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Impacts de la pollution à l’ozone sur l’agriculture

  • Réf. : 2020_07_b08
  • Publié le: 21 juillet 2020
  • Date de mise à jour: 21 juillet 2020
  • France

Le 9 juillet 2020, l’Ademe et l’Ineris ont publié les résultats d’une étude sur le coût économique pour l’agriculture des impacts de la pollution de l’air par l’ozone troposphérique* en France, suite au programme de recherche APollO (Analyse économique des impacts de la Pollution atmosphérique de l’ozone sur la productivité agricole et sylvicole en France). Cette étude évalue les impacts des hausses de concentration en ozone sur les rendements de différences espèces végétales (en cultures, forêt et prairie).

 

La pollution à l’ozone en milieu rural

La pollution photochimique (ou pollution photo-oxydante) est un ensemble de phénomènes complexes conduisant à la formation d’ozone (O3) et d’autres composés oxydants (tels que peroxyde d’hydrogène, aldéhydes, peroxy acétyl nitrate (PAN)) à partir de polluants primaires (appelés précurseurs) : oxydes d’azote (NOx), composés organiques volatils non méthaniques (COVNM), monoxyde de carbone (CO) et méthane (CH4), et d’énergie apportée par le rayonnement ultra-violet (UV) solaire.

Les conditions météorologiques favorisant l’apparition de fortes concentrations d’ozone sont notamment : températures élevées, faible teneur en humidité de l’air, durée d’ensoleillement… La pollution photochimique est un phénomène caractéristique des situations estivales anticycloniques.

Une des caractéristiques importantes de la chimie atmosphérique est son caractère non linéaire. Cela signifie que la production d’ozone n’est pas proportionnelle aux teneurs en précurseurs. Selon l’abondance relative des divers composés, ce sont les réactions de formation ou de destruction qui sont favorisées. C’est ce qui explique que, de façon surprenante, les concentrations d’ozone mesurées loin des sources des précurseurs (une agglomération par exemple) sont plus élevées que celles mesurées près des sources émettrices elles-mêmes. Ainsi, les zones suburbaines et rurales sont plus touchées que les zones urbaines par les phénomènes de pics de concentrations en ozone. En effet, sur une ville par exemple, les émissions de NO (liées au trafic notamment) sont élevées. L’ozone susceptible de se former est rapidement détruit par le NO présent en forte concentration. Si le nuage de polluants formé sur la ville se déplace à la campagne, où les émissions de NO sont moindres, les concentrations d’ozone augmentent puisque l’ozone n’est plus consommé.

 

L’ozone, formé par les émissions de ses différents précurseurs, détériore les cellules des végétaux, conduisant à des nécroses foliaires (déperissement des feuilles) et à une moindre croissance. Selon cette étude, la pollution à l’ozone a engendré des impacts sur la productivité des végétaux**, ce qui a conduit à des pertes économiques et des baisses de qualité des produits agricoles. Ainsi, en 2010, le blé tendre a connu une perte de rendement de -15% (soit un manque à gagner de 6 millions de tonnes de grains). Les coûts associés ont été quantifiés, pour 2010, à 1 Md€ pour le blé tendre, plus d’1 Md€ pour les prairies, et plus de 200 millions d’euros pour les cultures de pommes de terre.

 

En savoir plus

Lien vers l’étude : https://www.ademe.fr/cout-economique-lagriculture-impacts-pollution-lair-lozone

Rapport intégral  |   Synthèse   |  communiqué de l’Ademe.

* l’ozone troposphérique se situe dans l’air ambiant (basse couche de l’atmosphère), contrairement à l’ozone stratosphérique (couche d’ozone).

** liste des espèces végétales prises en compte dans l’étude : blé tendre, pomme de terre, tomates de plein champ, hêtre, épicéa commun, chêne pédonculé, chêne rouvre, prairies (trèfle et violette).

 

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