Parties et leur BTR).

Le 31 octobre 2025, le Secrétariat de la CCNUCC a publié un rapport de synthèse des premiers BTR soumis par les Parties.

Les Parties doivent soumettre leur 2e BTR (BTR-2) au plus tard le 31 décembre 2026. Au 27 octobre 2026, selon le tableau de bord sur le site de la CCNUCC, seules deux Parties avait soumis leur BTR-2 (la Colombie et la Turquie, qui détient la Présidence de la COP-31).

 

Avancées réalisées depuis l’adoption de l’Accord de Paris : Madrid (CMA-2, déc. 2019) et Glasgow (CMA-3, déc. 2021)

Même si les modalités, procédures et lignes directrices du cadre de transparence renforcée ont été adoptées à Katowice dans le cadre des règles de mise en œuvre (Rulebook) de l’Accord (cf. décision 18/CMA-1), il restait à mener à bien les travaux techniques sur la définition des formats de rapportage (dont les grandes lignes des futurs BTR) pour rendre ce cadre de transparence renforcée opérationnel.

En application de cette décision 18/CMA-1, les travaux techniques à réaliser pour concrétiser la mise en place du nouveau cadre de transparence renforcée ont été répartis en cinq sous-volets :

  • tableaux communs [dits CRT pour common reporting tables] pour le rapportage des données d’émissions de GES dans les inventaires nationaux ;
  • modèles de tableaux communs (common tabular formats) pour le rapportage des informations nécessaires pour suivre les progrès accomplis dans la mise en œuvre des NDC et la réalisation des objectifs ;
  • modèles de tableaux communs (common tabular formats) pour le rapportage des informations sur le soutien fourni par les pays industrialisés aux pays en développement en matière de financement, de transfert de technologies et de renforcement des capacités ;
  • grandes lignes du rapport biennal au titre de la transparence (BTR) et de l’inventaire national ;
  • programme de formation pour les experts techniques qui participent aux revues techniques par des experts (technical expert reviews).

 

Les négociations se sont poursuivies sur ces modalités techniques du cadre de transparence renforcée (les tableaux de rapportage pour les cinq sous-volets de l’article 13) en 2019 lors de la CMA-2 à Madrid où elles sont restées en suspens faute de consensus. Elles ont été reprises lors de la CMA-3 en 2021 à Glasgow où ces modalités techniques ont été finalisées et établies dans la décision 5/CMA.3. Ainsi, après des négociations intenses et difficiles, les Parties sont parvenues à un consensus sur la façon dont il faut suivre et communiquer les informations, via ces tableaux de rapportage établis en annexe de cette décision :

  • annexe I : tableaux communs pour le rapportage des données d’émissions de GES dans les inventaires nationaux ;
  • annexe II : modèles de tableaux communs pour le rapportage des informations nécessaires pour suivre les progrès accomplis dans la mise en œuvre des NDC et la réalisation des objectifs qui y sont fixés ;
  • annexe III : modèles de tableaux communs pour le rapportage des informations sur le soutien fourni par les pays industrialisés aux pays en développement en matière de financement, de transfert de technologies et de renforcement des capacités ;
  • annexes IV, V et VI : grandes lignes du rapport de transparence biennal (BTR) et de l’inventaire national ;
  • annexe VII : programme de formation pour les experts techniques qui participent aux revues techniques par des experts (technical expert reviews).

 

Ces formats de rapportage constituent le socle de l’Accord pour garantir la transparence et la base indispensable pour évaluer les progrès réalisés. L’objectif de ces tableaux de rapportage est donc de pouvoir communiquer à la CCNUCC des informations transparentes, précises, cohérentes, harmonisées et comparables sur les actions (atténuation, adaptation) mises en œuvre et sur le soutien financier fourni ou reçu par les Parties.

Les Parties doivent s’appuyer sur les lignes directrices 2006 du GIEC (et celles adoptées par la suite une fois approuvées par la CMA) pour élaborer leur inventaire national d’émissions de GES. Les valeurs PRG du 5e rapport d’évaluation du GIEC s’appliquent aux Parties de l’Accord de Paris depuis le 1er janvier 2023 pour les pays développés et depuis le 1er janvier 2025 pour les pays en développement.

Conformément à l’article 13, paragraphes 14 et 15 de l’Accord de Paris, un soutien doit être fourni aux pays en développement par les pays industrialisés pour la mise en œuvre de l’ensemble de cet article 13 sur le cadre de transparence renforcée, et pour renforcer en permanence les capacités des pays en développement en matière de transparence.

