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Climat Climat
Monde
Publié le 05 novembre 2026

Guide des négociations pour mieux comprendre les enjeux de la COP-31 sur le sujet de l’atténuation

Par : Mark Tuddenham

Modifié le : 06/11/2026
Réf . : 2026_11_04

 

Atténuation

L’essentiel des enjeux

En amont de la Conférence de l’ONU sur le Climat, qui se tient du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya, Turquie, le Citepa vous propose un guide pour mieux comprendre où en étaient restées, avant l’ouverture de la cette conférence, les négociations sur le sujet de l’atténuation, et plus précisément sur les différents volets clés de ce sujet. Ce guide, qui se veut un document de référence, reprend l’historique des négociations sur ce sujet – depuis la COP-21 pour les volets majeurs – pour permettre aux lecteurs de mieux comprendre les enjeux actuels dudit sujet. L’article met en exergue notamment les étapes clés des négociations depuis 2015, les avancées réalisées, ainsi que les principaux problèmes rencontrés.

Concrètement, ce guide porte sur les volets suivants du sujet de l’atténuation :

  • Les contributions nationales (NDC) ;
  • Le programme de travail sur l’ambition et la mise en œuvre en matière d’atténuation (MWP) ;
  • Mise en place de deux nouveaux processus pour renforcer l’ambition et la mise en œuvre des actions d’atténuation.

 

 

Déroulement Glossaire Agenda

 

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Sommaire

 

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Les NDC

Ambition 2035 : niveau d’ambition individuelle

Les contributions nationales (NDC), à savoir les plans climat nationaux des Parties à l’Accord de Paris sont au cœur du régime de Paris (article 4). Les NDC sont le principal instrument prévu par l’Accord de Paris pour encadrer la réduction des émissions de GES par les Parties. Celles-ci ont l’obligation de soumettre une NDC tous les cinq ans (cf. art. 4.9). Les NDC successifs de chaque Partie représenteront une progression par rapport à la NDC précédente qui correspondra à son plus haut niveau d’ambition possible (cf. art. 4.4). Il y a eu deux cycles de NDC déjà : 2015, puis 2020-2021 avec les engagements des Etats allant jusqu’en 2030. On en est aujourd’hui au 3e cycle avec les engagements des Etats allant jusqu’en 2035.

L’article 4.5 de l’Accord de Paris établit l’obligation pour les pays industrialisés de fournir « un soutien [shall be provided] aux pays en développement pour la mise en œuvre de l’ensemble de l’article 4 [consacrée à l’atténuation et plus spécifiquement aux NDC], conformément aux articles 9 [financement], 10 [transfert de technologies] et 11 [renforcement des capactés], étant entendu qu’un soutien renforcé en faveur des pays en développement leur permettra de prendre des mesures plus ambitieuses

Les objectifs des NDC actuelles sont insuffisants au regard des objectifs +1,5°C et de +2°C. Compte tenu de cette insuffisance, le renforcement de l’ambition 2035 des Etats via leur NDC 3.0 sera donc un enjeu majeur lors de la COP-31, d’autant plus que les Parties devaient soumettre leur NDC 3.0 en 2025 et qu’elles doivent couvrir la période jusqu’en 2035 et ce, conformément au mécanisme de révision quinquennale des NDC, juridiquement contraignant (cf. art. 4.2) (cf. décision 1/CP.21, § 23 et 24).

L’échéance formelle pour la remise des NDC 3.0 était le 10 février 2025 : au moins neuf à 12 mois en amont de la CMA-7 (le 10 novembre 2025), soit entre le 10 novembre 2024 et le 10 février 2025 (cf. décision 1/CP.21, § 25). A Glasgow, lors de la 3e réunion des Parties à l’Accord de Paris (CMA-3, nov. 2021), les Parties ont été « encouragées » à soumettre leur NDC 3.0 en 2025 avec pour date de fin 2035 (décision 6/CMA.3, § 2). Cette échéance a été réaffirmée dans le cadre du bilan mondial (Global Stocktake) réalisé à Dubaï (nov. 2023) (cf. paragraphe 166 de la décision 1/CMA.5).

A Glasgow, les Parties ont également été priées de revoir et d’améliorer les objectifs fixés pour 2030 dans leurs NDC pour qu’ils s’alignent avec une trajectoire d’émissions de GES qui soit compatible avec les objectifs de +2°C et +1,5°C (cf. Pacte de Glasgow : décision 1/CMA.3, § 29).

Par ailleurs, les NDC 3.0 devraient prendre en compte les résultats du premier Bilan mondial (Global Stocktake) actés à Dubaï (décision 1/CMA.5), et notamment la traduction des engagements pris en actions concrètes, et surtout les objectifs du § 28, au premier rang desquels :

  • 28(d) : assurer une transition juste, ordonnée et équitable vers une sortie des énergies fossiles dans les systèmes énergétiques
  • 28(a) : tripler la capacité mondiale de production des EnR et doubler le taux annuel moyen mondial d’amélioration de l’efficacité énergétique d’ici 2030
  • 28(f) : accélérer une réduction forte des émissions de GES hors CO2, en particulier les émissions de CH4.

 

Or, à l’échéance formelle du 10 février 2025, seules 15 Parties à l’Accord de Paris avaient soumis leur NDC 3.0 (Emirats arabes unis, Brésil, USA, Botswana, Uruguay, Suisse, UK, Nouvelle-Zélande, Andorre, Lesotho, Equateur, Sainte-Lucie, Iles Marshall, Singapour et Zimbabwe (dont quatre pays industrialisés).

