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Climat Climat
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CCNUCC et Accord de Paris
Publié le 05 novembre 2026

Guide des négociations pour mieux comprendre les enjeux de la COP-31 sur le sujet du financement climat

Par : Mark Tuddenham

Modifié le : 06/11/2026
Réf . : 2026_11_05

 

Financement

L’essentiel des enjeux

En amont de la Conférence de l’ONU sur le Climat, qui se tient du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya, Turquie, le Citepa vous propose un guide pour mieux comprendre où en étaient restées, avant l’ouverture de la cette conférence, les négociations sur le sujet du financement climat, et plus précisément sur les différents volets clés de ce sujet. Ce guide, qui se veut un document de référence, reprend l’historique des négociations sur ce sujet – depuis la COP-21 pour les volets majeurs – pour permettre aux lecteurs de mieux comprendre les enjeux actuels dudit sujet. L’article met en exergue notamment les étapes clés des négociations depuis 2015, les avancées réalisées, ainsi que les principaux problèmes rencontrés.

Concrètement, ce guide porte sur les volets suivants du sujet du financement climat :

  • L’objectif des 100 Md$ par an ;
  • Le nouvel objectif collectif chiffré en matière de financement climat pour la période post-2025 ;
  • Nouveaux engagements financiers ;
  • Article 9.5 : communication ex ante d’informations sur le financement climat ;
  • Article 2.1(c) : rendre les flux financiers compatibles avec une trajectoire d’émissions bas-carbone.

 

Suivi des négociations de la COP-31 – Financement climat

en ligne à partir du 9/11

 

Déroulement Glossaire Agenda

 

Autres thématiques 

 


Sommaire

 

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Financement climat (article 9)

Le financement des actions climat des pays en développement par les pays industrialisés, sujet très controversé, voire clivant, constitue le « nerf de la guerre » des négociations au sein de la CCNUCC et surtout une source de tensions vives, voire de blocages lors des négociations depuis de très nombreuses années, surtout entre pays du Sud et pays du Nord.

Les négociations à Antalya vont se dérouler dans le contexte du nouvel objectif collectif chiffré en matière de financement climat pour la période post-2025, objectif fixé à Bakou dans la dernière ligne droite des négociations le 23 novembre 2024.

Même si l’objectif des 100 Md$ par an à partir de 2020, fixé en 2009 et confirmé en 2010, a été atteint en 2022 (avec deux ans de retard donc), la non-atteinte de cet objectif en son année cible de 2020 et en 2021 a eu pour conséquence d’éroder sérieusement la confiance des pays en développement vis-à-vis des pays industrialisés et de freiner les progrès dans les autres axes de négociation (notamment l’atténuation). Pour rétablir la confiance entre les pays du Sud et les pays du Nord, ces derniers devraient faire preuve d’efforts renforcés pour accroître le financement climat public et privé et ce, sous forme de dons (subventions) plutôt que des prêts pour ne pas alourdir davantage le fardeau de la dette des pays bénéficiaires. Ce défi s’avère d’autant plus difficile à relever en cette année de crise du détroit d’Ormuz avec tous les problèmes que cela comporte, au premier rang desquels la forte hausse du prix des combustibles et carburants et par corollaire les contraintes budgétaires des gouvernements nationaux.

Le financement climat joue également un rôle crucial dans le renforcement de l’ambition des pays en développement. Ceux-ci ne manqueront pas de soulever, lors de la COP-31, l’atteinte tardive de l’objectif et notamment le déséquilibre persistant entre atténuation et adaptation, et de critiquer vivement le manque d’ambition des pays industrialisés en termes de financement climat.

 

L’objectif des 100 Md$ par an en 2020

Contexte

Lors de la COP-15 (2009 à Copenhague), les pays industrialisés s’étaient mis d’accord sur un objectif collectif : ils s’étaient engagés à mobiliser et à fournir, avant 2020, 100 milliards de $ US par an, à partir de sources publiques et privées, bilatérales et multilatérales, pour répondre aux besoins des pays en développement (PED) en matière d’atténuation et d’adaptation. Cet engagement avait été inscrit dans le paragraphe 8 de l’Accord de Copenhague (décision 2/CP.15) et formalisé dans le cadre des Accords de Cancún adoptés lors de la COP-16 (2010) et plus précisément au paragraphe 98 de la décision 1/CP.16. Une part appréciable de ce financement doit être acheminée via le Fonds vert [de Copenhague] pour le climat (Green Climate Fund ou GCF), établi également par l’Accord de Copenhague (paragraphe 10).

Lors de la COP-21 (2015 à Paris), l’objectif collectif avait été réitéré et prolongé jusqu’en 2025 (cf. paragraphe 53 de la décision 1/CP.21 accompagnant l’Accord de Paris). Au titre de l’article 9 paragraphe 4 de l’Accord de Paris, les Parties doivent viser à parvenir à un équilibre pour le financement climat des deux volets de l’action climat (atténuation et adaptation).

Pour les pays en développement, la concrétisation intégrale de l’engagement des 100 Md$/an par les pays industrialisés est considérée comme une condition sine qua non pour rétablir la confiance entre les deux catégories de pays. Ainsi, le dossier financement climat constitue depuis près de 20 ans une véritable pierre d’achoppement des négociations climat dans le cadre de la CCNUCC. Le sujet financement est crucial lors des COP car il constitue un préalable à toute avancée sur les autres sujets de négociation. Même si les experts s’accordent à reconnaître que les besoins financiers réels des pays en développement sont bien plus élevés que 100 Md$ par an, cet objectif sert surtout à démontrer un principe de solidarité qui constitue la clé d’un engagement collectif à agir. Il convient de garder à l’esprit que cet objectif de 100 Md$/an est symbolique car c’est un chiffre purement politique, négocié et adopté à la COP-15 à Copenhague en 2009. Il ne se base sur aucune évaluation technique des besoins financiers réels des pays en développement pour s’adapter au changement climatique et faire face à ses impacts irréversibles (pertes et préjudices). Ce chiffre de 100 Md$/an avait initialement été proposé en amont de la COP-15 par le Premier Ministre du Royaume-Uni de l’époque, Gordon Brown dans un discours intitulé « le chemin vers Copenhague » (The Road to Copenhagen), prononcé le 29 juin 2009.

Le montant de 100 Md$/an représenterait au bas mot un dixième du montant réel nécessaire (voir plus loin).

 

Les rapports d’évaluation de l’OCDE au regard de l’objectif des 100 Md$/an

Depuis 2015, l’OCDE produit, à la demande des pays donateurs, des analyses des progrès accomplis dans la réalisation de l’objectif des 100 milliards de $. Ces analyses reposent sur un cadre comptable robuste, conforme aux conclusions de la COP-24 convenues par toutes les Parties à l’Accord de Paris en ce qui concerne les sources de financement et les instruments financiers permettant de comptabiliser les ressources financières fournies et mobilisées par des interventions publiques (cf. décision 18/CMA.1). Les chiffres de l’OCDE rendent compte de quatre composantes distinctes du financement climatique fourni et mobilisé par les pays développés :

  • le financement climat public bilatéral fourni par les institutions des pays développés, notamment les agences d’aide bilatérale et les banques de développement,
  • le financement climat public multilatéral fourni par les banques multilatérales de développement et les fonds multilatéraux pour le climat, attribué aux pays développés,
  • les crédits à l’exportation liés au climat bénéficiant d’un soutien public fournis par les agences officielles de crédit à l’exportation des pays développés, et
  • le financement climat privé mobilisé par les financements climat publics bilatéraux et multilatéraux, attribués aux pays développés.

L’OCDE a publié précédemment plusieurs rapports sur le thème financement climat :

Cette 5e évaluation présentait les chiffres définitifs, tant pour 2020, année cible de l’objectif, que pour l’ensemble de la période 2013-2020 et permet donc d’évaluer définitivement l’atteinte ou non de l’objectif des 100 Md$ (lire notre article). Ainsi, selon ce rapport, en 2020, le financement climat total fourni et mobilisé par les pays développés pour les pays en développement n’a pas atteint 100 Md$ mais s’est élevé à 83,3 Md$. L’OCDE pointe très clairement un écart de 16,7 Md$ entre le résultat 2020 et l’objectif 2020 de 100 Md$, lequel n’a donc pas été atteint à son échéance.

 

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Le plan de mise en œuvre pour accélérer la réalisation de l’objectif 2020

Lors de la réunion ministérielle informelle à Londres, convoquée les 25-26 juillet 2021 par la Présidence britannique de la COP-26, celle-ci a mandaté Jochen Flasbarth, alors Secrétaire d’État à l’Environnement de l’Allemagne, et Jonathan Wilkinson, alors Ministre de l’Environnement et du Changement climatique du Canada, pour établir un plan clarifiant la façon dont les pays développés pourraient collectivement intensifier leurs efforts pour atteindre l’objectif des 100 Md $ par an jusqu’en 2025. Cette démarche a été jugée très importante pour regagner la confiance des pays en développement, pays bénéficiaires du soutien international.

Résultat : le 25 octobre 2021, la Présidence britannique de la COP-26 a publié un plan de mise en œuvre (delivery plan) établi par MM. Flasbarth et Wilkinson conformément à leur mandat. Ce plan clarifie « quand et comment les pays développés atteindront l’objectif des 100 Md $ ». Le plan s’appuie sur des scénarios prospectifs du financement climat fourni par les pays développés sur la période 2021-2025, élaborés par l’OCDE et publiés le 25 octobre 2021 dans une note technique. Ces scénarios montrent que, si les engagements annoncés par les bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux sont respectés, cet objectif [des 100 Md $] devrait être atteint en 2023 et surpassé dans la période jusqu’à 2025. Sur cette base, l’analyse des deux Ministres « fournit la confiance que l’objectif serait atteint en 2023 », soit trois ans après son échéance et 13 ans après avoir été fixé.

Rapport d’étape de ce plan de mise en œuvre : le 28 octobre 2022, le Ministère canadien de l’environnement et du changement climatique et le Ministère allemand de l’Environnement ont publié un rapport d’étape (progress report). Le rapport conclut entre autres que bien que des progrès significatifs aient été réalisés depuis le lancement du Plan de mise en œuvre du financement climat en amont de la COP-26, des efforts supplémentaires sont encore nécessaires pour améliorer l’ampleur, l’efficacité et l’accès au financement climat, et pour atteindre l’objectif de 100 Md$. Le rapport d’étape visait à contribuer à faire avancer le débat lors de la COP-27 et au-delà, alors que l’attention se porte d’ores et déjà sur l’objectif post-2025 pour le financement du climat.

Enfin, dans une lettre ouverte des deux Ministres actuels de l’Environnement de l’Allemagne et du Canada (respectivement Jennifer Morgan et Stephen Guilbeault) en date du 15 septembre 2023, ceux-ci se sont montrés confiants que l’objectif sera atteint cette année, soit avec trois ans de retard.

 

Le 6e bilan de l’OCDE sur les progrès vers la réalisation de l’objectif 2020 : objectif toujours non atteint

Le 16 novembre 2023, l’OCDE a publié sa sixième évaluation des progrès accomplis par les pays industrialisés en vue de la réalisation de l’objectif des 100 milliards de $ (Md$) par an en 2020 et jusqu’en 2025 pour aider les pays en développement à mettre en œuvre l’action climat (mesures d’atténuation et d’adaptation). En 2021, une année après l’année cible initiale de l’objectif de 100 Md$ dans le cadre de la CCNUCC, le financement climat total fourni et mobilisé par les pays développés pour les pays en développement s’est élevé à 89,6 Md$ (somme des quatre composantes) et donc n’a toujours pas atteint l’objectif de 100 Md$ initialement prévu pour 2020. Ce montant est néanmoins en hausse de 6,3 Md$ (+7,6%) par rapport aux 83,3 Md$ de 2020. Cette hausse de 7,6% est par ailleurs supérieure à la hausse de 4% entre 2019 et 2020 et à celle entre 2018 et 2019 (+2%). Cependant, ces deux dernières hausses contrastent nettement avec la progression de 10% entre 2017 et 2018 et de 21,5% entre 2016 et 2017.