Ce cadre de rapportage des informations vise surtout à accroître la transparence, puisque les Parties vont pouvoir voir ce que font les uns les autres, ce qui devrait contribuer à renforcer la confiance mutuelle.

 

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Avancées réalisées depuis l’adoption de l’Accord de Paris : Dubaï (CMA-5, déc. 2023)

Enfin, à Dubaï en décembre 2023, la CMA-5 a adopté la décision 18/CMA.5 qui, entre autres, a demandé au Secrétariat de la CCNUCC d’organiser un atelier qui devait se tenir lors de la session SBI-60 (juin 2024) avec les parties prenantes concernées (Fonds pour l’environnement mondial,…) sur le soutien dont peuvent bénéficier les pays en développement pour élaborer leurs rapports biennaux au titre de la transparence (BTR) et renforcer leurs capacités institutionnelles et leurs systèmes de rapportage nationaux pour la mise en œuvre du cadre de transparence renforcée (paragraphe 14). Cet atelier a eu lieu au sein du SBI-60 le 4 juin 2024.

La décision 18/CMA.5 a également demandé au Secrétariat de la CCNUCC d’organiser un dialogue pour partager l’expérience dans la collecte, la gestion et l’analyse, notamment par les pays industrialisés, des données susceptibles d’être utiles pour aider les pays en développement à mettre en œuvre le cadre de transparence renforcée (paragraphe 15). Ce dialogue a eu lieu au sein du SBI-60 le 10 juin 2024. Voir programme.

 

Examen multilatéral et facilitateur des progrès (FMCP)

Au titre du cadre de transparence renforcée, un examen multilatéral et facilitateur des progrès accomplis (Facilitative multilateral consideration of progress ou FMCP) doit être entrepris concernant les efforts consentis par les Parties :

  • au titre de l’article 9 de l’Accord de Paris (financement) ;
  • la mise en œuvre par la Partie de son NDC ; et
  • la réalisation des objectifs fixés par celle-ci.

Le FMCP permet de mener un dialogue ouvert avec les Parties sur les actions, les succès, les défis et les problèmes en matière d’action climat.

Le FMCP s’appuie sur l’expérience acquise dans le cadre de la Convention Climat grâce à l’évaluation multilatérale (MA) et à l’échange non-coercitif des points de vue (FSV), qui ont constitué un élément clé des processus d’évaluation et d’examen internationaux (IAR) et de consultation et d’analyse internationales (ICA).

Source : CCNUCC.

Le FMCP sert de plateforme d’échange multilatéral, offrant aux Parties l’occasion de dialoguer, de partager leurs expériences et d’apprendre les unes des autres en matière de bonnes pratiques dans la mise en œuvre des mesures et du soutien en faveur du climat, afin de faire progresser l’effort collectif visant à atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

Le FMCP permet aux Parties d’exprimer leurs réussites et de signaler leurs lacunes et leurs besoins en matière de renforcement des capacités pour la préparation de leur inventaire d’émission de GES, la mise en œuvre de mesures d’atténuation et d’adaptation, ainsi que la mise à disposition et la réception d’un soutien (financement, transfert de technologies et/ou renforcement des capacités). Cet échange d’informations et d’idées vise à favoriser la solidarité et la compréhension mutuelle entre les pays.

La première réunion du groupe de travail sur l’examen multilatéral et facilitateur des progrès (FMCP-1) a eu lieu le 21 juin 2025 lors de la session SBI-62 à Bonn. Les BTR de trois Parties ont été soumis à cet exercice : Andorre, Guyane et Panama.

La 2e réunion du groupe de travail sur l’examen multilatéral et facilitateur des progrès (FMCP-2) a eu lieu le 15 novembre 2025 lors de la session SBI-63 à Belém. Les BTR de neuf Parties ont été soumis à cet exercice : UE, Afrique du Sud, Côte d’Ivoire, Finlande, Kazakhstan, Pays-Bas, Slovaquie, Espagne et Suisse.

La 3e réunion du groupe de travail sur l’examen multilatéral et facilitateur des progrès (FMCP-3) a eu lieu du 10 au 13 juin 2026 lors de la session SBI-64 à Bonn. Ainsi, les BTR de 37 Parties ont été soumis à cet exercice : Azerbaïdjan, Brésil, Turquie, Australie, Autriche, Belgique, Danemark, Allemagne, Irlande, Indonésie, Malaisie, Singapour, Thaïlande, Canada, Japon, Nouvelle-Zélande, Norvège, Royaume-Uni, France, Italie, Lettonie, Lituanie, Suède, Argentine, Chili, Costa Rica, Equateur, Uruguay, Mexique, Bhutan, Chine, Maldives, Ouzbékistan, Géorgie, Ghana, Kenya, Ile Maurice (voir liste intégrale des 37 Parties visées).