Au 30 octobre 2026, 148 autres Parties (147 pays + l’UE en tant qu’organisation régionale d’intégration économique) avaient également soumis leur NDC 3.0 Canada, Japon, Monténégro, Maldives, Cuba, Kenya, Moldavie, Népal, Belize, Norvège, Monaco, Cambodge, Iles Solomon, Barbade, Somalie, Liechtenstein, Serbie, Angola, Vatican, Australie, Nicaragua, Honduras, Tunisie, Jordanie, Nigeria, Eswatini, Tonga, Chili, Mongolie, Vanuatu, Micronésie, Pakistan, Libéria, Sri Lanka, Tuvalu, Ethiopie, Ile Maurice, Bangladesh, Russie, Seychelles, Liban, Islande, Panama, Saint Vincent-et-les-Grenadines, Kirghizistan, Malaisie, Afrique du Sud, Indonésie, Zambie, Venezuela, Mauritanie, Brunei Darussalam, Côte d’Ivoire, Cap Verte, Chine, Thaïlande, Mozambique, Azerbaïdjan, UE-27 (une seule et unique NDC couvrant l’ensemble des Vingt-sept), Surinam, Pérou, Paraguay, Iles Fidji, Guinée, Ouzbékistan, Bahamas, Turquie, Burundi, Bhutan, Belarus, Ukraine, Djibouti, Iraq, Costa Rica, Mexique, Qatar, Kazakhstan, Bahreïn, Rwanda, Sierra Leone, Zambie, Colombie, El Salvador, Gabon, Corée du Sud, Arabie saoudite, Burkina Faso, Arménie, Niue, Nauru, Samoa, Honduras, Trinité et Tobago, Palau, Congo, Erythrée, République centrafricaine, Georgie, Iles Comores, Inde, Benin, Timor-Leste, République dominicaine, Cameroun, Algérie, Malawi, Guyane, Oman, Palestine, Sao Tomé et Principe, Gambie, Togo, Philippines, Madagascar, Albanie, Guinée-Bissau, Niger, Tchad, Grenade, Guinée équatoriale, Papouasie-Nouvelle-Guinée (dont 38 pays industrialisé + l’UE).

A noter surtout que 18 sur les 19 pays du G20 avaient soumis leur NDC 3.0 : Afrique du Sud, Arabie saoudite, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, Inde, Indonésie, Japon, Mexique, Russie, Turquie, UK et USA, ainsi que l’Allemagne, la France et l’Italie via l’UE, Manquent à l’appel encore l’Argentine.

Ainsi, au total, 163 Parties à l’Accord de Paris sur les désormais 194 (moins les Etats-Unis depuis le 27 janvier 2026), soit 84% du total, ont soumis leur NDC 3.0 (restent donc 31 Parties à soumettre leur NDC).

Voir liste des NDC soumises sur le site de la CCNUCC,

Voir outil de suivi des NDC soumises du World Resources Institute : ils prévoient de lancer un nouvel outil de suivi des NDC 3.0 (2025 NDC Tracker),

Voir aussi l’outil de suivi des objectifs/engagements des Etats mis en place par Climate Action Tracker.

Voir le 5e rapport de synthèse établi par le Secrétariat de la CCNUCC, publié le 28 octobre 2025 : il couvre 64 NDC 3.0 (couvrant 64 Parties) soumises à la CCNUCC via le registre NDC du 1er janvier 2024 au 30 sept. 2025. Donc il fournit un aperçu partiel de l’impact des objectifs et mesures fixés par ces 64 NDC sur la trajectoire des émissions de GES aux horizons 2030 et 2035. Voir la mise à jour de cette synthèse publiée le 10 nov. 2025 par le Secrétariat de la CCNUCC pour prendre en compte les NDC soumises après l’échéance du 30 septembre 2025. Voir également l’annexe technique de cette mise à jour.

 

Enjeu de la Conférence d’Antalya (CMA-8) : les pays grands émetteurs devraient tant renforcer leurs objectifs de réduction fixés dans leur NDC 3.0 que mettre en œuvre des mesures pour atteindre ces objectifs. Les pays grands émetteurs qui n’ont pas encore soumis leur NDC 3.0 devraient le faire le plus rapidement possible.

 

Ambition 2035 : niveau d’ambition collective

Outre les NDC 3.0 des Parties à titre individuel, l’impact collectif de l’ensemble des NDC 3.0 sera d’une importance majeure à Antalya.

Aujourd’hui, il existe encore un écart important entre la science et l’ambition aux horizons 2030 et 2035, c’est-à-dire entre, d’une part, les projections d’émissions de GES à l’horizon 2030 et 2035 basées sur les engagements de réduction des NDC (dont les NDC 3.0), et d’autre part le niveau d’ambition collective nécessaire en 2030 et en 2035 pour ramener les émissions mondiales sur une trajectoire d’émissions de GES compatible avec le plus faible dépassement de l’objectif de +1,5°C ou sur une trajectoire compatible avec un niveau de réchauffement en dessous de +2°C. Selon le PNUE (Emissions Gap Report 2026, publié le 21 oct. 2026) qui fait autorité en la matière, pour la trajectoire compatible avec le plus faible dépassement de l’objectif de +1,5°C, cet écart en 2030 serait compris entre 5 GtCO2e et 7 GtCO2e. Quant à l’écart en 2035, il serait compris entre 16 GtCO2e et 19 GtCO2e.

 Sur la base des NDC actuelles, toujours selon le PNUE, le réchauffement se situerait entre +2,6°C [objectifs conditionnels des NDC actuelles + objectifs inconditionnels des NDC actuelles] et +2,7°C [objectifs inconditionnels des NDC actuelles seulement].

Enfin, le Secrétariat de la CCNUCC a publié fin octobre 2026 son rapport de synthèse de l’impact agrégé des NDC 3.0 soumises avant le 30 septembre 2025.

La COP-31 (ou plutôt la CMA-8) fournira l’occasion de vérifier si les Parties ont intégré dans leur NDC les acquis politiques du bilan mondial, et surtout la transition vers la sortie des combustibles fossiles.