Malgré les hausses d’ampleur différente entre 2016 et 2021, l’OCDE pointait très clairement un écart de 10,4 Md$ entre le résultat 2021 et l’objectif 2020 de 100 Md$, lequel n’a donc pas été atteint à son échéance.

 

Le 7e bilan de l’OCDE sur les progrès vers la réalisation de l’objectif 2020 : objectif enfin atteint

Le 29 mai 2024, l’OCDE a publié sa septième évaluation des progrès accomplis par les pays industrialisés en vue de la réalisation de l’objectif des 100 milliards de $ (Md$) par an en 2020 et jusqu’en 2025. En 2022, deux ans après l’année cible initiale de l’objectif, le financement climat total fourni et mobilisé par les pays développés pour les pays en développement s’est élevé à 115,9 Md$ (somme des quatre composantes). Selon l’OCDE, les pays industrialisés ont ainsi atteint pour la première fois leur objectif annuel collectif de 100 Md$ initialement prévu pour 2020. Ce montant est en hausse de 26,3 Md$ (+30%) par rapport aux 89,6 Md$ de 2021. Cette réalisation intervient certes deux ans après l’année cible initiale de 2020, mais un an plus tôt que selon les projections établies par l’OCDE avant la COP-26, fondées sur les engagements et estimations des fournisseurs publics bilatéraux et multilatéraux de financement de la lutte contre le changement climatique. En raison de la hausse très importante (la plus forte hausse observée à ce jour d’une année sur l’autre (+26,3 Md$, soit +30% de plus qu’en 2021), le total pour 2022 a atteint un niveau qui, selon les projections de l’OCDE, n’était pas attendu avant 2025 (source : Scénarios prospectifs du financement climat fourni et mobilisé par les pays développés en 2021-2025, note technique de l’OCDE, 25 octobre 2021).

Ce 7e bilan a montré également :

  • que même si le financement privé a connu une hausse de 7,5 Md$ entre 2021 et 2022 (+52%) après plusieurs années de relative stagnation, sa part dans le total fourni reste faible (19% en 2022) ;
  • que, malgré l’intensification de la crise de l’endettement de nombreux pays en développement, la plus grande partie du financement climat public demeure sous forme de prêts (69%). Quant aux dons (subventions), ils représentent 28%, tandis que les volumes de prises de participation (dans des entreprises, projets et fonds) sont restés modestes (4%). Entre 2016 et 2022, le niveau annuel des subventions a augmenté de près de 13,4 Md$, en passant de 12,3 Md$ à 25,6 Md$ (soit plus du double) avec une croissance de 109%, dépassant la croissance de 91% des prêts publics, qui ont augmenté de 30,3 Md$ ;
  • que le déséquilibre du soutien financier apporté par les pays industrialisés aux pays en développement entre l’atténuation (60% du total fourni) et l’adaptation (28%) persiste alors que l’adaptation représente pour les pays en développement, et notamment les pays vulnérables (petits Etats insulaires et pays les moins avancés en tête), un enjeu beaucoup plus important que l’atténuation.

 

Le 8e bilan de l’OCDE sur les progrès vers la réalisation de l’objectif 2020 : objectif atteint de nouveau

Le 21 mai 2026, l’OCDE a publié sa huitième évaluation des progrès accomplis par les pays industrialisés en vue de la réalisation de l’objectif des 100 milliards de $ (Md$) par an en 2020 et jusqu’en 2025. Le rapport présente les chiffres définitifs pour 2023 et 2024, ainsi que pour l’ensemble de la période 2013-2024.

Le financement climat total fourni par les pays développés (somme des quatre composantes) pour les pays en développement s’élève à :

2023 : 132,8 Md$, soit +15% par rapport à 2022 (115,9 Md$)

2024 : 136,7 Md$, soit +3% par rapport à 2023.

Selon ces données, en 2023 et en 2024, les pays industrialisés ont atteint respectivement pour la 2e et 3e année consécutive leur objectif collectif annuel de 100 Md$ initialement prévu pour 2020.

 

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Tendances par composante

Le financement climat public (bilatéral et multilatéral) fourni continue de représenter environ trois quarts du total en 2023 et en 2024 (74% en 2024)

  • il a presque triplé entre 2013 et 2024 (hausse d’un facteur 2,7), passant de 38 Md$ en 2013 à 101,6 Md$ en 2024
  • le financement public multilatéral a progressé de 3,5 Md$ (+7%) par an, pour atteindre 57,7 Md$ en 2024
  • le financement public bilatéral a progressé de 9,1 Md$ (+22%) en 2023, soit la plus forte hausse annuelle observée depuis 2013 avant de reculer de 6,3 Md$ (-12%) en 2024 pour atteindre 43,9 Md$

La part du financement climat privé mobilisée reste faible (23% du total en 2024)

  • le financement climat privé a légèrement progressé de 1 Md$ (+5%) en 2023, avant d’enregistrer en 2024 la plus forte croissance annuelle jamais observée pour cette composante, avec 7,6 Md$ (+33 %) pour atteindre 30,5 Md$

Les crédits à l’exportation liés au climat représentent une faible part du total mais ils ont atteint un niveau inédit en 2023 (5,6 Md$) avant de reculer à 4,6 Md$ en 2024.

Financement climat fourni et mobilisé en 2013-2024 par composante (en Md$ US)

La somme des composantes peut ne pas correspondre aux totaux en raison des arrondis.

Source : OCDE, 21 mai 2026 (p.6)

 

Financement climat public : types d’instrument financier

  • financement climat public : 104,3 Md$ en 2023 et 101,6 Md$ en 2024
  • il a surtout pris la forme de prêts (73% du total en 2023 et 67% du total en 2024)
  • les subventions (dons) représentaient 24% du total en 2023 et 29% du total en 2024

Entre 2016 et 2024, le montant annuel des subventions a progressé d’un facteur 2,4, en passant de 12,3 Md$ à 29,7 Md$

Répartition du financement climat public par type d’instrument (2016-2024) (en Md$ US)

 Source : OCDE, 21 mai 2026 (p.11).

 

Financement privé fourni et mobilisé sur 2016-2024 par catégorie de fournisseur de financement climat (bailleur de fonds)

Après plusieurs années de relative stagnation, le financement climat privé mobilisé par les financements publics a connu une forte hausse, en passant de 14,4 Md$ en 2021 à 21,9 Md$ en 2022, soit +52%. En revanche, l’année 2023 n’a connu qu’une faible hausse (+4,5% / 2022) pour atteindre 22,9 Md$. En 2024, une forte hausse a été enregistrée (+33% / 2023) pour atteindre 30,5 Md$. Ce sont les banques multilatérales de développement qui sont le moteur de cette croissance en volume. Le financement climat privé fourni par ces banques est passé de 14,3 Md$ en 2023 à 17,4 Md$ en 2024 (soit +18%).

Source : OCDE, 21 mai 2026 (p.14).

 

Financement climat pour les pays en développement : quels sont les besoins réels ?

Le 29 octobre 2025, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) a publié son rapport annuel sur l’adaptation Adaptation Gap Report (à l’instar de son rapport annuel sur les émissions de GES, Emissions Gap Report). Ce rapport de référence quantifie des estimations concernant les besoins en termes de financement climat des pays en développement, et notamment pour l’adaptation. Concrètement, il évalue l’écart entre les efforts consentis par les Etats pour s’adapter au dérèglement climatique (dont les flux de financement fournis par les pays industrialisés aux pays en développement) et les besoins réels nécessaires des pays en développement pour y faire face. Parmi ses conclusions :

  • les flux publics multilatéraux et bilatéraux de financement de l’adaptation vers les pays en développement se sont élevés à 26 Md$/an en 2023, contre 28 Md$ en 2022 et 22Md$ en 2021. Ces flux ont donc baissé de 7% entre 2022 et 2023, alors qu’entre 2021 et 2022, il s’agissait de la plus forte hausse interannuelle en termes absolus et relatifs depuis 2015, l’année d’adoption de l’Accord de Paris ;
  • cette évolution baissière 2022-2023 augure mal de l’atteinte de l’objectif de doublement du financement climat en 2025 (base 2019) fixé par le Pacte de Glasgow pour le climat en 2021 ;
  • selon le PNUE, les besoins réels en matière de financement de l’adaptation des pays en développement sont estimés dans une fourchette comprise entre 310 et 365 Md$/an d’ici 2035. La valeur basse de cette fourchette (310 Md$/an) repose sur des coûts modélisés alors que la valeur haute de la fourchette (365 Md$/an) est basée sur les besoins extrapolés exprimés dans les NDC et les Plans nationaux d’adaptation. Ces chiffres sont calculés en valeurs de 2023 et ne tiennent pas compte de l’inflation ;
  • l’écart en matière de financement de l’adaptation s’est creusé entre 2022 et 2023. Le PNUE estime désormais cet écart dans une fourchette comprise entre 284 et 339 Md$/an d’ici 2035, soit 12 à 14 fois les flux de financement actuels.

 

Voir rapport intégral | synthèse | communiqué (en français)

 

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Le nouvel objectif collectif chiffré en matière de financement climat pour la période post-2025

Mise en œuvre du nouvel objectif collectif chiffré pour le financement climat post-2025

Un enjeu majeur pour la Présidence turque de la COP-31 est de concrétiser la feuille de route vers la réalisation de l’objectif global des 1 300 Md$/an d’ici 2035. Cet enjeu est indispensable pour rétablir la confiance entre pays du Sud et pays du Nord qui a été sérieusement érodée, d’une part, puisque les pays du Nord ont atteint l’objectif des 100 Md$/an avec deux ans de retard et d’autre part, car les pays du Sud sont fortement déçus du montant final de l’objectif central en matière de financement climat fixé à Bakou au terme de la CMA-6 : 300 Md$/an d’ici 2035). Des avancées concrètes sur le sujet clivant du soutien financier par les pays industrialisés aux pays en développement est un préalable pour débloquer les négociations afin d’avancer dans les autres axes de négociation (atténuation en tête). Le financement climat joue un rôle crucial dans le renforcement de l’ambition des pays en développement (notamment en matière de transition énergétique).

 

Contexte

Conformément à la décision 1/CP.21 (paragraphe 53), la Réunion des Parties à l’Accord de Paris (CMA) doit fixer, avant 2025, un nouvel objectif collectif chiffré post-2025 (New collective quantified goal [NCQG] on climate finance) en matière de financement des actions climat à partir d’un niveau plancher de 100 milliards de $ par an. Ce niveau correspond à l’objectif initial fixé en 2009, sachant que celui-ci n’a pas été atteint en son année cible (2020).

 

Organisation et structure des discussions sur le nouvel objectif post-2025

Conformément à la décision 14/CMA-1, adoptée par la CMA à Katowice, en Pologne en décembre 2018 dans le cadre des règles de mise en œuvre de l’Accord de Paris, les « discussions » (à noter, le choix du mot « discussions » [« deliberations » en anglais], moins fort que « négociations ») sur le nouvel objectif post-2025 ont été lancées lors de la CMA-3 (qui s’est tenue en parallèle à la COP-26, à Glasgow, en novembre 2021). Par la décision 9/CMA.3, adoptée lors de la CMA-3, les Parties se sont mises d’accord sur l’organisation et la structure des discussions sur le nouvel objectif post-2025. Elles s’articulent autour :

  • d’un programme de travail ad hoc (ad hoc working group ou ADWG) sur une période de trois ans 2022-2024 sous l’égide de la CMA, pour encadrer les discussions techniques,
  • de contributions à soumettre par les Parties et les parties prenantes non-étatiques (régions, villes, secteur privé,…),
  • des dialogues ministériels de haut niveau sur la période 2022-2024, et
  • des bilans et des lignes directrices élaborées par la CMA.

Dialogues techniques d’experts (TED)

Dans le cadre du programme de travail ad hoc, la CMA a décidé d’organiser quatre dialogues techniques d’experts (Technical Expert Dialogues ou TED) par an (cf. décision 9/CMA.3, § 5), soit 12 en tout au cours des trois ans 2022-2024. L’un de ces dialogues doit se tenir en même temps que la première session des organes subsidiaires de l’année et un autre à l’occasion de la session de la CMA, et les deux dialogues restants seront organisés dans des régions distinctes en vue de faciliter une participation géographique inclusive et équilibrée.

