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AIE : stabilisation des émissions mondiales de CO2 pour la 3e année consécutive

  • Réf. : 2017_05_a1
  • Publié le: 1 mai 2017
  • Date de mise à jour: 27 mai 2019
  • International

Le 17 mars 2017, l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) a publié ses données préliminaires pour 2016 sur les émissions mondiales de CO2 provenant de la combustion des combustibles fossiles. Elles se sont élevées à 32,1 Gt CO2 en 2016, soit au même niveau qu’en 2015 et presqu’au même niveau qu’en 2014, indiquant une stabili-sation pour la 3e année consécutive et ce, alors que le taux de croissance mondiale a été de 3,1% en 2016.

L’AIE souligne que cette évolution s’explique surtout par un recours accru à la production d’électricité à partir d’énergies renouvelables (EnR) et à l’utilisation du gaz naturel en remplacement du charbon, par une meilleure efficacité énergétique, ainsi que par des changements structurels de l’économie mondiale.

Evolution des grands émetteurs :

Chine : le premier émetteur mondial de CO2 [8 768 Mt, soit 27% du total] a connu une baisse de 1% en 2016 compara-tivement à 2015 alors que le taux de croissance a été de 6,7%. Cette baisse est liée à une diminution de la demande en charbon pour deux raisons principales : une part accrue des EnR, du gaz naturel et du nucléaire dans la production d’électricité et la substitution du charbon par le gaz naturel dans les secteurs de l’industrie et du résidentiel/tertiaire [suite notamment à la mise en œuvre de politiques nationales de réduction des émissions de polluants atmosphériques].

Etats-Unis : le 2e pays émetteur mondial de CO2 [4 851 Mt en 2016, soit 15% du total] a connu une baisse de ses émissions de 3% en 2016 [-160 Mt] par rapport au niveau de 2015. Cette baisse est principalement liée à la substitution du charbon par les gaz de schiste [combustible disponible en abondance et à faible prix], les EnR et le gaz naturel et ce, pour la production d’électricité. Cela a conduit à une forte baisse de la demande en charbon [-11% en 2016]. En outre, en 2016, pour la première fois, la production d’électricité à partir de gaz naturel a été plus importante que celle à base de charbon. Le niveau d’émissions de CO2 en 2016 aux Etats-Unis est le niveau le plus faible observé depuis 1992.


Evolution relative des émissions de CO2 en 10 ans (2006-2016) aux USA, en Chine et dans l’UE
(base 100 en 2006)


Source : AIE (données CO2 communiquées au CITEPA)

UE : à la différence des Etats-Unis et de la Chine, l’UE n’a pas connu une baisse de ses émissions de CO2 en 2016, mais plutôt une stabilisation [3 127 Mt, soit 10% du total] par rapport à 2015. La demande en charbon a aussi fortement diminué [-10%] et les EnR ont joué un rôle non négligeable, mais moins important qu’aux Etats-Unis ou en Chine.

Reste du monde : les émissions de CO2 sont en hausse [+1,5% en 2016 par rapport à 2015]. La conclusion de l’AIE est formelle : “Si la stabilisation de la croissance des émissions mondiales de CO2 est une évolution positive, elle ne suffit pas pour ramener ces émissions sur une trajectoire compatible avec l’objectif de 2°C.

Pour rappel, les trajectoires d’émissions de gaz à effet de serre projetées conduiraient à une hausse comprise entre 2,9 à 3,4°C selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) (lire notre article sur ce sujet).

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