 

Il faut cibler non seulement les émissions des pays industrialisés mais aussi, et surtout, celles des pays en développement (PED), en premier lieu les pays émergents car ceux-ci représentent 58% des émissions mondiales de GES en 2025 (contre 30% en 1990) (source : calculs Citepa d’après base de données EDGAR/Commission européenne) et elles contribuent le plus à la croissance annuelle des émissions.

 

Part des émissions de GES des pays émergents dans les émissions mondiales totales 1990-2025 (en %)

1990

Part des pays industrialisés : 60% | Part des pays émergents : 30% | Part des autres PED : 10%

2025

Part des pays industrialisés : 31% | Part des pays émergents : 58% | Part des autres PED : 11%

  1. Emissions territoriales (hors UTCATF).

 

C’était en 2007 que la part des pays émergents a dépassé celle des pays industrialisés 46% contre 45%, puis en 2008 47% contre 44%.

Part des émissions de GES des pays émergents dans les émissions mondiales totales 1990-2025 (en %)

(source : calculs Citepa d’après base de données EDGAR/Commission européenne).

 

Enjeu de la Conférence d’Antalya (CMA-8) : prendre acte du déficit d’ambition collective des NDC et définir une feuille de route ou établir un processus pour réduire, voire combler ce déficit (« rectifier le tir » comme dit le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres) : cela passe forcément par le renforcement des NDC 3.0

 

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Le programme de travail sur l’ambition et la mise en œuvre en matière d’atténuation (MWP)

Les Parties vont reprendre les négociations dans le cadre du programme de travail sur l’ambition et la mise en œuvre en matière d’atténuation (MWP). Les négociations avancent très lentement en raison de fortes divergences observées à Dubaï (décembre 2023), à Bakou (novembre 2024) et à Belém (novembre 2025), surtout entre pays industrialisés et pays en développement. Les Parties devront surmonter leurs fortes divergences pour faire aboutir les négociations sur une décision à la hauteur des enjeux de l’atténuation. In fine, il s’agira pour la CMA-8 de faire déboucher le programme MWP sur des résultats concrets, tant en matière de réduction collective des émissions qui soient compatibles avec les objectifs de +2°C et de +1,5°C, qu’en matière de mise en œuvre.

 

Avancées réalisées à Glasgow (2021), Bonn (2022) et Charm el-Cheikh (2022)

A Glasgow, lors de la 3e réunion des Parties à l’Accord de Paris (CMA-3), celles-ci s’étaient mises d’accord pour lancer un programme de travail pour relever de façon urgente le niveau d’ambition collectif en matière d’atténuation (cf. Pacte de Glasgow : décision 1/CMA.3, § 27). La CMA-3 avait également demandé conjointement au SBSTA et au SBI de lui soumettre un projet de décision sur cette question pour examen et adoption à la CMA-4 à Charm el-Cheikh. La concrétisation de ce programme de travail avançait très lentement faute de consensus entre pays industrialisés et pays en développement. Ainsi, les sessions intermédiaires de négociations intermédiaires du SBSTA-56 et du SBI-56 de Bonn (6-16 juin 2022 – lire notre article) n’ont abouti à aucune avancée concrète.

C’était donc retour à la case départ à Charm el-Cheikh (nov. 2022) : ainsi, lors de la CMA-4, les Parties sont parvenues à adopter la décision 4/CMA.4 pour amorcer la concrétisation de ce programme de travail, désormais dénommé programme de travail sur l’ambition et la mise en œuvre en matière d’atténuation (Mitigation ambition and implementation work programme ou MWP). Cette décision a formellement défini le mandat et les modalités procédurales du MWP. Il est mené conjointement sous l’égide du SBSTA et du SBI.

La décision 4/CMA.4 était faible car elle précisait essentiellement les modalités procédurales pour la mise en œuvre du programme de travail :

  • la mise en œuvre du programme devait démarrer après la fin de la Conférence de Charm el-Cheikh,
  • il est mené sous l’égide de la CMA,
  • le programme de travail prévoit au moins deux dialogues par an.

 

Surtout, la décision soulignait que les résultats qui en découleront seraient « non-coercitifs, non-punitifs, basés sur la facilitation, respectueux de la souveraineté nationale et des circonstances nationales, en prenant en compte le fait que les NDC sont déterminées au niveau national et n’imposeront pas de nouveaux objectifs ou de nouvelles cibles ».

 

Ainsi, sous l’égide de la CMA sur 2023-2026, les travaux du MWP sont essentiellement menés sous forme de dialogues.

 

Par ailleurs, les négociations à Charm el-Cheikh ont fait ressortir fortes divergences d’opinion entre les Parties sur la durée de ce programme :

  • d’un côté, l’UE, les Etats-Unis et les pays vulnérables soutenaient une date de fin des travaux en 2030 pour produire des résultats concrets,
  • de l’autre côté, la Chine, l’Inde, et le groupe des pays arabes préféraient une durée de 12 mois (2023).

 

Les Parties ont fini par trouver un compromis : 2026, toutefois avec la possibilité pour la CMA-8 en 2026 de décider de poursuivre ce programme de travail.

 

La CMA-4 a également décidé, via la décision 4/CMA.4 (paragraphe 8), de tenir au moins deux dialogues mondiaux (Global Dialogues) chaque année dans le cadre du programme de travail, l’un avant la première session des organes subsidiaires à Bonn, à partir de la 58e session (SB-58, 5-15 juin 2023), et l’autre avant la 2e session des organes subsidiaires (en même temps que la COP), à partir de la 59ème session (30 nov. – 6 déc. 2023).

Le premier dialogue mondial s’est tenu les 3-4 juin 2023 à la veille de l’ouverture des SB-58. Voir programme et note d’information des co-Présidents du programme de travail MWP (du 2 juin 2023).

Le 2e dialogue mondial a eu lieu à Abu Dhabi les 15-16 octobre 2023. Voir programme et note d’information.

Le 3e dialogue mondial a eu lieu à Bonn le 27-29 mai 2024. Voir programme et synthèse des résultats.