La première réunion de ce Dialogue technique d’experts (TED 1) a eu lieu les 24-25 mars 2022 au Cap (Afrique du Sud). La 2e réunion (TED 2) a eu lieu à Bonn les 13-14 juin 2022. La 3e réunion (TED 3) s’est tenue à Mandaluyong, Metro Manila (Philippines) du 6 au 9 septembre 2022. La 4e réunion (TED 4) s’est tenu à Charm el-Cheikh le 5 novembre 2022. La 5e réunion (TED 5) a eu lieu du 8 au 10 mars 2023 à Vienne (Autriche) (voir note de synthèse des résultats rédigée par les deux co-présidents du programme de travail). La 6e réunion (TED 6) a eu lieu les 12-13 juin 2023 à Bonn (voir note de synthèse des résultats rédigée par les deux co-présidents), la 7e réunion (TED 7) s’est tenue du 30 sept. au 2 oct. à Genève (voir note de synthèse des résultats rédigée par les deux co-présidents). La 8e réunion (TED 8) a eu lieu le 28 novembre 2023 à Dubaï, deux jours avant l’ouverture de la COP-28/CMA-5.Voir programme et note de synthèse des résultats. La 9e réunion (TED 9) a eu lieu à Cartagena (Colombie) les 23-24 avril 2024. Voir programme et note de synthèse des résultats. La 10e réunion (TED 10) a eu lieu à Bonn le 3 juin 2024. Voir programme et note de synthèse des résultats. La 11e réunion (TED 11) a eu lieu à Bakou (Azerbaïdjan) du 9 au 12 septembre 2024  – il s’agit du dernier cycle de négociations techniques avant la CMA-6 à Bakou. Voir programme. La synthèse des résultats n’est pas encore disponible.

 

Réunions du groupe de travail ad hoc (ADWG)

La 1ère réunion du programme de travail ad hoc (MADWP1) a eu lieu les 25-26 avril 2024 à Cartagena. Voir programme et note de synthèse des résultats. La 2e réunion (MADWP2) a eu lieu lors des sessions SB-60 à Bonn les 5,6,8 et 10 juin 2024. Voir programme et note de synthèse des résultats. La 3e réunion (MADWP3) a eu lieu à Bakou du 9 au 12 sept. 2024.

 

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Dialogue ministériel de haut niveau 

La première réunion du dialogue ministériel de haut niveau a eu lieu le 9 novembre 2022 à Charm el-Cheikh lors de la CMA-4, lançant ainsi le processus pour définir, avant fin 2024, le nouvel objectif collectif chiffré sur le financement climat pour la période post-2025 (voir programme et note de synthèse des résultats rédigée par le Président de la CMA-4). La 2e réunion du dialogue ministériel de haut niveau a eu lieu le 3 décembre 2023 à Dubaï lors de la CMA-5. Voir programme et note de synthèse des résultats rédigée par le Président de la CMA-5. La 3e réunion du dialogue ministériel de haut niveau a eu lieu à Bakou le 9 octobre 2024. Voir programme et note de synthèse des résultats.

Voir la page du site de la CCNUCC consacrée au nouvel objectif collectif chiffré post-2025 sur le financement.

 

Avancées réalisées à Charm el-Cheikh lors de la CMA-4

A Charm el Cheikh, dans une décision purement procédurale, la CMA-4 a confirmé que les discussions en cours sur le nouvel objectif chiffré collectif sur le financement post-2025 devront déboucher sur la définition de ce nouvel objectif en 2024 (paragraphe 8 de la décision 5/CMA.4 sur le nouvel objectif). Les discussions sur ce sujet ont été difficiles et plusieurs Parties ont souligné qu’il était encore trop tôt pour parler « chiffres », c’est-à-dire quantifier le futur objectif. Les discussions ont donc peu avancées sur le fond de ce sujet crucial lors de la CMA-4.

 

Avancées réalisées à Dubaï lors de la CMA-5

A Dubaï, lors de la CMA 5, les Parties ont adopté la décision 8/CMA.5 sur le nouvel objectif. Ils ont décidé de passer à un mode de travail permettant l’élaboration d’éléments de base d’un projet de texte de négociation à examiner par la CMA 6 (Bakou, Azerbaïdjan, 11-22 novembre 2024). Les Parties ont également demandé aux co-Présidents du programme de travail ad hoc d’élaborer et de publier avant mars 2024 un plan de travail pour 2024, en tenant compte des soumissions qui seront faites par les Parties. En outre, le CMA-5 a demandé aux co-Présidents de mener au moins trois dialogues techniques entre les experts en 2024 pour permettre des discussions techniques approfondies sur les éléments du nouvel objectif post-2025, parallèlement à trois réunions en 2024 dans le cadre du programme de travail ad hoc. Enfin, la CMA-5 a demandé aux co-Présidents du programme de travail d’élaborer les grandes lignes d’un projet de texte de négociation qui doit reprendre les progrès réalisés jusque-là et ce, pour examen par la CMA-6 (qui aura lieu en parallèle à la COP-29).

 

Avancées réalisées à Bonn lors des SB-60 (juin 2024)

A Bonn, les discussions sur ce volet des négociations ont été axées sur la 2e réunion du programme de travail ad hoc (qui a eu lieu les 12-13 juin 2024). Ces travaux sont destinés à produire un texte constituant la base de négociation lors de la CMA-6 à Bakou (Azerbaïdjan). En amont de Bonn, trois groupes de Parties avaient soumis leurs contributions écrites présentant leurs positions – souvent très divergentes – sur ce sujet (pays arabes, alliance des petits Etats insulaires, pays les moins avancés). S’appuyant sur ces contributions et les discussions menées lors de la première réunion du groupe de travail ad hoc (23-26 avril, Cartagena, Colombie), ses deux co-Présidents (Zaheer Fakir, Emirats arabes unis, et Fiona Gilbert, Australie) ont élaboré un document de synthèse pour alimenter les discussions de cette 2e réunion (synthèse des contributions ou input paper du 24 mai 2024 (63 p.). Ce document visait à représenter toute la diversité des points de vue des Parties. Au cours de la première semaine, les Parties ont demandé aux deux co-Présidents de resserrer et rationaliser le texte, ce qui a donné lieu, le 7 juin 2024, à une première mise à jour de ce document (45 p.). Suite à de nouvelles contributions, une 2e mise à jour a été diffusée le 9 juin 2024 (35 p.). Malgré la réduction de son volume, cette 2e mise à jour restait une synthèse de l’ensemble des propositions soumises, parmi lesquelles plusieurs qui étaient en flagrante contradiction les unes avec les autres. Lors de la dernière session de négociations sur ce sujet, ce document a été qualifié de « déséquilibré » par certains négociateurs (source : Climate Home News, 11 juin 2024).

Les discussions ont fait ressortir de profondes divergences d’opinion entre les Parties, et surtout entre pays en développement et pays développés, sur plusieurs questions clés. Ces divergences d’opinion entre ces deux catégories de pays, où chacune campait fermement sur ses positions, ont entravé toute possibilité de progrès.

Une des principales pierres d’achoppement entre les Parties était le montant de l’objectif de soutien financier à fournir aux pays en développement par les pays développés. Plusieurs évaluations des besoins réels en termes de financement climat pour les pays en développement (voir encadré plus haut « Financement climat pour les pays en développement : quels sont les besoins réels ?) chiffrent le montant nécessaire à 1 000 Md$ par an d’ici 2030. Les contributions soumises en amont de Bonn proposaient les montants suivants :

  • l’Inde : 1 000 Md$/an essentiellement sous forme de subventions et de financement à des taux préférentiels (cf. contribution de l’Inde soumise à la CCNUCC le 13 février 2024 , en amont de la 1ère réunion du programme de travail ad hoc),
  • le groupe de négociation des pays arabes (« groupe arabe ») : 441 Md$/an en subventions publiques dans le cadre d’un montant global de 1 100 Md$/an à fournir sur 2025-2029 par les pays industrialisés, le solde devant provenir d’autres sources (prêts à des taux préférentiels,…) (cf. contribution du groupe arabe soumise à la CCNUCC le 6 mai 2024),
  • le groupe de négociation des pays en développement ayant une vision similaire (Like-Minded Developing Countries ou LMDC) : 1 000 Md$/an (contribution du groupe LMDC soumise à la CCNUCC en amont de la 2e réunion du programme de travail ad hoc).

 

Certaines Parties ont appelé les pays développés à honorer le montant non fourni en 2020 (soit 16,7 Md$) et en 2021 (soit 10,4 Md$) par rapport à l’objectif des 100 Md$/an (à savoir les années où celui-ci n’a pas été respecté. Total fourni en 2020 : 83,3 Md$ ; total fourni en 2021 : 89,6 Md$ – lire notre article).

A l’autre extrême, les pays développés ont refusé jusque-là de parler « chiffres », c’est-à-dire de quantifier le futur objectif sous forme de proposition chiffrée (appelée en anglais le « quantum » ou montant), soulignant le fait qu’il soit trop tôt encore, alors qu’en réalité, il leur reste désormais à peine cinq mois pour fixer le montant. Ils insistent sur l’importance de se mettre d’accord sur les éléments structurels qui sous-tendent l’objectif avant de fixer le montant lui-même.

Malgré ces profondes divergences, les opinions des Parties ont pu se rapprocher sur certaines questions, comme par exemple, le besoin d’améliorer l’accès des pays en développement au financement et de mettre à jour le cadre de transparence renforcée pour réaliser le rapportage sur le financement climat fourni et reçu (modalités de suivi de ce financement).

 

L’adoption du NCQG à Bakou lors de la CMA-6 (nov. 2024)

La COP-29 a été qualifiée de « COP du financement climat » car c’était à la COP-29, ou plutôt à la CMA-6, que les Parties devaient se mettre d’accord sur un nouvel objectif collectif quantifié (NCQG) pour le financement climat à partir de 2025.

Les négociations à Bakou ont abouti in extremis à l’adoption de la décision phare de la Conférence actant le NCQG, la décision 1/CMA.6.

 

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Les points clés de la décision 1/CMA.6 :

[§ 7] la CMA invite tous les acteurs à travailler ensemble pour accroître le financement climat (aux PED pour la mise en oeuvre de l’action climat) provenant de toutes les sources publiques et privées pour atteindre au moins 1 300 Md$/an d’ici 2035 [objectif non contraignant car « invite »] [§ 8] la CMA réaffirme l’article 9 de l’Accord de Paris

  • 1 : obligation pour les pays industrialisés de fournir un soutien financier
  • 3 : ils devraient continuer à être moteurs
  • 2 : les PED peuvent le fournir à titre volontaire
[§ 8a] en prolongement de l’objectif précédent de 100 Md$/an et dans le cadre de ce nouvel objectif global de 1 300 Md$/an, la CMA décide de fixer un objectif central de 300 Md$/an d’ici 2035, les pays industrialisés devant être les moteurs (pour la mise en oeuvre de l’action climat dans les pays en développement) :

  • à partir d’un large éventail de sources, publiques et privées, bilatérales et multilatérales, y compris les sources alternatives [taxes internationales (aérien/maritime international, énergies fossiles), marchés carbone].
[Il n’y a pas d’obligation explicite faite aux pays industrialisés de fournir le financement. C’est le résultat d’un compromis. La décision ne définit pas la part à contribuer par ces différentes sources, ce langage de compromis est imprécis.

Pour plusieurs pays en développement, l’accent mis sur les sources alternatives a suscité un fort mécontentement car il déplace la charge de la responsabilité qui incombent aux pays industrialisés de fournir le financement climat vers les pays en développement.

Cette formulation est la même que pour l’objectif des 100 Md$ : « les fonds accordés aux pays en développement peuvent provenir de diverses sources, publiques et privées, bilatérales et multilatérales, y compris d’autres sources de financement » (§ 99 de la décision 1/CP.16)].

[8b] L’action climat à soutenir porte sur les actions concrètes et ambitieuses en matière d’adaptation et d’atténuation [donc l’objectif ne couvre pas les pertes et préjudices malgré la demande des pays en développement].

