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Le Chili renonce à organiser la COP-25

  • Réf. : 2019_10_b14
  • Publié le: 30 octobre 2019
  • Date de mise à jour: 1 novembre 2019
  • International

Le Président du Chili, Sebastián Piñera, a annoncé, le 30 octobre 2019, que le Gouvernement chilien a décidé de ne pas accueillir la COP-25 à Santiago du 2 au 13 décembre 2019 en raison du mouvement de contestation sociale dans le pays depuis plusieurs semaines. La Présidente de la COP-25, Carolina Schmidt, a notifié la CCNUCC de cette décision suite à quoi la Secrétaire exécutive de la CCNUCC, Patricia Espinosa, a annoncé dans un communiqué que la CCNUCC examine actuellement des solutions alternatives pour accueillir la COP-25.

Une première option pourrait être de la tenir à Bonn, siège de la CCNUCC, comme ce fut le cas en 2017. Ainsi, la COP-23 sous Présidence des Iles Fidji a eu lieu à Bonn puisque ce petit Etat insulaire n’avait pas les moyens logistiques et économiques pour accueillir un événement d’une telle envergure. Au titre des règles de la CCNUCC sur la tenue des COP, “la COP se réunit [tous les ans] à Bonn, siège du Secrétariat [de la CCNUCC], sauf si une Partie propose d’accueillir la session“.

Une deuxième option pourrait être de la tenir au Costa Rica qui a accueilli la pré-COP du 8 au 10 octobre 2019 (lire notre article sur ce sujet), mais à moins de cinq semaines de la COP-25, cette option paraît peu probable : l’organisation d’un événement d’une telle envergure nécessite plusieurs mois de préparation, notamment en termes logistiques.

C’est la première fois qu’un pays, officiellement désigné par la COP (en l’occurrence la COP-24 via la décision 17/CP.24) renonce à accueillir une COP.

 

Le Brésil et la COP-25

Le plus grand pays d’Amérique latine, le Brésil, qui joue un rôle moteur dans les négociations climat internationales depuis plusieurs années, avait initialement été pressenti pour accueillir la COP-25. En octobre 2018, le groupe régional de négociation GRULAC (Association des Etats indépendants d’Amérique latine et des Caraïbes, AILAC en anglais) a donné son feu vert à la candidature du Brésil après plusieurs mois de blocage par le Venezuela qui s’y opposait en raison d’un désaccord politique entre les dirigeants des deux pays non lié à la problématique climat. Le Président du groupe GRULAC a donc transmis une lettre au Secrétariat de la CCNUCC présentant la candidature du Brésil. Cette offre aurait été soumise à la COP-24 pour approbation. Cependant, suite à l’élection du nouveau Président d’extrême droite et climatosceptique, Jair Bolsonaro, le 28 octobre 2018, le nouveau Gouvernement a retiré la candidature du Brésil fin novembre 2018 officiellement “en raison des contraintes fiscales et budgétaires et du processus de transition vers la nouvelle administration“. Le 26 novembre 2019, il a transmis une lettre au Secrétariat de la CCNUCC en ce sens. Mi-novembre 2018, Jair Bolsonaro a nommé Ernesto Araújo Ministre des Affaires étrangères. Celui-ci est ouvertement climatosceptique et rejette le consensus scientifique du GIEC (Source : CHN (Climate Home News), 15/11/2018).

 

Dans son communiqué, le Président Piñera a indiqué que le Chili compte continuer de présider la COP jusqu’au début de la COP-26, lorsque le Royaume-Uni prendra le relais (la COP-26 aura lieu du 9 au 20 novembre 2020 à Glasgow, Ecosse).

Voir communiqué de Patricia Espinosa, communiqué du Président du Chili et article de presse (CNN Chili).

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