Le 4e dialogue mondial a eu lieu à Charm el-Cheikh les 4-5 octobre 2024. Voir programme et note d’information.

Le 5e dialogue mondial a eu lieu à Panama City, Panama les 19-20 mai 2025. Voir programme et synthèse des résultats.

Le 6e dialogue mondial a eu lieu à Addis Ababa, Ethopie les 5-6 septembre 2025. Voir programme et synthèse

Le 7e dialogue mondial a eu lieu à Yeosu, Corée du Sud du 21 au 23 avril 2026. Voir programme et synthèse.

Le 8e dialogue mondial a eu lieu à Sydney, Australie du 28 au 30 septembre 2026. Voir programme.

 

Avancées réalisées à Dubaï (décembre 2023)

Lors de la CMA-5, à Dubaï en décembre 2023, les négociations ont fait ressortir de fortes divergences sur le mandat du programme de travail MWP, et notamment sur la question de savoir s’il couvre le sujet des combustibles fossiles et si la décision finale devait contenir des messages politiques. La CMA-5 n’a pas débouché sur des avancées concrètes sur le fond, les seuls progrès réalisés ayant été uniquement en termes d’ateliers et de débats. La décision finale (décision 4/CMA.5) était plutôt de nature procédurale (axée sur la forme plutôt que sur le fond) en raison du manque de consensus sur le mandat du programme de travail et sur la question de savoir qui doit assumer la responsabilité de réduction des émissions et comment. Les références à l’objectif +1,5°C qui figuraient dans la version précédente du projet de décision (version du 9 déc. @00h30) ont été supprimées : « la CMA note l’évaluation du Giec, selon laquelle les impacts du changement climatique seront beaucoup plus faibles avec un réchauffement à +1,5°C qu’à +2°C et en notant la détermination [collective] de poursuivre les efforts pour limiter le réchauffement à +1,5°C » [7e considérant] ;  « la CMA souligne l’importance d’accélérer la transition énergétique juste pour maintenir le réchauffement bien en dessous de +2°C, tout en poursuivant les efforts pour le limiter à +1,5°C » [§ 5]. A également été supprimé le passage suivant : [11e considérant] : « la CMA note qu’il est urgent que les Parties renforcent leurs efforts collectifs de réduction des émissions par la mise en œuvre accélérée des mesures de réduction nationales » (NDC). Ainsi, le texte final de la décision 4/CMA.5 a été vidé de toute substance.

 

Avancées réalisées à Bonn (juin 2024)

Malgré des négociations intenses, les Parties ne sont pas parvenues à un consensus sur un projet de conclusions en raison des divergences sur la question de savoir s’il fallait viser un résultat procédural (sur la forme) ou un résultat sur le fond. Comme lors de la CMA-5, à Dubaï en décembre 2023, les divergences entre Parties portaient en grande partie sur le mandat du programme de travail, et notamment à l’égard des résultats du bilan mondial (Global stocktake ou GST) obtenus au terme de sa phase politique qui s’est déroulée à Dubaï.

D’un côté, plusieurs groupes de négociation (AOSIS, pays de l’Amérique latine [AILAC], UE,) ou Parties individuelles (Japon,…) se sont prononcés pour un projet de décision qui refléterait et s’appuierait sur les résultats du GST. En effet, aux termes du paragraphe 186 de la décision 1/CMA.5 sur le GST, « la CMA invite les responsables des programmes de travail et des organes constitués relevant de l’Accord de Paris à prendre en considération les résultats pertinents du GST dans la planification de leurs futurs travaux, dans le respect de leurs mandats ».

De l’autre côté, le groupe de négociation des pays en développement ayant une vision similaire (Like-Minded Developing Countries ou LMDC), Chine en tête, et le groupe de négociation des pays arabes (le groupe arabe), Arabie saoudite en tête, ont refusé de participer constructivement aux discussions sur le volet MWP. Ainsi, ils ont soutenuque le paragraphe 186 de la décision 1/CMA.5 ne s’applique pas au MWP et se sont opposés à ce que les résultats du GST (et notamment toute mention de la nécessité de s’éloigner des combustibles fossiles [« transitioning away from fossil fuels »[1]], cf. décision 1/CMA.5, paragraphe 28d) soient repris dans le projet de décision à élaborer pour examen lors de la CMA-6 à Bakou.

Ce sujet à l’ordre du jour (agenda item) des travaux des SB et de la CMA était le seul qui soit explicitement axé sur l’atténuation, d’où l’importance de débloquer et d’accélérer les négociations, étant donné le besoin urgent de réduire les émissions mondiales de GES. Selon Fernanda Carvalho, chargée de politique climat et énergie mondiale auprès du WWF International, « il faut accélérer radicalement les travaux sur le MWP et sur les discussions sur les contributions nationales (NDC)… Les discussions sur l’atténuation à Bonn – ou manque de discussions – sont complétement déconnectées d’une réalité triste : la fenêtre de tir pour respecter l’objectif +1,5°C se ferme rapidement… » (propos rapportés par Carbon Brief, 13 juin 2024).

Le groupe de négociation LMDC, le groupe africain et le groupe arabe ont souligné que le MWP ne devrait pas imposer d’objectifs aux pays, soutenant au contraire que l’objectif du programme était de faciliter les dialogues. De nouveaux objectifs via l’intégration de messages clés iraient au-delà du mandat du MWP et imposeraient des charges supplémentaires aux pays en développement.

Ces divergences de position – entre les Parties en faveur d’un projet de texte portant sur le fond du sujet, assorti d’objectifs concrets, et celles préférant un projet de texte de nature strictement procédurale – ont continué pendant toute la durée des négociations sur ce volet.

Le dernier jour des négociations sur ce volet, le 12 juin 2024, les co-facilitateurs ont présenté un texte sous forme de projet de conclusions, ainsi qu’une note informelle (les deux documents datent du 11 juin 2024). Le groupe LMDC et le groupe arabe ont refusé de les examiner, soutenant que les co-facilitateurs n’avaient pas reçu de mandat pour les rédiger.