[8c] La CMA reconnaît l’intention volontaire des Parties de comptabiliser tous les flux sortants des banques multilatérales de développement (BMD) et les financements mobilisés par celles-ci en vue de la réalisation de l’objectif de 300 Md$/an

[Donc l’objectif ne cible pas uniquement les pays industrialisés, mais également les grands pays émergents qui contribuent à ces flux sortants et dont les contributions seront désormais comptabilisées. Mais plusieurs pays en développement (Inde en tête) s’y opposaient vigoureusement en raison de la responsabilité historique des pays industrialisés : selon eux, le fait de comptabiliser les flux des BMD attribuables aux PED diluera la responsabilité des pays industrialisés en matière de financement climat].

[§ 9] la CMA invite les pays en développement à apporter des contributions [à la réalisation de l’objectif de 1 300 Md$/an], y compris via les coopérations Sud-Sud, sur une base volontaire.

[Les pays en développement n’ont donc pas la même obligation que les pays industrialisés. La décision indique clairement que les contributions volontaires des pays en développement (émergents notamment) seront comptabilisées. Cette disposition de compromis répond en partie à la demande de l’UE d’élargir la base des contributeurs. Mais plusieurs pays en développement (Inde en tête) s’y opposaient vigoureusement au motif qu’elle amoindrira la responsabilité des pays industrialisés en matière de financement climat car si les coopérations Sud-Sud sont compatibilisées, les pays industrialisés pourront en théorie mettre moins d’argent dans le pot commun].

[§ 10] rien aux paragraphes 8-9 a un impact sur le statut de pays en développement ou de pays bénéficiaire d’une Partie [pour apaiser les craintes de la Chine (et d’autres grands pays émergents) que, s’ils contribuent de façon volontaire, ils ne perdent leur statut de pays en développement].

[§ 16] la CMA décide de poursuivre les efforts pour au moins tripler, d’ici 2030 au plus tard, les flux annuels des fonds du mécanisme financier de la CCNUCC (fonds vert pour le climat, fonds d’adaptation, fonds pertes et préjudices) (par rapport aux niveaux de 2022).

[§ 17] la CMA affirme que la mise à disposition de ressources financières accrues devrait viser à parvenir à un équilibre entre adaptation et atténuation [hors pertes et préjudices donc].

[§ 27] la CMA décide de lancer, sous le pilotage des Présidences de la CMA-6 et de la CMA-7, la « feuille de route Bakou à Belém vers 1 300 Md$/an » visant à accroître le financement climat pour les pays en développement :

  • dans leurs trajectoires de développement bas-carbone et résilientes, et
  • dans la mise en œuvre de leur NDC
  • via des subventions, des instruments concessionnels, des instruments n’induisant pas de dettes et les mesures visant à créer une marge de manœuvre fiscale.

Les Présidences de la CMA-6 et de la CMA-7 sont chargés d’établir un rapport synthétisant ce travail pour la CMA-7

[Il s’agit d’un ajout de dernière minute par la Présidence de la COP-29 sur la base d’une proposition des groupes africain, AOSIS, PMA et AILAC (Amérique latine et Caraïbes) dans le but de définir une trajectoire réaliste vers l’objectif des 1 300 Md$/an.

La décision n’établit pas de principes ou d’orientations pour faire avancer les discussions sur ce point crucial].

[§ 36] la CMA décide de faire un bilan périodique de la mise en oeuvre de cette décision dans le cadre du prochain bilan mondial (2028) et de lancer, avant 2035, des discussions sur les prochaines étapes.

Structure du NCQG « en oignon » : ses couches intérieure et extérieure

Source : Joe Thwaites, NRDC, 27 nov. 2024

 

Les points d’achoppement lors des négociations conduisant à l’adoption de la décision finale :

  • le montant (quantum) : après trois ans de négociation et 11 jours de la COP-29, il fallait attendre le vendredi 22 nov. pour qu’un montant concret unique pour l’objectif NCQG et sans crochets soit proposé : 250 Md$/an (texte de la Présidence, version du 22/11/2024@09h00)
  • c’était la 6e version du texte depuis le début de la COP-29
  • les pays industrialisés n’ont pas avancé de chiffres auparavant : c’était leur stratégie – ils insistaient sur l’importance de se mettre d’accord sur la structure de l’objectif avant de proposer le montant lui-même (contraintes/coupes budgétaires, inflation, plans de rigueur,…)
  • vers minuit samedi 23 nov., à la suite d’efforts diplomatiques entre les pays industrialisés et les grands groupes de négociation, un dernier texte a été proposé par la Présidence. Il comportait un objectif central de 300 Md$/an
  • qui contribue ?
  • les pays développés souhaitaient élargir la base des pays contributeurs (contributor base) pour inclure les pays à revenu élevé : grands pays émergents (Chine, Corée du Sud, Singapour…) et pays du Golfe,…. dans le cadre d’une approche équitable basée non seulement sur la responsabilité historique, mais aussi sur les capacités financières actuelles des pays
  • les pays en développement (grands pays émergents surtout, Chine en tête) s’y opposaient fermement, en soulignant que l’Accord de Paris oblige les pays développés à fournir un financement climat aux pays en développement pour l’atténuation et l’adaptation (§9.1) et à continuer d’être les moteurs du financement climat (§9.3). Il ne fait qu’inviter les pays émergents et en développement à fournir un financement climat et ce, à titre volontaire (§9.2).
  • la Chine ne voulait pas perdre son statut de pays en développement qui remonte à 1992,
  • cela renvoie à la responsabilité historique des pays industrialisés,
  • les grands pays émergents ne souhaitaient pas voir brouiller la distinction entre les deux catégories.
  • quelles sources de financement ?
  • pays en développement : axer l’objectif sur le financement public international
  • pays développés : en plus du financement public international, il faut élargir la base des sources contributrices pour inclure le secteur privé, le financement philanthropique, le financement issu de la réforme des banques multilatérales de développement, et les taxes mondiales (transport aérien et maritime international, énergies fossiles, transactions financières, superprofits…) afin de lever des ressources financières nouvelles et innovantes
  • qualité du financement fourni : soutien financier apporté sous forme de dons (subventions) plutôt que des prêts ? Quelle sera la part de ces deux types de financement ? Les pays en développement (PMA et AOSIS en tête) et les ONG insistent sur l’importance de privilégier la 1ère option pour ne pas alourdir davantage le fardeau de la dette des pays bénéficiaires : la qualité du financement a un impact sur l’accès, le coût et l’endettement
  • quel volet de l’action climat financer ?
  • pays en développement : atténuation, adaptation et un sous-objectif formel pour les pertes et préjudices
  • pays développés : atténuation et adaptation – le financement des pertes et préjudices ne relève pas du mandat du NCQG
  • période cible : « d’ici 2035 », c’est-à-dire que le financement climat devra augmenter progressivement sur les 10 prochaines années pour atteindre l’objectif des 300 Md$/an alors que les pays en développement avaient demandé que le financement climat atteigne un montant plus élevé que 100 Md$ dès 2025.

 

Les lacunes et insuffisances de l’objectif de financement de 300 Md$/an d’ici 2035

L’objectif des 300 Md$/an d’ici 2035 n’est pas assorti d’une clause de revoyure pour prendre en compte l’inflation.

Le montant de 300 Md$/an au regard des besoins réels (1 000 Md$/an d’ici 2030 et 1 300 Md$/an d’ici 2035, d’après le 3e rapport sur le financement climat élaboré sous la direction de l’économiste britannique de renommé internationale Nicolas Stern  et publié le 14 novembre 2024), est une goutte dans l’océan, et représente le plus petit dénominateur commun.

« Provenant de sources publiques et privées » : cet élément ne comporte pas d’objectif spécifique pour le financement public des Etats (part en %) malgré les nombreuses demandes en ce sens par les pays en développement.

Il n’y a pas non plus de sous-objectif spécifique pour l’adaptation [NB. l’écart entre les besoins réels en matière d’adaptation et le financement fourni pour l’adaptation est compris entre 187 et 359 Md$/an, source : PNUE, Adaptation Gap Report, 7 nov. 2024).

Il n’y a pas de sous-objectif spécifique pour les pertes et préjudices.

Il n’y a pas d’objectif en termes de qualité du financement à fournir (part en % de dons/subventions par rapport aux prêts).

Il n’y a pas de planchers d’allocation pour les pays les moins avancés (PMA) et les petits États insulaires en développement (PEID). A noter que la 4e version du projet de texte de décision (version du 16 nov. 2024 @15h30), article 46, sous-option n°4), dans le cadre de l’objectif central (financement public fourni par les Etats), spécifiait des montants concrets à fournir spécifiquement aux PEID/PMA :

  • « la CMA décide que les pays développés fournissent conjointement au moins 900 Md$ en financements climat nouveaux, additionnels, prévisibles et adéquats (en subventions) par an ; et décide que, dans le cadre de cet objectif, il y aura des planchers d’allocation respectifs pour les PMA et les PEID d’au moins 220 Md$/an pour les PMA et d’au moins 39 Md$/an pour les PEID » ;
  • le groupe africain s’y opposait. Selon Ali Mohamed, président du groupe africain : “We need equitable access for all developing countries. Cherry-picking certain groups won’t solve the global climate crisis” (source : Carbon Credits, 25 nov. 2024) ;
  • la 3e version de ce projet de texte (version 15/11/2024 @18h30, 25 pages) prévoyait une part d’au moins 20% de l’objectif central du NCQG devant transiter via les fonds du mécanisme financier de la CCNUCC (fonds vert pour le climat, fonds d’adaptation, fonds pertes et préjudices) [§ 67]. Dans la version finale, ce chiffre de 20% a été supprimé, affaiblissant la portée du paragraphe  : [§ 16] « la CMA décide qu’un montant important de ressources publiques devrait être fourni via les entités opérationnelles du mécanisme financier, du fonds d’adaptation, du fonds pour les pays les moins avancés, du fonds spécial pour le changement climatique et d’autres mécanismes pertinents,…. ».

 

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Réactions à l’adoption de la décision

  • Antonio Guterres : « cet accord constitue une base sur laquelle construire » ;
  • Brésil : “l’experience douleureuse du manque d’accord à Bakou”, selon Marina Silva, Ministre de l’Environnement ;
  • déclaration commune (22 nov. 2024) de Sir Nicholas Stern, d’Amar Bhattacharya et de Vera Songwe, co-Présidents du Groupe indépendant d’experts de haut niveau sur le financement climat (dont le 3e rapport a été publié le 14 novembre 2024. Ils déclarent que :
  • l’objectif de 250 Md$/an à fournir par les pays développés aux pays en développement est « trop faible et n’est pas compatible avec la réalisation des objectifs de l’Accord de Paris »,
  • « Notre analyse montre que le NCQG […] devrait obliger les pays développés à fournir au moins 300 Md$ par an d’ici 2030, et 390 Md$ par an d’ici 2035. Nous pensons que ces objectifs sont réalisables et qu’ils nécessiteront une augmentation des financements bilatéraux directs de la part des pays développés, une ambition beaucoup plus élevée de la part des banques multilatérales de développement et une meilleure mobilisation des financements privés » ;
  • le groupe africain : « l’objectif proposé de mobiliser 250 Md$ par an d’ici 2035 est totalement inacceptable et inadapté à l’Accord de Paris » ;
  • Inde : «L’objectif est trop faible, trop lointain », selon Chandni Raina, conseillère au Ministère indien des Finances. L’Inde n’a pas accepté l’objectif tel que proposé par la Présidence de la COP-29, soulignant que malgré sa demande de prendre la parole avant l’adoption de la décision, le Président de la COP-29 s’est précipité pour donner le coup de marteau final. Chandni Raina a accusé la Présidence d’avoir orchestré cette adoption à la hâte exprès et « nous sommes très, très déçus » ;
  • Nigeria : « 300 Md$ d’ici 2035 est une blague…Nous n’acceptons pas du tout“ (tout comme Cuba, Malawi, Bolivie et Soudan) ;
  • les ONG : très en colère – trahison des pays du Nord vis-à-vis des pays du Sud : » le chiffre de l’objectif financement climat est totalement insuffisant, il manque la qualité du financement, aucune équité ou aucune justice n’a été reflétée dans le texte» (Climate Action Network, 23 nov. 2024).

