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CH4 : hausse rapide des concentrations depuis 2014

  • Réf. : 2019_06_a3
  • Publié le: 14 juin 2019
  • Date de mise à jour: 21 octobre 2019
  • International

Le 14 juin 2019, les résultats d’une étude menée par une équipe de chercheurs du National Institute of Water and Atmospheric Research (NIWA, Nouvelle-Zélande) sur l’évolution des concentrations atmosphériques mondiales de méthane (CH4) ont été publiés dans la revue Science.

Production illégale en Chine : résultats d’une enquête

Selon les résultats d’une enquête réalisée par l’ONG britannique Environment Investigation Agency (EIA), publiés le 9 juillet 2018, la source de la hausse inattendue des émissions mondiales de CFC-11 serait sa production et sa consommation dans le secteur de la fabrication des mousses de polyuréthanes en Chine. L’EIA pointe 18 entreprises dans 10 provinces chinoises qui ont confirmé aux enquêteurs qu’elles utilisent le CFC-11 pour la fabrication de mousses destinées à isoler des bâtiments et des appareils.

Evolution des concentrations de CH4 2000-2018
(moyenne mondiale et tendance non corrigée des effets saisonniers)

Source : Science, 7 juin 2019 vol 364 n° 6444 d’après NOAA

Selon les chercheurs, après une période de stabilisation (2000-2007), une première hausse des concentrations a été observée sur la période 2007-2014, suivie par une nouvelle forte hausse entre 2014 et 2018 (voir graphique).

Les chercheurs soulignent que si les causes de la forte hausse depuis 2014 font encore l’objet de débats scientifiques, les conséquences, elles, sont manifestes : les scénarios d’émission élaborés par le GIEC pour limiter la hausse des températures moyennes mondiales à 1,5°C d’ici 2100, et publiés dans son rapport spécial 1,5°C le 8 octobre 2018 (voir notre article sur le sujet), partent de l’hypothèse que les concentrations de CH4 dans l’atmosphère vont diminuer de 35% entre 2010 et 2050. Cependant, le rythme de hausse de ces concentrations a presque doublé sur la période 2014-2018 par rapport à celui observé entre 2007 et 2014, en passant de 5,7 ppb/an en moyenne à 9,7 ppb/an. Les chercheurs concluent que si cette tendance à la hausse se poursuit sans mise en œuvre de mesures supplémentaires visant spécifiquement le CH4, les réductions des émissions de CO2 et d’autres GES devront être encore plus fortes afin de respecter les objectifs de l’Accord de Paris.

Les travaux sur le CH4 au niveau de l’UE

Les résultats de cette étude du NIWA rejoignent ceux d’une autre étude sur les tendances mondiales des émissions de CH4 publiée le 30 octobre 2018 par le Centre commun de recherche (CCR ou JRC en anglais) de la Commission européenne. Celle-ci avait indiqué dans son rapport présentant les “Perspectives pour un air propre“, publié le 7 juin 2018 (voir notre article sur le sujet), que sur la base de ces travaux du CCR, elle évaluerait en 2019 le potentiel de réduction dans l’ensemble de l’hémisphère nord et l’impact associé sur les concentrations de CH4, afin de fixer des objectifs de réduction de ses émissions, en coopération avec la Convention de la CEE-NU sur la pollution atmosphérique transfrontalière à longue distance, la Coalition pour le climat et l’air pur (CCAC) (voir notre article sur le sujet) et l’Initiative mondiale CH4 (GMI) [ex-Methane to Markets Initiative].

 

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