En raison de ces profondes divergences, les Parties n’ont pas pu se mettre d’accord sur un projet de conclusions.

 

Avancées réalisées à Bakou (nov. 2024)

Les négociations sur le MWP ont repris lors des sessions SB-61 à Bakou qui a vu de vifs débats sur les résultats attendus des travaux du MWP :  devraient-ils :

  • aboutir à des résultats concrets ou simplement procéduraux ?
  • s’articuler avec les résultats du bilan mondial adoptés à Dubaï (décision 1/CMA.5) et avec les NDC ?
  • envoyer des messages politiques de haut niveau ?

La principale pomme de discorde était la question de savoir si le MWP devrait inclure des actions de réduction (transition vers la sortie des fossiles). Pour les pays industrialisés, il était essentiel de lier le MWP au bilan mondial et aux NDC alors que pour les groupes LMDC et arabe, l’intégration du bilan mondial ou des NDC dans le MWP était une ligne rouge. A la fin de la 1ère semaine, il n’y a pas eu de consensus sur la note informelle (version du 15 nov. 2024@17h00, 10 p.) établie par les co-facilitateurs sur la base des négociations. Cette note a repris les deux engagements phares sur les combustibles fossiles, établis dans les paragraphes 28(d) [transition vers la sortie des fossiles] et 28(h) [élimination progressive des subventions aux fossiles] de la décision 1/CMA.5 sur les résultats du bilan mondial (adoptée à Dubaï).

Les groupes LMDC, arabe et africain ont rejeté la note, soutenant qu’elle dépassait le mandat du MWP. Le 16 nov. 2024, une coalition de pays industrialisés, de petits États insulaires, de pays les moins avancés et de certains pays d’Amérique latine souhaitait discuter de la question de savoir comment faire avancer ces deux engagements dans le cadre du MWP. Lors de la plénière de clôture des SB, plusieurs Parties  (Arabie saoudite, groupe LMDC, Iran, Inde,…) se sont vigoureusement opposées à cette proposition. En raison de ce clivage de positions sur le mandat du MWP, ses deux co-Présidents ont proposé de ne pas poursuivre les négociations pendant la 2e semaine, mais de les reporter aux sessions SB-62 à Bonn (juin 2025), ce qui aurait signifié que tous les travaux de la 1ère semaine n’auraient pas été pris en compte.

Au début de la 2e semaine, le 18 nov. 2024, lors d’une session plénière, plusieurs pays ont exprimé leur grande déception quant à l’état d’avancement des négociations sur l’atténuation et ils ont refusé de reporter les discussions à juin 2025. Certaines Parties (dont l’Australie) ont implicitement critiqué l’Arabie saoudite qui cherchait constamment à bloquer tout progrès sur la mise en œuvre de l’objectif de la transition vers la sortie des combustibles fossiles. Le Président de la COP-29 a donc décidé de ressusciter les négociations sur le MWP pour la 2e semaine, en nommant deux Ministres (Norvège et Afrique du Sud) pour piloter les consultations politiques sur la démarche à suivre sur ce volet. Ce n’est que l’avant-dernier jour de la COP-29 (le 21 nov. 2024) que la 1ère version du projet de texte de négociation a été proposée par la Présidence (version du 21/11/2024 @03h00 – ramenée à trois pages par rapport à 10 que contenait la note informelle du 15 nov. 2024) sur la base d’éléments de texte soumis par les co-facilitateurs des consultations politiques. Les deux engagements sur les combustibles fossiles établis dans la note informelle du 15 nov. ont été supprimés. Cette 1ère version projet de texte ne comportait aucune articulation avec les résultats du bilan mondial. Il a été vivement critiqué par les pays industrialisés : l’envoyée spéciale de l’Allemagne pour le climat, Jennifer Morgan, l’a ainsi qualifié de « recul  majeur » (« A big step back », source : Climate Home News, 27 nov. 2024).

Le 22 nov. 2024, une 2e version du projet de texte de négociation a été publiée (version du 22/11/2024 @11h30). Les trois références à l’objectif +1,5°C inscrites dans le préambule de la 1ère version ont été supprimées, ce qui excluait donc la possibilité d’envoyer des messages politiques forts sur le processus de mise à jour des NDC. Cette 2e version ne comportait pas non plus de référence aux engagements sur les combustibles fossiles, ni de langage concret et spécifique sur les mesures de réduction nécessaires. Elle était essentiellement axée sur les éléments de procédure, notamment les dialogues menés dans le cadre du MWP. C’est ce texte qui a été adopté en décision finale : la décision 2/CMA.6.

 

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Avancées réalisées à Bonn (juin 2025)

Les délégués réunis à Bonn ont poursuivi les négociations sur le MWP sous forme de consultations. Celles-ci ont commencé par des discussions tendues le 18 juin 2025 (source : IISD/ENB, 18 juin 2025). L’Alliance des petits Etats insulaires (AOSIS) a notamment souligné que le MWP ne remplissait pas son mandat de renforcer l’ambition et la mise en œuvre des mesures d’atténuation, tandis que l’Association des Etats indépendants d’Amérique latine et des Caraïbes (AILAC) a déploré l’absence de résultats concrets des cinq premiers dialogues dans le cadre du MWP.

Les Parties ont ensuite examiné :

  • la création d’une plate-forme numérique pour faciliter la mise en œuvre des actions d’atténuation, conformément au mandat de la décision 2/CMA.6, et
  • les éléments d’un projet de décision pour examen et adoption par la CMA 7.

Les discussions ont fait ressortir de fortes divergences d’opinion sur ces deux volets. Sur le premier, plusieurs Parties (UE, Royaume-Uni, Canada,…) ont mis en garde contre la duplication des efforts. D’autres Parties (les groupes AOSIS et AILAC notamment) ont souligné que la création d’une plateforme ne devrait pas primer sur la finalité de base du MWP laquelle consiste à renforcer l’ambition en matière d’atténuation.