 

Avancées réalisées à Bonn lors des SB-62 (juin 2025)

Feuille de route Bakou à Belém sur l’objectif des 1 300 Md$/an (Baku to Belém Roadmap to 1.3 T)

Conformément à la décision 1/CMA.6 (§ 27), les Présidences de la CMA-6 et de la CMA-7 sont chargés d’établir un rapport synthétisant le travail d’élaboration de la « feuille de route Bakou à Belém vers 1 300 Md$/an » visant à accroître le financement climat pour les pays en développement et ce, pour la CMA-7. Ce rapport devrait :

  • apporter des éléments de réponse aux questions de savoir comment réduire le déficit de financement climat et comment renforcer l’accès au financement, en présentant des options pour atteindre l’objectif 1 300 Md$/an d’ici 2035, et
  • clarifier les rôles et responsabilités pour atteindre cet objectif.

Dans sa première lettre aux Parties (publiée le 10 mars 2025), la Présidence brésilienne de la COP-30 a confirmé qu’elles élaboreront ce rapport avant le 10 novembre 2025, date d’ouverture de la COP-30/CMA-7. En amont de Bonn, au total, 115 contributions ont été soumises au Secrétariat à la CCNUCC (19 de la part de Parties ou de groupes de négociation, ainsi que 96 de la part d’acteurs non-étatiques).

A Bonn, la Présidence brésilienne a mené des consultations avec les Parties le 16 juin 2025 et des consultations avec les acteurs non-étatiques le 19 juin 2025 et ce, sur la feuille de route Bakou à Belém vers 1 300 Md$/an. Ces consultations avec les Parties ont fait ressortir, une nouvelle fois, leurs positions intransigeantes. Ainsi, les pays du Sud ont insisté sur le fait que puisque les pays du Nord sont à l’origine de la crise climatique, ils devraient être les moteurs du financement climat et, par extension, les principaux contributeurs à cet objectif des 1 300 Md€/an via des subventions ou dons publics. De l’autre côté, les pays du Nord ont souligné l’importance d’élargir la base des contributeurs :

  • à d’autres pays à revenu élevé : grands pays émergents (Chine, Corée du Sud, Singapour…) et pays du Golfe, dans le cadre d’une approche équitable basée non seulement sur la responsabilité historique, mais aussi sur les capacités financières actuelles des pays ;, et
  • à d’autres sources : secteur privé, financement issu de la réforme des banques multilatérales de développement, et taxes mondiales (transport aérien et maritime international, énergies fossiles, transactions financières, superprofits…) afin de lever des ressources financières nouvelles et innovantes.

Il y a deux priorités : renforcer les banques publiques de développement, Banque mondiale, Banque interaméricaine de développement, et l’ensemble des banques bilatérales et leur effet de levier ; et trouver des nouvelles ressources comme la taxation sur l’aviation d’affaires.

Dans le cadre de ces consultations sur la feuille de route Bakou à Belém, les Parties ont également évoqué le « Cercle des Ministres des Finances », mis en place par la Présidence de la COP-30 et qui est présidé par le Ministre brésilien des Finances, Fernando Haddad. Le lancement de ce forum avait été annoncé par le Président de la COP-30, André Aranha Corrêa do Lago, dans sa 2e lettre aux Parties, transmise le 8 mai 2025. Les résultats des discussions du Cercle des Ministres des Finances devraient alimenter celles menées dans le cadre de la feuille de route Bakou à Belém.

Lors de la pré-COP (Brasilia, 13-14 oct. 2025), le négociateur en chef de la COP-29 (Yalchin Rafiyev) a fourni des précisions sur le rapport à venir :

  • synthèse de 5-7 pages (ensembles de solutions potentielles) + rapport d’information de 50 pages (détails sur les solutions proposées, recommandations, actions thématiques, trajectoires financières pour lever les 1 300 Md$/an) ;
  • plateforme en ligne permettant aux utilisateurs d’identifier des idées, initiatives et instruments clés recensés dans les 224 contributions soumises pendant les consultations des Parties sur la feuille de route.

A noter que les discussions menées dans le cadre de la feuille de route Bakou à Belém ne constituent pas un volet formel des négociations de la CMA. A Bakou, le § 27 de la décision 1/CMA.6 qui charge les Présidences de la COP-29 et COP-30 de produire la feuille de route n’a pas été négocié : il s’agit d’un ajout de dernière minute par la Présidence de la COP-29 sur la base d’une proposition des groupes africain, AOSIS, PMA et AILAC. Pour accorder plus d’importance politique à cette feuille de route, il faudra l’intégrer formellement dans les négociations de la CMA-7 à Belém (sans doute via un ajout à l’ordre du jour [agenda]).

L’impact des résultats qui seront issus de la feuille de route dépendra de la façon dont ces résultats seront intégrés ou non dans le processus de la CMA-7 à Belém.

Lors de la pré-COP, la Présidence de la COP-30 a insisté sur le fait que son mandat est uniquement de présenter ce rapport : c’est aux Parties de reprendre le dossier et de décider de la démarche et des étapes à suivre pour lever les 1 300 Md$/an. Quoi qu’il en soit, cette feuille de route ne va pas résoudre tous les problèmes de financement climat. Il est tout aussi important de mener des discussions sur la question de savoir comment mettre en œuvre concrètement l’objectif central du NCQG (300 Md$/an), en se focalisant sur la qualité du financement, sa mise à disposition, son accès et la redevabilité des Parties.

Une feuille de route crédible et robuste constituerait un gage de confiance : elle devrait être largement axée sur le financement de l’adaptation.

Les résultats de ce travail, très attendus par les pays en développement, sont cruciaux pour rétablir leur confiance vis-à-vis des pays industrialisés (historiquement responsables de la crise climatique), surtout sur le sujet du financement, car ils se sont sentis trahis à Bakou par le montant de l’objectif central (300 Md$/an, sa période cible (2035) et d’autres paramètres (contributeurs, sources de financement, qualité du financement fourni, volets de l’action climat visés,…) fixés par la CMA-6. Sans feuille de route crédible et robuste, la confiance pourra difficilement être rétablie entre pays en développement et pays industrialisés bailleurs de fond.

 

Avancées réalisées à Belém (nov. 2025) : présentation du rapport « feuille de route Bakou à Belém sur l’objectif des 1 300 Md$/an »

Le 5 novembre 2025, conformément au mandat qui leur avait été confié par la décision phare de Bakou fixant le nouvel objectif collectif chiffré en matière de financement climat post-2025 (décision 1/CMA-6, § 27), les Présidents de la COP-29 (Mukhtar Babayev, Azerbaïdjan) et de la COP-30 (André Corrêa do Lago, Brésil) ont présenté leur « feuille de route Bakou-Belém : un plan directeur pour mobiliser au moins 1 300 Md$/an pour les pays en développement d’ici 2035, dite Baku-Belém roadmap to 1.3 T [1.3 trillion (trillion en anglais = 1018)].

La feuille de route estime que la mobilisation de 1 300 Md $ par an de financements externes pour les pays en développement d’ici 2035 nécessitera un effort important de la part des sources traditionnelles de financement climat, ainsi que le développement de sources de capitaux nouvelles et innovantes. Cependant, soulignent les deux Présidences, un tel effort est réalisable.

La feuille de route propose cinq axes d’action (« les cinq « R ») :

  • Réapprovisionner— subventions, financements concessionnels et capitaux à faible coût,
  • Rééquilibrer — marge de manœuvre fiscale et viabilité de la dette,
  • Recanaliser — financement transformateur de sources privées et coût abordable du capital,
  • Réorganiser— capacité et coordination pour des portefeuilles climat à grande échelle,
  • Reconfigurer — systèmes et structures pour des flux de capitaux équitables.

À la fin de la synthèse figure une liste consolidée des principaux points d’action pour les 5R, identifiés par les Présidences comme un outil pour guider la mise en œuvre et le suivi de la feuille de route. Les axes d’action prennent en compte le contexte régional, le cas échéant, en mettant l’accent sur le fait de répondre aux besoins des pays les plus vulnérables, notamment les petits États insulaires et les pays les moins avancés, et sur la nécessité absolue d’augmenter le financement de l’adaptation. La feuille de route renvoie également aux axes d’action pour les priorités thématiques, telles l’adaptation et les pertes et préjudices.

Enfin, cette feuille de route vise à servir à la fois de base et de catalyseur pour la prochaine phase d’accélération de l’action climat. Les Présidences de la COP-29 et de la COP-30 ont souligné que les ressources existent, que les outils sont prêts et que le moment est venu d’agir.

Voir la synthèse (18 p) et le rapport technique (100 p) (en bas de la page).

Carbon Brief : COP30: What does the ‘Baku to Belém roadmap’ mean for climate finance? 5 novembre 2025.

 

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Avancées réalisées à Belém (nov. 2025) : table ronde ministérielle et appel au triplement du financement de l’adaptation

A Belém, la décision chapeau dite « Mutirão » (décision 1/CMA.7), adoptée à l’initiative de la Présidence brésilienne, comporte plusieurs dispositions sur le financement, dont la mise en place d’une table ronde ministérielle de haut niveau, un programme de travail de deux ans sur le financement climat, ainsi qu’un appel au triplement du financement de l’adaptation :

  • [§ 45] la CMA réaffirme que les pays industrialisés doivent fournir des ressources financières pour aider les pays en développement à atténuer les effets des changements climatiques et à s’y adapter, conformément à leurs obligations existantes au titre de la Convention, et que les autres Parties sont encouragées à fournir ou à continuer de fournir ce soutien à titre volontaire ;
  • [§ 47] la CMA réaffirme l’appel lancé à tous les acteurs (cf. décision 1/CMA.6 § 7) pour qu’ils collaborent afin de permettre l’augmentation du financement accordé aux pays en développement pour l’action climat, provenant de toutes les sources publiques et privées, pour atteindre au moins 1 300 Md$ par an d’ici 2035.
  • [§ 48] la CMA décide d’accélérer d’urgence la mise en œuvre d’actions permettant l’accroissement du financement accordé aux pays en développement pour l’action climat, provenant de toutes les sources publiques et privées pour atteindre 1 300 Md$/an d’ici 2035 et souligne le besoin urgent de rester sur une trajectoire vers la réalisation de l’objectif de mobiliser au moins 300 Md$/an d’ici 2035, les pays industrialisés étant les moteurs de cette mobilisation ;
  • [§ 49] la CMA souligne le besoin urgent de fournir et de mobiliser des ressources publiques et à base de subventions et de financement hautement concessionnels (à faible taux d’intérêt), notamment pour l’adaptation dans les pays en développement, surtout ceux qui sont particulièrement vulnérables et qui ont de faibles capacités budgétaires (pays les moins avancés et petits Etats insulaires) ;
  • [§ 52] la CMA décide de convoquer une table ronde ministérielle de haut niveau pour réfléchir sur la mise en œuvre de l’objectif de 1 300 Md$/an, y compris sur les éléments quantitatifs et qualitatifs liés à la mise à disposition du financement climat ;
  • [§ 53] la CMA réaffirme l’objectif de doubler le financement de l’adaptation d’ici 2025 par rapport aux niveaux de 2019 [fixé par la décision 1/CMA.3 § 18, adoptée à Glasgow en 2021] et appelle [les Parties et les acteurs non-étatiques] à tripler le financement de l’adaptation d’ici 2035 dans le contexte de la décision 1/CMA.6 et exhorte les pays industrialisés à accroître leur trajectoire de financement collectif de l’adaptation au changement climatique en faveur des pays en développement ;
  • la référence à la décision 1/CMA.6 signifie clairement que cet objectif de triplement du financement de l’adaptation s’inscrit dans le cadre de l’objectif central des 300 Md$/an d’ici 2035 fixé à Bakou par cette décision 1/CMA.68, et ne constitue donc pas un nouvel objectif en plus des 300 Md$/an. En revanche, l’objectif du doublement du financement de l’adaptation fixé par la décision 1/CMA.3 § 18, ne s’inscrivait pas dans le cadre de l’objectif de financement climat global des 100 Md$/an à partir de 2020 ;
  • année de référence: la formulation finale ne spécifie pas d’année de référence. Or, la première version (version du 18 nov. 2025 @ 07h30) et la 2e version du projet de décision « Mutirão » (version du 21 nov. 2025 @ 03h00) avaient prévu une année de référence : 2025, en s’appuyant sur la note informelle élaborée par les co-facilitateurs des négociations au sein du SBSTA sur l’objectif mondial sur l’adaptation (GGA) (version du 12 nov. 2025 @ 12h00) qui proposait également 2025 comme année de référence.
  • année cible: la 2e version du projet de décision « Mutirão » (version du 21 nov. 2025 @ 03h00) prévoyait 2030 comme année cible, soit cinq ans plus tôt que celle fixée par la décision finale adoptée (2035). La formulation exacte de la 2e version était : « la CMA appelle [les Parties et les acteurs non-étatiques] à tripler le financement de l’adaptation d’ici 2030 ». Toutefois, sous la pression des pays industrialisés (l’UE en tête), l’échéance de 2030 a été repoussée à 2035 ;
  • la première version (version du 18 nov. 2025 @ 07h30) comportait trois options dans son paragraphe 56 :

  • option 1: la CMA décide de fixer un objectif de triplement du financement de l’adaptation [provenant de sources publiques] d’ici [2030] [2035] par rapport aux niveaux de 2025, dans le prolongement de l’objectif pour les pays industrialisés d’au moins doubler d’ici 2025 le financement collectif qu’ils fournissent aux pays en développement pour l’adaptation (par rapport aux niveaux de 2019),
  • option 2: pas d’objectif

  • option 3: la CMA exhorte les pays industrialisés à au moins tripler le financement collectif qu’ils fournissent aux pays en développement pour l’adaptation d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2025 et décide de lancer un dialogue annuel de Belém sur le triplement du financement de l’adaptation afin d’examiner les progrès accomplis dans la réalisation de l’objectif.

