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Chine : la réduction des émissions de polluants aurait généré un réchauffement de +0,1°C

  • Réf. : 2020_10_b04
  • Publié le: 5 octobre 2020
  • Date de mise à jour: 5 octobre 2020
  • International

D’après une étude scientifique publiée le 29 septembre 2020 dans la revue internationale Environmental Research Letters, par une équipe de chercheurs chinois et américains, les bons résultats de la Chine en matière de réduction des émissions de polluants, et d’amélioration de la qualité de l’air, ont aussi un effet négatif sur le climat.

On sait que les mesures visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, en s’attaquant notamment aux centrales à charbon, ont aussi un effet positif sur les émissions de polluants. Ainsi, dans un autre article publié plus tôt cette année dans la revue Applied Energy, des auteurs chinois démontraient que la mise en place, en Chine, d’un système national d’échange d’émissions de quotas de gaz à effet de serre aura un impact bénéfique sur l’amélioration de la qualité de l’air, en particulier pour les concentrations de PM2,5 (réduction entre 4 et 20% en 2030 par rapport à un scénario de référence).

A l’inverse, les co-bénéfices des mesures de réduction des émissions de polluants sur le climat ne sont pas aussi évidents, et peuvent même s’avérer contre-intuitifs, comme le montre ce nouvel article. Les auteurs rappellent que des objectifs nationaux de réduction des émissions de polluants (SO2, NOX, PM2,5…) ont été définis dans différents plans quinquennaux depuis les années 2000, et notamment renforcés en 2013 par le Plan national Air Pollution Prevention and Control Action Plan, qui visait une réduction des concentrations de PM2,5 de 15 à 25% entre 2013 et 2017 dans certaines régions très polluées. Ces politiques ont porté leurs fruits : Sur cette période, la concentration moyenne (pondérée par la densité de population) de PM2,5 en Chine a été réduite de 32% (de 67,4 à 45,5µg/m3).

Néanmoins, la diminution des émissions de SO2 (environ -70% entre 2006 et 2017) et de carbone suie (environ -30% sur la même période) a eu des impacts sur le forçage radiatif, c’est-à-dire sur l’effet de la composition de l’atmosphère sur les rayonnements solaire et l’effet de serre. D’après les modélisations des auteurs, ces baisses d’émissions auraient eu pour effet une augmentation nette du forçage radiatif mondial qui a mené à un réchauffement moyen, dans l’hémisphère nord, de + 0,1°C. Cet effet illustre ainsi les difficultés d’atteindre à la fois des objectifs sanitaires à court-terme et des objectifs climatiques à moyen et long-terme ; mais aussi les effets complexes des aérosols dans l’atmosphère, qui peuvent à la fois avoir un effet réchauffant et refroidissant (voir le Giec, page 684).

 

En savoir plus

  • Article principal : Zheng, et al. (2020) Climate effects of China’s efforts to improve its air quality. Environmental Research Letters, Vol. 15, 10. Consulter
  • Article sur les co-bénéfices des actions climat sur la qualité de l’air : Chang, S., Yang, X., Zheng, H., Wang, S., & Zhang, X. (2020). Air quality and health co-benefits of China’s national emission trading system. Applied Energy261, 114226. Consulter
  • Giec, 5e rapport d’évaluation, vol 1 : “The Physical Science Basis“, chapter 8 “Anthropogenic and natural radiative forcing“, section 8.3.4 “Aerosols and cloud effects” pp.682-685. Voir surtout l’encadré p.684 “Frequently asked question 8.2 : “Do improvements in air quality have an effect on climate change ?Consulter
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