Sur le 2e volet, les Parties n’ont pas été en mesure de parvenir à un consensus.

Les Parties n’ont pas non plus pu tomber d’accord sur la question de savoir si le MWP devrait continuer au-delà de l’échéance officielle prévue pour son achèvement, en 2026.

Enfin, les consultations n’ont pas donné lieu à un texte formel sous forme de projet de conclusions. Les SB ont donc fini par convenir de poursuivre l’examen de ce sujet lors des sessions SB-63. Les co-facilitateurs des consultations ont élaboré une note informelle sur les discussions de Bonn.

Voir note informelle du 26 juin 2025.

 

Avancées réalisées à Belém (nov. 2025)

À Belém, les discussions ont été notamment axées sur l’amélioration du MWP et la poursuite des travaux ou non au-delà de 2026. Ces discussions ont fait ressortir des divergences d’opinion sur le besoin d’un processus visant à examiner la question de la poursuite ou non des travaux du MWP. Malgré ces divergences, la CMA-7 a fini par dégager un consensus pour adopter une décision (décision 13/CMA.7). Sachant que, conformément à la décision 4/CMA.4, les résultats qui découlent du MWP seront « non-coercitifs, non-punitifs, basés sur la facilitation, respectueux de la souveraineté nationale et des circonstances nationales, en prenant en compte le fait que les NDC sont déterminées au niveau national et n’imposeront pas de nouveaux objectifs ou de nouvelles cibles », il allait de soi que les négociations sur ce volet n’allaient pas aboutir à un renforcement de l’ambition collective ou individuelle. Depuis sa mise en place (2021), les décisions adoptées par la CMA (CMA-4, CMA-5 et CMA-6) ont essentiellement été axés sur les éléments de procédure, notamment sur les dialogues menés dans le cadre du MWP. La décision adoptée à Belém suit la même tendance et ce, malgré le fait que la COP-30 (et la CMA-7) était censée être la COP de l’ambition.

Lors de la séance plénière de clôture de la CMA, le Président Corrêa do Lago a adopté la décision, en frappant le marteau sur la table. La Colombie a soulevé une motion d’ordre (une objection), soulignant qu’avant l’adoption de la décision, elle avait soulevé une motion d’ordre, mais que celle-ci avait été ignorée. Elle s’est donc opposée à l’adoption de la décision sur le MWP à moins qu’elle ne soit modifiée pour préciser que les thèmes des dialogues mondiaux de 2026 seront l’industrie et les trajectoires à suivre pour mettre en œuvre la transition vers l’abandon des combustibles fossiles de manière juste, ordonnée et équitable, conformément aux meilleures données scientifiques disponibles, afin de maintenir l’objectif de +1,5°C à portée de main. Le Président Corrêa do Lago a suspendu la séance plénière afin de consulter les Parties et le Secrétariat. Reprenant la séance plénière une heure plus tard, le Président Corrêa do Lago a informé les Parties que le Secrétariat avait confirmé que la décision avait été adoptée et qu’elle était donc définitive. (Source : Summary of the 2025 Belém Climate Change Conference, Earth Negotiations Bulletin, vol. 12 n°888, 25 nov. 2025).

Dans la décision 13/CMA.7 adoptée à Belém, la CMA rappelle la décision 4/CMA.4 (§ 5), au titre de laquelle il a été décidé que la mise en œuvre du MWP continue jusqu’à la CMA-8 (nov. 2026) en vue d’adopter une décision sur la poursuite du MWP (ou non) lors de cette CMA-8 [§ 15]. Dans cette perspective, la CMA a invité les Parties, les observateurs et les autres parties prenantes à soumettre avant le 15 avril 2026, leurs points de vue sur les opportunités, les meilleures pratiques, les solutions réalisables, les défis et les obstacles liés à la poursuite, au fonctionnement et à l’efficacité du MWP, en vue d’un échange de points de vue lors des session SB-64 (juin 2026).

A noter enfin qu’en dépit du périmètre d’action du MWP (renforcement d’ambition), la décision de Belém, comme les décisions de la CMA-5 (décision 4/CMA.5) et de la CMA-6 (décision 2/CMA.6), n’a fait aucune référence à la cause principale du dérèglement climatique, à savoir les combustibles fossiles. En revanche, celle de la CMA-4 (décision 4/CMA.4) “appell[e] les Parties à [accélérer] leurs efforts vers une réduction de la production d’électricité à base de charbon non assortie de dispositifs de CSC et vers l’élimination progressive des subventions inefficaces aux combustibles fossiles » (§ 28).

 

Avancées réalisées à Bonn (juin 2026) : le programme MWP

A Bonn, des consultations informelles ont été menées sur le MWP, seul sujet spécifiquement sur la réduction des émissions de GES à l’ordre du jour formel du processus de la CCNUCC. Les Parties ont poursuivi l’échange de points de vue sur la question de savoir quelles suites donner au MWP, notamment sa durée et son périmètre, son articulation avec d’autres processus de la CCNUCC, ainsi que ses modalités.

Les discussions ont fait ressortir, une fois de plus, des divergences d’opinion sur ce que devraient être le périmètre du MWP et sur quels sujets il devrait se concentrer. Alors que certains groupes de négociation, notamment l’AOSIS et l’AILAC, ont estimé qu’il devrait contribuer à la mise en œuvre des résultats du bilan mondial (Global Stocktake ou GST), éclairer les futurs GST ainsi que les NDC, d’autres Parties ont préféré qu’il se concentre principalement sur le soutien à la mise en œuvre des NDC. En particulier, les grands pays émergents, encore très dépendants des énergies fossiles, s’opposent à un mandat plus ambitieux et plus concret du MWP. Cette prise de position s’explique par le fait qu’un MWP doté d’un mandat plus ambitieux en termes d’atténuation impliquerait qu’ils devraient consentir des efforts de réduction supplémentaires.