Ces options ont été supprimées dans la 2e version du projet de décision « Mutirão » (version du 21 nov. 2025 @ 03h00).

  • A noter enfin que le sujet de négociation « nouvel objectif en matière de financement de l’adaptation » n’était pas inscrit à l’ordre du jour formel de la COP ou de la CMA à Belém : c’est au fur et à mesure des négociations de la première semaine qu’il a été proposé.
  • [§ 54] la CMA décide de mettre en place un programme de travail de deux ans sur le financement climat, y compris sur l’article 9.1 dans le contexte de l’article 9 (financement) dans son ensemble.
  • Ce programme de travail constitue une plateforme pour donner suite à la feuille de route vers la réalisation de l’objectif de 1 300 Md$/an d’ici 2035, présentée par les Présidences de la COP-29 et de la COP-30 le 6 nov. 2025 lors de la séquence de haut niveau. (conformément à la décision 1/CMA.6 de Bakou, § 27). Malgré l’enjeu majeur qu’elle représente, cette feuille de route a fait l’objet de très peu de discussions à Belém). Il s’agit d’un espace de discussion supplémentaire mais la CMA a évité les questions concrètes clés : qui paie, combien et quand ?

 

Avancées réalisées à Bonn (juin 2026)

Lors des 64èmes session des SB, les Présidences de la COP-29 et de la COP-30 ont tenu, le 11 juin 2026, une réunion de mise en œuvre de la feuille de route vers l’objectif des 1 300 Md$. Voir programme.

Dans le cadre des travaux pour concrétiser la feuille de route Bakou-Belém vers la réalisation des 1 300 Md$/an d’ici 2035, cette réunion a rassemblé les Parties et les acteurs non-étatiques afin de se concentrer sur les aspects clés à sa mise en œuvre. Il s’agissait notamment de faire progresser un programme de mise en œuvre et le suivi ; d’améliorer la compréhension des sources de financement prévues ; et de mieux relier les flux financiers aux NDC, aux Plans nationaux d’adaptation (NAP) et aux stratégies nationales.

L’objectif de cet événement était de mener une discussion ciblée sur la manière de mettre en œuvre ces aspects dans la pratique, en s’appuyant sur la feuille de route comme vecteur clé de l’ambition en matière de financement climat. La discussion visait ainsi à recueillir des réflexions afin de contribuer à définir les priorités pour la poursuite du suivi de la feuille de route en vue de la COP-31 et au-delà.

Voir page du site de la CCNUCC consacrée à la feuille de route.

 

Prochaines étapes

L’OCDE continuera de suivre la réalisation de l’objectif de 100 Md$/an jusqu’à l’année cible de 2025 et publiera un dernier rapport en 2027.

Le Comité permanent du financement (Standing Committee on Finance ou SCF) de la CCNUCC dressera en 2028 un premier bilan des nouveaux objectifs financement fixés par la décision 1/CMA.6 (articles 7 et 8) : le NCQG (objectif central de 300 Md$/an d’ici 2035 qui s’inscrit dans le cadre d’un objectif plus large d’au moins 1 300 Md$/an d’ici 2035).

Comme le montrent les travaux d’analyse du Groupe d’experts OCDE-AIE sur le changement climatique, des efforts coordonnés devront être menés au cours des deux prochaines années pour élaborer un cadre rigoureux de suivi des progrès, améliorer la disponibilité et la comparabilité des données et renforcer la transparence.

A noter enfin, plusieurs pays industrialisés ont annoncé des coupes importantes dans leur budget financement climat (Royaume-Uni, Allemagne, France,….) et l’administration Trump 2 a carrément annulé les engagements financiers de l’administration Biden.

Enjeu de la Conférence de Belém (CMA-8) : Concrétiser la mise en œuvre du nouvel objectif collectif chiffré en matière de financement climat (NCQG) pour la période post-2025, et surtout le Baku-Belém Roadmap to 1.3 T.

 

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Nouveaux engagements financiers

Le 2e enjeu pour la CMA-8 sur le sujet financement est d’obtenir des pays industrialisés de nouveaux engagements concrets et ambitieux en matière de financement climat international pour les pays en développement, via les différents fonds en place :

De nouveaux engagements financiers de la part des pays historiquement responsables de la crise climatique sont indispensables pour rétablir la confiance entre pays du Sud et pays du Nord. Cela constituerait la véritable clé pour faire avancer les négociations sur les autres sujets problématiques (atténuation en tête).

Cependant, cet enjeu risque d’être compliqué car les budgets des pays industrialisés, et surtout leurs budgets de l’aide au développement sont de plus en plus sous tension, notamment dans le contexte de la crise du détroit d’Ormuz.

 

Contexte : rappel des engagements de contribution annoncés à Belém

Fonds d’adaptation

Le 17 novembre 2025, lors d’une réunion pour soulever des fonds pour alimenter le fonds d’adaptation, de nouveaux engagements de contributions totalisant 135 M$ ont été annoncés par neuf pays et une région :

  • Allemagne : 69,4 M€
  • Espagne : 23,1 M$
  • Suède : 13,8 M$
  • Irlande : 11,6 M$
  • Luxembourg : 5,8 M$
  • Suisse : 5,3 M$
  • région de Wallonie (Belgique) : 3,5 M$
  • Portugal : 1,2 M$
  • Corée du Sud : 820 000 $
  • Islande : 670 000 $.

A noter que le total des engagements annoncés pour 2025, soit 135 M$, ne représente que 45% de l’objectif minimal de mobilisation de ressources que le fonds s’est fixé la COP-30 (300 M$). C’est la troisième année consécutive que les objectifs que le fonds s’est fixés pour les COP-28, COP-29 et COP-30 n’ont pas été atteints.

Ce total des contributions annoncées lors de la COP-30 (135 d$) est légèrement plus que celui annoncé lors de la COP-29 (133 M$), mais moins que le total des contributions annoncées lors de la COP-28 à Dubaï en nov. 2023 (192 M$), lors de la COP-27 à Charm el-Cheikh en déc. 2022 (244 M$), et lors de la COP-26 à Glasgow en nov. 2021 (356 M$) (source : NRDC/Joe Thwaites d’après les engagements annoncés au cours l’année en question + lors de la COP en question, état au 17 nov. 2025).

Voir le site du fonds d’adaptation | Lire le communiqué du fonds du 17 nov. 2025.

 

Fonds pertes et préjudices

Quatre Parties ont annoncé des engagements de contribution :

  • Islande : 3 M$
  • Japon : 5 M$
  • Luxembourg : 8,1 M$
  • Espagne : 23,1 M$

A noter que le total des engagements annoncés lors de la COP-30, soit 38,8 M$ représente 17 fois moins que le total des contributions annoncées lors de la COP-28 à Dubaï en déc. 2023 (676,3 M$) et presque trois fois moins que le total annoncé lors de la COP-29 à Bakou (106,4 M$) (Sources : Fonds pertes et préjudices, au 30 juin 2025 et NRDC/Joe Thwaites, état au 17 nov. 2025).

 

Tous fonds climat au titre de la CCNUCC confondus

La récolte totale 2025 (182 M$) est la plus faible des quatre dernières COP : 329 M$ en 2024, contre 1 047 M$ en 2023, 350 M$ en 2022 et 769 M$ en 2021 (source : NRDC/Joe Thwaites, état au 17 nov. 2025).

Source : NRDC/Joe Thwaites d’après les engagements annoncés en 2025 et lors de la COP-30, état au 17 nov. 2025.

 

LDCF = Least Developed Countries Fund | SCCF : Special Climate Change Fund.

Source : NRDC/Joe Thwaites d’après les engagements annoncés au cours l’année indiquée + lors de la COP indiquée, état au 17 nov. 2025.

 

Enfin, étant donné le contexte géopolitique, énergétique et économique mondial où les gouvernements nationaux mettent l’accent sur la défense, la sécurité, la compétitivité des entreprises et les restrictions budgétaires, la récolte totale 2026 lors de la COP-31 risque de ne pas être ambitieuse et surtout de ne pas être à la hauteur des enjeux.

 

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Fonds vert pour le climat (GCF)

Contexte

Le Fonds vert pour le climat (Green Climate Fund ou GCF) est le plus grand fonds international dans le monde aujourd’hui en faveur du climat.

Son objectif est de soutenir les pays en développement pour qu’ils mettent en œuvre leurs obligations au titre de l’Accord de Paris. Le GCF a été créé par l’Accord de Copenhague (paragraphe 10), adopté dans le cadre de la Convention Climat (CCNUCC) au terme de la COP-15 (2009), et formalisé par les Accords de Cancun (décision 1/CP.16 paragraphe 102), adoptés au terme de la COP-16 (2010). Outil indispensable pour aider ces pays à s’engager dans les trajectoires bas-carbone et résilientes au dérèglement climatique, il a été désigné en 2011 par la COP-17 comme une entité opérationnelle du mécanisme financier de la Convention Climat (CCNUCC). Ainsi, le GCF est devenu partie intégrante de l’architecture de financement climat mondial.

Son objectif est de soutenir les projets, programmes, politiques et autres activités mises en œuvre par les pays en développement en matière de réduction des émissions de GES, d’adaptation au changement climatique, de renforcement des capacités, de développement et de transfert de technologies.

A Copenhague en 2009, les pays industrialisés se sont engagés à mobiliser collectivement 100 Md$ par an d’ici 2020 (cf. Accord de Copenhague, paragraphe 8), de sources tant publiques que privées, bilatérales et multilatérales et ce, pour financer des actions d’adaptation et d’atténuation dans les pays en développement dans le cadre d’une mise en oeuvre transparente. Cet objectif a été confirmé à Cancún. Une part importante de ce financement à l’horizon 2020 était censée passer par le GCF. Basé à Songdo, en Corée du Sud, le GCF est opérationnel depuis 2015.