La 4e réunion du groupe de travail sur l’examen multilatéral et facilitateur des progrès (FMCP-4) aura eu lieu les 9-10 et les 13-14 novembre 2026 lors de la session SBI-65 à Antalya, Turquie. Ainsi, les BTR de 34 Parties seront soumis à cet exercice : Burkina Faso, Maroc, Niger, Tunisie, Belize, Colombie, Cuba, Honduras, Pérou, République tchèque, Estonie, Liechtenstein, Pologne, Moldavie, Gabon, Malawi, Namibie, Rwanda, Zimbabwe, Bulgarie, Croatie, Grèce, Portugal, Serbie, Vatican, Liban, Paraguay, Inde, Russie, Tadjikistan, Brunei Darussalam, Îles Solomon, Sri Lanka, Vanuatu,

 

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Dialogues ministériels de haut niveau sur la transparence

Une dynamique politique est indispensable à la mise en œuvre efficace du cadre de transparence renforcée (ETF), car son potentiel intégral ne peut être exploité que s’il existe un engagement politique soutenu de haut niveau visant à garantir des ressources suffisantes, à accorder la priorité à ce dispositif au niveau des Parties et à aligner les efforts en matière de transparence sur des ambitions climat plus larges.

Les Présidences de la COP jouent un rôle clé dans la mobilisation de ce soutien. Elles occupent une position unique pour réunir les décideurs, mobiliser la volonté politique et maintenir la visibilité de l’ETF dans le cadre plus large de l’action climat. La tenue de dialogues ministériels de haut niveau lors des COP constitue un outil important permettant aux présidences de maintenir cette dynamique, de faire le point sur la mise en œuvre de l’ETF — y compris les progrès réalisés, les défis et les opportunités —, ainsi que de diffuser les messages clés issus du dispositif de l’ETF.

Lors de la COP-29, une table ronde ministérielle sur la transparence de l’action climat mondial (Ministerial Roundtable on Global Climate Transparency) a eu lieu le 18 novembre 2024 à Bakou. Elle a été convoquée et co-animée par le Japon, l’Afrique du Sud, les Etats-Unis, l’Italie et le Kazakhstan.

 

Dialogue ministériel de haut niveau de 2025

Le dialogue ministériel de haut niveau sur la transparence : le premier cycle du cadre de transparence renforcée convoqué le 13 novembre 2025 par les Présidences de la COP 29 et de la COP 30 visait à offrir aux décideurs politiques une tribune pour débattre des priorités dans le cadre de l’ETF. Il visait notamment à mettre en avant les messages clés du rapport de synthèse sur les BTR dans le cadre des conclusions de la COP 30, soulignant ainsi la nécessité de renforcer les actions et le soutien, et fournissant des outils pour identifier les politiques efficaces, les lacunes restantes et les pistes permettant d’accélérer les progrès vers la réalisation des objectifs des NDC.

L’objectif était également de transformer ce dialogue ministériel de haut niveau sur la transparence en rendez-vous annuel des futures COP, afin de garantir que la transparence conserve son rôle central dans le cadre de l’action climat, en éclairant les futures politiques climat et en renforçant la confiance entre les Parties.

 

Dialogue ministériel de haut niveau de 2026

Sous l’égide de la Présidence turque de la COP-31, un dialogue ministériel de haut niveau aura lieu le 17 novembre 2026 à Antalya, Turquie. Cet événement réunira le Président turc de la COP 31, le Président australien des négociations, le Secrétaire exécutif de la CCNUCC, des ministres et des hauts représentants des Parties, ainsi que des représentants d’organisations intergouvernementales. L’objet de ce dialogue sera de saluer les progrès accomplis dans la mise en œuvre du cadre de transparence renforcée et de maintenir l’engagement politique en faveur d’une mise en œuvre durable et renforcée des mesures de transparence au titre de l’Accord de Paris.

Ce dialogue offrira l’occasion de mettre en exergue les Parties qui ont soumis ou prévoient de soumettre leur BTR avant le 31 décembre 2026. Étant donné que les pays les moins avancés (PMA) et les petits États insulaires peuvent soumettre leurs BTR à leur discrétion, compte tenu de leurs circonstances particulières, ce dialogue offrira également un espace aux pays de ces deux catégories qui prévoient de soumettre leur BTR en 2027.

Voir message du Secrétaire exécutif de la CCNUCC aux Parties, publié le 21 octobre 2026.

 

 

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