L’UE a qualifié le MWP comme le seul espace permettant de discuter des efforts d’atténuation, en particulier des moyens de renforcer les NDC, de les aligner sur l’objectif de +1,5°C et d’assurer leur mise en œuvre. Le groupe de négociation LMDC et le groupe arabe se sont opposés à tout lien entre le MWP et le GST.

Les discussions sur la poursuite du MWP ont également fait ressortir des points de vue divergents. Les pays les moins avancés ont proposé de maintenir le MWP comme sujet permanent de l’ordre du jour et de mettre en place un mécanisme technique ou un comité approprié pour faciliter la traduction des discussions en actions concrètes. L’Inde, l’Égypte, le Koweït et les Émirats arabes unis se sont opposés à la prolongation du mandat du MWP, soulignant qu’il était axé sur « cette décennie cruciale ». L’AILAC a fait valoir que la référence à « cette décennie cruciale » renvoyait à l’urgence des mesures d’atténuation plutôt qu’à une date de fin fixe, et a exhorté les Parties à ne pas s’en servir comme prétexte pour ne pas prolonger le mandat au-delà de 2030.

Au terme de cet échange de points de vue, les Parties ne sont pas parvenues à se mettre d’accord sur la question de savoir si et comment il devait être rapporté par écrit. Plusieurs Parties et groupes de négociation, notamment l’UE, l’AOSIS, l’AILAC, la Corée du Sud, le Canada et la Suisse, ont demandé aux co-facilitateurs d’élaborer une note informelle rendant compte des points de vue des Parties. Le groupe LMDC, le groupe arabe et le groupe africain ont souligné que, compte tenu des divergences persistantes des points de vue, toute note informelle ne devrait inclure que des rubriques générales, sans points de vue sur le fond.

À titre de solution de compromis, les co-facilitateurs ont élaboré trois documents :

  • un projet de conclusions ;
  • une note informelle contenant des titres de sections ; et
  • une note de réflexion non exhaustive de l’échange des points de vue qui a eu lieu lors de cette session à Bonn.

De nombreuses Parties, notamment les pays les moins avancés, l’AILAC, l’AOSIS, la Corée du Sud, le Canada, la Nouvelle-Zélande et la Norvège, se sont prononcées en faveur du maintien des trois documents et se sont déclarées être disposées à travailler sur ceux-ci. Le groupe LMDC, le groupe africain, le groupe arabe et la Russie se sont opposés à la note de réflexion, faisant valoir qu’elle ne reflétait pas de manière adéquate l’ensemble des points de vue exprimés par toutes les Parties et qu’elle contenait également des éléments qui ne relevaient pas du mandat du MWP.

Bien que les trois documents aient fait l’objet de plusieurs révisions, les Parties ne parvenaient toujours pas à dégager un consensus sur lesquels des trois documents il convenait de transmettre à la CMA-8 pour examen et adoption. Etant donné ce blocage, les Présidents des SB ont convoqué une réunion des chefs de délégation dans la soirée du 18 juin 2026 pour tenter de régler les questions en suspens mais les Parties ont été incapables de parvenir à un consensus.

Les SB n’ont donc pas été en mesure de conclure l’examen de ce sujet à Bonn, ni d’adopter des conclusions là-dessus, et ont convenu de reprendre les discussions lors de leurs prochaines sessions, les SB-65, à Antalya (Turquie) du 9 au 14 novembre 2026.

Enjeu de la Conférence de Bakou (CMA-8) : avancer sur la concrétisation du programme de travail MWP pour qu’il débouche, une fois pour toutes, sur des résultats concrets en matière d’ambition et mise en œuvre.

 

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Mise en place de deux nouveaux processus pour renforcer l’ambition et la mise en œuvre des actions d’atténuation

A Belém, dans le cadre de la décision chapeau dite « Mutirão » (décision 1/CMA.7), adoptée à l’initiative de la Présidence brésilienne, deux nouveaux processus ont été créés pour renforcer l’ambition et la mise en œuvre des actions d’atténuation :

 

Accélérateur mondial de mise en œuvre (Global Implementation Accelerator)

[§ 41 de la décision 1/CMA.7] La CMA décide, en réponse à l’urgence climatique, aux écarts [entre la science et l’ambition ; entre les politiques climat et l’action climat sur le terrain] et aux défis, afin d’accélérer la mise en œuvre, la solidarité et la coopération internationale, de lancer l’Accélérateur mondial de mise en œuvre [de l’action climat], en tant qu’initiative coopérative, non-coercitive et volontaire sous le pilotage des Présidences de la CMA-7 (Brésil) et de la CMA-8 (Turquie/Australie), afin d’accélérer la mise en œuvre par tous les acteurs [sous-entendu dont les acteurs non-étatiques] pour maintenir l’objectif de +1,5°C à portée de main et d’aider les pays à mettre en œuvre leurs NDC et leurs plans nationaux d’adaptation en tenant compte des décisions adoptées par la CMA depuis la CMA-1, telles que le Consensus des Émirats arabes unis ;

Les Présidences de la CMA-7 et de la CMA-8 sont chargés de présenter un rapport de synthèse de leurs travaux lors de la CMA-8.

Il s’agit donc d’une initiative volontaire, pas de lien concret aux processus formels existants de la CCNUCC, ce qui limite son potentiel et sa force.

Le Consensus des Émirats arabes unis était un paquet adopté à Dubaï composé de six décisions de la CMA.5, dont la décision 1/CMA.5 sur le bilan mondial qui fixe les engagements des Parties dans le cadre du « paquet sur la transition énergétique » (§28a à §28h), parmi lesquels « opérer une transition juste, ordonnée et équitable vers une sortie des combustibles fossiles dans les systèmes énergétiques » (§28d).