 

Période de mobilisation initiale de ressources (2015-2019)

La première Conférence des donateurs a eu lieu du 17 au 20 novembre 2014 où la capitalisation du GCF a été débloquée : sous l’impulsion des Etats-Unis, de l’Allemagne et du Japon, 21 pays ont annoncé des contributions totalisant 10,3 Md$, soit plus que l’objectif initial de capitalisation minimale de 10 Md$ (source : CCNUCC, 20 novembre 2014). Sur ce montant, 8,3 Md$ ont été confirmés par des accords de contribution inconditionnelle et, après prise en compte des variations des taux de change, 7,2 Md$ ont pu être engagés pendant la période de mobilisation initiale de ressources (Initial Resource Mobilisation [IRM] Period) (2015-2019). Au total, 45 pays (dont la France), 3 régions et une ville (Paris) ont fourni des contributions au GCF pendant cette période. Parmi ces 45 pays figuraient neuf pays en développement (Chili, Colombie, Corée du Sud, Indonésie, Mexique, Mongolie, Panama, Pérou et Vietnam). A noter que les Etats-Unis n’avaient réellement fourni qu’un tiers du montant qu’ils avaient promis (soit 1 Md$ sur 3 Md$, source : GCF, état des engagements et contributions pour la mobilisation initiale de ressources au 31 octobre 2022), d’où l’écart initial de 2 Md$. En effet, Barack Obama, avait initialement promis 3 Md$ en 2014, mais n’a pu verser qu’un tiers, et son successeur, Donald Trump, a refusé de fournir les deux tiers restants (cf. son discours du 1er juin 2017 – lire notre dossier). Cependant, conformément à l’annonce du 20 avril 2023 du Président Joe Biden, les Etats-Unis se sont depuis engagés à fournir une contribution de 1 Md$, réduisant l’écart à 1 Md$ et portant le montant total confirmé pour la période 2015-2019 du GCF à 9,3 Md$ (source : GCF, état des engagements et contributions pour la premièree période de reconstution des ressources au 31 août 2023). Or, sachant que le Sénat américain est à majorité républicaine et que les Républicains ont regagné la majorité à la Chambre des Représentants lors des élections de mi-mandat en novembre 2022, il y a sans doute peu de chances que le Congrès donne son feu vert à cette enveloppe.

 

La première période de reconstitution (2020-2023)

Pour acter formellement les engagements des Etats (Pledging Conference) en matière de leurs contributions pour la première période de reconstitution (ou réabondement ou recapitalisation) des ressources (First Replenishment Period ou GCF-1) 2020-2023, la première conférence de reconstitution du GCF s’est tenue à Paris les 24-25 octobre 2019 (lire notre article). Le processus de la première reconstitution du GCF a été lancé en octobre 2018. Au total, 32 pays (dont la France) se sont engagés à contribuer un total de 9,87 Md$ au GCF pendant cette période, dont deux pays en développement (Corée du Sud et Indonésie). L’intégralité de ce montal total a été confirmée par des accords de contribution inconditionnelle (source : GCF, état des engagements et contributions pour la première période de reconstitution des ressources au 31 août 2023).

 

La 2e période de reconstitution du GCF (2024-2027)

La 2e période de reconstitution (ou réabondement) de ressources du GCF (2nd replenishment period ou GCF-2) s’étalera sur 2024-2027. Le processus de reconstitution GCF-2 a été lancé en juillet 2022 par le Conseil (Board) du GCF. Il a comporté une série de consultations et de réunions qui se terminent par une Conférence des donateurs (Pledging Conference) de haut niveau qui s’est tenue le 5 octobre 2023 à Bonn. L’objet de cette Conférence était d’acter formellement les divers engagements de financement qu’ont annoncé plusieurs Etats pour cette 2e période. Il s’agit de la 2e Conférence des donateurs, la première ayant eu lieu à Paris les 24-25 octobre 2019 pour la première période de reconstitution (GCF-1, 2020-2023). La première période de reconstitution des ressources a permis de mobiliser 9,9 Md$ en 2019 (lire notre article).

 

Chiffres clés

A ce jour (au 26 octobre 2026), le GCF dispose d’un portefeuille de 366 projets climat (atténuation, adaptation ou les deux) représentant 20,7 Md$ de ressources du GCF, ayant une valeur totale de 81,9 Md$ en tenant compte des co-financements publics et privés. A ce jour, le GCF a versé un total de 7,4 Md$ .

Le GCF avait annoncé, le 10 novembre 2025, avoir récolté un total de 3,26Md$ de financement pour 2025, un nouveau record dépassant le précédent record du GCF de 2,9 Md$ de en 2021.

Le GCF vise à atteindre 50 Md$ de ressources d’ici 2030.

Voir le tableau de bord du GCF.

 

Engagements de financement totaux des pays contributeurs par période de reconstitution

Source : NRDC, page consultée le 27 oct. 2026.

 

Engagements en matière de contributions au GCF pour chaque période de reconstitution, par Etat contributeur (en Md$)

(au 27 oct. 2026)

Source : NRDC, page consultée le 27 oct. 2026.

 

Enjeu n°2 de la Conférence d’Antalya (CMA-8) : obtenir des pays industrialisés de nouveaux engagements concrets et ambitieux en termes de financement climat.

 

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Article 9.5 : communication ex ante d’informations sur le financement climat

Conformément à l’article 9.5 de l’Accord de Paris, les pays industrialisés doivent communiquer tous les deux ans des informations quantitatives et qualitatives à caractère indicatif sur :

  • le soutien financier qu’ils fournissent aux pays en développement pour remplir leurs obligations au titre de l’article 9.1 (obligation de fournir un soutien financier aux pays en développement pour les aider à mettre en œuvre des actions d’atténuation et d’adaptation) et 9.3 (dans le cadre de l’effort mondial, les pays industrialisés doivent continuer à être chef de file dans la mise à disposition et la mobilisation du soutien financier),
  • les montants prévus des ressources financières publiques à accorder aux pays en développement.

Les autres Parties qui fournissent des ressources sont invitées à communiquer ces informations tous les deux ans à titre volontaire

Au titre de la décision 12/CMA.1 – Identification des informations à fournir par les Parties sur le financement ex ante (adoptée dans le cadre des règles de mise en œuvre à Katowice en décembre 2018), la CMA a reconnu l’importance de la prévisibilité et la clarté des informations sur le soutien financier que les pays industrialisés prévoient de fournir aux pays en développement. Dans cette décision, la CMA a établi les modalités post-2020 qui s’appuient sur les modalités établies pour la période 2014-2020 sur le financement climat à long terme. Les modalités post-2020 sont notamment :

  • des communications biennales contenant des informations quantitatives et qualitatives sur le soutien que les pays industrialisés prévoient de fournir (projections), à soumettre à la CCNUCC tous les deux ans, dont la première en 2020 (puis en 2022, en 2024, etc.). A ce jour (11 juin 2025), 38 Parties à l’annexe I (sur les 43) ont soumis leur première, 2e et 3e communication biennale. Manquent cinq Parties : Belarus, Liechtenstein, Russie, Turquie et Ukraine ;
  • un portail dédié en ligne pour consigner les communications biennales ;
  • une compilation et une synthèse des informations contenues dans les communications biennales que doit élaborer le Secrétariat de la CCNUCC depuis 2021. Celui-ci a publié la première compilation-synthèse des premières communications biennales le 1er juin 2021, la 2e compilation-synthèse le 25 août 2023 , ainsi que la 3e compilation-synthèse le 3 juin 2025 ;
  • des ateliers biennaux à organiser par le Secrétariat de la CCNUCC [lors des sessions des organes subsidiaires et/ou de la COP] à compter de l’année suivant la remise de la première communication biennale [2021 donc]. Le Secrétariat de la CCNUCC est également chargé d’élaborer un rapport de synthèse sur chaque atelier. La CMA a décidé d’examiner les compilations, les synthèses et les rapports de synthèse à compter de sa 4e réunion (CMA-4). Le premier atelier a été organisé lors des sessions du SBSTA-SBI de mai-juin 2021, le 11 juin 2021. Le Secrétariat de la CCNUCC a publié le 10 septembre 2021 le rapport de synthèse de ce premier atelier. Le 2e atelier a eu lieu lors des sessions SBSTA-SBI de juin 2023, le 6 juin 2023. Le Secrétariat de la CCNUCC a publié le 18 septembre 2023 le rapport de synthèse de ce 2e atelier ;
  • la mise en place, à partir de 2021, d’un dialogue ministériel biennal de haut niveau sur le financement climat post-2020, à l’instar de celui mis en place sur la période 2014-2020 – voir encadré plus loin). Il est à éclairer, notamment par les rapports de synthèse sur les ateliers biennaux et par les communications biennales.

La première réunion de ce Dialogue s’est tenue à Glasgow, le 8 novembre 2021. Voir note de synthèse du Président de la COP-26 (publiée le 21 août 2023).

La 2 réunion de ce Dialogue s’est tenue à Dubaï le 8 décembre 2023. Voir note de synthèse du Président de la COP-28 (publiée le 24 février 2025).

La 3eréunion de ce Dialogue s’est tenue à Belém le 15 novembre 2025. La note de synthèse du Président de la COP-30 n’est pas encore disponible sur la page du site de la CCNUCC consacrée à cette 3e réunion.

Voir page du site de la CCNUCC consacrée aux informations ex ante sur le financement climat.

 

Il existait un autre dialogue sur le financement climat….mais dans le cadre de la CCNUCC

 

Le dialogue ministériel biennal de haut niveau sur le financement climat post-2020 qui a été établi au titre de l’Accord de Paris n’est pas à confondre avec le Dialogue ministériel biennal de haut niveau établi dans le cadre de la CCNUCC et opérationnel sur la période 2014-2020.

En 2013, lors de la COP-19, la décision 3/CP.19 avait défini un programme de travail sur le financement à long terme apportant davantage de clarté sur la mobilisation du financement à long terme par les pays industrialisés pour soutenir les actions de réduction et d’adaptation mises en œuvre par les pays en développement :

  • les pays industrialisés devaient accroître la transparence de la communication de leurs efforts d’augmenter le financement climat [faire preuve de plus de transparence sur la provenance des fonds]. Concrètement, ils devaient élaborer des synthèses biennales sur une mise à jour de leurs stratégies pour amplifier le financement sur la période 2014-2020. Le Secrétariat de la CCNUCC était chargé de vérifier tous les deux ans jusqu’en 2020 les informations sur le montant du financement fourni, les sources (publiques et/ou privées) et la part des sommes consacrées à l’adaptation et à l’atténuation (en vue d’assurer un équilibre entre les deux) ;
  • le Secrétariat de la CCNUCC était également chargé d’organiser des ateliers entre autres sur les besoins des pays en développement en matière de soutien financier sur la période 2014-2020 et sur les stratégies pour accroître le financement climat ;
  • un dialogue ministériel sur le financement de l’action climat (à l’instar de celui qui a eu lieu, pour la 1ère fois, à Varsovie, le 20 novembre 2013) a été mis en place et devait se réunir tous les deux ans entre 2014 et 2020. Le premier dialogue biennal a eu lieu le 9 décembre 2014 à Lima lors de la COP-20. Le 2e dialogue biennal a eu lieu le 16 novembre 2016 à Marrakech lors de la COP-22. Le Dialogue ministériel de haut niveau centre ses discussions sur les progrès réalisés dans la mobilisation du financement climat à long terme, y compris les efforts consentis par les pays développés pour augmenter leurs contributions. Le 3e Dialogue biennal a eu lieu lors de la COP-24, le 10 décembre 2018. Il a pris la forme de deux tables rondes : « Mobiliser des financements et des investissements pour traduire les besoins de financement climat en actions » et « Améliorer l’accès au financement climat ».

 

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Article 2.1(c) : rendre les flux financiers compatibles avec une trajectoire d’émissions bas-carbone

Le 3e enjeu pour la CMA-8 sur le sujet financement est de réaliser des avancées concrètes dans le cadre des discussions du nouveau dialogue sur l’article 2.1(c) de l’Accord de Paris, dit dialogue de Veredas : rendre les flux financiers compatibles avec une trajectoire d’émissions bas-carbone et résilient aux changements climatiques.

Contexte

L’article 2.1 de l’Accord de Paris fixe trois objectifs à long terme :

(a) température : contenir la hausse de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels et en poursuivant l’action menée pour atteindre 1,5°C,

(b) adaptation : renforcer les capacités d’adaptation et promouvoir la résilience à ces changements et un développement à faible émission de gaz à effet de serre,

(c) financement : rendre les flux financiers compatibles avec une trajectoire d’évolution vers un développement à faible émission de gaz à effet de serre et résilient aux changements climatiques.