Donc, la décision « Mutirão » établit bel et bien un lien – sans le citer explicitement – avec cette décision clé. La décision « Mutirão » ne fait pas de mention explicite de la décision 1/CMA.5 en raison de l’opposition des pétro-Etats (Arabie saoudite en tête). C’est surtout autour de ce paragraphe que les Parties se sont divisées dans la dernière ligne droite des négociations, dans la nuit du 21 au 22 novembre 2025, ce qui souligne à quel point la décision phare de Dubaï reste contestée par certains Etats (Arabie saoudite en tête). Ainsi, il y avait deux camps : l’UE et le groupe AILAC (pays d’Amérique du Sud et des Caraïbes) versus les pétro-Etats.

En clair, ce paragraphe 41 établit un lien – sans le citer explicitement – avec la décision 1/CMA.5.

 

Mission de Belém vers 1,5

[§ 42] la CMA décide de lancer, sous le pilotage des Présidences de la CMA-6, de la CMA-7 et de la CMA-8, la « Mission de Belém vers 1,5 », qui vise à permettre l’ambition et la mise en œuvre des NDC et des plans nationaux d’adaptation, afin de réfléchir à l’accélération de la mise en œuvre de ces deux documents, ainsi qu’à la coopération internationale et aux investissements à cet égard.

La CMA demande à ces trois Présidences d’élaborer un rapport de synthèse de ces travaux pour présenter lors de leur achèvement à la CMA-8 (2026).

La 1ère version du projet de décision « mutirão » (version 18 nov. 2025 @ 07h30) prévoyait une option plus ambitieuse dans son paragraphe 44 :

  • «la CMA décide d’instaurer un examen annuel du rapport de synthèse des NDC et du rapport de synthèse des rapports biennaux sur la transparence (BTR) […] afin de combler les lacunes en matière d’ambition et de mise en œuvre, de permettre le partage des connaissances et des bonnes pratiques, de renforcer et de mettre en œuvre les NDC, en vue de les aligner avec les trajectoires compatibles avec l’objectif de +1,5 °C et conformément aux efforts mondiaux convenus dans le cadre du premier bilan mondial, y compris en […] opérant la transition vers la sortie des combustibles fossiles […[, ainsi qu’en mettant fin et en inversant la déforestation et la dégradation des forêts d’ici 2030 »

Cette option a été supprimée dans la 2e version du projet de décision « Mutirão » (version du 21 nov. 2025 @ 03h00).

  1. à noter le terme « annual consideration » et non le terme plus fort « annual review ».

 

Avancées réalisées à Bonn lors des sessions SB-64 (juin 2026) : l’Accélérateur mondial de mise en œuvre

A Bonn, le 12 juin 2026, sous le pilotage des Présidences de la COP-30 et de la COP-31, un événement mandaté a eu lieu sur l’Accélérateur mondial de mise en œuvre [de l’action climat] (Global Implementation Accelerator ou GIA). Le Président de la COP-30 a ouvert cet événement et a décrit le GIA comme faisant partie d’un « deuxième niveau » de multilatéralisme climat axé sur l’accélération de la mise en œuvre en dehors des négociations formelles. Il a souligné que, contrairement aux résultats négociés, la mise en œuvre ne nécessite pas de consensus et a appelé à mobiliser tous les acteurs et toutes les ressources pour renforcer la résilience, accélérer l’action climat et maintenir l’objectif de 1,5°C à portée de main.

Sally Box, future Présidente des négociations de la COP-31 (Australie), a souligné que le GIA identifierait et accélérerait un nombre limité de solutions à fort impact susceptibles de déclencher un changement mondial, et mettrait en relation les solutions sélectionnées avec des financements, des outils techniques et des partenaires de mise en œuvre.

Le groupe LMDC a souligné que l’initiative devrait :

  • rester pilotée par les Parties,
  • jouer un rôle de facilitation et être volontaire,
  • éviter de formuler des recommandations politiques ; et
  • aborder l’atténuation, l’adaptation, ainsi que les pertes et préjudices de manière équilibrée.

 

Avancées réalisées à Bonn lors des sessions SB-64 (juin 2026) : la mission vers 1,5

A Bonn, le 12 juin 2026, les Présidences de la COP-29, de la COP-30 et de la COP-31 ont mené une consultation avec les Parties et les acteurs non-étatiques sur la Mission de Belém vers l’objectif +1,5°C. La future Présidence des négociations de la COP-31 (Australie) a rendu compte des résultats de l’appel à contributions visant à aider à façonner le processus, qui se poursuivra jusqu’en 2026 dans le but de publier un rapport à l’intention des décideurs avant la COP-31. Afin de contribuer à la Mission de Belém vers la réalisation de l’objectif +1,5°C et sur la base des contributions soumises par les Parties à la CCNUCC, les trois Présidences avaient précédemment invité toutes les Parties et les acteurs non-étatiques à contribuer ensemble à définir les contours de cette Mission Belém et à faire part de leurs attentes, de leur expertise et de leurs points de vue.

L’UE s’est déclarée favorable à la poursuite de ces travaux au-delà de la COP-31, en les reliant au 2e bilan mondial (Global Stocktake) qui aura lieu en 2028, et a exhorté les Parties qui ne l’ont pas encore fait à soumettre de nouvelles NDC. L’AILAC a proposé d’élaborer des feuilles de route intégrées pour la transition. L’Arabie saoudite a souligné le caractère volontaire de cette initiative, précisant qu’elle n’était liée à aucun programme de travail ni à aucun organe de la CCNUCC. L’Égypte a insisté sur le fait que les suggestions visant à relier les résultats de cette initiative ou tout élément du Programme d’action (Action Agenda, programme qui fédère et mobilise les actions à titre volontaire des acteurs non-étatiques) au processus formel étaient « inacceptables et inutiles ».

Voir note de cadrage des trois Présidences.

[1] En français : « Opérer une transition juste, ordonnée et équitable vers une sortie des combustibles fossiles dans les systèmes énergétiques. » (source : CCNUCC).

 

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