 

Dialogue de Charm el-Cheikh et ses ateliers

A Charm el-Cheikh, lors de la première journée de la COP-27 et de la CMA-4, l’UE avait demandé (sans succès) que le sujet de l’article 2.1(c) soit ajouté à leur ordre du jour formel. Les Parties ont toutefois convenu que ce sujet fasse l’objet de consultations informelles pendant la Conférence. Ces consultations informelles ont abouti à un consensus parmi les Parties réunies au sein de la CMA-4 : celle-ci a décidé de lancer le dialogue de Charm el-Cheikh entre les Parties, organisations et autres parties prenantes sur l’article 2.1(c) de l’Accord de Paris (paragraphe 68 de la décision 1/CMA-4).

Par ailleurs, les banques multilatérales de développement et les institutions financières internationales (Banque mondiale, FMI,…) ont été invitées à réformer leurs pratiques et à redéfinir leurs priorités, à aligner leurs financements avec l’objectif de l’article 2.1(c) et à accroître leur financement climat (paragraphes 61 et 62 de la décision 1/CMA-4).

La mission du dialogue de Charm el-Cheikh est d’échanger les points de vue et de mieux comprendre l’article 2.1(c). Le Secrétariat de la CCNUCC a été chargé, sous le pilotage de la Présidence de la COP-27, d’organiser deux ateliers (workshops) en 2023 et d’élaborer un rapport pour la CMA-5 sur les résultats de ces deux ateliers (paragraphe 68 de la décision 1/CMA-4).

Le premier atelier a eu lieu les 19-20 juillet 2023 à Bangkok, Thaïlande. Son objectif était de donner un aperçu des travaux antérieurs et existants qui ont été réalisés en rapport avec l’article 2.1(c), dans le cadre du processus intergouvernemental et en dehors de celui-ci, ainsi que de recueillir les avis, les perspectives et les expériences des Parties et des organisations et parties prenantes concernées sur le champ d’application de l’article 2.1(c) de l’Accord de Paris et sur sa complémentarité avec l’article 9 de l’Accord de Paris (portant sur le financement). Voir ordre du jour.

Le 2e atelier a eu lieu les 3-4 octobre 2023 à Genève. Son objectif était de s’appuyer sur les discussions du premier atelier et de faire progresser la compréhension du champ d’application de l’article 2.1(c) et de sa complémentarité avec l’article 9 de l’Accord de Paris. L’atelier visait à tirer parti d’un ensemble diversifié de points de vue des secteurs financiers public, privé et non gouvernemental.

Un rapport de synthèse des discussions menées lors des deux ateliers a été élaboré par le Secrétariat de la CCNUCC sous la direction de la Présidence de la COP-27. Il a été publié le 20 novembre 2023.

 

Avancées réalisées à Dubaï (déc. 2023)

A Dubaï en décembre 2023, la CMA-5 a adopté la décision 9/CMA.5 qui porte sur les questions relatives au Comité permanent sur le financement (Standing Committee on Finance ou SCF). Dans cette décision, la CMA-5 décide de poursuivre et de renforcer le dialogue de Charm el-Cheikh sur l’article 2.1(c) sur la période 2024-2025 (paragraphe 8). Deux co-Présidents, chargés d’animer ce dialogue, devaient être nommés, l’un devant provenir d’un pays industrialisé et l’autre d’un pays en développement (paragraphe 9).

En outre, le Secrétariat de la CCNUCC est chargé d’organiser deux ateliers par an (sur la période 2024-2025) et d’élaborer un rapport sur les résultats de chacun des quatre ateliers (paragraphe 10). Les deux co-Présidents du dialogue sont également chargés d’élaborer un rapport sur les discussions (« déliberations » en anglais, terme moins fort que « negotiations ») en 2024 et 2025 dans le cadre du dialogue de Charm el-Cheikh et ce, pour examen par la CMA-6 (Bakou, nov. 2024) (paragraphe 13).

Enfin, les deux co-Présidents du dialogue sont chargés d’élaborer, dans le cadre de leur rapport de 2025, une synthèse de l’ensemble des travaux réalisés au titre du dialogue de Charm el-Cheikh et ce, pour examen par la CMA-7 (fin 2025) pour que celle-ci prenne une décision sur les prochaines étapes concernant les discussions sur ce sujet.

Le 3e atelier dans le cadre du dialogue sur l’article 2.1(c) a eu lieu les 12-13 juin 2024. Voir programme et message des co-Présidents de ce dialogue (du 9 mai 2024). Il a été axé sur les investissements pour l’adaptation et la compatibilité des flux financiers avec une trajectoire de développement résiliente au climat. Les discussions ont fait ressortir les aspects suivants :

  • les approches intégrant les risques climatiques ne devraient pas accroître le coût du capital pour les pays jugés à haut risque ;
  • les banques centrales ont un rôle à jouer dans la promotion de l’intégration des aspects environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans la prise de décision financière ;
  • le recours à des incitations directes dans le cadre de la participation ESG des acteurs corporatifs, par exemple pour soutenir l’agroforesterie et les cultures intercalaires ;
  • la non-mise en œuvre de cadres politiques tels que la Déclaration des dirigeants de Glasgow sur les forêts et l’utilisation des terres, adoptée le 2 novembre 2021 lors de la COP-26 à Glasgow (lire notre dossier de fond sur la COP-26, p.17). ;
  • le réinvestissement des recettes de la fiscalité carbone en soutien à la transition de l’industrie et pour minimiser les remises en cause de la politique climat ;
  • le recours au financement mixte, notamment pour mobiliser des financements privés.

Le 4e atelier dans le cadre du dialogue sur l’article 2.1(c) a eu lieu les 6-7 octobre 2024. Voir programme et note d’information. Il a été principalement axé sur le rôle du système financier international et des différents acteurs au sein et en dehors de l’Accord de Paris, ainsi que sur la transparence et la crédibilité, en mettant l’accent sur la prévention de l’écoblanchiment et de la mal-adaptation. L’atelier s’est appuyé sur des exemples concrets et des actions entreprises et visait à faciliter le partage d’expériences et de bonnes pratiques entre les différentes parties prenantes. Voir rapport de synthèse du 4e atelier.

Le 5e atelier dans le cadre du dialogue sur l’article 2.1(c) a eu lieu du 17 au 19 juin 2025 à Bonn, avec comme thème principal « Les différentes approches de l’article 2.1c ». Voir programme. L’atelier s’est appuyé sur des exemples concrets et des mesures prises et visait à fournir l’occasion d’échanger des points de vue et d’identifier des solutions tournées vers l’avenir dans les domaines suivants :

·        renforcement des capacités pour le développement d’un secteur financier déterminé au niveau national – études de cas sur l’adaptation et la résilience climatique dans divers contextes ;

·        planification de la transition vers des trajectoires de développement bas-carbone et résilientes au changement climatique et financement de trajectoires de transition justes dans divers contextes ;

·        possibilités de soutenir la mise en œuvre du nouvel objectif collectif chiffré (NCQG) via l’article 2.1c.

Voir rapport de synthèse de ce 5e atelier.

Le 6e atelier dans le cadre du dialogue sur l’article 2.1(c) a eu lieu les 6-7 septembre 2025 à Rome. Voir programme.

Le thème général de ce 6e atelier était « L’article 2.1(c), après 10 ans d’Accord de Paris et trois ans de Dialogue de Charm el-Cheikh », couvrant les points suivants :

  • bilan des mesures prises aux niveaux national et mondial pour mettre en œuvre l’article 2.1(c),
  • réflexions sur le dialogue de Charm el-Cheikh 2023-2025 et perspectives pour la CMA-7.

Voir rapport de synthèse de ce 6e atelier

 

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Avancées réalisées à Belém (nov. 2025)

La CMA-7 a adopté la décision 11/CMA.7 sur le dialogue de Charm el-Cheikh sur la portée de l’article 2.1(c).

Points clés de cette décision :

  • [§ 2] la CMA reconnaît qu’il n’existe pas d’interprétation commune de la portée de l’article 2.1(c) de l’Accord de Paris, ni de la manière de le mettre en œuvre [constat du groupe G77+Chine pendant les négociations] ;
  • [§ 3] la CMA reconnaît les diverses préoccupations et la nécessité de mesures de sauvegarde soulevées par les Parties dans le contexte de la mise en œuvre de l’article 2.1(c), notamment :
  • le fait que l’article 2.1(c) complète et ne remplace pas la mise à disposition et la mobilisation d’un soutien financier aux pays en développement au titre de l’article 9 de l’Accord de Paris ;
  • le fait que les efforts visant à rendre les flux financiers compatibles avec une trajectoire vers un développement à bas-carbone sont déterminés au niveau national, en tenant compte des stratégies nationales et de la nature ascendante de l’Accord de Paris, dans le respect de la souveraineté nationale et en tenant compte des différentes situations nationales, des calendriers et des approches des Parties, en particulier des pays en développement particulièrement vulnérables ;
  • la nécessité de veiller à ce que les efforts collectifs et les délibérations sur la mise en œuvre de l’article 2.1(c) soient entrepris d’une manière facilitatrice, non punitive et non prescriptive ;
  • la nécessité d’assurer la transparence, notamment en ce qui concerne le rapportage et la mise en œuvre ;
  • [§ 10] la CMA décide de tenir des délibérations dans le cadre du Dialogue de Veredas sur la mise en œuvre de l’article 2.1(c), en s’appuyant sur le dialogue de Charm el-Cheikh et en tenant compte des préoccupations et des garanties précitées ;
  • Ainsi, Belém a réussi à transformer le dialogue de Charm el-Cheikh sur l’article 2.1(c), lancé par la décision 1/CMA-4 (§ 68) et dont le mandat était de mieux comprendre cet article, en un dialogue axé sur la mise en œuvre de cette disposition. Cela constitue une avancée non négligeable.
  • [§ 11] la CMA décide également que le Dialogue de Veredas sera organisé de manière ouverte, transparente et inclusive, sera ouvert à toutes les Parties et associera tous les acteurs, y compris les gouvernements et les acteurs des secteurs financier et non financier ;
  • [§ 12] la CMA décide en outre qu’au moins une réunion par an dans le cadre du Dialogue de Veredas sera organisée en marge des sessions de juin des SB ;
  • [§ 13] la CMA prie la Présidence de la CMA de convoquer les pourparlers financiers de Xingu (Xingu Finance Talks) dans le cadre du Dialogue de Veredas sous la forme d’une table ronde annuelle de haut niveau visant à faciliter un échange de points de vue coopératif entre toutes les Parties intéressées et les acteurs non-étatiques, en particulier les milieux universitaires, institutions financières internationales et le secteur privé, sur les solutions pratiques qui répondent aux défis et opportunités dans la mise en œuvre de l’article 2.1(c) ;
  • [§ 21] la CMA décide de réexaminer le Dialogue de Veredas lors de la CMA-10 (novembre 2028).

 

Avancées réalisées à Bonn : première réunion du dialogue de Veredas

Lors des sessions SB-64 à Bonn, la première réunion du dialogue de Veredas sur la mise en œuvre de l’article 2.1c a eu lieu les 9-10 juin 2026. Voir programme de la première réunion. Voir le programme de travail 2026 du dialogue (publié le 14 mai 2026).

La réunion s’est appuyée sur des études de cas concrètes et des discussions interactives animées par des experts, afin d’offrir aux Parties et aux autres parties prenantes l’occasion d’échanger sur les approches de mise en œuvre de l’article 2.1(c), de l’Accord de Paris. La réunion visait à partager des expériences, des exemples de bonnes pratiques, ainsi que les opportunités et les défis liés à la mise en œuvre, en tenant compte de manière transversale des préoccupations et des garanties exprimées dans la décision 11/CMA.7, paragraphe 3. Les deux principaux thèmes de discussion ont été les suivants :

  • mise en œuvre, déterminée au niveau national, de l’article 2.1(c)
  • dimensions internationales de la mise en œuvre de l’article 2.1(c).

Voir note de synthèse de la réunion publiée le 21 juillet 2026.

 

Avancées réalisées entre les sessions SB-64 (juin 2026) et la CMA-8 (nov. 2026) : dans le cadre des pourparlers financiers de Xingu

Ont eu lieu à Bangkok, Thaïlande, sous l’égide de la Présidence brésilienne de la COP-30 :

 

Enjeu pour la CMA-8 : réaliser des avancées concrètes dans le cadre des discussions du dialogue de Veredas sur la mise en œuvre de l’article 2.1(c) de l’Accord de Paris.

 

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CCNUCC et Accord de Paris